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Par Youssef Aït Akdim
Iran. Feu sur Israël !
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Ahmadinejad, recevant des
rabbins anti-sionistes, qui
participaient à la Conférence
sur la Shoah.
(AFP)
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Alors que le régime de Mahmoud Ahmadinejad organise une conférence sur la Shoah, rassemblant le gotha des négationnistes, la question nucléaire est relancée en arrière-plan. Y a-t-il de la place pour deux puissances atomiques au Moyen Orient ?
Invité à débattre lundi 11 décembre, avec les étudiants de Sciences Politiques, à Paris, le vice-Premier ministre israélien Shimon Peres a accusé le président iranien Mahmoud Ahmadinejad d'appeler à un nouvel holocauste. Le Prix Nobel de la paix, inquiet après les |
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recommandations de la commission Baker, appelant à négocier directement avec le régime iranien, avertit : Ce qui fait apparaître les [dirigeants iraniens] aussi forts, c'est la faiblesse de la communauté internationale, c'est tout. Ce discours ferme, agressif de la part d'un Prix Nobel de la paix, peut surprendre. Pour en comprendre les raisons, il faut se tourner vers ce qui se passe du côté de Téhéran.
Provocation sur la Shoah
Au même moment, dans la capitale iranienne, le chef de la diplomatie, Manouchehr Mottaki, présidait la session d'ouverture d'une conférence controversée sur la Shoah, en présence d'universitaires étrangers révisionnistes et négationnistes. Une occasion rêvée pour ces derniers d'exprimer, devant un public acquis à leurs théories, un discours oscillant entre la pire des mauvaises fois historiques et le simple complot juif. Parmi les invités, un ancien membre du Ku Klux Klan et l'historien révisionniste français Robert Faurisson, exclu de l'Université française et condamné récemment pour avoir mis en doute l'existence des chambres à gaz, qui n'a pas caché sa joie : Je suis en Iran parce qu'il est possible d'y débattre de quelque chose dont on ne peut débattre dans le monde occidental. À son retour à Paris, il devra s'attendre à rendre compte de ses propos devant la justice.
Cerise sur le gâteau de cette opération marketing du régime iranien, des rabbins antisionistes, membres d'une secte ultra-minoritaire opposée à l'existence d'Israël, étaient aussi de la partie. On se souvient du tollé provoqué l'an dernier par Ahmadinejad, après ses propos qualifiant la solution finale de mythe, mettant en doute son ampleur et affirmant que l'Holocauste avait été utilisé pour justifier la création de l'Etat d'Israël. Pour Mottaki, l'objectif de la conférence n'est pas de nier ou de prouver l'Holocauste, mais d'offrir la chance à des chercheurs européens de donner leur point de vue sur ce phénomène historique. Il se contredit aussitôt en glissant que l'Holocauste est un mythe, comme l'a dit le président Ahmadinejad, c'est-à-dire une idée généralement fausse mais que les gens croient vraie.
Manipulation grossière ou véritable obsession, cette dernière provocation vient pourrir l'atmosphère et couper court aux espoirs diplomatiques pour mettre fin à la crise autour du programme nucléaire iranien. Et Mahmoud Ahmadinejad d'en rajouter : Lorsque j'ai dit que ce régime va disparaître, j'ai exprimé ce que les peuples avaient dans leur coeur. Les réseaux du régime sioniste m'ont alors beaucoup attaqué. Mais tout comme l'URSS a disparu, le régime sioniste va bientôt disparaître, a-t-il lancé lors d'une réception donnée en lhonneur des participants à la conférence sur la Shoah.
Les Six excédés
Pendant qu'à Téhéran des chercheurs planchaient sur des thèmes comme Défi à l'histoire officielle de l'Holocauste ou encore L'Holocauste, le talon d'Achille d'un cheval de Troie juif, les discussions reprenaient à New York sur un projet de résolution de l'ONU, visant à sanctionner l'Iran pour son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium. Les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l'Allemagne finalisent la version définitive d'un projet de sanctions économiques et commerciales, déposé fin octobre et bloqué depuis par des objections de la Russie. Plus de trois mois se sont écoulés depuis l'expiration de la date butoir, le 31 août, fixée à l'Iran pour suspendre l'enrichissement d'uranium, sous peine de sanctions, et les six pays espèrent parvenir à un consensus avant la fin de l'année. Objectif : agir rapidement contre un président iranien en pleine confiance.
Mahmoud Ahmadinejad se permet même de menacer d'une riposte à toute sanction internationale relative à son programme nucléaire. Compte tenu de votre insistance à affronter la nation iranienne, nous considérons un tel geste comme un acte hostile et nous y riposterons, a dit M. Ahmadinejad, sans préciser comment, quelques heures avant les discussions de New York. Apparemment, le régime de Téhéran hausse le ton à mesure que la communauté internationale fait un geste d'ouverture. Cette semaine encore, pendant que Hans Blix, l'ancien chef des inspecteurs de l'ONU en Irak et actuel président de la Commission des armes de destruction massive, préconisait des garanties de sécurité pour l'Iran, afin de sortir de la crise, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a assuré mercredi que bien entendu, ce n'est pas la fin du chemin, et la nation iranienne fera de nouveaux progrès dans ce domaine.
Pour Bruno Tertrais, maître de recherches en relations internationales (FRS-CERI) et spécialiste de la prolifération nucléaire, ce qui est frappant, c'est l'insistance d'Ahmadinejad à s'exprimer publiquement. Il sait très bien que ses déclarations sont répercutées immédiatement dans les médias. Il s'agit à la fois de tenter de fédérer et de mobiliser la population iranienne en l'éloignant de ses soucis quotidiens, et d'accroître le prestige et la popularité de l'Iran, pays non-arabe et non-sunnite, auprès du monde musulman. Comme en réponse aux déclarations du président iranien, le Premier ministre Ehud Olmert a inclus Israël sur la liste de pays disposant de l'arme nucléaire, dans une interview lundi à une télévision allemande, tranchant ainsi avec la politique traditionnelle d'ambiguïté de l'Etat hébreu sur le sujet. Même si le lapsus a été officiellement minimisé, il peut être lu comme une façon pour Olmert de remettre la pression internationale sur Ahmadinejad. |
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Polémique. Jimmy Carter et Israël
Lancien président des Etats-Unis de 1977 à 1981, Jimmy Carter, a publié en novembre un ouvrage sous le titre Palestine : Peace Not Apartheid (Palestine : la paix, pas l'apartheid), relançant le débat public sur le soutien américain aux politiques israéliennes. Le livre a été critiqué par les deux bords du Congrès et le nouveau porte-parole de la Chambre des Représentants, la démocrate Nancy Pelosi, s'est empressé de déclarer qu'il (Carter) ne parle pas au nom du Parti démocrate au sujet d'Israël. L'homme a légitimité à parler d'affaires moyen-orientales : il a été le parrain des accords de Camp David mettant fin au conflit entre Israël et l'Egypte en 1978. En outre, c'est sa fondation, le Carter Center, qui a observé le - bon - déroulement de trois élections palestiniennes depuis 1995. La polémique révèle surtout la crispation des milieux soutenant inconditionnellement Israël. Ce qui choque outre-Atlantique, c'est surtout la référence à l'apartheid dans une opinion qui s'intéresse peu aux réalités dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie. Sincère défenseur du droit à la sécurité d'Israël, Jimmy Carter refuse de laisser sa liberté de ton entravée. Arguant de sa connaissance du sujet, il se dit opposé au désir d'acquérir de la terre arabe à l'intérieur du territoire palestinien et souhaite que les Etats-Unis s'engagent à relancer un processus de paix bloqué depuis six ans. |
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