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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

Le siège casablancais de la CNSS.
(DR)

Retraites. 520 milliards de dirhams à trouver

La commission nationale des retraites, réunie cette semaine sous la présidence de Driss Jettou, dresse un état des lieux préoccupant pour les différents régimes de retraites. Le cas le plus inquiétant est celui de la CNSS. Avec un volume d’engagement de 243 milliards de dirhams, la Caisse devrait voir les premiers déficits apparaître dès 2011. Le cas de la CMR est aussi inquiétant. Certes, les différentes mesures prises ces dernières années (augmentation des cotisations salariales et patronales, injection de fonds par l’Etat, relèvement de l’âge de départ en retraite) ont permis d’éloigner le spectre de la faillite jusqu’en 2018.
Mais les dirigeants appellent déjà à de nouvelles réformes, touchant la stratégie de placement des fonds. En fait, la CMR est aujourd’hui contrainte d’investir 80% de ces fonds dans des titres de l’Etat, généralement peu rentables par rapport à la palette des placements. Le RCAR, de son côté, dispose de réserves importantes, mais reste à la merci de l’évolution démographique. Aujourd’hui, 7,5 salariés cotisent pour un retraité. Mais en 2050, chaque retraité affilié à ce régime aura besoin de deux salariés supplémentaires pour lui garantir sa pension. De plus, l’intégration des caisses de l’OCP et de l’ONE, annoncée par le Premier ministre, au sein du RCAR nécessitera une injection de 55 milliards de dirhams. La CIMR semble être le seul régime relativement fiable. Malgré un niveau de réserves qui ne couvre les engagements qu’à hauteur de 20 %, les perspectives de rentabilité de la Caisse sont annoncées comme prometteuses. Au total, ce sont donc pas moins de 520 milliards de dirhams qui devront être mobilisés pour garantir la pérennité des différents régimes. Le dossier des retraites continue donc à inquiéter.


Leasing. La fin des haricots

Les dispositions fiscales contenues dans la Loi de Finances 2007 risquent d’être dures pour les sociétés de crédit-bail. Au nom de l’harmonisation fiscale, le ministre des Finances a décidé de relever le taux de l’IS pour ces sociétés à 39,6% (taux appliqué aux banques), au lieu des 35 % jusque-là en vigueur. Autre mesure pénalisante pour le leasing : le budget prévoit la suppression de l’exonération de TVA dont bénéficiaient les biens d’équipement. Pour les entreprises, cette suppression renchérira le ticket d’investissements de 20%, ce qui se traduira par un renchérissement du coût du leasing. Le lobbying bat donc son plein pour amender ces dispositions. La CGEM, par la voix de son président Moulay Hafid Elalamy, monte au créneau pour souligner qu’il faut bannir tout ce qui pourrait freiner l’élan d’investissement existant aujourd’hui.


Maroc/Europe. Le tunnel lancé l’année prochaine

D’après le quotidien britannique The Guardian, les travaux pour le tunnel reliant l’Europe et l’Afrique à travers le détroit de Gibraltar pourront démarrer dès l’année prochaine, après la décision du Maroc et de l’Espagne d’entamer les études préliminaires. Le journal indique que la construction du tunnel de 38 kilomètres de longueur, abritant deux voies ferrées, devra durer 15 ans à compter de la date du démarrage des études préalables. Des ingénieurs espagnols, cités par The Guardian, ont indiqué que le projet sera fin prêt en 2025. L’ingénieur suisse Giovanni Lombardi a été chargé d’élaborer un schéma pour le suivi des travaux durant la phase de réalisation. Les travaux exploratoires pourront commencer dès la présentation, l’année prochaine, de son rapport.


Investissements. La formation à l’honneur

Et de quatre pour les Intégrales d’investissement ! Le rendez-vous annuel des investisseurs étrangers, organisé par la Direction de l’Investissement, a choisi comme thématique pour cette édition “Éducation, Formation et Emploi : les défis de l'investissement”. Selon son directeur, Hassan Bernoussi, ce sera “l’occasion de présenter la stratégie mise en place par le Maroc afin de gérer et d’optimiser son potentiel humain, ainsi que de confronter cette stratégie à l’expérience d’autres pays”. Également au menu : la signature de nouvelles conventions, la remise du Prix de l’Investissement dans différents secteurs de l’éducation, l’actualisation du baromètre d’attractivité du Maroc mais aussi l’examen de sa politique d’investissement. Il faut préciser que les IDE au Maroc continuent sur un trend haussier. Déjà sur le premier semestre de cette année, ils ont progressé de 81% par rapport à 2005.



Billet. La couleur de l’argent

Caissier dans une agence bancaire à Nador, Omar voit vraiment la vie en bleu. Pour se raser le matin, il utilise des Gillette Blue II. Toute la journée, il se prend la tête à compter et recompter des billets bleus. Ce n’est qu’en enlevant son bleu de travail, le soir, qu’il broie du noir. Il se lamente sur son salaire misérable, qui lui vaut des fins de mois difficiles… Des fins de mois qui démarrent généralement dès la deuxième semaine. Aujourd’hui, en arrivant au bureau, il découvre que son agence l’envoie en formation. La direction des ressources humaines de la banque organise un séminaire ayant pour thème “les nouvelles dispositions que devrait apporter la loi sur le blanchiment d’argent”. En “zreg” brillantissime, Omar ne comprend évidemment que dalle. “Kifach ? Les billets de banque deviendront blancs. Personnellement, c’est la bonne vieille 100 dirhams ‘qarfia’ qui me manquera le plus”, lance-t-il à ses collègues. Ces derniers tentent de lui expliquer que cette nouvelle loi contre l’argent sale, actuellement devant le Parlement, changera sa fonction ; que désormais, il est tenu d’émettre des “déclarations de soupçon” pour toute opération qui dépasse un certain seuil. “Hacha de soupçonner quiconque !”, rétorque Omar. Il travaille depuis de longues années à Nador, 5ème place bancaire du pays avec 13,8 milliards de dépôts. Assez longtemps pour connaître personnellement ses clients. Chaque jour, ils déversent sous son nez des montagnes de cash. Et il n’a aucun “soupçon” sur la provenance de cet argent.



OFF !

Carlyle, le fonds d’investissement américain, proche de l’administration Bush, serait en train de prospecter des opportunités d’investissement au Maroc. Carlyle, qui gère près de 44 milliards de dollars d’investissements, avait commencé à faire parler de lui après que l’on eut découvert que la famille Ben Laden avait investi deux millions de dollars dans l’un de ses fonds. D’ailleurs, Khalid Ben Laden (frère d’Oussama) est invité par l’ONMT au Moussem de Tan Tan, en décembre prochain. Et l’on parle déjà d’une sortie de prospection pour un investissement touristique dans la plage Blanche.

 
 
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