2007. Le PJD en ordre de bataille
Sahara. Et maintenant, des armes !
Alphabétisation. Sur les bancs des mosquées-écoles
Parcours. Les 7 vies de Krimau
Reportage. Les damnés du Kariane central
Idées. Un Américain à Sefrou
Mauritanie. Après le putsch, les urnes
États-Unis. Après l'Irak, l'Iran ?
Bourse. Attention au krach !
Littérature. La génération du "Je"
Exposition. "Mon Maroc à moi"
N° 249
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Al-Qaïda. Un espion venu du Maroc

“Au coeur du djihad”. Ce livre, récit des mémoires d'un espion infiltré dans les filières d'Al-Qaïda, fraîchement publié chez Flammarion, est devenu en l’espace de quelques jours, l’ouvrage de référence pour les spécialistes de la nébuleuse islamiste. Son auteur se fait appeler Omar Nasiri. Il est né à Tanger en 1967. “Je ne m'appelle pas Omar Nasiri - en tout cas, ce n'est pas le nom que mes parents m'ont donné. C'est celui que j'utilise pour ce livre - un énième pseudonyme à ajouter à ceux que j'ai adoptés tout au long de ma vie. Mais je devrais peut-être dire mes vies : j'ai été fils, frère, étudiant, passeur d'armes, moudjahid, agent secret, simple civil, mari et, à présent, auteur d'un livre.” L’auteur, qui se présente ainsi dans le quatrième de couverture de l’ouvrage, précise qu’il a infiltré les filières du GIA puis les camps d'entraînement afghans et les mosquées radicales de Londres entre 1994 et 2000.

Selon Michael Scheuer, ancien chef de l'unité chargée d'Oussama Ben Laden à la CIA, cité par Flammarion, “la description qu'Omar Nasiri fait de la vie dans les camps d'entraînement afghans est plus complète que toute autre fournie par des services secrets dans les années 1990. Ce travail n'a, selon moi, aucun équivalent dans tous les rapports des services secrets américains.” Omar Nasiri, comme il l’écrit lui-même dans ce surprenant livre, travaillerait principalement pour les services français, accessoirement britanniques. On ignore pour le moment tout de son passé marocain.


Salafiya. Miloudi, c’est pas fini

La famille de Zakaria Miloudi, le cheikh salafiste arrêté six mois avant les attentats du 16 mai 2003 et décédé la semaine dernière d’une crise d’asthme aigüe à la prison de Kénitra, envisage de porter plainte, pour non-assistance à personne en danger (de mort), contre le directeur de l’établissement pénitentiaire et le gardien qui en avait la charge. “Non seulement la cellule où on l’a installé était incompatible avec son état asthmatique mais, lorsqu’il a eu sa crise et qu’il a appelé le gardien, ce dernier ne s’en est même pas soucié, préférant le laisser mourir”, s’indigne le frère de Zakaria joint au téléphone.


Corruption. Les élus écopent

Les jugements dans les affaires des conseillers accusés de corruption électorale ont commencé à tomber. Le harakiste Aziz Chraïbi, qui s'est présenté à Beni Mellal, a écopé d'un an de prison ferme et de 50 000 dirhams d'amende. à Safi, Omar Mouhib, candidat RNI, a été condamné à 18 mois de prison ferme et à la même somme à titre d'amende. Pour les deux hommes, le verdict est assorti d’une peine d’inéligibilité aux élections de 2007. D'autres condamnations devraient être prononcés dans les prochains jours. “Les 18 parlementaires impliqués dans l'achat des voix et leurs complices seront tous jugés d'ici le 30 novembre”, indique un avocat.


Sahara. Tamek en tournée

Ali Salem Tamek est depuis le 20 novembre en Afrique du Sud, dans le cadre d’une tournée mondiale, qui devra le mener aux Etats-Unis et en Europe. Aminatou Haidar, récemment rentrée au Maroc, repart en Suisse pour une nouvelle tournée. Après une relative accalmie, les deux symboles de l’indépendantisme sont donc déjà en vadrouille. Cherchent-ils à court-circuiter les activités diplomatiques du président du Corcas ? “Certainement, mais ils maintiennent surtout le contact avec leurs réseaux de soutien à un moment où l’affaire du Sahara ne représente plus vraiment une priorité pour la communauté internationale”, explique un fin observateur sahraoui.


Justice. Harcèlement sexuel, acte 1

Le responsable d’un prestigieux palace de la capitale s’est présenté jeudi devant un tribunal de Rabat pour répondre d’une accusation de harcèlement sexuel. La partie civile est représentée par deux employées du même hôtel, qui ont porté plainte il y a plusieurs mois déjà. L’affaire avait fait, à l’époque, l’objet d’une campagne de solidarité avec les employées. Elle avait même donné naissance (à quelque chose malheur est bon) à un réseau de solidarité contre le harcèlement sexuel dans les entreprises marocaines. Si le procès va jusqu’au bout, et sans préjuger de son verdict, il constituerait une grande première dans les annales de la justice (et de la société) marocaine.


Code électoral. La version finale

La majorité a fini par baisser les seuils de participation aux élections que contient le projet de loi électorale soumis au Parlement. Les petits partis n’ayant pas obtenu 3% des suffrages en 2002 ne doivent collecter finalement que 100 signatures (pour pouvoir se présenter en 2007), au lieu des 200 exigées dans le projet de base. Les Sans appartenance politique (SAP) ont été moins chanceux. Ils doivent aussi collecter 100 signatures mais avec une différence de taille : 20% proviendront des élus. Autre nouveauté : le seuil d’accès à la “liste nationale” du Parlement (celle des femmes) a été ramené à 6 au lieu de 7%. Les nouvelles dispositions ont été entérinées en commission ce jeudi. Elles passeront en séance plénière à la Chambre des représentants avant d’être transférées à la Chambre des conseillers.



Billet. Plaidoyer pour la justice

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

Le passage du ministre de la Justice chez Mustapha Alaoui, qui sait, de serviteur cathodique, se transformer en trublion méthodique, valait le détour. Non que Mohamed Bouzoubâa ait fait des déclarations hors du commun dans l’émission “Hiwar”. Mais justement, le fait qu’il parle en direct de la justice, avec plus ou moins de langue de bois, mérite commentaire.
Il y a d’abord son statut de président du Conseil supérieur de la magistrature (c’est le roi qui l’est officiellement, mais c’est le ministre qui y siège). Bouzoubaâ prétend, en guise d’auto-défense, que cela n’entrave en rien l’indépendance des juges. Que le fait d’enquêter sur un juge suspect ou considéré comme tel, de muter un magistrat jugé impropre, ou encore de promouvoir un “bon élément”, n’ont aucune incidence, ni matérielle ni morale, sur les troupes. Or, tout le mal réside dans cette subordination. Que le chef de l’Etat, en tant qu’autorité morale, ait un pouvoir sur les juges est acceptable. Mais qu’un membre de l’Exécutif, noyé dans les contingences politiques du gouvernement, ait à décider de leur sort, cela ne peut que biaiser son jugement.
Le ministre reconnaît que le système n’est pas parfait, mais limite ses insuffisances à la corruption de certains juges, en niant toute intervention en coulisses. Le comble est que les deux formes d’intervention (en argent ou en coups de fil) se valent. Ce sont, à chaque fois, des citoyens qui croient être jugés à l’aune de la loi et qui le sont selon les intérêts d’un intermédiaire intéressé ou d’un client généreux. Bouzoubaâ présente l’augmentation des salaires des juges comme la panacée. Mais quels que soient les moyens injectés, les justiciables n’y croient plus. Parce qu’en plus, la police tire toujours les ficelles. Le jour où les juges pourront s’affranchir des deux systèmes (argent et sécurité), le Marocain aura moins peur de l’injustice.



Tazmamart. L’ADN pour trancher

Un représentant du comité de suivi du CCDH s’est déplacé il y a deux semaines à Tazmamart pour prélever des échantillons des restes humains dans le but, nous explique-t-on, “de pratiquer des tests ADN pour l’identification des corps”. La démarche devrait concerner 30 corps au moins (ce chiffre correspond au nombre de décès parmi les militaires pensionnaires du bagne). On a également appris que le CCDH compte instaurer une couverture sociale pour les rescapés de Tazmamart. Ces derniers, regroupés au sein d’une association, ne comptent pas en rester là. “On revendique notre droit à une retraite militaire et une prise en charge des familles des détenus décédés”, nous explique l’un d’eux. La dernière rencontre entre le CCDH et les anciens du bagne secret a eu lieu, rappelons-le, en octobre dernier.


Piratage. Rupture de stock à Derb Ghallef

Un air de désolation règne sur Derb Ghallef après l’arrestation de Mohamed Mehdi Boubekraoui, alias Tbib (le médecin), qui alimentait le marché en CD piratés. Condamné à 10 mois de prison en plus d’une amende de 15 000 DH, le grossiste a laissé derrière lui une activité en souffrance. Les marchands ont du mal à se procurer les films qui font actuellement fureur au box-office américain, leurs étals se rétrécissent comme une peau de chagrin. Même les “confrères” qui piratent des chaînes TPS vivent des moments difficiles à cause des changements des codes numériques toutes les semaines. Il va falloir se recycler, les gars.


PJD. La culture selon Benkirane

Drôle d’intervention, reproduite dans de larges extraits par le site du PJD, du leader islamiste Abdelilah Benkirane, lors de la dernière discussion du budget du ministère de la Culture au Parlement. Pour illustrer la faillite de la politique culturelle de Mohamed Achaâri, le député a évoqué “la culture de la fraude” (taqafat al ghich) qui prévaut dans le pays, mais dans le sens très large du terme : opportunisme des responsables qui courent derrière les postes de responsabilité, complication des procédures de mariage (si, si). M. Benkirane a décidément une bien curieuse notion de la culture...


Affelay. Les Oranges voient rouge

Titulaire de la double nationalité marocaine et hollandaise, l’espoir du PSV Eindhoven, Ibrahim Affelay, est convoité par les dirigeants du football marocain et leurs homologues bataves. Et tous les coups sont permis dans cette guerre psychologique. Ainsi, La Fédération hollandaise a menacé de porter plainte auprès de la Fifa contre la Fédération marocaine. Elle accuse cette dernière de faire pression sur Affelay pour qu’il choisisse le Maroc. Le joueur, pour sa part, a affirmé à la télévision néerlandaise ne pas avoir encore fait son choix. également présent sur le plateau, Johan Cruyff a conseillé à Afellay de jouer pour les Pays-Bas. Qui fait pression sur qui ?


Télé. Al Jazeera, politically correct ?

La chaîne qatarie Al Jazeera a adouci son discours sur le Sahara depuis l’ouverture de son bureau à Rabat. Alors que la chaîne avait l’habitude de diviser le Maroc en deux parties, une marocaine et une seconde appelée “Sahara occidental”, cette dernière semble avoir disparu des cartes géographiques qui accompagnent les bulletins d’informations de la chaîne. Toute la carte porte maintenant le nom du Maroc. Al Jazeera semble avoir “normalisé” ses relations avec Rabat depuis le lancement de son édition spécial Maghreb le 17 novembre. Remarquons toutefois que les responsables marocains restent méfiants. À l’instar du ministre de la Communication, Nabil Benabdellah, qui n’a pas assisté à la cérémonie de lancement présidée par le patron de la chaîne, Wadah Khanfar.



3 questions à Khalil Jemmah (Président de l’association des familles des victimes de l’immigration clandestine)

Vous avez lancé un débat sur les clandestins marocains détenus dans les prisons libyennes. Pourquoi et combien sont-ils ?
Ils sont actuellement entre 500 à 700 détenus ou disparus en Libye. Parmi eux, beaucoup ne sont pas clandestins, ce sont simplement des gens partis en Libye à la recherche de leurs proches disparus. Il faut faire quelque chose pour tous ces gens. Le Maroc officiel vient de participer à une rencontre internationale sur le problème des clandestins, qui s’est tenue en Libye, et il n’a rien fait pour ces gens. En tout cas, pas à notre connaissance.

Comment les prisonniers sont-ils traités ?
Mal. Les arrestations se font en toute illégalité. Aucune procédure judiciaire n’est suivie : ces gens ont été directement dans des prisons que l’on appelle, là-bas, des “orphelinats”. D’après les témoignages de certains rescapés, les conditions de détention sont très difficiles : entassement dans les cellules, absence d’hygiène, etc. Sans oublier les conditions d’expulsion vers le Maroc, qui sont tout simplement scandaleuses.

Comment expliquez-vous l’absence de réaction des autorités marocaines ?
Je ne l’explique pas. Peut-être pour des raisons diplomatiques, pour préserver les relations bilatérales entre les deux pays. Mais cela se fait, apparemment, au détriment de la dignité de centaines de Marocains. Ce n’est pas normal.


Mauritanie. Le Maroc se rassure

Depuis le putsch militaire mené par le colonel Ely Ould Mohamed Vall en Mauritanie, le Maroc tente par tous les moyens de se rapprocher de son voisin du sud. Dernière illustration en date : l’interview accordée par le président mauritanien à la télévision marocaine (qui a dépêché un envoyé spécial à Nouakchott), au lendemain des élections législatives mauritaniennes. Le colonel y commente évidemment le scrutin jugé “exemplaire” et y redit tout le bien qu’il pense du voisin marocain. Banal ? En temps normal, peut être. Mais depuis quelques mois, nuance un journaliste mauritanien, “les indépendantistes sahraouis s’activent en Mauritanie et ont réussi à toucher des officiels haut placés. Le Maroc se devait donc de réagir”. Autant dire qu’il y a mis les moyens.


Athlétisme. Ahizoune contre El Guerrouj

On se bouscule au portillon pour prendre la tête de la Fédération royale marocaine d’athlétisme. Le président de la fédération doit être désigné officiellement lors de la prochaine assemblée générale, qui se tiendra le 30 novembre. Et c’est Abdeslam Ahizoune qui part favori, devant Hicham El Guerrouj. Si la candidature du président du directoire de Maroc Telecom surprend beaucoup de monde, pour ce membre de la FRMA, sa désignation serait “la meilleure chose qui puisse arriver à ce sport. Ce monsieur a réussi dans le business et c’est un fan d’athlétisme, puisqu’il se déplace régulièrement pour suivre les meetings au Maroc et à l’étranger”. And the winner is...


Melilia. Voleuses de maris, “vaya a casa” !

Des dizaines de filles de joie marocaines ont été reconduites, manu militari par la Guardia civil, à la frontière du préside occupé de Melilia la semaine dernière. Les expulsées ont été remises aux autorités marocaines avec l’apposition du numéro 13 sur leur passeport. Une mention qui interdit définitivement l’entrée à la ville. Les sources locales, qui ont confirmé l’information, précisent que la décision a été prise à la suite de nombreuses requêtes d’associations féminines de Melilia, se plaignant régulièrement que les filles en question… vont jusqu’à “dérober d’honorables époux à leurs femmes”.


Maroc-Israël. Un tropisme confirmé

“Marocains et israéliens continuent de dialoguer à l’ONU, dans d’autres instances internationales et par le biais de tierces personnes (…) Mais la pression exercée par les islamistes oblige les autorités de Rabat à redoubler de prudence en ce qui a trait aux contacts avec Israël”. Voilà ce que vient de confier Yigal Palmor, directeur du département Maghreb, Syrie et Liban, du ministère des Affaires étrangères israélien, au journal canadien The canadian jewish news dans son édition du 23 novembre. “Israël a aussi des contacts avec la Tunisie, mais de moindre importance que ceux qu’il entretient avec le Maroc”, écrit par ailleurs la publication.


Argent sale. Ne blanchissez plus !

Mohamed Bouzoubaâ, ministre de la Justice, a défendu devant une commission parlementaire le projet de loi relatif à la lutte contre le blanchiment d'argent. Le document précise que “le blanchiment d'argent est assimilé à tout acte de détention, de recel ou de transfert de fonds provenant d'activités illicites comme le trafic de drogue, d'êtres humains, d'armes, la corruption ou encore le terrorisme”. Les sanctions sont de deux à cinq ans de prison pour les personnes physiques (assortis d'amendes de 20 000 à 100 000 DH) et des amendes variant entre 500 000 et 3 millions de dirhams pour les personnes morales. Au cours de cette séance parlementaire, Bouzoubaâ était particulièrement détendu. “Normal, c’est l'avocat USFP Abdelkébir Tabih qui a remplacé le bouillant Mustapha Ramid au poste de président de cette commission”, commente un député.


Masochisme. La raclée de 79

Le 9 décembre, les téléspectateurs marocains pourront (re)voir, pour la première fois depuis 27 ans, la cuisante déculottée de notre onze national devant son homologue algérien (1-5), en 1979. C’est Arriyadia qui a eu cette vraie bonne idée, dans le cadre de Hadath wa tarikh (événement et histoire), l’émission de Najib Salmi. Un grand moment d’histoire, vécu à l’époque comme un authentique drame national. Pour l’anecdote, ce même Najib Salmi avait, dans les suites du match, essuyé les foudres de ses supérieurs au quotidien L’Opinion pour avoir analysé sereinement, c'est-à-dire avec des arguments purement sportifs, les raisons de cet échec. Jolie revanche, Najib !


Élections. Le président et le fqih

La fièvre électorale a déjà commencé, mais d’une drôle de manière. On nous a par exemple rapporté le cas, tout récent, de ce président d’une commune urbaine qui aurait invité chez lui une brochette d’imams et de fqihs, conviés à déguster un grand couscous. Thé et cornes de gazelle ont accompagné des séances de déclamation du Coran. À la fin, un imam a pris la parole pour demander à l’assistance de se mobiliser “pour aider le président et sensibiliser les gens”. C’est tout ? Non. Pour les fqihs qui n’ont pas compris, l’imam a ajouté : “M. le président n’oubliera pas les efforts que vous ferez pour lui”, Il lira sans doute quelques versets du Coran pour le salut de leurs âmes...


Syndicat. Elle coule, elle coule, la CDT…

En attendant la tenue de son prochain congrès, en avril-mai 2007, la CDT de Noubir Amaoui continue de perdre du terrain. Elle doit désormais faire face à un nouveau syndicat sorti de ses rangs : l’ODT ou Organisation démocratique du travail, émanation du Parti socialiste nouvellement créé par Abdelmajid Bouzoubaâ, ancien compagnon de Amaoui. L’un des secteurs où la perte d’influence de la CDT risque d’être importante est celui des collectivités locales, jusque-là sous la coupe de deux syndicats : la CDT et l’UMT. “Nous sommes forcément tentés de quitter le navire CDT, puisque nos problèmes n’ont pas été officiellement traités au niveau du syndicat depuis dix ans”, s’exclame ainsi ce cadre des collectivités locales. Rappelons, par ailleurs, que les collectivités devront observer une nouvelle grève nationale de deux jours (30 novembre - 1er décembre), à l’appel de l’UMT.


Visa. À vos poches !

On le sentait venir. À partir du 1er janvier 2007, les demandeurs de visa pour l’Europe devront payer plus cher. Comme les pays européens de l’espace Schengen se mettent à la biométrie, ce sont les demandeurs qui supporteront vraisemblablement le coût de ces nouvelles technologies, qui font notamment appel à des outils techniques sophistiqués et à un personnel humain très qualifié. Ainsi, selon certaines sources consulaires, les
frais de visa devraient passer de 35 à 60 euros pour les visas de court séjour.


Religion. Les métaphores qui tuent

L’école HEM de Marrakech a initié une série de séminaires sur la relecture des textes religieux. Pendant une semaine, l’écrivain Rachid Benzine (Les nouveaux penseurs de l’Islam, Albin Michel/Tarik, 2004) a expliqué aux étudiants que la compréhension des textes doit prendre en considération leur contexte historique. “Autrefois, les gens utilisaient beaucoup de métaphores pour signifier des réalités que nous ne pouvons pas saisir actuellement, si nous ne nous maîtrisons pas l’histoire de ces peuples”, précise l’écrivain. Ajoutons quand même ceci : beaucoup de métaphores se sont transformées (aux yeux des relayeurs habituels du discours religieux) en vérités absolues, figées. Rachid, explique-leur...


Santé. Erreur mortelle

Un marin de 34 ans est décédé en 2003, dans une clinique à Agadir, des suites d’une opération… sur la main. L’affaire a déjà fait l’objet d’un reportage sur 2M. La nouveauté, c’est que le procès a dû attendre octobre 2006 avant de commencer, soit avec un retard de trois ans ! Et encore, les plaidoiries en bonne et due forme n’ont toujours pas eu lieu, nous a précisé la défense de la victime. “Le comble, c’est que tous les médecins contactés ont refusé de se prononcer sur la teneur du dossier médical, de peur d’enfoncer leurs confrères accusés”, s’insurge Abderrahmane Yazidi, S.G du Syndicat de la pêche hauturière, qui soutient la famille de la victime.


Justice. Une accusation fumeuse…

L’avocat Lahbib Hajji, connu dans tout le Nord pour son combat en faveur des droits de l’homme, s’est vu retirer son passeport et a été interdit de quitter le territoire, à cause d’une accusation rocambolesque : Hajji aurait “incité à la culture du cannabis”. Ce que l’intéressé nie avec véhémence : “C’est absurde ! Comment puis-je dire ça alors que je ne cesse de défendre le droit ?”. Ce qu’on lui reprocherait, c’est surtout d’avoir co-signé la “lettre pour l’histoire”, un virulent pamphlet dénonçant la collusion entre justice et réseaux mafieux dans le Nord - affaire pour laquelle il est également poursuivi en justice, le procureur ayant été jusqu’à réclamer... sa radiation du barreau ! Une double affaire qui sent le règlement de comptes à plein nez...



Humeur. La guerre de 1979

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

La meilleure chaîne de télévision culturelle et politique (Arriyadia, bien sûr) nous propose un truc extraordinaire en décembre : la rediffusion d’un certain Maroc-Algérie avec un léger différé de 27 ans ! Il faudra la remercier parce que cela revient à réouvrir l’une des plus grandes plaies du règne hassanien, un véritable trauma collectif à la symbolique au moins aussi forte que les années de plomb. Arriyadia complète le travail de l’IER mais sans la mine d’enterrement de certains membres de la défunte instance. Je m’explique. Le 9 décembre 1979, le Maroc est en pleine guerre avec l’Algérie, par Polisario interposé. Et le moral des troupes n’est pas vraiment folichon. À chaque bataille perdue par le royaume, la radio et la télévision (et le Matin du Sahara) se relayaient pour nous désinformer. Mais on n’était pas si dupes. On savait que ça allait mal au “Sud” (on craignait d’utiliser les mots Sahara ou Polisario, alors on disait “le Sud”). Et on savait que le Maroc de Faras, star du foot de l’époque, devait “tuer” l’Algérie. Point final. Mais la “guerre” qui eut lieu ce 9 décembre, sous nos yeux, a tourné à notre désavantage. 1-5, et à Casablanca s’il vous plaît. La honte. Pour tout un pays ! Je me souviens par exemple qu’un prof, le lendemain, nous avait réunis pour nous dire deux choses : “Il faut brûler les joueurs qui ont pris part au match… et dégonfler tous les ballons ronds du pays !”. Il n’était pas le seul à le penser… Le traumatisme a été tel que même lorsque, trois ans plus tard, l’Algérie a joué le Mondial, la télévision marocaine n’a retransmis aucun de ses matches. Et voilà que cette même télévision, qui a tenté tant et tant de fois de nous duper, a refilé les images de la “guerre” du 9 décembre 1979 à Arriyadia. Comme avec l’IER, je suis prêt à relire les pages du passé, à verser une larme et à pardonner. Enfin, presque.



VITES !

La famille de Houcine Manouzi, disparu depuis 1972, vient de lancer une pétition sur Internet. Extrait du document en circulation : “La page des années de plomb ne peut être tournée sans le rétablissement de la vérité sur le sort des disparus et la restitution des dépouilles aux familles”.
admin-forum@initiativemarocaine.com


Selon le journal irakien Azzaman, sept agents de la CIA seraient arrivés en début de semaine au Maroc pour interroger, avec leurs homologues marocains, les treize membres d’une certaine Jamaât Attawhid Wal Jihad fi Al Maghrib, récemment arrêtés. Nos limiers ignoreraient-ils certaines techniques d’interrogatoire ?


Ahmed Boukhari ne s’est finalement pas rendu en France, le 21 novembre, pour témoigner devant le juge chargé de l’affaire Ben Barka. Un rendez-vous raté avec la vérité, que l’ancien policier a lié, dans une lettre adressée au juge, “à l’absence des conditions de sécurité et de prise en charge” de son séjour en France.


La criminalité a augmenté de 2% par rapport à 2005. C’est ce qu’a révélé, cette semaine, le ministre de l’Intérieur devant le parlement. “Cette croissance concerne, dans la majorité des cas, la délinquance et les délits mineurs”, a par ailleurs précisé Chakib Benmoussa. Plus de détails, Monsieur le ministre !


La cause palestinienne fera l’objet d’un nouveau sit-in, le 29 novembre, à l’occasion de la journée mondiale de solidarité avec le peuple palestinien. C’est l’Association marocaine des droits humains (AMDH) qui appelle à ce sit-in de 30 minutes, attendu devant le Parlement à Rabat.


Les FAR viennent de lancer un appel d’offres pour une commande de lait en poudre de près d’un million de boîtes de 2,5 kilos, destinées essentiellement à nos vaillants soldats du sud. Jusqu’à présent, c’est Nestlé Maroc qui permettait à nos troupes de confectionner leur Noss-Noss. Qui sera le futur élu ?


Confirmé, la chaîne d’information Medi 1 Sat commencrea à emmettre à partir du 1er décembre. “Des annonces radio seront lancées incessamment”, indique une source interne de la chaîne. Dans un premier temps, Medi 1 Sat n’émettra que 6 heures par jour. Elle passera au continu après quelques mois. Bienvenue.
 
 
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