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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

Siège de la Régie
des Tabacs - Altadis.
(DR)

Culture de tabac. Des clopes de plus en plus blondes

La tabaculture marocaine devrait changer de goût. Le plan de développement concocté par Altadis et le ministère de l’Agriculture met le paquet sur la culture de tabac blond. Ce plan est dicté par les mutations que connaît le marché, notamment avec la chute de la demande des cigarettes brunes et la suppression de l’obligation d’utiliser 20 % au minimum de tabac local. Les planteurs de tabac n’ont donc pas le choix : se convertir ou disparaître. Altadis a même initié un plan d’actions pour l’encadrement des exploitants pour suivre leur reconversion du brun vers le blond. Ainsi, l’accent sera désormais
mis sur la production des variétés Burley et Virginie dont le volume devrait augmenter respectivement de 60 et 40 % à l’horizon 2010. Mais Altadis ne compte pas s’arrêter là. Le plan de développement prévoit même de faire du Maroc un pays exportateur de tabac d’Orient, une variété jusque-là ignorée par les producteurs. Mais à en croire les protagonistes, le potentiel existe pour atteindre une production de 5,750 tonnes (contre 10 actuellement) de ce type de tabac. Les retombées économiques seraient conséquentes : 90 000 emplois, 12 800 plantations sur une superficie cultivée de 5880 hectares. Seul hic : les régions identifiées sont réputées pour la culture de cannabis. En fait, la culture de tabac d’Orient est actuellement en phase de test dans la seule région de Ouazzane. Et le site identifié dans ce plan de développement vise Chefchaouen. Il faudra donc du souffle pour convaincre les exploitants de changer de business.


Lois. Les pharmaciens s’impatientent

Le nouveau code de la pharmacie (loi 17-04) n’est toujours pas entré en vigueur, bien qu’il soit sorti du Parlement depuis juin dernier. Un blocage qui est loin de plaire aux professionnels. Après les pharmaciens, ce sont aujourd’hui les laboratoires qui montent au créneau. “Le retard compromet les projets d’installation d’investisseurs étrangers qui souhaitent créer des filiales pharmaceutiques au Maroc”, souligne un communiqué de l’association des industriels du secteur. Pourtant, six mois dans les tiroirs du Secrétariat Général du Gouvernement, c’est quasiment une étape normale dans le circuit législatif. La grogne du secteur ne serait donc qu’une dernière protestation, contre une réglementation loin de faire le consensus.


BenQ Maroc. Démission collective

Spectaculaire démission collective, le 30 novembre dernier, des employés de BenQ Maroc. Ouverte en décembre 2005, cette filiale du Taïwanais BenQ Corp. avait pour objectif de faire connaître au Maroc les marques BenQ (équipements multimédia) et BenQ Mobile (téléphones mobiles). La cessation de paiement, le 28 septembre, de BenQ Mobile (elle-même filiale de BenQ Corp et domiciliée en Allemagne) a brisé net cet élan. Il restait bien les équipements, mais… “Après ça, nous ne pouvions plus défendre sereinement l’image de marque. Nous avons donc préféré démissionner”, déclare Salah Daoudi, ancien directeur général de BenQ Maroc. Après avoir réglé leurs fournisseurs locaux et dédommagé les cadres démissionnaires, les dirigeants de BenQ Corp. se sont donné trois mois avant de liquider la filiale marocaine… ou de la relancer, avec une nouvelle équipe.


Télécoms. Maroc Connect dans les starting-blocks

C’est promis, juré ! La commercialisation des produits de Maroc Connect, 3ème opérateur de téléphonie, devrait commencer sous peu. C’est en tout ce que Karim Zaz, directeur général de la société, affirme dans un entretien accordé cette semaine à un quotidien de la place. Evidemment, comme le dicte le bon sens commercial, le petit poucet de la téléphonie, qui aura à se frotter à la concurrence des géants (IAM et Meditel), devra démarrer progressivement. “D’abord dans les prochains jours, (il y aura) la commercialisation des services Entreprise, un segment dans lequel nous sommes déjà installés en tant que fournisseur Internet”, explique le DG de Maroc Connect, une appellation qui devrait bientôt changer. Karim Zaz ne cache pas pour autant son intérêt pour le résidentiel. La société a déjà signé des partenariats avec quatre distributeurs pour le déploiement d’un réseau commercial.



Billet. Stars de DVD

Groupie de tout ce que le monde compte comme stars, Farid s’est évidemment fait inviter au Festival du film de Marrakech. Son week-end a été des plus intenses. À la Palmeraie, il se tape un sprint pour entrevoir Susan Sarandon, plus sexy que jamais en caftan, monter la “dernière marche”. À Jamâa El Fna, il bouscule la foule pour serrer la “Maintrix” de Lawrence Fishburne. Il se pointe même chez Bejguenni, pour entendre Samia Akariou passer commande avec son irrésistible accent “chamali”. Et cerise sur le gâteau, il tombe, dans sa chambre d’hôtel, sur un numéro du célèbre quotidien américain Variety. Cette bible de l’industrie du divertissement aux Etats-Unis a publié, il y a quelques semaines, l'avis de décès symbolique du VHS. La cassette vidéo est définitivement retirée des rayons des mégastores américains, bien que le produit réalise toujours 300 millions de dollars de chiffre d’affaires. En feuilletant ce journal, Farid ne peut s’empêcher de penser à Noureddine Saïl. Il ne comprend pas comment ce cinéphile respectable se lance dans une guerre acharnée contre le piratage. Des questions se bousculent alors dans sa tête : “Le directeur du CCM ne sait-il pas que les DVD à 10 balles n’ont rien à voir avec la promotion de la production nationale ? Que la vente de DVD piratés n’est qu’un segment du secteur de l’informel, dont la contribution économique est estimée à des dizaines de milliers d’emplois et à près de 20 % du PIB ? Et puis comment va-t-on désormais pouvoir suivre les productions étrangères ? Grâce à des DVD originaux inexistants dans le commerce ? Et surtout à quel prix ?”. Car pour Farid, il n’est pas question de trop puiser dans sa cassette pour se payer un DVD original.



OFF !

Prévue à Marrakech, la future Cité du film marocain est sur les bons rails. Les promoteurs de ce complexe touristique orienté autour du cinéma avaient rendez-vous, lundi dernier, avec le wali de la ville ocre, Mounir Chraïbi, pour une nouvelle présentation du projet d’une enveloppe d’investissement d’un milliard de dollars. Même le plan de financement est bouclé : une partie sera levée sur le marché bancaire marocain par un consortium conduit par BMCE Bank.

 
 
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