Corruption. Des parlementaires en prison
Renseignement. L'Espagne met le paquet sur le Maroc
Administration. Le e-caïd est arrivé !
Mohand Laenser. "Avant de changer la Constitution, il faut l'appliquer"
Reportage. Une semaine chez les toxicos
France. Les malheurs de la presse écrite
Prospective. Pénurie d'eau 2030 Daba
Hakim Noury. Acteur malgré lui
Tagadda. Aaroubia Groove
N° 250
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine Culture

Jean Michel Jarre

Spectacle. Jean Michel Jarre à Merzouga

Le 16 décembre prochain, le célèbre Jean Michel Jarre donnera un concert à Merzouga. On annonce “des milliers de spectateurs”. Un peu moins qu’à Paris et Houston, qui en rassemblèrent plus d’un million. Ou qu’en Russie, où son show son et lumière a attiré 3,5 millions de personnes et a même été suivi en live par quelques astronautes en orbite. Connu par un chinois sur deux, JMJ ou Jean Michel Jarre, rassemblera en tous cas plus que les Journées mondiales de la jeunesse.

Ambassadeur des Nations-Unies pour la tolérance et la jeunesse depuis 1993, il viendra au Sahara en tant qu’ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, pour le programme “Water for life”. Auparavant, il avait notamment joué en 1993 à Lyon, sa ville natale, pour la venue de Jean-Paul II, célébré le passage à l’an 2000 au pied des pyramides égyptiennes, et fêté en 2005 les 25 ans de Solidarnosc à Gdansk, lors d’une soirée “Space of Freedom”. Nouveau Jésus, le triple Guinessman des records pour le nombre de spectateurs ? Le site Internet (concert-merzouga.com) sème le doute, en parlant de “sa volonté de fédérer les peuples avec sa musique”. Pour le concert de ce compositeur connu pour sa musique des pubs de la sécurité routière marocaine, des navettes aériennes Casablanca-Errachidia seront d’ailleurs mises à disposition des spectateurs (puis transferts Errachidia-Merzouga et nuit d’hôtel dans un “package à 2365 DH TTC”). La soirée réunira en tout cas de nombreux artistes marocains : entre autres l’orchestre de musique arabe moderne de Casablanca et le luthiste Haj Younès.


Sortie. 007 is back !

Pour le retour de 007, on craignait le pire : un scénario inspiré du premier roman d’Ian Fleming, un réalisateur abonné aux séries B et un acteur venu de nulle part. Et pourtant. Passons sur le synopsis, un classique du genre : James Bond doit affronter Le Chiffre, tout-puissant banquier du terrorisme international… et gérer sa relation amoureuse avec sa partenaire, la belle Vesper. Sauf qu’il s’agit de la première mission de Bond. Casino Royale se présente ainsi comme une sorte de prequel, avec peu de girls et encore moins de gadgets. Mais ce que la saga perd en frime, elle le gagne en profondeur. Plus sombre et plus dense, le film réussit là où les autres opus de la série ont échoué : donner de l’épaisseur au personnage de 007. Que les aficionados se rassurent : cascades et scènes d’actions se succèdent à un rythme effréné, saupoudrées d’un humour subtil. Au final, à la fois retour aux sources et renaissance, Casino Royale est probablement le meilleur James Bond.

Au Mégarama.



Art martial. Viva capoeira !

Avec l’agilité du toucan et la force du jaguar, les capoeiristas se multiplient dans le royaume. Puisant dans les racines africaines du Brésil, la capoeira est née d’une mutation, quand les esclaves angolais, sous le joug de l’interdiction de leurs méthodes de combats dans les plantations, les ont transformées en danse acrobatique pour déjouer l’autorité. Art martial, expression corporelle, musique, esprit de groupe, éthique, et patrimoine brésilien, cette discipline quasi-sacrée se développe au Maroc entre salles d’arts martiaux, écoles de danse et associations.

Abada Capoeira, Tél. 068 54 56 86 ; Casa danse studios, Tél. 061 24 41 41



Exposition. Un tableau, une bourse

Nos peintres ne bougonnent pas toujours quand ils doivent couper la poire en deux. Quand ils n’ont pas affaire à une galerie mais à une belle cause, ils concèdent même volontiers 50 % du prix de vente d’un tableau. C’est le cas des vingt plasticiens de renom, rassemblés par Mohammed Melehi, qui exposent du 2 au 10 décembre à l’hôtel Atlas Médina à Marrakech. La moitié des recettes des ventes de cette exposition serviront à financer les cours des étudiants de l’Ecole supérieure des Arts visuels de Marrakech. Cette école, qui sélectionne les meilleurs par concours, a en effet mis en place un système de bourses pour financer les étudiants les plus brillants, mais sans moyens financiers. L’acteur Pascal Greggory a déjà pris en charge les frais de scolarité d’un étudiant ; le photographe François-Marie Barnier en a fait autant. Vincent Melilli, directeur de l’Ecole supérieure des Arts visuels de Marrakech, n’en revient toujours pas.


Danse. Urbaine Hip Hop new school

Casablanca aura bientôt son école professionnelle de danse urbaine. Le projet est porté par deux associations situées des deux côtés de la méditerranée et créées pour l’occasion : Hip Hop solidarité internationale à Roubaix en France et l’Association pour le développement de la danse urbaine au Maroc à Casablanca. L’école, qui sera bâtie sans doute dans le quartier de Sidi Moumen à Casablanca, devrait accueillir 30 à 40 élèves appelés à devenir de futurs professeurs de danse, membres de troupes de Hip Hop et, pour les plus doués, des chorégraphes. L’école est sur les rails depuis 3 ans, suite aux rencontres régulières, lors de la manifestation Street Culture de Roubaix, entre Hicham Abkari de la Fédération marocaine de l’underground et Frédéric Tribalat, considéré comme le “pape du Hip Hop” dans le nord de la France. Le projet a déjà reçu le soutien des élus de la région française dont Martine Aubry, maire de Lille et ex-ministre de l’Emploi.


Cinéma. d’animation Ramzi et Adam sans Boubi

Ramzi et Adam  sera le premier dessin animé marocain à voir le jour… sur Al Jazeera. La série en 3D, produite par Sigma, sera diffusée lors du ramadan prochain sur la chaîne qatarie, faute d’intérêt de la part des deux chaînes marocaines. Pour l’heure, Eveline Fouché, réalisatrice et scénariste française(Les mondes engloutis, Titeuf etc.) et Abdellah El Fakir, graphiste marocain de 31 ans, ajustent le pilote aux critères orientaux, parfois un peu spéciaux. Outre les expressions de langage, ils réadaptent certains éléments comme la présence de chiens qui est refusée ou les personnes âgées, sujets considérés comme “délicats” pour on ne sait quelle raison. Après ce “fine tuning”, pourront s’enchaîner les aventures de Ramzi et d’Adam, deux gamins de six ans qui font leur premier ramadan. Série à portée éducative et morale… mais avec, ouf, des gags tout de même.


Radio. Le marathon selon Kotbi

Imad Kotbi, animateur de Ze Kotbi Show sur Casa FM, tentera fin décembre de battre le record du monde de l’émission la plus longue. Le trublion radiophonique tiendra le crachoir du 29 décembre à 20h 15 au dimanche 31 à 12h15, soit 40 heures de tchatche non stop, épaulé par 60 à 70 invités qui se relaieront au micro. “La nuit sera réservée aux artistes et aux DJ’s qui veillent tard. On a aussi prévu une équipe médicale, un chef cuisinier sur place et beaucoup de vitamines” précise Imad Kotbi, bien décidé à détrôner le précédent recordman du monde, le roi Arthur, l’animateur français multimilliardaire qui avait tenu 33 heures non stop. L’émission, qui se déroulera devant un public de fans, comptera dans l’assistance deux huissiers, afin d’homologuer le record pour le Guinness Book. Pourvu qu’ils ne saisissent pas le matériel...


Exposition. Le 3ème œil des femmes

Les œuvres d’une trentaine d’artistes marocaines seront rassemblées autour de l’exposition “Regards de femmes : fenêtre sur 50 ans d’arts plastiques au Maroc”, à l’Espace d’art de la SGMB à Casablanca. Peinture, sculpture, estampes, Aziz Daki, commissaire de l’exposition, a voulu dessiner la fresque de l’histoire de l’art marocain et montrer que “la création des femmes y est aussi importante que celle des hommes, depuis le début”. Du côté des arts contemporains, il met notamment l’accent sur les photographies “dérangeantes” de Fatima Mazmouz et “Wafa”, une vidéo de Maria Karim déjà projetée à Strasbourg, Londres, Amsterdam et Marseille et “qui ne va pas laisser les gens insensibles” conclut-il.

Du 14 décembre au 15 mars 2007.



B.O. Gad, chanteur de charme

Notre chouchou national vire de bord et s’essaye à la chanson ! Ce n’est certes pas la première fois qu’il fait vibrer son joli brin de voix, à travers des airs placés sous le signe de la dérision : le petit oiseau qui n’a pas d’ailes et les chansons de l’Eurovision. Mais cette fois-ci, il joue dans la cour des grands en récidivant en duo avec la chanteuse folk algérienne, Souad Massi, le temps d’une chanson, sur la B.O de Mauvaise foi, le premier film en tant que réalisateur de Roschdy Zem, le Messaoud d’Indigènes. D’une voix légèrement monocorde, il brode, en arabe et en français, avec sa co-équipière, sur les amours d’une musulmane et d’un juif dans une société moyennement tolérante. On te préfère sur scène, Gad !


Le livre.

Depuis sa formation au C.P.R. à sa retraite anticipée, Sahraoui Faquihi retrace les 28 ans de sa carrière de professeur. Sur un ton simple, il enchaîne les anecdotes, drôles, parfois teintées de mélancolie, souvent désabusées. Le quotiden d’El-Gara, petit village posté à cinquante kilomètres de Casablanca. Son collège, sans porte, où les ânes venaient parfois déranger les élèves, l’échec de sa titularisation, sa seconde école à Ben Slimane, les absurdités de la vie ou encore les virées nocturnes de ses collègues casablancais, l’expérience de l’enseignement privé et les difficultés du ministère. Les mémoires touchantes d’un professeur qui fuyait l’image “de l’enseignant figé, coincé dans sa tenue proprette”.

Sahraoui Faquihi, Le Tableau noir, Éd.Dar Lfaquihi




Humeur.
Dîner débat

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Entre deux bouchées, elle lui parle de la nécessité d’aller voter aux prochaines élections. Il la regarde, attendant que l’orage passe. Elle ajoute qu’il faut barrer la route au PJD. Les sujets sexy ne manquent pas pour un homme, mais Saâd Eddine El Othmani n’en fait définitivement pas partie. Il évacue le psy et ses groupies, et se concentre sur le sourire de la femme. Elle s’inquiète. Elle en est sûre et certaine, bientôt ils viendront nous chercher des poux dans la tête. Puis elle remet en place une mèche rebelle. Là, soudain, l’homme tend l’oreille. Association d’idées : poilus plein de puces, poux dans brushing de jolie tête bien faite, bougies tamisées, vin… Badaboum ! Sa citoyenneté lui tombe sur le coin de la gueule : et si demain le PJD interdisait les dîners aux chandelles ? Couchée par écrit, sa conscience politique soudaine n’aurait pas rempli un post-it. À un examen de Sciences-Po, elle aurait même frôlé la copie blanche. Mais, elle était suffisamment ferme pour le combat qui l’attendait désormais. Défendre le droit inaliénable de l’homme à dîner dans des restaurants hors de prix. À être servi par des sommeliers rasés de près. Et accueilli par des videurs dont la barbe, certes virile, n’excède pas le délai permis par la bienséance : 3 jours. Un Maroc où, avec l’effort de tous, unis, pauvres et riches, bientôt les ouvrières du textile pourront, elles aussi, rouler dans des 307 Peugeot couleur pastel. Un Maroc où même le caniche de belle-maman aurait une mutuelle. C’est décidé, dès demain l’homme poussera son cri de révolte. Il adhérera à l’association Daba 2007. Les hommes y sentent tous l’after-shave et les femmes n’y ont pas de poux...



Les Ghiwane butinent
Annoncé pour fin décembre, le nouvel album des Nass El Ghiwane, Ennahla Shama, tentera de perpétuer l’épopée musicale commencée il y a plus de 30 ans. Larbi Batma n’est plus, mais présent tout de même sur l’opus de 11 titres, grâce à 9 textes extraits de son livre posthume : Errahil.


Play it again, kid !
Mohamed Achaour vient de remporter le Grand prix du Festival international de la radio et de la télévision du Caire pour son court métrage Percussion kid. Le réalisateur a vu son scénario produit par la SNRT suite aux master class organisées l’année dernière lors du Festival de cinéma de Marrakech.


Awards du rap
Les rappeurs marocains ont désormais leur mini Emmy Awards. La cérémonie se déroulera mardi et mercredi, à partir de 18 h, au complexe Zaf Zaf de Casablanca où sera primé ce qui s’est fait de mieux cette année dans le rap : albums, djing, troupes de Hip Hop, radio, sites Internet, blogs…

 
 
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