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Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Le premier ministre irakien
Nouri Al Maliki et George
W. Bush, à Amman.
(AFP)

Bush en Jordanie. Visite à hauts risques

La visite au Proche-Orient de George W. Bush cette semaine est placée à haut risque. Le Président américain a rencontré jeudi, à Amman, le Premier ministre irakien, Nouri Al Maliki, dans un contexte très tendu. Alors que l’administration américaine presse le gouvernement irakien de désarmer les milices chiites, qui disposent de relais dans les organes de sécurité irakiens, la rencontre a été dénoncée par le groupe politique du chef radical chiite, Moqtada Sadr. Ce dernier a mis à exécution sa menace de quitter le gouvernement Maliki et le Parlement, “en signe de protestation contre cette visite qu’il considère comme une
provocation contre le peuple irakien”, annonce-t-il. Moqtada Sadr, adversaire résolu de l’occupation américaine en Irak, contrôle cinq ministères (dont la Santé et les Télécommunications) et 30 députés au Parlement. Il dirige aussi l’armée du Mahdi, une milice régulièrement accusée d’exactions contre la communauté sunnite et d’attaques contre les forces de la coalition.

Bush a rencontré Al Maliki après le carnage de Sadr City du 23 novembre, où 200 chiites ont été tués (le pire attentat commis depuis l’invasion américaine). Selon une note confidentielle de la Maison-Blanche, publiée mercredi par le New York Times, Bush doute de la capacité du Premier ministre irakien à faire face aux violences confessionnelles. “Les intentions d’Al Maliki semblent bonnes quand il parle avec les Américains. Mais la réalité dans les rues de Bagdad suggère soit qu’Al Maliki ignore ce qui se passe, soit qu’il ne décrit pas convenablement ses intentions, soit que ses facultés ne suffisent pas à traduire en actes ses bonnes intentions”, écrit le conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley. La Maison-Blanche a répondu en assurant maintenir son soutien au Premier ministre coûte que coûte.

Les rumeurs vont bon train à Washington, surtout depuis la victoire des démocrates aux élections du 7 novembre, sur l’éventualité d’un retrait des troupes américaines. Suivant les conseils de la commission Baker, Washington voudrait compter sur l’Iran et la Syrie, qui pourraient, selon elle, contribuer à une stabilisation du pays. Un sacré pari.


CIA/torture. Les Européens complices

Le rapport final de la commission d’enquête du Parlement européen (PE), publié mardi, est formel : la plupart des pays de l’UE étaient au courant de la politique de transferts secrets de terroristes présumés par la CIA. “De nombreux gouvernements ont coopéré passivement ou activement. Ils savaient”, a déclaré Claudio Fava, le rapporteur. Après un an d’investigation, ce dernier a dénoncé “la très grande réticence de la quasi-totalité des Etats membres à coopérer” avec les enquêteurs. Selon le rapporteur, les Européens ont été informés de ces méthodes par Condoleezza Rice, lors d’une réunion ministérielle transatlantique (UE-Otan) le 7 février 2005 et lors de deux rencontres, les 8 février et le 3 mai 2006. Claudio Fava souhaite que des sanctions soient infligées aux Etats membres. Parallèlement, une autre enquête a été menée, en juin dernier, par le Conseil de l’Europe. Son rapporteur, Dick Marty, a épinglé 14 Etats impliqués dans les vols secrets de la CIA.


Turquie. Benoît XVI joue l’apaisement

Des gestes d’apaisement de part et d’autre ont marqué la visite du pape Benoît XVI en Turquie, qui s’annonçait périlleuse après la crise provoquée par ses propos sur l’islam. Le pape a défendu l’entrée dans l’UE de la Turquie, dès son arrivée, mardi, à l’aéroport. Les autorités turques ont aussi fait bonne figure. Le Premier ministre Erdogan est allé accueillir le pape à sa descente d’avion. Un geste qui n’était pas prévu.
Mercredi, le Pape a célébré à Ephèse sa première messe en terre d’islam, avant de rejoindre Istanbul où il devait retrouver le patriarche Bartholomé Ier dans l’espoir de faire avancer la réconciliation avec les orthodoxes. Une alliance sunnite, affiliée à Al Qaïda, a dénoncé la visite papale, estimant qu’elle s’inscrivait dans “la campagne des croisés contre l’islam”.


Italie. Berlusconi, la fin d’une époque

Un frisson de peur a parcouru l’échine politique de l’Italie, après le malaise dont a été victime Silvio Berlusconi. Les vœux de rétablissement ont fusé de partout. Au sein de la majorité comme dans l’opposition, le chef de Forza Italia joue un rôle central dans la vie politique italienne. Il Cavaliere a néanmoins fait savoir qu’il défilerait ce samedi pour protester contre le projet de budget 2007 du gouvernement Prodi. Berlusconi continue aussi d’occuper les pages judiciaires des journaux, pour de nombreux procès pour corruption. Cet incident marquerait-il la fin (éventuelle) d’une époque ?


France. Air France dans le “low cost”

Une compagnie à mi-chemin entre charter et low cost va être créée en juin prochain par Air France-KLM. “C’est un marché en développement sur lequel il n’y a pas d’acteur majeur en France”, estime le président du groupe aérien, Jean-Cyril Spinetta. La nouvelle compagnie qu’Air France-KLM prévoit de lancer représenterait “un investissement de 20 millions d’euros, qui sera rentabilisé en deux ans”. La filiale sera détenue en commun par Air France (60 %) et transavia.com (40 %), filiale de KLM (Pays-Bas). Les avions desserviront des destinations moyen-courrier loisir comme Tozeur (Tunisie) ou Agadir. Au total, 9 destinations seront desservies à l’été 2007, puis 16 à l’été 2008, avec une flotte d’une dizaine de Boeing 737-800 en location.


Rwanda. Rupture diplomatique avec Paris

Le pouvoir rwandais a répliqué à l’accusation du juge français Jean-Louis Bruguière, mettant en cause le Président Paul Kagamé dans l’attentat contre l’avion de l’ancien président Habyarimana, suivi du génocide des Tutsis en 1994. Kigali a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec Paris.
L’ambassadeur de France à Kigali, Dominique Decherf, a quitté son poste. Et l’ambassade, l’école et le centre français devraient rester fermés. Les intérêts de Paris seront représentés par l’ambassade d’Allemagne ou de Belgique.
Le juge français avait accusé Paul Kagamé, le chef de l’Etat rwandais, d’être l’instigateur du génocide de 1994 et lancé neuf mandats d’arrêts internationaux contre ses proches. Pour Kigali, en revanche, la France ne veut pas reconnaître sa coresponsabilité : Paris aurait armé et entraîné les auteurs du génocide avant le massacre. La France a toujours nié toute implication.



Lu pour vous. [LIBAN]
Ni Manhattan, ni Téhéran

Fady Noun, L’Orient Le Jour, le 29 novembre 2006

L’essentiel, ce n’est pas la victoire mais ce qu’on en fait, disait De Gaulle. Au sol, face à l’armée israélienne, une victoire éclatante a été remportée par le Hezbollah dans certaines positions du Liban Sud. Et la question qui se pose est qu’en fait-on ? Va-t-on l’utiliser pour édifier ou pour détruire le Liban ? Le faire basculer dans le camp antiaméricain ? Ne voit-on pas l’absurdité d’une telle politique ? Si encore c’était vers un meilleur équilibre entre les axes qu’on agit ? Si c’était pour dégager le Liban de l’axe américain, ça se comprendrait. Mais face au “Nouveau Moyen-Orient” de George W. Bush, faire basculer le Liban dans le camp du Moyen-Orient islamique d’Ahmadinejad ? Est-ce bien logique ? Est-ce acceptable, sachant qu’Ahmadinejad est pour ainsi dire le Bush de la région, le cow-boy mal rasé qui exporte sa révolution islamique comme Bush vend sa croisade américaine. Et dans ce cas, plutôt Manhattan que Téhéran.
Mais il y a mieux. Ni Manhattan, ni Téhéran. Le Liban. Tout simplement. Certes, notre minuscule pays a un retard technologique immense par rapport aux Etats-Unis. Mais nous avons aussi une immense avance dans la connaissance d’un Orient compliqué, dans la tolérance, l’accueil pacifique des différences, la convivialité. Et c’est elle que nous meurtrissons en ce moment. C’est ce capital de compassion redécouvert que nous dilapidons, en lâchant la bride aux instincts les plus élémentaires.



VITE !

Chirac a soufflé, mercredi, ses 74 bougies à Riga, en Lettonie… sans la présence de son ami Poutine, qui lui avait pourtant promis de venir. Le Kremlin a annulé le déplacement dans ce pays balte, indépendant depuis 1991... évoquant des difficultés d’organisation.

 
 
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