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Idées. Un Américain à Sefrou
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N° 249
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

Des opérations sur le NYSE
se feront bientôt
à partir de Casablanca.
(DR)

Trading. Wall Street à un clic de Casablanca

L’activité de l’offshoring attire un nouveau genre d’opérateurs. Un courtier américain, spécialisé dans le “day trading” (courtage boursier on line), vient de s’installer à Casablanca. Keenan Securities, c’est son nom, installé à Los Angeles, vient d’ouvrir une filiale au Maroc. “C’est à partir de Casablanca que sera traitée toute la partie opérationnelle, pour servir nos clients aux Etats-Unis mais aussi au Moyen-Orient”, explique Ali Aboukinane, président de la société de courtage. Ce Marocain, qui a roulé sa bosse une vingtaine d’années chez différents courtiers américains (il a été le premier Marocain à devenir broker aux
Etats-Unis, et ce dès 1994), s’est associé avec quelques fondateurs de la société de Bourse casablancaise, Upline Securities, pour monter cette filiale marocaine. “Le choix de s’installer au Maroc ne repose pas seulement sur mes origines, mais surtout sur des raisons économiques. Même si nous ne pouvons pas cibler les investisseurs marocains, vu la réglementation de change, nous trouvons ici les moyens humains et technologiques nécessaires à notre métier à des prix assez compétitifs. Un broker marocain nous coûterait par exemple 10 fois moins qu’un Américain”, explique Aboukinane. Ainsi, quatre personnes sont déjà en formation pour décrocher la licence “Series 7”, une habilitation qui leur permet de traiter sur le marché américain des valeurs mobilières. Et la société ne compte pas s’arrêter là. Son business plan prévoit le recrutement d’une vingtaine de brokers marocains d’ici 18 mois.


CGEM. Les dossiers prioritaires liquidés

Le patronat vient de régler deux de ses dossiers urgents. Ainsi, les élections du bureau de Rabat, reportées en raison d’un rejet de candidature, ont finalement eu lieu le 18 novembre dernier. Zouheïr Bennani, patron de Label’Vie, est ainsi porté à la tête de la CGEM Rabat. Autre dossier sensible : la Fédération de l’immobilier. Sur ce registre, la nouveauté a concerné l’unification des promoteurs et des lotisseurs, à travers l’intégration de l’Union des lotisseurs au sein de la Fédération nationale de l’immobilier, désormais présidée par Miloud Chaâbi. Dans la foulée, la Fédération des assurances a procédé à la désignation d’un nouveau bureau, à la tête duquel Mustapha Bakoury passe le relais à Mohamed Bensaleh. La CGEM vient ainsi de boucler les dossiers prioritaires, mais à en croire certaines sources, le travail ne fait que commencer. “Actuellement, nous réétudions l’ensemble des statuts des fédérations”, indique une source de la Confédération.


Aérien. Jet4You renonce à desservir Liège

Jet4You a finalement renoncé à desservir l’aéroport de Liège, pour limiter son activité en Belgique à la seule liaison Casablanca - Charleroi. Néanmoins, l’entreprise dirigée par Jawad Ziyati compte bien faire valoir ses droits. “Jet4You se concerte avec ses conseillers juridiques pour déterminer les éventuelles démarches juridiques à entreprendre”, indique-t-on. Et pour cause, le préjudice subi est important : un tiers des réservations des clients portaient sur des départs de l’aéroport de Liège. Pour rappel, l’entreprise avait toutes les autorisations requises pour desservir les deux aéroports, avant que les autorités régionales liégeoises ne lui mettent des bâtons dans les réacteurs, pour des “raisons d’ordre écologique”. En somme, une mauvaise blague Belge.


Partenariat. Nouvelle annonce pour Addoha

Une semaine seulement après avoir décroché un gigantesque projet touristique à Rabat, le groupe d’Anas Sefrioui récidive avec une nouvelle annonce stratégique. Addoha vient ainsi de conclure un partenariat avec le groupe emirati Al Qudra. Les deux groupes devraient créer une société commune (détenue à parts égales) pour la réalisation d’opérations immobilières. “Nous n’avons pas encore identifié de projets précis, mais le potentiel est énorme”, affirme Noredine El Ayoubi, administrateur d’Addoha. Le bal des annonces ne devrait pas s’arrêter là. Le marché se fait l’écho d’un partenariat similaire entre Addoha et ONA Immobilier. Une information que le management du groupe immobilier dément catégoriquement. “Aucune négociation n’est pour le moment engagée avec le groupe ONA”, souligne El Ayoubi. Les observateurs ne doutent cependant pas que les effets d’annonce vont se poursuivre jusqu’à propulser le cours à hauteur de 3500 dirhams.


IB Maroc. Les Français y laissent des plumes

Coup de massue pour les actionnaires d’IB Group. Le groupe français, qui avait annoncé son désengagement de sa filiale marocaine au profit de Sophia Invest, vient de réviser ses estimations de l’impact de cette opération sur ses comptes. Le groupe, qui avait initialement annoncé que cette cession lui permettait de dégager une plus-value de 1,1 millions d’euros, vient de se rendre compte qu’il s’agit plutôt… d’une moins-value du même montant. Résultat : le cours en Bourse d’IB Group à Paris a accusé un repli significatif de 7%. Mais il n’y a pas que les boursicoteurs français qui subissent les déboires d’IB Maroc. Même à Casablanca, la société a accusé un échec cuisant de son Offre publique d’achat. Alors que les nouveaux acquéreurs visaient le rachat de quelque 190 000 titres, à un prix de 200 dirhams, ils n’ont pu finalement ramasser que 11 600 titres, présentés par quatre souscripteurs seulement.



Billet. À découvert

“c’est votre droit d’avoir un compte bancaire !”. Le slogan pub martelé à la télé par le CIH scandalise Abdelbasset. Il trouve même qu’on frôle le ridicule. Oui, il sait qu’il a le droit d’avoir un compte bancaire. Il a aussi le droit de conduire une Mercedes dernier cri, de sortir avec Angelina Jolie et de présenter sa candidature au Rotary Club. Mais il n’est pas du genre à prendre ses rêves pour des droits. C’est un luxe qu’il ne peut pas se payer. Même pas ce fameux compte proposé par une banque qui, soit dit entre nous, après avoir frôlé la faillite, n’est pas faite pour lui inspirer confiance. Abdelbasset est pauvre, et quand on est pauvre, on apprend vite à compter. La législation bancaire, il la connaît par cœur. Il sait qu’il peut recourir à Bank Al-Maghrib si aucune banque ne veut de lui, mais il est certain qu’il n’en arrivera jamais là. N’importe quelle agence l’accueillerait les bras ouverts même avec ses 50 dirhams de paie journalière de maçon. Elle se ferait un plaisir de doper les statistiques du taux de bancarisation (24% actuellement), mais aussi de lui facturer 27 dirhams de frais de tenue de compte par trimestre et 5 dirhams pour chaque opération de caisse. Le tout hors-taxes évidemment. Pour ses autres droits, chéquier, cartes et découvert, il pourra repasser. ça, c’est un droit payant. Abdelbasset éteint sa télé, avec un sentiment tenace, celui d’avoir été traité comme un mendiant à qui l’on donne l’aumône. Et non pas en client...



OFF !

L’ANAPEC a déboursé quelque 1,2 millions de dirhams pour une nouvelle identité visuelle. Un nouveau logo censé donner une nouvelle image à l’Agence pour la promotion de l’emploi, qui poursuit un plan d’action pour l’insertion de 200 000 jeunes diplômés au chômage. Une question se pose néanmoins : n’était-il pas plus urgent de changer de raison sociale, plutôt que d’identité visuelle ? En effet, nouveau logo ou pas, le nom ANAPEC reste marqué au fer par le tristement célèbre scandale d’Annajat.

 
 
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