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Par Fahd Iraqi
Retro 2006
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Le siège casablancais de la CNIA.
(AIC PRESS)
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Assurances. Redistribution des cartes
La valse se poursuit dans le secteur des assurances. Cette année, le groupe Saham, de Moulay Hafid Elalamy, sest offert la compagnie Essaâda. Appartenant à la famille Ouazzani, proche de la famille royale, Essaâda courait droit vers la faillite malgré les grands portefeuilles quelle gère, dont celui de Barid Al-Maghrib ou Maroc Telecom. Pour financer cette transaction, le patron des patrons a dû ouvrir le capital de sa compagnie dassurances CNIA à de nouveaux partenaires. Il sagit de Sanam Holding, société dinvestissement appartenant à Saïd Alj, connu comme le patron dUnimer, et au fonds |
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| dinvestissement Kingdom Zephyr, dont le plus important promoteur nest autre que le prince Walid Ibn Talal. Ces deux nouveaux actionnaires ont pris chacun 15% du capital. Avec cette nouvelle acquisition, le groupe Saham cumule désormais 15,4 % de parts de marché, devenant du coup le numéro 3 du secteur des assurances derrière RMA-Watanya et AXA, évinçant ainsi du podium Wafa Assurance, adossée au groupe ONA. Ce dernier vient dailleurs récemment de consommer son divorce avec AXA. Lassureur français a en effet racheté pour près de 3 milliards de dirhams les 49 % du capital qui échappaient encore à son contrôle, mettant fin à son partenariat, en suspens depuis plusieurs années, avec lONA. Le grand absent dans le secteur des assurances reste le groupe Banques Populaires. Jusque-là, il na pu réaliser aucune acquisition, encore moins décrocher une autorisation dexercice. |
Énergie. Le plan gazier entériné
Le département de lEnergie na pas chômé cette année. LONE vise même grand en lançant des études de faisabilité pour un projet de centrale électronucléaire au Maroc. Le secteur a également été marqué par le retour du système dindexation pour les prix des hydrocarbures. Résultat : les prix à la pompe ont connu trois hausses successives avant que le repli du prix baril ne se traduise par une légère baisse des tarifs. Néanmoins, la grande réalisation de 2006 est sans doute la mise en uvre du plan gazier. Un terminal de gaz naturel sera ainsi lancé en 2007. Linvestissement devrait porter sur 1,2 milliard de dollars (sur le port de Tanger Med ou de Jorf Lasfar) et sera réalisé grâce à un partenariat entre la Samir, lONE et Akwa Holding, groupe présidé par Aziz Akhennouch. Ce dernier, déjà adjudicataire du terminal pétrolier au port Tanger Med, confirme davantage son statut dacteur incontournable dans le secteur de lénergie. |
Agriculture. Goulou Lâam Zine
Une campagne agricole exceptionnelle a été enregistrée en 2006. La production céréalière a ainsi dépassé les 100 millions de quintaux, soit le double de la production moyenne enregistrée les cinq dernières années. La progression du PIB agricole pousse le PIB national à des niveaux records : une croissance économique de plus de 7 % est attendue pour cette année. Une récolte exceptionnelle que le gouvernement aimerait bien voir se répéter en 2007, quitte à y mettre les moyens. Le ministère de lAgriculture a en effet annoncé un arsenal de mesures pour soutenir le secteur pour la prochaine campagne. Des mesures qui vont de la réduction des taux dintérêts du Crédit Agricole à la révision des prix des engrais fabriqués par lOCP, en passant par le renforcement du soutien à la mécanisation agricole. Toutes les conditions sont donc propices, ne reste que la capricieuse météo ! |
Immobilier. Lassaut des étrangers
Les projets immobiliers poussent comme des champignons et ce sont essentiellement les opérateurs étrangers qui en profitent. Dans la région nord du royaume, les Espagnols Renta et Fadesa raflent les projets les plus importants. Les Emiratis veulent également croquer leur part du gâteau. Les mastodontes Dubaï Holding et Emaar ont ainsi signé des conventions dinvestissement pour quelque 9 milliards de dollars. Dautres groupes venus du Golfe, comme Al Qudra, RealCapita, Somed ou encore les Koweïtiens du CMKD, font également leur entrée ou intensifient leur plan de développement dans le royaume. Seul opérateur local à tirer son épingle du jeu : le groupe Addoha qui, après une introduction en Bourse fracassante, multiplie les acquisitions de terrains et la signature de partenariats avec des opérateurs étrangers. Dans le sillage de ce boom immobilier, le secteur des matériaux de construction a logiquement connu lune de ses plus belles années. Les ventes daluminium, de fer à béton ou encore de ciment ont littéralement explosé. Et le meilleur reste à venir... |
Bourse. Lannée de tous les records
Jamais la cloche de la Bourse, seul souvenir qui reste de la corbeille du Bd Mohammed V, na autant tinté que cette année. Une dizaine dintroductions ont été réalisées au courant de 2006, totalisant un volume démissions de plus de 3 milliards de dirhams. Plusieurs secteurs dactivité deviennent ainsi représentés pour la première fois en Bourse comme limmobilier et la distribution informatique. Mieux encore, une large partie des sociétés ont opéré une augmentation de capital pour financer leur plan de développement. Les records du marché boursier ne sarrêtent pas là. La performance des indices est exceptionnelle. À quelques séances de la fin de lannée, lindice casablancais signe une progression denviron 70%. Quant à la capitalisation boursière, elle a dépassé les 400 milliards de dirhams (on nest plus très loin de 100 % du PIB). Le volume des transactions nest pas en reste. On comptabilise quelque 152 milliards de dirhams déchanges. Lannée a été donc faste pour les boursicoteurs, mais attention au retour de manivelle. |
Artisanat. Une nouvelle vision
Après le tourisme, Adil Douiri sattaque à lartisanat. Un plan stratégique a été élaboré par son département dans le but de booster les performances du secteur. Lobjectif à lhorizon 2015 est de porter le chiffre daffaires à lexport de 700 millions de dirhams actuellement à 7 milliards. Le plan vise aussi une restructuration du secteur en triplant le nombre dentreprises opérant dans lartisanat, effectif qui ne dépasse pas aujourdhui les 90 unités. Et pour mener à bien cette vision, le ministère a commencé par créer une marque institutionnelle pour le secteur, accompagnée dune large campagne de communication. À titre dexemple, pour les fêtes de fin dannée, les célèbres vitrines des galeries Le Printemps, qui bénéficient d'une renommée internationale grâce à son magasin-phare Bd Haussmann à Paris, porteront les couleurs de lartisanat marocain. |
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Billet. Rennes et moutons
Le Père Noël est une ordure. Une fameuse comédie française nous le disait déjà. Mais ce quon sait moins, cest quil est une invention purement commerciale. Limage humaine de Santa Claus a été griffonnée par Haddon Sundblom en dessinant une affiche publicitaire pour Coca-Cola en 1931, doù le costume rouge et blanc. La firme dAtlanta utilisera ce portrait pendant 35 ans sur ses écrans publicitaires. Il est depuis ancré à jamais dans notre imaginaire comme ce sympathique barbu bedonnant, alors quil nest en réalité quun malfrat qui entre chez les gens par effraction. Et même quand il dépose des cadeaux, il noublie pas de laisser la facture qui va avec. Dieu merci, cette année, il ne mettra pas les pieds au Maroc. Selon des sources proches du Pôle Nord, les rennes de Papa Noël se sont solidarisés avec leurs cousins éloignés, les moutons de lAtlas. En ouvrant un journal marocain pour se faire une idée de la météo (histoire de régler leurs sabots), ils auraient appris que 5 millions de moutons allaient prochainement y passer. Ils décident alors de boycotter lespace aérien marocain, poussant la multinationale Noël Corporation à arrêter tout échange commercial avec le pays. Perte sèche pour les commerçants du marché central : 1300 dindes, 15 000 bûches, 2000 sapins, 25 kilomètres de guirlandes et 2000 caisses de champagne.
Même les centaines de saisonniers, habitués à se déguiser en Père Noël à la porte des magasins, se retrouvent au chômage technique. Heureusement que lAïd El Kébir a aussi ses bons côtés. Griller des têtes de mouton aux coins des rues ou simproviser boucher professionnel, ça rapporte pas mal aussi. Mais pas aux mêmes. |
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