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Par Driss Bennani
Sahara. Le Corcas rend sa copie
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Khalli Henna Ould Errachid,
président du Corcas.
(TNIOUNI / NICHANE)
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La proposition d'autonomie au Sahara a enfin été remise à Mohammed VI. Son contenu est strictement confidentiel, dit-on. Indiscrétions en avant-première.
Aucun parmi les nombreux journalistes venus couvrir l'événement ne s'est fait d'illusion : Khelli Henna Ould Errachid n'avait absolument rien à dire, ce mercredi 6 décembre. La veille, le Corcas (Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes) avait à peine clôturé les travaux de sa session extraordinaire et rendu sa copie au roi. Théoriquement, aucun membre ne pouvait donc se prononcer sur le |
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contenu du projet, avant sa validation expresse par Mohammed VI. Mais en organisant une conférence de presse, Monsieur le président voulait-il marquer une rupture ? Pas le moins du monde. Khelli Henna Ould Errachid n'a même pas prévu de mot introductif à sa conférence de presse. Je suis là pour répondre à vos questions, a-t-il simplement lancé aux journalistes, qui l'attendaient depuis plus d'une heure. Et cette proposition d'autonomie alors ? Elle est enfin prête, affirme Khelli Henna. Elle a été présentée à Sa Majesté. C'est le fruit de six mois d'intenses négociations secrètes. Mais je ne peux pas vous en dire davantage pour l'instant. Devant l'insistance des huit caméras braquées sur lui, Khelli Henna consent quand même une petite confidence, aux relents propagandistes : C'est un projet révolutionnaire qui va surprendre. Un projet complet et détaillé qui apporte une réponse à toutes les questions importantes. Un package final et définitif pour clore le dossier. À plusieurs reprises, Khelli Henna tape du poing sur la table. Le ton est serein mais ferme, le regard vif, surtout lorsqu'il s'agit de l'Algérie ou d'un message destiné aux frères du Front Polisario. Le président se détend au fil des minutes. Il semble apprécier ce petit jeu de questions-réponses et affectionne particulièrement les tournures lyriques, mais peu informatives. Il finit quand même par révéler quelques grandes lignes du projet d'autonomie. La proposition que nous avons soumise au roi consacre définitivement la souveraineté marocaine sur le territoire. Elle garantit aux Sahraouis tous leurs droits politiques, économiques, sociaux et culturels. C'est en plus une proposition d'autonomie conforme à la légalité internationale. Un projet entièrement goupillé en interne, selon Khelli Henna, 100% made in Corcas, conclut-il.
La Constitution avant l'autonomie
Contrairement aux précédentes réunions du Conseil, rien n'a filtré des longues réunions tenues par les 141 membres les 5 et 6 novembre au siège de l'Académie nationale à Rabat. Mais ce qui est sûr, c'est que quelque chose a changé chez certains membres du Conseil. Même les plus méfiants affichent désormais un étonnant mélange d'optimisme et de satisfaction. Nous avons été surpris que certaines de nos propositions, jugées audacieuses en mai dernier, aient été prises en considération et adoptées à l'unanimité, après une série de rencontres informelles avec la présidence, s'étonne ce militant associatif à Laâyoune. Dans la soirée de mercredi, les langues ont commencé enfin à se délier et les contours de la proposition soumise au roi à se dessiner. L'autonomie ne couvrirait d'abord, selon des membres qui ont requis l'anonymat, que les territoires contestés tels que délimités par l'ONU et communément appelés le Sahara occidental. Le Corcas a fini par trancher : l'autonomie ne concernera donc pas des provinces comme Guelmim, Tan Tan ou Assa Zag. L'autonomie ne peut ensuite entrer en application qu'après une profonde réforme constitutionnelle. Nous ne proposons pas une décentralisation élargie, mais une réelle autonomie, rappelle Khelli Henna. D'ailleurs, le texte remis à Mohammed VI recommande l'installation d'un gouvernement, d'un Parlement et d'une autorité judiciaire locaux. Nous n'avons rien inventé, explique un membre du Corcas. Nous nous sommes référés à la définition onusienne de l'autonomie, en tenant à éviter tout conflit entre l'autonomie locale et l'Etat central. Le projet d'autonomie propose enfin plusieurs pistes de négociation concernant chaque point, de manière à lui permettre de se positionner comme une force de proposition crédible et réaliste, confie un président de commission au sein du Conseil. |
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