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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Tolérance, vous dites ?

La condamnation du touriste allemand à six mois de prison ferme, pour avoir tenté de convertir un musulman à Agadir, venait seulement quelques jours après le méga-festival sur la tolérance. Ironie du sort : la condamnation s’est faite dans la même ville, baptisée tambour battant “capitale de la tolérance”. C’est caricatural. L’Etat organise des manifestations pour sensibiliser les populations à l’importance des valeurs universelles… et il est le premier à les bafouer.
Plusieurs fois, on a reproché aux islamistes dits “modérés” l’utilisation d’un double langage : un discours incitant à la violence dans leur supports médiatiques et un discours modéré pour séduire l’élite. Cette fois c’est l’Etat lui même qui utilise le double langage et incite, via ce verdict, à la violence et au terrorisme. L’agression à l’arme blanche d’une touriste française la semaine dernière à Fès et le meurtre d’un jeune touriste français, poignardé l’an passé en pleine rue dans la médina de la même ville ne peuvent être que le résultat de cet amalgame de haine, qui forge dans l’esprit du simple lambda l’image “du mauvais chrétien”. Du chrétien qui cherche à “ébranler” sa foi musulmane. Selon des sources officielles, les auteurs présumés des deux agressions sont des “aliénés mentaux”. Jusqu'à quand va-t-on cacher des crimes idéologiques derrière des allégations psychologiques et sociales ?
Dans plusieurs pays européens, plusieurs individus et même des associations musulmanes font du prosélytisme sans jamais être inquiétés. Les populations locales ne se plaignent pas, suivant le principe du respect de l’autre et de sa foi.

El Houssine Bouiamrine, Meknès.



Des frontières à dessiner

Votre enquête sur les frontières marocaines (TelQuel n° 248) a attiré mon attention. Il y a effectivement un décalage entre le réel, le théorique et le virtuel sur les frontières Sud et Est du Maroc. Si “l’Algérie ne cesse de grignoter du terrain sur notre frontière Est” et que “Lagouira est mauritanienne”, c’est tout simplement parce que ces territoires ne sont pas sous le contrôle du Maroc. Dans d’autres pays, la plupart des frontières sont fixées selon des barrages naturels. Chez nous, il faudrait les construire ensemble autour d’une table, tout d’abord, puis sur le terrain, en tenant compte des populations locales, les premières concernées par ce flou qui n’a rien d’artistique !

Mehdi Slaoui, Casablanca.

 
 
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