Politique. Le bal des "premiers de la classe"
Enquête. Les Marocains de Guantanamo
Maroc/Algérie. Chronique d'une déculottée
Politique. "Le Palais joue à quitte ou double"
Reportage. Qui part à la chasse...
Iran. Feu sur Israël !
Réforme portuaire. Ghellab maintient le cap
Cinéma. What a wonderful film
Animation. Bienvenue dans la 3ème dimension
N° 252
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

Le cinéma Rif, siège de la
Cinémathèque de Tanger.

Tanger. Cinéma paradiso

Amis cinéphiles, vous n’êtes plus des sans-abri ! Après des mois d’attente dans la poussière des travaux au Grand Socco, la Cinémathèque de Tanger a ouvert mercredi ses portes au public. Ce projet-phare de la renaissance de la ville cosmopolite ne dépoussière pas seulement les sièges du cinéma Rif, mais des années de vivacité culturelle enfouies sous un parfum de décadence. Du coup, les promesses sont nombreuses, mais l’équipe de la photographe et écrivain tangéroise Yto Barrada est fin prête à les tenir. Déjà, une poignée d’apprentis réalisateurs marocains sont réunis à la
cinémathèque depuis une semaine, pour un atelier documentaire inédit sous l’égide du prestigieux Documentary Filmmakers Group de Londres (prochaine session au printemps 2007), ville à laquelle l’association avait déjà confié une partie de ses archives pour une récente expo sur le cinéma et la vidéo arabes. Dès le 30 décembre, se tiendra la première séance du ciné-club (6-12 ans) pour enfants La Lanterne Magique, inaugurant un rendez-vous mensuel à l’esprit pédagogique (comédien initiant les gamins au film et au cinéma via un spectacle…) et démocratique (50 DH l’abonnement annuel). À venir aussi, une rétrospective du cinéma syrien et la projection des films de la Biennale d’art contemporain de Séville, en plus des “dimanches documentaires” (Agnès Varda, Peter Watkins, Nicolas Philibert…), des avant-premières et des face-à-face de professionnels. Tout ça, pour pas cher : de 15 à 30 DH la séance…


Sortie. Déjà vu ? à voir quand même

Le producteur Jerry Bruckheimer et le réalisateur Tony Scott ont-ils décidé de vieillir ensemble ? Entamée au début des années 80, avec Top Gun, leur histoire d’amour se confirme avec Déjà vu, Denzel Washington faisant office de témoin de leurs vœux de fidélité. L’acteur y campe un agent gouvernemental débauché par une nouvelle cellule du FBI, ayant accès à un appareil top secret permettant d’ouvrir une fenêtre sur le temps. ça démarre par un attentat gigantesque sur un ferry-boat de la Nouvelle Orléans, conférant aux premières minutes du film une impression de… déjà vu, justement. Mais, très vite Tony Scott quitte le confort de l’histoire au déroulé classique, pour plonger Denzel Washington dans la confusion des sentiments. Denzel traîne sa carcasse lasse de Sherlock Holmes neurasthénique, tombé amoureux d’une inconnue morte dans l’attentat, se voyant offrir grâce à la machine à remonter le temps la chance de la sauver. Et de lui faire plein de beaux enfants.

Au Mégarama.



Djing. Paris-Hilton-Rabat

L’héritière de l’empire des hôtels Hilton, Paris de son petit nom, devrait poser son délicat popotin à Rabat en février 2007. Invitée par l’association Ruban rouge, spécialisée dans la lutte anti-sida version people, l’impudique archi-millionnaire, pain bénit des tabloïds et icône de la real TV glamour, devrait suivre le parcours traditionnel organisé par Ruban Rouge. À savoir, un test VIH à l’association Opals à Youssoufia près de Rabat, puis quelques séances photo pour la postérité. Et en fin de ligne droite, poser ses platines au Platinium de Rabat, histoire d’occuper ses dix petits doigts par des activités plus artistiques qu’à l’accoutumée.


B.O La vague de (l’autre) Sophia

Voix chaude pour grands frissons. Narjiss Nejjar ne s’y est pas trompée, en écoutant par hasard dans sa voiture la puissante et voluptueuse alchimie (signée Sophia Charaï) de chants arabes, rythmes flamenco, complaintes tziganes et cadences brésiliennes sur fond de notes de jazz. “Mon Dieu, mais c’est mon film !”, s’est alors exclamée la réalisatrice qui, le tournage de Wake up Morocco fini, découvrait la désarmante ressemblance - “une blessure, une mélancolie” - entre son long-métrage et la musique de Sophia Charaï, au point que le montage en découle partiellement. Marocaine et nourrie aux sons du monde entier, portée par les accords du guitariste-compositeur Mathias Duplessis, auteure d’un album, Mouja - “vague” en arabe (label Mélodie, 2004) - au nom déjà évocateur de l’écume de Sidi Abderrahmane, Sophia Charaï est produite par la boîte parisienne Accentonic Production, aux côtés de Warsaw Village Band ou encore El Hadj N’Diaye.


Jean Michel Jarre. Blowin’ in the wind

Le concert de Jean Michel Jarre, prévu dans les dunes de Merzouga, ce samedi, a tourné à la guerre contre les éléments. Les rafales de vents qui ont frappé la région ont contraint les organisateurs à démonter les 9 écrans géants de 14 mètres de haut sur 7 mètres de large. Puis à les remonter, une fois le vent calmé. Pendant la semaine, quelques-uns des 22 camions transportant le matériel de la super star du synthé étaient bloqués par la neige. “On surveille la météo, heure par heure, pour éviter toute mauvaise surprise de dernière minute”, explique Neïla Tazi, de A3 Communication, agence responsable de l’organisation. Car il ne s’agit pas de voir le globe de 10 mètres de diamètre, suspendu au dessus de la scène, prendre la poudre d’escampette vers les cieux algériens. Pendant ce temps, Jean Michel Jarre, imperturbable, tourne sur le site la nuit, veillant au moindre détail en perfectionniste obsessionnel qu’il est. Et le jour, il va faire risette à sa compagne, l’actrice Anne Parillaud, arrivée à Merzouga courant de la semaine. Beau temps annoncé pour samedi.


Expo. La chair à nu

A quelques jours de l’ouverture de l’exposition “Le corps dans tous ses états”, le plasticien Saïd Bouftass apportait encore les dernières retouches à l’un de ses tableaux, qui viendront orner des cimaises inattendues… celles de la Faculté de médecine de Casablanca. “Ces écorchés, entre art et médecine”, dixit Bouftass, serviront de toile de fond au colloque autour de la perception du corps. Parmi les intervenants, deux professeurs d’anatomie, la psychiatre Ghita El Khyat, une ex-sportive de haut niveau, Nawal El Moutawakil, un chorégraphe ainsi qu’un plasticien. Tous sont réunis pour se pencher et échanger sur “ce grand absent de la culture musulmane”, souligne l’artiste, une enveloppe charnelle éludée à son corps défendant. Colloque le 15 et 16 décembre à la Faculté de médecine de Casablanca.

Exposition jusqu’au 31 décembre, même lieu.



Mghrib Music Awards. Aux urnes, les djeun’s !

À partir du 25 décembre, les internautes pourront voter pour leurs jeunes artistes marocains préférés au titre de l’année 2006. Sur le site www.mghribmusicawards.ma, ils auront le loisir de désigner les albums, titres et clips qui les ont le plus marqués cette année, ainsi que leurs groupes favoris dans les catégories Rap - Hip Hop, Rock - Metal et Fusion. Une trentaine de groupes sont en lice dans cette compétition organisée par le Webzine Nextline et l’association Rbati Envol, en partenariat avec Hit Radio. Parmi les nominés, on retrouve les gagnants du Boulevard et Génération Mawazine 2006, ainsi que des artistes tels que Bigg, Amarg Fusion, Barry ou encore Zanka Flow. Les votes resteront ouverts six semaines, et les résultats seront rendus publics au lendemain de la cérémonie de remise des prix, prévue pour fin Février.


Cinema. On a failli circoncire Tabite

Inspiré du scandale sexuel impliquant le fameux commissaire Tabit qui avait défrayé la chronique au détour des années 90, Tabite or not Tabite, le dernier film de Nabyl Lahlou fait des vagues avant même son hypothétique sortie en salle. Mardi dernier, la famille Tabit a déposé une plainte pour interdire l’avant-première du film. Convoqué le lendemain au tribunal de Rabat, le réalisateur a plaidé sa cause lui-même, argumentant sur le droit à la création et le devoir de faire des films sur cette époque trouble où les abus de pouvoir étaient le lot quotidien des Marocains. La faconde légendaire de Nabyl Lahlou a dû convaincre Madame la juge puisque l’avant-première s’est finalement tenue au théâtre Mohammed V de Rabat, mercredi dernier.


Théâtre. “Arnteklf’ Godot”

Cent ans après la naissance de Samuel Beckett, l’Institut français d’Agadir tenait pour la première fois, mercredi 13 décembre, En attendant Godot en tamazight, grâce à l’initiative du poète et traducteur Mohamed Ouagrar, et la mise en scène de Mustapha Houmir. L’occasion pour l’IF de mettre en lumière des artistes éloignés des projecteurs, via son cycle “Au sud de la création”, qui a déjà produit six projets depuis 2005, dont un concert de Amarg Fusion en juin. Si cette pièce mythique et controversée, créée à Paris en 1953, dit l’illusion du bonheur et l’absurdité de l’existence, souhaitons avec plus d’optimisme à l’équipe de pouvoir faire circuler ce projet ambitieux… et d’attendre Godot encore longtemps.


Le livre.

Leur destinée, leur drame, leur humiliation, on les devine enfin, catharsis actuelle oblige qui dit enfin les noms de ces soldats embarqués pour des guerres qui n’étaient pas les leurs et mutilés de la mémoire coloniale. Mais cet ouvrage n’est certainement pas de trop. Incisifs, intimistes et poignants, ses textes courts racontent moins l’Histoire que des histoires, sublimées par des photos d’un noir et blanc rendant leur dignité aux rides des mains, aux silhouettes pliées, aux regards usés ou instants complices dans la solitude solidaire des foyers. On aime aussi les chants qui, plantés au cœur des pages, disent la saga militaire et humaine de ces héros bientôt perdus.

Michel Séonnet et Olivier Pasquiers, Oubliés de guerre, Creaphis.




Humeur.
Bouffon du roi

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Il y a deux Jamel Debbouze. Le Jamel bleu blanc rouge, petit gars de banlieue qui, grâce à son talent prodigieux, s’est retrouvé un jour assis à côté de Jacques Chirac, lors d’une projection d’Indigènes, à raconter dans le creux de l’oreille du grand Jacquot la dernière blague de son invention. Et puis il y a le Jamel rouge et vert, moins République française, ayant pris attache avec nos chères institutions, claironnant des “Allah-Al Watan-Al Malik” dans les dîners officiels de Marrakech, ne revendiquant plus ni liberté, ni égalité, ni fraternité. Connu pour avoir la langue bien pendue, le comique subit une mutation génétique une fois franchi le détroit de Gilbraltar, pénétrant de plain-pied dans ce qu’il semble considérer comme blad siba, signant à droite et à gauche des contrats publics et très juteux, frappé d’un mutisme soudain sur les grands écarts sociaux marocains. Membre du jury du Festival du cinéma de Marrakech, il ne prend pas la peine de régler son réveil pour assister aux projections matinales, s’essouffle à faire le pitre pour rattraper le coup, ne dupant que lui-même. Il fallait le voir le jour de la remise des prix, surpris d’apprendre qu’il y avait un film roumain en compétition, découvrant, éberlué, le talent de l’acteur allemand qui a remporté le prix d’interprétation. On en regrettait presque Bziz. Wa baz !



Marockulture
Marock Mag, c'est plus que de la musique ! Quatre ans après ses débuts, le portail metal, aux 200 000 pages consultées par mois, étend sa révolution noire et rouge avec 5 nouvelles rubriques, dont “Art&Contre-culture”, “Your screen”, “Sexualité” et “High Tekulture”. Quick, click ! www.marockmag.com


Le blé en herbe
Les Cris de jeunes filles des hirondelles se feront entendre à Tanger dès l’été prochain. Ce neuvième long-métrage de Moumen Smihi, doté de 2,1 millions de dirhams d’avances sur recettes par le fonds d’aide du CCM, parlera d’adolescence et d’identité sexuelle dans la ville cosmopolite de 1958.


Message on a bottle
Le fusionneur Tarik Batma et le rappeur Jo, ex de Mafia C, mixent à l’heure actuelle un single commun, Le drapeau blanc, un message contre la haine, la guerre et la pauvreté. Devrait suivre dès la semaine prochaine, le clip tourné par le désormais spécialiste du genre : Dj Key

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés