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N° 252
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“L’Etat est l’ennemi de la société”

Antécédents
Abdelmoumen Chbari
Responsable des relations
extérieures d’Annahj Addimocrati
(extrême gauche)

1959. Naissance à Casablanca.
1975. Intègre la Jeunesse Ittihadie.
1981. Intègre Ilal Amam.
1985. Condamné à trois ans de prison avec les étudiants basistes, puis à dix ans avec les militants d’Ilal Amam.
1994. Gracié par Hassan II.
1995. Directeur du journal Annahj Addimocrati et responsable des relations extérieures du parti du même nom.

Smyet Mok ?

Houssine Ben Ahmed.

Smyet mok ?
Hadda Bent Ahmed.

Nimirou d’la carte ?
B 156 761.

Votre parti encadre 16 victimes des années de plomb pour déposer une plainte collective contre une série de responsables politiques. Vous ne prenez pas le train en retard là ?
Le train dont vous parlez n’a même pas encore quitté la gare. La vérité sur les années de plomb n’est pas encore connue, les responsables de ces atteintes aux droits de l’homme n’ont pas été identifiés, les dédommagements n’ont pas encore été versés aux victimes. Qu’a-t-on fait pour empêcher que de tels drames ne se reproduisent dans l’avenir ?

Et là, Annahj Addimocrati, qui conteste la crédibilité de toutes les institutions, fait soudainement confiance à la justice pour rétablir ces gens dans leur droit ?
L’indépendance de la justice est justement un combat qui nous tient à cœur. Ces plaintes sont un nouveau test auquel nous soumettons cette institution. Aujourd’hui, la loi oblige le Parquet à instruire toutes ces affaires. Et s’il ne le fait pas, ce sera un bon prétexte pour le dénoncer. La justice doit jouer son rôle et appliquer la loi. C’est tout ce que nous demandons.

Récemment, vous avez également proposé votre intermédiation pour rassembler le Maroc et le Polisario autour d’une même table de négociation. à quoi vous jouez exactement ?
Nous avons appelé les deux parties à ouvrir des négociations pour trouver une solution politique au conflit, sur la base des différentes résolutions de l’ONU. Nous nous considérons comme une partie prenante dans ce conflit pour différentes raisons. Pendant plus de 35 ans, les richesses du pays ont servi à acheter un armement excessif et inutile, et pendant tout aussi longtemps, la question du Sahara a été instrumentalisée pour garantir une fausse paix sociale.

Qui sont vos relais au sein du Polisario ?
Nous traitons avec le Front Polisario en tant que mouvement de libération et non avec la RASD. Nous ne nous sommes jamais déclarés pour l’annexion ou pour l’indépendance. Nous encourageons une solution démocratique qui permette aux Sahraouis de choisir.

Considérez-vous encore l’Etat comme un ennemi ?
À cause de sa pratique politique, l’Etat se positionne comme un ennemi de la démocratie et des droits de l’homme. Il est à ce titre l’ennemi de la société, qui voit en lui un ogre dominant tous les secteurs.

Pensez-vous sincèrement que votre discours parle encore aux “masses populaires” de 2006 ?
Si nous avions assez d’influence sur les gens, nous serions déjà arrivés à nos objectifs. Mais cela ne nous empêche pas de travailler. Je crois sincèrement que notre situation est meilleure que celles de plusieurs autres partis politiques. Nous sommes présents sur plusieurs dossiers sensibles comme les droits de l’homme, la condition féminine, les diplômés chômeurs, le pouvoir d’achat, etc.

Qu’est-ce qui différencie une association politique d’un parti qui ne participe pas aux élections ?
Pour moi, la politique, ce ne sont pas forcément les institutions. Notre boycott des élections n’est pas définitif mais tactique. Nous refusons de cautionner des institutions verrouillées et anti-démocratiques. Il y a un seul acteur au Maroc, c’est l’institution monarchique qui refuse encore tout partage de pouvoir.

Et vous ne vous croyez pas capables de changer ces institutions de l’intérieur ?
Aujourd’hui, c’est impossible. Bouabid y a cru en 1975. Ses adeptes n’y sont toujours pas parvenus.

Rien ne vous plaît dans ce pays, finalement. Vous tirez sur tout ce qui bouge. Zaâma ghir ntouma lli rjal ?
Non, mais nous sommes des gens cohérents et sincères. Je ne peux pas vendre de l’illusion aux gens. Notre position nous honore.

Si le père Noël existait, que lui demanderiez-vous ?
Que ce pays soit démocratique. Qu’un citoyen ne tombe pas sur un moqaddem en sortant de chez lui le matin, qu’il ne se sente plus méprisé dans chaque petite administration. Que le Marocain ne se sente plus étranger dans son propre pays.

Vous savez ce qu’il va vous répondre, le père Noël ?
Je crois qu’il vendra son traîneau et descendra militer avec nous.

 
 
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