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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

Mohamed Barize, à Jamaâ El Fna,
contant les aventures de...
Thelma et Louise.

Festival de Marrakech. La p’tite chaîne du cinéma

L’image est étonnante, les propos encore plus. Le célèbre conteur de la place Jamaâ El Fna, Mohamed Barize, raconte à un public réuni en cercle près du Palais des Congrès de Marrakech, non pas un conte traditionnel, mais Thelma et Louise de Ridley Scott, l’un des films programmés par le Festival de cinéma dans le cadre de l’hommage consacré à Susan Sarandon. Une caméra filme le tout. En effet, l’émission animée par Mohamed Barize, Kane ya ma kane, est l’un des programmes qui alimentent les 15 heures d’antenne quotidiennes de la chaîne du Festival qui, pour la troisième année consécutive, mobilise
près de 100 membres de la TVM dépêchés à Marrakech pour la couverture de l’événement. Plus tôt dans la journée, Mohamed Barize a visionné le classique de Ridley Scott dans les locaux de la SNRT. Il avait fait de même pour Matrix. Le talent du conteur a fait le reste : “La halka est oum al cinéma”, précise ce dernier. “Home cinema”, serait-on tenté d’ajouter à la vue des curieux qui se pressent autour du plateau, en plein air, de l’émission Forum, animée par Ali Hassan. L’échange entre Ali Hassan et ses invités est vif, étonnamment libre pour une chaîne issue des “forces vives” de la TVM. Même le très officiel Mohamed El Bhiri a réussi à se mettre dans l’ambiance paillettes du Festival en recevant Laurence Fishburne et Martin Sheen sur son plateau. La chaîne n’émet que dans un périmètre de 20 kilomètres autour de Marrakech et juste pendant la durée du Festival. Dommage, pour une fois qu’on parlait bien du cinéma à la télé...


Sortie. Fait comme un rat

Voulant se débarrasser d’un rat squatteur, Roddy, un rat domestique pointilleux se fait prendre à son propre piège, happé par la chasse d’eau des toilettes. Il quitte contre son gré son douillet hôtel particulier et se retrouve dans les égouts, à Souris City. Sa découverte de la ville se fait au rythme des rencontres : celle d’un gang de grenouilles mafieuses, de l’intrépide Rita, et même d’un certain Némo à la recherche de son père. Roddy veut retrouver le chemin de la maison, mais il se retrouve coincé dans cette ville grouillante aux décors londoniens.
Sous l’apparence de personnages en pâte à modeler, les petits frères de Wallace et Gromit, réalisés en images de synthèse, sont simples mais expressifs, à la fois touchants et farfelus. Malgré quelques clins d’œil qui pourront faire sourire les plus grands, le film reste plutôt destiné aux enfants, qui apprécieront ce divertissement bien rythmé par ses multiples péripéties, son histoire d’amour gentillette et sa petite morale finale.

Souris City. Au Mégarama.



Album. Hoba is back

Hoba Hoba Spirit n’hiberne pas. Entré en enregistrement fin novembre, le groupe de hayha music concocte pour le printemps prochain un nouvel album, plus rock que les précédents. Sur un total de 13 titres, on découvrira Hoba is back, Fhamathor, un nouveau héros marocain expert en fhamate, Tikra, Super caïd, Lkalakh, ainsi qu’une chanson hommage à Diego Maradona. Un concert de lancement sera organisé à Casablanca en mars 2007, suivi par une tournée nationale et internationale. En attendant, les fans pourront écouter des extraits sur leur site, à partir de janvier. Le nom de l’album ? Trabando (contrebande en Chamali). Rendez-vous à Derb Ghallef ?


Polémique. Mic mac contre Hip Hop

Le festival de Hip Hop Ch’Ro3a d’Rap, qui se voulait un mini Music Awards marocain, n’a finalement pas eu lieu. Les spectateurs comme les organisateurs se sont retrouvés face aux portes fermées du Complexe culturel Mohamed Zaf Zaf à Casablanca. L’association organisatrice de la soirée, Union de la jeunesse, a trouvé des barrières dressées pour bloquer le passage vers l’établissement culturel. Qui plus est, le directeur de la salle, Moustafa Boudra, était aux abonnés absents. Les organisateurs soupçonnent une manœuvre de l’arrondissement du Maârif, tenu par l’Istiqlal, à qui revient le droit d’autoriser ou non des événements dans le quartier. L’Union de la jeunesse avait reçu un accord de principe de l’arrondissement, mais l’attente de la signature finale a traîné jusqu’au Jour J. Deux semaines plus tôt, le festival avait déjà été repoussé en raison de la fête de l’Indépendance. Devant les portes closes du Complexe culturel, ils étaient nombreux à déplorer cette “censure officieuse de la culture Hip Hop”.


Formation ciné. Films à développer

A Marrakech, il n’y a pas que les films aboutis qui comptent. En marge du Festival, le premier cru du Meda Films Development - qui accompagne dix tandems scénariste-producteur du sud méditerranéen pour un projet de long-métrage - vient de clore sa troisième session annuelle. Piloté par Ali N’Production et co-financé par Euromed (80%) et la fondation du FIFM (20%), à hauteur de 50 000 DH par candidat, ce programme, en plus de rappeler les fondamentaux de l’écriture, du montage financier ou de la distribution, permet aux candidats de rencontrer des professionnels bien placés. “Cette semaine, il s’agissait du responsable fiction d’Arte et du patron du cinéma à Canal+, illustre Mohamed Layadi, le coordonnateur. Même si certains participants sont plus avancés que d’autres, tous ont gagné quatre à cinq ans de travail et de démarchage”. De quoi inciter les absents de cette année à se manifester pour 2007, avant le 31 décembre sur www.mfd.ma


Potins. Ben Barka à Marrakech

Atmen Kelif a profité de sa présence au Festival de Marrakech pour préparer son interprétation de Ben Barka, rôle qu’il jouera dans un téléfilm de 2 x 90 minutes pour la chaîne France 2. Entre deux virées en boîte avec ses potes Jamal Debbouze et Edouard Baer, il a rencontré deux contacts qui ont bien connu le leader socialiste. “Motus et bouche cousue sur leurs noms”, nous a-t-il déclaré, dans l’ambiance bruyante de l’Actors, la boîte officielle des festivaliers. Avant ça, Atmen Kelif avait fait un saut en Suisse pour parler à trois amis de l’opposant marocain défunt. C’est Gilbert Melki qui jouera le rôle d’Oufkir, tandis qu’Olivier Gourmet, prix d’interprétation à Cannes en 2002 (Le fils), campera l’agent des services secrets français, Antoine Lopez. Pour l’anecdote, trois acteurs marocains, contactés pour jouer dans le téléfilm, ont décliné la proposition.


Signature. Abel met les poings sur les i

Venu présenter son autobiographie (Le grand frère des banlieues, Tarik Editions), le boxeur Abel El Qandili a annoncé cette semaine la tenue de son jubilé au Maroc. Son ultime combat sera organisé en partenariat avec la Fédération royale marocaine de Kick boxing, courant 2007.
Après seize coupes du monde dans les quatre disciplines de boxe (Full contact, Kick boxing, boxes française et thaïlandaise), El Qandili avait terminé sa carrière en 2000, pour se consacrer notamment au malaise des jeunes de banlieues, en France. Il travaille actuellement avec Yannick Noah, soutenu par la Fondation Lagardère, pour amener les jeunes des milieux aisés et défavorisés à se rencontrer, à travers la boxe et le tennis. Il sera par ailleurs le parrain du championnat du monde de boxe qui se déroulera mi-janvier prochain au Sénégal.


Concours. L’âge de glace

Ils sont trois, diplômés des Beaux Arts de Casa et entre eux règne une ambiance glaciale… et c’est tant mieux ! Abdellatif Kalamour, 31 ans, Hassan Krifa, 29 ans et Imad Sanouni, 27 ans, participeront du 30 janvier au 4 février prochains à l’Internationale de sculpture sur neige, du très médiatique Carnaval d’hiver de Québec, où le Maroc, seul pays arabo-musulman et africain représenté, lève son drapeau pour la troisième fois. Les trois artistes auront six jours, par moins dix degrés, pour tailler dans un bloc de glace de 5 mètres sur 3 une création humaniste, “Révolte de Gaïa pour la paix”, symbolisant en un cri le besoin de l’homme de revenir à la source entre amour, nature et sérénité. Une œuvre universaliste après le pont “Nord-Sud” de l’an dernier. Pas froid aux yeux !


7ème art. Tétouan fait (aussi) son cinéma

Moins prestigieux, mais plus convivial que le Festival de Marrakech, le Festival international méditerranéen de Tétouan vient d’accoucher de sa programmation. Du 24 au 31 mars prochain, la cité du Nord consacrera une rétrospective à Abdelhalim Hafez, à travers une série de films qui permettront aux spectateurs marocains de revoir le rossignol arabe en acteur chanteur. Le cinéma italien semble très à la mode puisque, après Marrakech, Tétouan consacrera aussi un hommage au 7ème art transalpin. Créé et porté par des cinéphiles purs et durs, le Festival a tout de même une originalité : cette capacité à aller dégoter des films passés totalement inaperçus. L’invité de la 13 édition est le cinéma des Îles Canaries. Si, si il existe.


Le livre.

Abdelwahab Meddeb n’a pas attendu les attentats du 11 septembre 2001, ni la malheureuse polémique née des “réflexions” du pape sur l’islam, pour analyser, souvent avec finesse, ce monde arabe qui préoccupe aujourd’hui la planète terre. Après “La maladie de l’islam”, l’intellectuel tunisien creuse dans le même sillon de l’identité arabo-musulmane, cette fois avec une compilation de chroniques, “Contre-prêches”, qui se lit comme une analyse de l’actualité du monde arabe. Ça a l’avantage, au moins, d’être écrit par un analyste de ce côté-ci de la Méditerranée, même si Meddeb a depuis longtemps quitté Tunis. Ceux qui sont curieux d’en savoir plus peuvent sauter le pas jusqu’au Carrefour des livres, vendredi 15 décembre, à Casablanca, pour la signature.

Contre-prêches, Abdelwahab Meddeb.
Éditions Seuil.




Humeur.
Wake up Morocco

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Wake up Morocco de Narjiss Nejjar, l’un des deux films représentant le Maroc au festival de cinéma de Marrakech, est une excellente charge contre la tare principale (pour un Marocain) de cette manifestation : l’impression d’être traité en bougnoule. Une des héroïnes du film de Nejjar y dit espérer des citoyens fiers de leur terre, la tête toujours haute, convaincus de l’avenir du pays. Ce cours de patriotisme illustré pourrait donner des idées aux organisateurs marocains du festival. Combien de temps encore aurons-nous le complexe des Indigènes (autre film programmé au Festival) face à “l’homme blanc” ? En l’occurrence la partie française de l’organisation et son armée de vigiles, décrétant à la tête du client qui a droit aux interviews de stars, ou bien qui aura le privilège d’entrer dans tel endroit sélect. Un Marocain y subit souvent le délit de faciès, ou pire encore, se sent surveillé comme un galérien de banlieue française, spécialiste du vol à l’arraché. Sur le tapis officiel, le soir de l’avant-première d’un film hindou, une dame dépêchée par l’organisation depuis Paris, a même eu le réflexe de serrer son sac Vuitton contre elle. Qui marchait derrière elle ? Un Marocain, fan de Bollywood, qui avait réussi à se dégoter une invit’. Madame s’imaginait peut-être que tous les cinéphiles ressemblaient à des présentateurs de Canal +...



Mister Théâtre
Hicham Abkari, responsable de l’animation culturelle de Casablanca, vient d’être nommé directeur du Théâtre Mohammed VI. Il aura pour mission de donner vie à cet établissement culturel dernier cri, resté une coquille vide suite aux malversations qui ont accompagné sa construction sous l’ère Slimani.


Bouger bouger
Vous êtes musicien, danseur ou styliste ? Du 1er au 12 février, 60 jeunes du Maroc, de Palestine, d’Algérie, du Liban, de Tunisie et de Belgique seront rassemblés entre Casa et Rabat par le Bureau international de la jeunesse pour monter un spectacle inédit. Candidatures jusqu’au 15 décembre sur www.lebij.be


A Wonderful world… tour !
Lunaire et burlesque comme son auteur, www What a wonderful world, second opus de Faouzi Bensaïdi, fort d'un budget de 20 millions de dirhams, est vendu dans huit pays – France, Allemagne, Suisse, Belgique, Hollande, Italie… – et pourrait séduire l'Angleterre, le Canada  et l'Amérique latine… Bon voyage !

 
 
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