Politique. Le bal des "premiers de la classe"
Enquête. Les Marocains de Guantanamo
Maroc/Algérie. Chronique d'une déculottée
Politique. "Le Palais joue à quitte ou double"
Reportage. Qui part à la chasse...
Iran. Feu sur Israël !
Réforme portuaire. Ghellab maintient le cap
Cinéma. What a wonderful film
Animation. Bienvenue dans la 3ème dimension
N° 252
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Nadia Yassine
(TNIOUNI / NICHANE)

Qawma. Al Adl se dégonfle

L’enregistrement vidéo est authentique. On y voit Fathallah Arsalane, le porte-parole officiel d’Al Adl Wal Ihsane, expliquer le plus sérieusement du monde, que “les visions de la Jamaâ sont aussi imprécises et faillibles que les prévisions météo”. Le communicateur barbu ne s’arrête pas en si bon chemin et poursuit, le plus allègrement du monde : “Nous n’avons fait que rapporter ce que nos frères et sœurs ont vu, cela ne veut pas dire que nous préparons un quelconque soulèvement. D’ailleurs, il ne pleut pas parce que la direction de la météo l’a annoncé la veille !”. à quelques jours de la fin de l’année
2006, le bon Arsalane a bien raison de botter en touche.

De son côté, Nadia Yassine met, elle aussi, de l’eau dans son vin. Et c’est loin d’être un jeu de mots. Dans une vidéo publiée par le site Khorafa.org, elle explique ainsi que “à l’occasion d’un déplacement en Espagne, notre rencontre avec un groupe d’Espagnols devait se faire autour d’une table où étaient servies toutes sortes d’alcools… mais vu que le hadith interdisant de s’asseoir à de pareilles tables s’adresse d’abord aux alcooliques et que nous n’en faisons pas partie, nous avons accepté l’invitation”. A son retour, Nadia a même fait valider sa fatwa par son père qui a salué “la sagesse” de sa décision. Nadia, Fathallah et les autres, on a bien compris que la Qawma n’aura pas lieu en 2006… et que vous envisagez des ouvertures politiques et même plus, si affinités.


Tifariti. Le voyage de la peur

Le feuilleton Réda Taoujni se poursuit. Le président de l’Association le Sahara marocain vient de confirmer, mercredi, lors d’une conférence de presse, son intention d’organiser le 14 janvier une marche populaire en direction de Tifariti, sur un parcours de 80 km… réputé truffé de mines ! “Avec les 300 volontaires déjà inscrits, nous allons apporter des denrées alimentaires et des équipements médicaux à nos frères séquestrés”, prophétise ce responsable de l’ASM. Les autorités marocaines saisies à cette occasion n’ont toujours pas réagi. “Ce n’est pas grave, étant donné que nous n’avons besoin d’aucune autorisation pour circuler en terre marocaine”. On verra bien...


DST. Hammouchi déblaie

ça bouge à la DST ! Une année après sa nomination, le nouveau patron des renseignements intérieurs a remis de l’ordre dans la boîte. Abdellatif Hammouchi a ainsi procédé à un véritable redéploiement de ses troupes. Pas moins de 15 officiers ont fait les frais de cette “campagne d’assainissement”. Des changements opérés à la DST au niveau national et qui ont touché essentiellement les centres installés dans les provinces. Les ressources humaines de la centrale de renseignement devraient être ainsi renforcées par du sang neuf. On parle d’un bon nombre d’agents des ex-GUS, triés sur le volet, qui devraient rejoindre les rangs de la DST après une rapide mise à niveau. Concernant le matériel, de nouvelles Logan seront affectées aux gradés…et des motocyclettes banalisées aux simples agents.


PJD. Le jeu des questions-réponses

Une nouvelle rubrique a fait son apparition sur le site Internet du PJD : les FAQ, ou Frequently Asked Questions (questions les plus fréquentes). Le PJD est-il un parti religieux ? Imposera-t-il le port du hijab aux Marocaines ? Quelle est la nature de sa relation avec Attajdid ? Ne fait-il pas trop la morale aux Marocains ? Les réponses ne dérogent malheureusement pas à la langue de bois généralement utilisée par les responsables islamistes. Ainsi, à la question “imposerez-vous le voile ?” Le PJD répond : “Non. Mais nous sommes contre l’interdiction du port du voile dans certains milieux également”. Notons, notons…


Salafia. Le procès de la dernière chance

La Cour de cassation devra trancher le 27 décembre dans l’affaire des deux jeunes chioukh de la salafia, Hassan Kettani et Abdelouaheb Rafiki, alias “Abou Hafs”. Leur avocat, Mohamed Ziane, explique que la procédure introduite devant la Cour Suprême vise à casser le jugement de la Chambre criminelle, qui avait refusé de convoquer les témoins de l’accusation, se contentant du rapport de police. Condamné à 20 ans de prison, Kettani purge sa peine au pénitencier de Salé, tandis que Rafiki se trouve à Bourquaiz près de Fès, où il est détenu pour 30 ans.


Administration. La réforme de Boussaid

Attention slogan très peu intelligible : “Dématérialiser les procédures administratives !”. Sous ce concept barbare se cache la volonté affichée du département de l’Intérieur de combattre la corruption. Présenté par Mohamed Boussaïd, ce volet de la réforme administrative vise, en limitant le contact entre les personnes, à faire reculer les comportements frauduleux. Selon le patron du ministère chargé de la Modernisation des secteurs publics, le chantier avance bien puisque 150 des 180 télé-services administratifs en ligne annoncés par le gouvernement d’ici fin 2008 ont déjà été installés. Des émissions télévisées portant sur les droits des citoyens vis-à-vis de leurs administrations ont également été lancées.



Nichane. Le retour des lignes rouges

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

En apprenant que le projet de loi sur les sondages d’opinion, dernièrement validé par le Conseil de gouvernement, est l’œuvre de l’indéboulonnable secrétaire général du gouvernement Abdessadeq Rabiaa, j’ai tout compris (ou presque). Cet homme, facteur de paralysie n°1 du gouvernement, qui se présente publiquement comme “le serviteur du Makhzen”, est l’un des rares juristes volontairement asservis, capable d’aligner en un article de loi tous les interdits que réunit notre hymne national, “Dieu, la patrie, le roi”. En effet, prévoir que les sondages sur la monarchie, la personne du roi et des princesses, l’intégrité territoriale et la religion musulmane sont non seulement irrecevables mais passibles de prison, prouve que Rabiaa est soit rétrograde, soit au service d’un régime rétrograde. En fait, les deux. On pourrait penser, cela dit, qu’il y a cohérence entre le projet de Rabiaa et les projets de loi et autres décisions gouvernementales ayant trait à la liberté d’opinion. Mais ce n’est même pas le cas ! D’un côté, le ministère de la Communication plaide (mollement, mais il plaide) pour un amendement du Code de la presse en vue d’en éliminer les peines de prison. De l’autre, le conseiller royal Abdelaziz Meziane Belfqih, a (plutôt habilement) piloté le rapport du cinquantenaire, qui comporte des études sur la religion mais aussi sur la monarchie. J’en conclus donc que le texte de Rabiaa n’est pas le reflet d’un système liberticide homogène. Par contre, il est représentatif de la mentalité d’une certaine aile makhzénienne, réfractaire au concept même de réforme. Le problème, c’est que ce texte rencontre très peu de résistance au sein du gouvernement, qu’il risque fort d’être entériné par le Conseil des ministres, et qu’il faudrait une sacrée dose de courage aux députés pour le bloquer au Parlement. Les lignes rouges risquent donc de revenir au galop.



Idée. Le bistrot du livre

L’APELL (Association pour la promotion de la lecture et du livre, créée en juin 2006) lance une rencontre littéraire, mardi prochain à Casablanca. L’originalité de l’initiative vient du lieu choisi pour ladite rencontre, le bistrot La Cigale, un endroit habituellement très peu littéraire. “Normal, ce qui nous intéresse, c’est de faire se rencontrer les auteurs marocains et leur (vrai) public, chose qui n’est pas toujours possible dans les salons des hôtels”, nous a expliqué ce membre de l’association, qui regroupe autant de libraires que d’éditeurs. Bravo à la jeune association pour cette sympathique idée.


Ansar El Mehdi. Les procès arrivent

Les détenus de Jamaât Ansar El Mehdi, la grosse prise terroriste de la rentrée 2006, faisant beaucoup de chahut et autant de prosélytisme effréné, la direction de la prison Zaki de Salé a finalement décidé de les placer dans des cellules individuelles. Les procès de ces présumés terroristes, qui devaient mettre le Maroc à feu et à sang sous la houlette de Hassan Khattab, devraient se tenir incessamment. Comme le juge d'instruction près la Cour d'appel de Rabat vient de terminer les auditions des membres du groupe, des confrontations ont déjà eu lieu entre plusieurs prévenus. Le début des procès devrait davantage nous éclairer sur la nature des “révélations” de l’été.


Insolite. Ben Laden au Maroc

Tapis rouge pour le frère d’Oussama Ben Laden à Tan Tan. Mohamed Tarik Ben Laden est en effet arrivé à Agadir la semaine dernière accompagné d’un nombre important de milliardaires saoudiens. Le cadet de la famille Ben Laden, qui a passé la nuit dans un hôtel de luxe de la capitale du Souss, s’est rendu le lendemain à Tan Tan où il a eu le loisir de croiser l’ambassadeur américain Tomas Riley, également présent pour assister à la 3ème édition du moussem culturel et touristique qui se tenait dans la ville du 4 au 10 décembre. Rappelons que Tarek Ben Laden était le directeur de l'Organisation islamique internationale de bienfaisance (IIRO) qui avait été, à un certain moment, suspectée de financer certains mouvements islamistes. Aujourd’hui, il est plutôt bien coté à Washington, où ses affaires semblent prospérer.



3 questions à Chakib Al Khayari (Président de l’Association des Droits de l’Homme pour le RIF)

En octobre 2006, vous avez adressé une lettre au roi pour attirer son attention sur l’ampleur du trafic de drogue qui sévit à Nador. Comment en êtes-vous arrivé là ?
Depuis le début de l’affaire Bin Louidane, nous ne comprenons pas pourquoi la campagne entamée s’est limitée à Tanger et Tétouan, alors que le gros du trafic se trouve dans la région de Nador. Et puis nous ne faisons pas confiance aux autorités locales qui sont, pour la plupart, liées aux barons de la drogue de la région.

Vous avez fini par être contacté par le cabinet royal avant le déclenchement d’une campagne anti-drogue à Nador. Pensez-vous que cette réaction soit une réponse à votre lettre ?
Evidemment. Il y a eu la lettre, mais aussi la campagne de presse menée à l’étranger. Cependant, nous considérons que ce qui a été fait n’est pas suffisant. Seule une poignée de zodiacs a été confisquée et quelques pêcheurs innocents arrêtés. Aujourd’hui, nous souhaitons que Sa Majesté prenne l’affaire en main personnellement.

Ne craignez-vous pas pour votre sécurité ? Êtes-vous, comme le prétendent certains, lié aux services espagnols ?
Nous n’avons peur de rien. Quant à mes prétendus liens avec les services espagnols, ce sont des rumeurs qui ne datent pas d’aujourd’hui. Mais sérieusement, pensez-vous que si ces liens étaient avérés, les autorités marocaines m’auraient laissé faire ?


Diplomatie. Belkheir le Marocain

Le général Larbi Belkheir compte finir tranquillement sa retraite au Maroc. C’est ce que l’ambassadeur d’Algérie aurait confié à ses amis marocains, de plus en plus nombreux. Belkheir, qui possède déjà nombre de biens et d’affaires au Maroc, fait déjà “comme chez lui”, nouant de plus en plus de relations dans les milieux qui comptent. Exemple : la cérémonie organisée par l’ambassade d’Algérie à l’occasion de la fête nationale algérienne a fait le plein d’invités de prestige, avec la présence de nombreux ministres marocains, de dirigeants de parti et de chefs d’entreprise qui ont fait le déplacement.


Patrimoine. Achaâri le patriote

Le gouvernement a encore une fois cherché à noyer le poisson, au sujet du pillage archéologique au Maroc, après la saisie d’une grosse cargaison de trésors culturels dans le sud de la France. Face à cette découverte, qui comportait plus de 1000 pièces archéologiques et 300 kg d’objets paléontologiques et minéralogiques, le ministre de la Culture, Mohamed Achaâri, a eu une réponse patriotique : “Le Maroc ne fait pas partie des pays les plus exposés au trafic des objets historiques”. Il a “une législation pour la protection de ses biens culturels”. Et il dispose même - tenez-vous bien - “d’une police des musées”. Superbe exemple de langue de bois !


Pentagone. Objectif Maroc

La création d’un nouveau “commandement militaire” pour l’Afrique, dont le siège serait basé au Maroc, est à l’ordre du jour du nouveau secrétaire d’Etat américain à la Défense, Robert Gates. C’est Joseph Carpenter, le porte-parole du Pentagone, qui a confié au quotidien Asharq Al Awsat qu’un groupe d’experts du Pentagone planche actuellement sur le dossier. On ignore encore le lieu et la date de la mise en place du nouveau “commandement”. D’après Asharq Al Awsat, l’implication du Pentagone en Afrique ne sera pas confinée au volet militaire, puisqu’elle sera également axée sur des actions à caractère humanitaire comme la lutte contre le sida et la tuberculose.


Hommage. Aïta blues

L’OMDH honorera la aïta ce samedi, à 16h30, au Théâtre Mohammed V de Rabat à travers un hommage rendu à Aïda, chikha de Safi, témoin central du documentaire de Ali Essafi, Le blues des cheikhates. Driss Benzekri, qui sera présent à la cérémonie, a été très ému en visionnant le documentaire, notamment quand Aïda attend en coulisses, le regard humide, pendant que ses deux amies chikhate, Hafida et Aïcha, se produisent sur scène. “Il fallait sortir de l’oubli Aïda, qui a été marginalisée pendant des décennies”, souligne Khadija Merouazi, membre du conseil national de l’OMDH. C’est elle qui a fait découvrir le documentaire et Aïda aux autres membres de l’organisation. “Elle remontera peut-être sur scène pour chanter avec les Oulad Bouazzaoui, invités également à l’hommage”, espère Khadija Merouazi.


Safi. Mort pour le foot

Un jeune supporteur de l’Olympic de Safi (OCS) est décédé, dimanche dernier, alors qu’il était venu assister au match de football opposant l’OCS au Kawkab de Marrakech. D’après des témoignages recueillis sur place, Badreddine Ennajini (20 ans) s’est évanoui à l’intérieur du stade Al Massira, alors que le match n’avait pas encore démarré. Transporté à l’hôpital de la ville dans un état comateux, il a rendu l’âme dans la même journée. “Le stade était comble (15 000 spectateurs) et deux portes seulement, sur cinq, ont été ouvertes ce jour-là, provoquant des bousculades monstres”, nous a expliqué cet autre témoin. La famille a demandé une autopsie avant d’envisager la suite des événements. Un proche du défunt nous a rapporté que “les parents de Badreddine ont reçu, à titre de soutien, une enveloppe… de 2700 dh de la part de l’OCS”.


Peinture. Churchill le Marocain

Une toile de l’ancien Premier ministre britannique, Winston Churchill, a été adjugée cette semaine, lors d’une vente aux enchères chez Sotheby’s à Londres, à la coquette somme de 889 021 euros (près de 10 millions de dirhams). Le tableau, intitulé “Vue de Tinghir”, a été peint en 1951 au Maroc, où Churchill se rendait souvent pour écrire ses mémoires et - visiblement - sortir ses pinceaux. La propriétaire du tableau, Kitty Winn, meilleure actrice au Festival de Cannes en 1971, l’avait hérité de son arrière-grand-père, un général américain qui l’avait reçu en cadeau de Churchill lors du couronnement de la reine Elizabeth II en 1953.


Sahara. SPS fait peau neuve

Le site de l’agence de presse sahraouie (agence officielle du Polisario) fait peau neuve. Les textes sont désormais accompagnés de photos et plusieurs ouvertures sur d’autres sites Internet du Front sont désormais disponibles. Le site fournit également une base documentaire intéressante. Un document donne, par exemple, le détail des engins militaires stationnés le long du mur de défense. Dernière anecdote : on ne sait pas si les webmasters Sahraouis l’ont fait exprès, mais le site de SPS ressemble désormais à s’y méprendre à celui de… la MAP ! Mêmes couleurs, même architecture… les photos de Mohammed VI en moins.


Télé. La TVM, cette grande distraite

Si la TVM n’existait pas, il aurait fallu l’inventer. Dernièrement, la maison de la rue Brihi, prise d’une envie d’aérer ses programmes, a décidé d’ouvrir son antenne à la nouvelle scène musicale marocaine. Elle a donc proposé aux groupes Hoba Hoba Spirit et H-Kayne de participer à la soirée télé programmée pour le Nouvel an. Les dates de tournage ont été fixées avec les deux formations aux 18 et 19 décembre. Mais au courant de la semaine, la TVM a annulé l’invitation en catastrophe. La chaîne venait de découvrir que le Nouvel an coïncidait avec l’Aïd El Kebir. On a considéré que Hoba Hoba Spirit et H-Kayne pouvaient faire désordre en ce jour sacré. Les téléspectateurs n’auront donc pas droit aux “Yo ! Yo Simo !”. Et devront se morfondre, comme à l’accoutumée, devant les traditionnels Amdah Annabaouiya.


Femmes. Punis-moi, mon amour!

Savez-vous que 40,8% des femmes rurales estiment qu’il est justifié que leurs maris les battent quand elles brûlent le repas ? C’est ce qu’a révélé une étude de l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM), présentée récemment dans la foulée de la parution du rapport de l’Unicef 2007. Selon cette étude, basée sur une ancienne enquête du ministère de la Santé, 72,4% des mêmes femmes rurales acceptent d’être punies par leur conjoint quand elles sortent sans l’en informer et 61,9% prêtent leurs flancs à la falaqa quand elles refusent de faire l’amour. Ces proportions alarmantes baissent heureusement en milieu citadin, en fonction de la situation matérielle et intellectuelle de la femme. Il reste que 37,9% de citadines trouvent qu’il est normal qu’elles soient sanctionnées, si elles osent remettre en question les paroles de “Si Sayed”. Moralité : ressaisissez-vous, Mesdames !


Terrorisme. Opération “Dune”

Le ministre espagnol de l’Intérieur a choisi Alger pour annoncer la neutralisation d’une cellule du Groupe islamique combattant marocain (GICM) à Sebta. Selon Alfredo Perez Rubalcaba, la police (espagnole) a ainsi arrêté onze personnes, saisissant au passage des documents -écrits, audio et vidéo - de propagande islamiste, des ordinateurs, des billets de banque espagnols et marocains, une balance de précision, etc. L’opération, appelée “Dune”, fait suite aux investigations engagées en mars 2005 par les services de renseignement marocains suite à la découverte d’activités de recrutement de jeunes musulmans à Sebta pour le Jihad, avec des connexions au Royaume-Uni et au Maroc.


Années de plomb. L’offensive d’Annahj

Un an après la validation par le roi du rapport de l’Instance équité et réconciliation (IER), le parti d’extrême gauche, Annahj Addimocrati, passe à la vitesse supérieure. Dans les prochains jours, la formation de Abdellah El Harif encadrera 16 personnes pour déposer une plainte collective contre certains responsables de l’Etat marocain (leurs noms n’ont pas été divulgués, à l’écriture de ces lignes), pour “torture et atteinte grave aux droits de l’homme”. “Le Parquet n’a pas le choix. La loi l’oblige à instruire toutes ces affaires”, explique Abdelmoumen Chbari, responsable des relations extérieures d’Annahj et plaignant parmi les 16 victimes de torture. Cette première intervient la veille des excuses officielles que devrait présenter, dans les prochaines semaines, Driss Jettou, au nom de l’Etat marocain.


Concours. Fièvre de cheval

Il est marocain, a tout juste deux ans et vient de briller sous les spotlights parisiens aux derniers Championnats du monde… du cheval arabe ! Samedi 10 décembre, c’est l’étalon Es Jawad qui, la narine frémissante et le hennissement haut perché, a comblé son propriétaire Abdeslam Bennani Smirès en raflant et la 5ème place de sa catégorie, et le trophée “Coup de cœur”, lors de cette grand-messe de la race équine. Elevé dans du coton depuis sa naissance dans les écuries Elite Arabian Stud, Es Jawad, jeune et pur représentant d’une race mythique et enviée partout dans le monde, va désormais se remettre de ses émotions en se consacrant à la reproduction. Quelle vie de cheval !


Islamistes. Et les enfants ?

L’association Annassir qui défend les détenus islamistes (420 d’après l’ONG, entre 600 et 700 si l’on en croit des sources officielles) a organisé un sit-in, en fin de semaine dernière, devant le siège du CCDH, avec le slogan suivant : “Attention aux enfants des salafistes”. Une grande première. Explication du président de l’ONG, Abderrahim Mouhtad : “Chaque détenu laisse en moyenne derrière lui cinq à sept enfants livrés à eux-mêmes. Nous disons attention, ces enfants peuvent être, demain, des bombes à retardement si l’Etat marocain, à l’instar des pays développés, ne daigne pas en prendre soin”. L’appel sera-t-il entendu ?


Télésport. Arriyadia in extremis

Plusieurs fois annoncée et reportée, la rediffusion du match Maroc-Algérie de 1979 (1-5), arrêtée au vendredi 22 décembre, aura relevé de la gageure pour la chaîne Arriyadia. Il a fallu que la chaîne aille chercher les archives du match… chez la télévision algérienne, avant que la marocaine ne retrouve, miraculeusement, des images du match. Sans oublier l’adaptation du format des images, pour laquelle Arriyadia a dû transférer les bandes en France. Et que dire des anciens footballeurs de l’époque qui ont refusé de commenter, aujourd’hui, le match. Bravo, en tout cas, à la témérité de la jeune chaîne qui a surmonté toutes ces difficultés pour nous donner à (re)voir un match de foot qui fait partie de notre mémoire collective.



Humeur. Kouiza

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Amis fumeurs, préparez vos mouchoirs : Casa-Sports, Kouiza, notre brune favorite, ne sera plus. C’est la Régie des tabacs qui l’a annoncé, et il ne nous reste plus qu’à pleurer. Même les Olympic, les bleues et les rouges (vraiment mythiques celles-là, on dirait les cigarettes que fumait Bruce Willis dans “Le 5ème élément”) et d’autres brunes incomparables sont promises à la trappe. Je le répète : n’hésitons pas à pleurer, et à chaudes larmes svp. Ce n’est pas seulement des clopes que l’on va enterrer mais, comme dirait un ami, “une partie de notre patrimoine individuel”. Je me sens concerné. Avant de passer aux blondes, j’ai voué un amour infidèle mais très long aux brunes, pour ne pas dire aux “noires”. Kouiza en était la reine. Elle était la meilleure représentation de ma personnalité au moment où je la fumais. Elle était noire, et moi aussi. Je ne peux pas oublier comment la première fille qui m’a aimée, c'est-à-dire qui a osé s’enfermer avec moi entre quatre murs (pour évoquer la pluie et le beau temps, bien entendu) m’a repoussé au moment le plus crucial par un cinglant et irrévocable : “Non, non, ce n’est vraiment pas possible… parce que tu sens les Casa-Sports !”. Quelle belle leçon. Kouiza empestait l’atmosphère, c’était une terreur, un monstre capable de rendre asthmatique même un ballon d’oxygène. Mais elle ne coûtait vraiment rien, ce qui est une vertu incomparable. Et elle était belle, avec ses couleurs, son dessin triomphal. Elle était belle, donc, même si la fumer pouvait vous faire passer pour un minable. Kouiza, sincèrement, m’a toujours fait penser à ces amours secrètes qui peuplent les romans, les films. On aime la belle goudronnée mais sans jamais lui déclarer sa flamme. Un amour privé, si vous voulez, et même un amour léger puisqu’il ne plombait jamais votre budget quotidien. Quelle perte !



VITES !

Maurice Buttin, l’avocat de la famille Ben Barka, a demandé, dans un communiqué publié sous forme d’extraits par l’AFP, que “des fouilles soient effectuées au PF 3, en présence des juges d’instruction Jamal Serhane et Patrick Ramaël”. L’avocat souhaite, par ailleurs, que Housni Benslimane réponde à la convocation du juge Ramaël.


Belle performance réalisée par “Les officiers de sa majesté” (Fayard). Sorti en septembre, le brûlot de Mahjoub Tobji a été vendu à ce jour à 8000 exemplaires. On croit savoir qu’une bonne partie des ventes aurait été effectuée… dans les aéroports français. Rappelons que le livre n’est toujours pas distribué au Maroc.


Le hacker marocain Farid Essabar, plus connu sous le pseudo de Zotob, a été libéré le 14 décembre dernier suite à la réduction de sa peine par la Cour d’Appel de Salé de deux à un an de prison. Au moment de ce jugement, Farid avait purgé sa peine et pouvait donc rentrer chez lui. Bon vent !


Quatre Marocains sur cinq (79%) auraient été atteints du virus de la grippe au cours des 12 derniers mois, si l’on en croit un communiqué publié, le 12 décembre, par l’Association marocaine de prévention et éducation pour la santé. C’est l’automne, et non pas l’hiver, qui reste la saison favorite de la grippe.


Les fonctionnaires des collectivités locales ont observé une nouvelle grève nationale de deux jours, les 14 et 15 décembre, à l’appel de l’UMT et de certaines sections locales de la CDT. La dernière grève remonte à deux semaines et la prochaine est prévue… dans deux semaines aussi. Quelle régularité !


Il a suffi que quelques légères confrontations opposent indépendantistes et forces de l’ordre à Laâyoune pour que les sites Internet du Polisario reparlent d’Intifada. Le 10 décembre, ces confrontations ont fait une vingtaine de blessés. Quelques militants ont également été arrêtés avant d’être relâchés le lendemain.


Le syndicat indépendant des médecins du secteur public a observé une grève nationale. Il se plaint d’être marginalisé du dialogue social au profit d’autres syndicats et demande une revalorisation du statut de médecin de la santé publique. Un détail : la grève de cette semaine est la 8ème depuis le début de l’année !
 
 
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