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Par Driss Bennani
Avant la caméra, jai gardé des voitures
| Antécédents |
Mohamed Achaour
Réalisateur
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| 1972. |
Naissance à Casablanca. |
| 1999. |
Licence en animation culturelle. |
| 2001. |
Stagiaire sur Astérix et Obélix, mission Cléopâtre. |
| 2004. |
Assistant réalisateur sur Le regard (Noureddine Lakhmari) et sur Alexandre (Oliver Stone). |
| 2005. |
Premier assistant sur Wake up Morocco (Narjiss Nejjar). |
| 2006. |
Prix spécial du jury du Festival du Caire pour son court-métrage Percussion kid. |
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Smyet Bak ?
Ahmed ben Lhassan.
Smeyt Mok ?
Zina bent Lhaj Abdellah.
Nimirou dla carte ?
BJ 128 730.
Maintenant que vous avez remporté votre premier prix international, quest ce que vous attendez pour nous gratifier de votre premier long métrage, une ou deux sitcoms et quelques critiques incendiaires du Fonds daide comme tous les réalisateurs qui se respectent dans ce pays ?
Je suis effectivement en train décrire mon premier long métrage depuis une année mais je ne pense pas au Fonds daide avec insistance. Cest un projet assez ambitieux lhistoire se passe entre le Maroc et lEspagne - qui nécessitera pas mal de moyens mais je préfère me concentrer sur le scénario pour linstant.
Pourquoi avez-vous mis autant de temps avant de vous lancer dans la réalisation ?
Cest une question dinvestissement dans le temps. Faire un court métrage na jamais été une obsession pour moi. Il sagissait avant tout de faire le bon film au bon moment, quand le feeling y est. Ceci dit, je nai pas de problème à être assistant réalisateur. Cest très instructif aussi.
Certains parmi vos collègues se sont pourtant jetés dans le bain immédiatement après avoir décroché de la banque ou de la douane
Je naime pas ladministration, mais je respecte les gens qui y travaillent. Je ne vous apprends rien si je vous dis que le cinéma peut être une excellente échappatoire aussi.
Avant de faire du cinéma, vous avez été journaliste, puis musicien. Limage nourrit-elle mieux son homme que les mots ?
Le journalisme était en fait un moment dhésitation. Je ne savais comment me lancer dans le cinéma, dans ce monde du spectacle et du show qui me fascine tant. Puis jai trouvé la parade. Me rapprocher du monde de la télé et du cinéma à travers la presse.
Cest à cause de gens comme vous que nous avons plus de 1700 cartes de presse en circulation ?
Peut-être. Sauf que moi, je nai jamais postulé pour lavoir. Je savais que je ne faisais que passer.
Pourquoi vos deux groupes de musique (Afouss et Abaraz) ont-ils eu une vie aussi courte ?
Parce quon était dix. Cela fait trop de monde avec des mentalités et des objectifs différents. Noubliez pas quà cette époque, il ny avait pas de signes encourageants non plus. Il n y avait pas de radios et très peu de producteurs. Le seul moment où on écoutait notre musique, cétait en concert. Pour ne pas me disperser, jai suivi le conseil de ma femme et jai tout misé sur le cinéma. Elle navait pas tort.
Lors de vos premiers tournages sur des plateaux internationaux, vous avez découvert quun assistant réalisateur marocain pouvait être chargé de garder des voitures. Quest-ce qui vous a motivé pour continuer ?
Lors de mon premier tournage, je me suis tout de suite rendu compte quil fallait que je revoie mes ambitions à la baisse. Que pour être derrière une caméra, il fallait dabord garder des voitures, démarrer par le bas de léchelle. Jai passé donc de longues journées à regarder, de loin, des stars défiler sur le plateau de tournage en me disant quun jour, jy arriverai. Cétait mon test dendurance. Ça a quand même duré un mois.
Il y a quelques années, vous avez joué dans un film amazigh et apparemment, on vous reconnaissait dans toutes les mahlabate du royaume. Existerait-il un star system en pays berbère ?
Cest simple. Quelques jours après la sortie du film, jai été à Derb Omar et dès que jai mis les pieds dans la première kissaria, tous les commerçants mappelaient si Brahim, du nom du personnage du film. Quatre ans plus tard, un garçon de café à Guelmim ma reconnu, alors quil me préparait un sandwich pour la route. Peut-on appeler cela un star system ?
Pourquoi est-ce que la vache est un thème omniprésent dans les productions berbères ?
Parce que cest un signe de richesse, de propriété de quelque chose. La vache est hnina (douce). Dailleurs, je préfère les yeux de la vache à ceux du mouton.
Cest un peu zoophile sur les bords, Si Achaour
Non, cest zoofilm.
Quest ce qui vous dégoûte le plus dans le cinéma marocain ?
La médiocrité faite en connaissance de cause. De deux choses lune, soit les responsables de nos télés nont pas dalternative, ce que je refuse de croire, soit ces artistes se foutent de nos gueules. Le ramadan ressemble à un génocide culturel sur nos télés.
Vous avez mieux fait, vous ?
Je navais pas de responsabilité artistique. Il y avait au moins un effort fourni. Ce nétait pas aussi bas et méprisant pour le public. |
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