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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Les frontières du réel

Votre article sur les frontières du Maroc (TelQuel n°248) m'a donné froid dans le dos et m'a carrément plombé le moral ! Comment notre pays, qui a été dépecé depuis près d'un siècle sous les coups de boutoir des différents colonisateurs (et des mauvais calculs), peut-il encore se permettre une telle passivité ? J'ai conscience que le régime algérien et les mercenaires polisariens sont à l'affût de toute éventuelle fausse manoeuvre du Maroc et s'engouffrent dans toutes les brèches possibles.

Je comprends également que le Maroc se trouve dans une posture délicate, avec des médias internationaux et des “amis” à la position pas toujours très claire et qu'il doit par conséquent jouer serré. Mais se faire grignoter des territoires par une Algérie qui fait feu de tout bois et qui n'a pas oublié ses rêves hégémoniques est, je pense, très grave. C'est le signe de notre paralysie, pour ne pas dire notre faiblesse. Une telle attitude est très dangereuse pour l'avenir de notre pays, au-delà même de son caractère compromettant pour l'avenir des portions “occupées” de nos provinces du sud.

Le Maroc est certes engagé dans un double processus de mise à niveau économique et d'ouverture politique et les problèmes ne manquent pas, mais cela ne doit en aucun cas excuser cette attitude timorée.

Qu'on ne nous sorte pas le “on le fera une fois qu'on aura réglé l'essentiel”. Que notre diplomatie se réveille, qu’elle sorte de sa léthargie, que le gouvernement fasse preuve de fermeté, que nos militaires soient déployés aux frontières, que les journaux en parlent, que le souverain visite plus souvent ces régions ! Voilà les signaux forts qui doivent être envoyés. En vous remerciant sincèrement pour cet article, qui, je l'espère, aidera à une prise de conscience.

Abdou Filali Ansary, Casablanca.



Quand religion et drogue font bon ménage…

J’ai été interpellé par votre enquête sur le narcotrafiquant Chrif Bin Louidane. Après la lecture de ce dossier, j'ai personnellement trouvé que son ascension n'avait rien de particulier. Elle était dans la lignée de celles de tous les gros bonnets de la drogue dans notre pays.

Par contre, ce que j'ai trouvé aussi amusant qu'intrigant, c'est sa rencontre avec le très respectable Cheikh Yassine. Je n’ai pas de mal à imaginer que dans son élan de générosité (600 000 DH !), le Chrif a dû par la même occasion sortir quelques bons millésimes de ktami, afin de “joint-dre” l’utile à l’agréable.

Je vous remercie pour cette enquête, car elle m’a enfin permis de comprendre la nature des énigmatiques visions du Cheikh. Et pour terminer je voudrais avoir une petite pensée pour Karl Marx, qui disait que “la religion est l’opium des peuples”. Par les temps qui courent, ce serait peut-être le contraire…

Hakim Bencheikh, Casablanca.



Nos ancêtres les Berghwata

Je voulais vous remercier pour votre article consacré aux Berghwata (TelQuel n° 247). Il est vrai que les manuels scolaires d’Histoire du Maroc ont omis d’en mentionner ne serait-ce que des bribes ! C’est en lisant la “Description de l’Afrique”, d’après Léon l’Africain, que j’ai appris l’existence de ces “hérétiques” et que je me suis rendu compte des lacunes historiques que je partage avec l’écrasante majorité des Marocains.

Comment se fait-il que l’on ignore presque tout de cette partie de notre mémoire collective, alors qu’elle a duré quatre siècles ? Ces Berghwata menèrent la vie dure aux gouverneurs Omeyyades à Tanger et à leurs successeurs Idrissides à Fès. Ils résistèrent même un certain temps à la poussée des Almoravides.

Quant à leur “doctrine religieuse”, elle n’était, à mon sens, et pour ce fier peuple berbère du Tamesna, qu’une réaction contre une arabisation imposée et forcée. Gageons que l’Education nationale se rappellera au bon souvenir d’une partie de nos ancêtres.

Yassine Naïm El Idrissi, France.

 
 
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