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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Hassan Hamdani

“Whitney Houston m’a appris l’anglais”

Antécédents
Bigg, dit “l’khasser”
Rappeur

1983. Naissance à Casablanca.
1992. Naissance de son petit frère.
1998. Fait l’amour pour la première fois.
2006. Sortie de l’album Mgharba Tal Mout.

Smyet bak ?

Zakaria Ben Mohamed.

Smyet mok ?
Naïma Bent El Bachir.

Nimirou d’la carte ?
BJ 32 11 65.

Nom complet ?
Taoufiq Hazeb.

Vous avez étudié le droit français, sauvé du notariat par le rap ?
Je ne voulais pas devenir notaire, mais juge ou caïd. Je n’ai d’ailleurs pas abandonné ce projet.

Vous croyez en la justice au Maroc ?
Peut-être pas en la justice en général, mais je crois que l’on peut être un juge intègre au Maroc.

Vous vous êtes excusé auprès de votre mère de ne pas être devenu ce qu’elle espérait. C’est l’équivalent rap de Mama say de Metallica ?
C’est l’équivalent de rien du tout. C’est juste un message de Bigg adressé à sa mère.

Votre mère écoute vos chansons très osées ?
Elle les écoute quand je mets l’album à la maison. ça la dérange quelques fois, mais sans plus. Je n’ai pas sorti un album pour ne pas l’écouter (rires).

Vous avez déclaré avoir été influencé par les goûts musicaux de votre père, qui écoutait Withney Houston. Withney Houston, ça ne fait pas très sérieux pour un rappeur…
Je n’étais pas encore rappeur quand j’écoutais dak tkharmize. Whitney Houston m’a surtout aidé à apprendre l’anglais.

Vous avez arrêté de chanter en anglais car personne ne vous comprenait. Pourquoi ? Vous rouliez les r comme Yasser Arafat ?
Non, citi pa trou ça. En fait, le niveau d’anglais du public marocain n’est pas très élevé.

À vos débuts, vous avez fait l’avant-première de Noury. Les autres rappeurs ne se foutent pas de votre gueule aujourd’hui ?
Non, non c’était bien ! Le frère de Noury, président de commune, m’a même demandé un rappel. Ceci dit, il ne comprenait pas les paroles en anglais, autrement sa réaction aurait sans doute été différente.

Vous ne parlez quasiment pas des femmes dans vos chansons. Bigg macho ? Ou pas concerné par la question ?
Je ne vais pas chanter sur la situation des femmes sous prétexte que c’est un sujet d’actualité. Je ne chante que sur les choses que je ressens. J’ai chanté sur une femme, ma mère. Le jour où je chanterai à propos de “chi sata”, c’est que je serai amoureux d’elle. En résumé, les prochaines chansons dédiées à des femmes le seront à mon épouse et ma fille. Quand je serai marié et papa.

Dans votre album, c’est bladi par-ci, bladi par-là… Ne confondriez-vous pas patriotisme et nationalisme douteux ?
Je suis patriote. Tout le monde dit l’blad et jamais bladi. L’blad va mal, tfou âla blad. Moi je dis bladi, car nous sommes tous responsables de cette situation.

Le titre de votre album Mgharba Tal Mout est une évidence, puisqu’un Marocain ne peut pas abandonner la nationalité marocaine. Pouvez-vous nous expliquer cette lapalissade sans tomber dans les évidences, justement ?
Tous les jeunes ont le même réflexe, qu’ils soient riches ou pauvres. Après le bac, ils ne rêvent que d’une chose : partir à l’étranger. C’est un réflexe que nous a laissé le protectorat. Les uns arrivent à partir étudier en France, les autres meurent sur des pateras. Mais aucun ne veut finir ses jours au Maroc. C’est ça le véritable sens de ce Mgharba Tal Mout : accepter de vivre ici et d’y mourir.

Vous avez fait partie de six groupes. C’est une version musicale de la transhumance politique ?
J’avais besoin d’acquérir de l’expérience. Qui plus est, j’ai depuis toujours un esprit de leader. Dans un groupe, il y a trop de têtes qui réfléchissent et j’ai du mal à ne pas être celui qui dirige. Cela peut sembler prétentieux, mais je suis ainsi fait.

Vous avez chanté sur le procès fait à TelQuel. C’est pour vous gagner les faveurs de la presse qui parle des djeun’s ?
Non, si j’avais voulu ça, j’aurais chanté sur USA Today. Ils vendent plus que vous (rires).

 
 
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