Un effrayant malentendu
Rétrospective 2006. Les temps forts
Ahmed Ghazali. Confessions d'un sage cathodique
Société. Réveillon à la marocaine
Débat. Et si on légalisait le cannabis ?
Reportage. À la conquête du Toubkal
Moumen Diouri. "Le Maroc a connu quinze complots entre 1957 et 1995"
France. Le jackpot du label "halal"
Étude exclusive. 86% des MRE veulent rentrer !
Reportage. De sons et de lumières
N° 253-254
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Mohammed Sassi.
(DR)

Sassi à Hiwar. Une révolution à la TVM

Le passage de Mohamed Sassi, secrétaire général adjoint du Parti socialiste unifié, dans l’émission Hiwar (TVM), a tenu toutes ses promesses. Fidèle à lui-même, l’ex-ittihadi n’est pas tombé dans le piège du populisme que tend souvent Mustapha Alaoui à ses différents invités. Article 19, prérogatives du roi, gouvernement de l’ombre… tout a été passé au crible. Sassi n’a pas pris de gants pour revendiquer, sur un plateau de la TVM, une monarchie parlementaire, “novatrice, peu coûteuse et ouverte sur l’avenir”. Il a ainsi appelé à la suppression de “l’institution” (et non pas du titre) d’Imarat Al Mouminine, considérant
par ailleurs la Ba’ïa (allégeance) comme un rituel, une tradition, “dans tous les cas une pratique en dessous de la loi suprême du pays : la Constitution”. Le numéro deux du PSU ne s’est pas gêné non plus pour stigmatiser la lourdeur du protocole royal, insistant sur le baisemain ou les tapis déroulés au passage du cortège royal… Pour épauler Sassi lors de son passage télévisé, des invités “très spéciaux” ont fait le déplacement. Dans le public, on distinguait notamment un certain Abderrahim Berrada, Abderrahim Jamaï (tous deux avocats), Aziz Akhennouch, Aboubakr Jamaï, Abdallah El Harif et Ahmed Benjelloun. Face à Sassi, Mostapha El Khalfi, ex-rédacteur en chef d’Attajdid, s’est montré particulièrement virulent, surtout quand Sassi a appelé à établir une distinction claire, y compris au sommet de l’Etat, entre le religieux et le politique. Ou encore quand l’ancien homme fort de Fidélité à la démocratie a déclaré que le PSU était ouvert sur les islamistes “démocrates” comme Al Badil Al Hadari ou Haraka Min Ajl Al Oumma.


Cinéma. Le succès Bensaïdi

Le très beau WWW. What a wonderful world a démarré une carrière honorable en salle. À la veille de sa sortie en France, le film de Faouzi Bensaidi, distribué dans 5 villes du royaume, devrait réaliser “moins d’entrée que Marock, mais beaucoup plus que le premier film de Bensaïdi (Mille mois)”, nous confie cette source proche de la production. De quoi rassurer l’excellent Faouzi, qui nous a livré le commentaire suivant : “J’ai fait un film plutôt déroutant pour le grand public. En salle, par exemple, il y a celui qui regarde le film pour la deuxième ou troisième fois et celui qui sort avant la fin de la projection parce qu’il n’a rien compris”.


Tamazight. La télé arrive

Le projet de création de la télé amazighe doit être entériné le 27 décembre. À cette date, la commission mixte composée de l’IRCAM et du ministère de la Communication arrêtera le nom et le budget de la nouvelle chaîne, et tranchera sur la question de la mise à contribution de l’Institut royal. Ce dernier point soulève des critiques, vu que le financement des autres chaînes publiques, nouvellement crées, a été assuré par l’Etat. “Pourquoi l’IRCAM doit-il mettre la main à la poche pour la télé amazighe alors ?”, s’interroge un observateur. Cette chaîne, dont le budget de lancement est estimé à 50 millions de DH, commencera à émettre au deuxième semestre de 2007 à raison de six heures par jour.


Enquête. Abbas sur le gril

La police judiciaire de Rabat a auditionné, au courant de la semaine, l’une des quatre victimes qui avaient déposé une plainte contre Abbas El Fassi, ex-ministre de l'Emploi, pour sa responsabilité supposée dans l’affaire Annajat. C'est sur la base des auditions que la police judiciaire va élaborer un rapport qui sera transmis au Parquet, lequel décidera des mesures à prendre. Le Comité national de coordination des victimes du scandale Annajat compte, par ailleurs, généraliser la procédure pour appeler toutes les victimes de cette affaire à saisir la justice.


Drogue. Saisie record à Tanger

Une quantité record de près de 11 tonnes de haschich, transportée à bord de deux camions de transport international, a été saisie par la douane de Tanger mercredi dernier. Selon les premiers éléments de l'enquête, la drogue a été chargée aux environs de Skhirat et avait pour destination le marché français. La valeur de la cargaison sur le marché européen est estimée à près de 74 millions d'euros. La fréquence de ces saisies est en relation avec la grande affluence des poids-lourds à l'occasion de la période d'exportation des agrumes et primeurs puisque près de 300 camions transitent quotidiennement par le port.


Justice. Soumère s’en tire à bon compte

Le jugement de quatre mois de prison avec sursis et près de 500 euros de dommages et intérêts pour homosexualité, prononcé enpremière instance contre Jack-Henri Soumère, a été confirmé par la Cour d’appel de Marrakech. Le directeur du théâtre Mogador à Paris était notamment poursuivi pour actes de pédophilie. L'appel a été reporté à quatre reprises pour d’obscures raisons dont, entre autres, l'absence de l’accusé, qui ne s'est présenté à aucune des audiences en appel. Des sources proches de l’association “Touche pas à mon enfant”, qui s’est constituée partie civile dans cette affaire (et qui compte se pourvoir en cassation), évoquent “la possibilité d’interventions diplomatiques françaises haut placées” pour expliquer la clémence du verdict final. L’affaire a provoqué un grand émoi dans les milieux homosexuels français. Cité par un magazine français, Soumère, tout en confirmant son homosexualité, affirme que “la justice (marocaine) a fait son travail, je ne suis pas un pédophile. C'est tout ce qu'il faut retenir”.


Benmoussa-Yassine. La guerre des moutons

Abdeslam Yassine a donné, par l’intermédiaire du Conseil d’orientation (Majliss Al Irchad), des instructions pour établir la liste des nécessiteux dans le but de les faire bénéficier du mouton de l’Aïd. Une attention particulière a été accordée aux régions sinistrées telles qu’Al Hoceïma ou Ouarzazate. Cet activisme n’a pas échappé au département de Chakib Benmoussa, qui s’est empressé d’adresser, le 15 décembre, un message à tous les chefs de service, des gouverneurs aux préfets de police, leur demandant de “veiller à la stricte application de la circulaire du 12 octobre 1971 qui stipule qu’il ne peut être organisé d’appel à générosité, sur la voie publique ou chez un particulier sans autorisation du Secrétariat général du gouvernement” !


Ventes aux enchères. Petites folies de riches

Qui croit encore que le Maroc est un pays pauvre ? Lors de la dernière vente aux enchères organisée samedi dernier par la Compagnie marocaine des œuvres et objets d’art (CMOOA), une huile sur toile de Edwin Lord Weeks a été adjugée à 3 millions de dirhams, après une surenchère effrénée entre collectionneurs marocains. Lors de la même vente, une huile sur panneau de Edouard Edy-Legrand a été acquise pour 2 millions de dirhams, également par un collectionneur marocain. Le précédent record des ventes aux enchères marocaines était détenu par un tableau de Majorelle, La guedra, acheté par un amateur d’art à 1 950 000 dirhams. ça laisse songeur...


Téléfilm. Furtif mais primé

Etrange parcours médiatique à rebours de Pourquoi, la mer du réalisateur Hakim Belabbès. Commandé par la SNRT, ce téléfilm qui raconte la légende de Lalla Aïcha Al Bahriya a été diffusé par la TVM, la nuit de l’Aïd Sghir 2006, en catimini et à la dernière minute, pour combler un trou dans la programmation. Deux mois plus tard, Pourquoi, la mer remporte le Muhr de bronze au festival international du film de Dubaï et attire par conséquent l’attention des médias marocains. Devant tant de bruit, la SNRT a décidé d’organiser une avant-première prochainement, s’étant rendu compte subitement de la qualité de l’œuvre de Hakim Belabbès.


Cocaïne. Passeuse intime

L’arrestation d’une nigérienne le week-end dernier à l’aéroport Mohammed V, alors qu’elle tentait de prendre l’avion avec 200 grammes de cocaïne dissimulée dans ses parties intimes, relance la question du transit de la cocaïne par le Maroc. Les passeurs - les “mules” - qui ingèrent le plus souvent des ovules de cocaïne protégés par des préservatifs, sont généralement interceptés au niveau des aéroports européens où le contrôle est plus rigoureux. Dans une récente édition du journal La Croix, le quotidien fait état “des routes de la cocaïne qui croisent de plus en plus celles du haschich”. “Une partie croissante du transport de cocaïne emprunte désormais les routes du haschich, transitant par l’Afrique de l’Ouest et arrivant en Espagne via le Maroc”.


Nador. Retour sur 1984

Les militants de droits de l’homme s’activent à Nador pour rouvrir le dossier des victimes des émeutes de la ville en 1984. Cette année-là, d’après Chakib Al Khayari, président de l’Association des droits de l’homme pour le Rif, l’armée n’avait pas hésité à tirer dans la foule qui manifestait contre la hausse des prix. “Officiellement, il n’y a eu que 16 victimes, un chiffre plus que contestable”, souligne Khayari. La suite ? “Nous sommes en train de rencontrer les victimes et les familles des disparus. Nous comptons aussi organiser une manifestation en face d’un terrain vague jouxtant une caserne militaire de la ville, car nous pensons qu’elle a servi de fosse commune à l’époque”.



3 questions à Bichr Bennani (Directeur de Tarik Éditions)

L’Association pour la protection de la lecture et du livre (APELL), dont vous faites partie, vient de tenir une rencontre entre écrivains et éditeurs. Etaient-ils fâchés ?
Pas du tout. Nous avions tout simplement besoin de faire connaître davantage les publications marocaines. Ensuite nous souhaitions aller à la rencontre des lecteurs et créer une synergie avec les écrivains et les éditeurs.

Vous avez décidé de tenir cette rencontre dans un “bistrot”. C’est tout à fait inhabituel pour une rencontre littéraire. Pourquoi ce choix ?
Nous souhaitions aller à la rencontre des lecteurs, au lieu de nous contenter de les attendre dans nos librairies. Le bistrot en question est non seulement fréquenté mais très convivial, raison de plus pour le choisir. Vous savez, il y a des vérités universelles, valables au Maroc comme ailleurs : le livre doit être partout, et puis il faut bien qu’il sorte de temps à autre des librairies et des bibliothèques.

L’APELL a été créée en juin dernier. Ne risque-t-elle pas de faire doublon avec sa grande sœur, l’Association marocaine des professionnels du livre (AMPL) ?
Cela n’a rien à voir. L’association dont vous parlez n’existe pratiquement plus. D’autre part, le livre se trouve dans un tel état de crise qu’une conjugaison d’associations ne peut être que bénéfique. Alors plus il y a d’associations et mieux c’est.


Chaâbi – Sefrioui. La tension retombe

Quelques jours seulement après la sortie médiatique du patron de Ynna holding, Miloud Chaâbi, visant son challenger d’Addoha, Anas Sefrioui, la tension est visiblement retombée entre les deux hommes. C’est du moins ce qui ressort de la dernière réunion de la fédération nationale de la promotion immobilière, présidée par Chaabi himself, qui s’est tenue en milieu de semaine. “Les deux hommes ne se sont pas fait de cadeaux et se sont même dit leurs quatre vérités en public”, rapporte ce promoteur présent ce jour-là. Au final, poursuit notre source, “tout le monde s’est mis d’accord pour dépasser cette crise, promettant par la même occasion de joindre leurs efforts pour plus de transparence à l’avenir”.


Partis. Archane rejoint les harakis

La grande famille harakie reconnaît officiellement son fils maudit : Mahmoud Archane. Le 13 décembre, une rencontre a eu lieu entre le secrétaire général du MDS et les deux patrons du MP, Mahjoubi Aherdane et Mohand Laenser. La rencontre s’est soldée par la création d’une “commission pour l’élaboration des principes et des ambitions d’une union des mouvements populaires”. Le projet est donc dans le pipe. Quelques semaines auparavant, Mohand Laenser avait déclaré, lors d’une table ronde à Casablanca “n’avoir aucun problème avec Mahmoud Archane en tant qu’acteur politique” et que “rien ne les empêchait de collaborer ensemble”. Maintenant, c’est fait.


Islamistes. Motii persiste et signe

Sortie particulièrement virulente de Abdelkrim Motii, le leader islamiste en exil, contre le Cheikh Yassine. Dans un surprenant communiqué, rendu public le 18 décembre dernier, la “Chabiba islamiya” de Motii accuse en effet le guide d’Al Adl Wal Ihsane, entre autres, “d’accointances avec certains sécuritaires marocains avec lesquels il entretient un contact permanent”. Motii laisse entendre que la Jamaâ aurait même réussi à infiltrer le Palais… Rappelons que Abdelkrim Motii, en exil en Lybie depuis l’assassinat de Omar Benjelloun en 1975, a maintes fois manifesté son désir de rentrer au Maroc.


Youssoufi. Autobiographie en vue

Selon des sources proches de l’ex-Premier ministre, Abderrahman Youssoufi serait en train de mettre la touche finale à ses “mémoires”. Youssoufi, qui file un train de vie paisible entre Casablanca et Cannes et qui a complètement coupé les ponts avec ses anciens camarades du parti, s’est mis au vert pour soigner cette autobiographie dont on ne sait pas grand-chose jusqu’à présent. Seule une poignée de fidèles continue à entretenir des relations plutôt fraternelles avec l’héritier de Abderrahim Bouabid qui, malgré ses divergences avec de nombreux caciques du parti, n’en jouit pas moins d’une aura certaine auprès des socialistes du cru. Pour l’anecdote, Youssoufi a assisté, le week-end dernier, à une rencontre autour des droits de l’homme, où il a croisé (et salué) son successeur à la tête de l’USFP Mohamed Elyazghi.


Sport. Jettou interpellé

“Quelles mesures comptez-vous prendre au niveau gouvernemental pour la mise à niveau du sport dont la crise a atteint un stade particulièrement avancé ?”. C’est en ces termes que Driss Jettou a été interpellé par le conseiller à la Seconde Chambre, Abdellatif Ouammou, en milieu de semaine. Avant de s’adresser au Premier ministre, désormais responsable direct de la gestion du sport depuis la disparition du département ministériel chargé du sport depuis plus de quatre ans, le président du groupe de l’Alliance socialiste a brossé un tableau noir de la situation, évoquant “les associations sportives qui tentent de survivre à un déficit chronique, les infrastructures obsolètes et l’absence d’une véritable politique sportive”. Et les remèdes, messieurs ?


Ahmed Yassine. Un docu sur l’enfant sauvage

Firecraker film, maison anglaise de production de documentaires, prépare un 56 minutes pour la chaîne british Channel 4 sur Ahmed Yassine, cet enfant qui avait été découvert à l’état sauvage en juin dernier sur un toit de Marrakech, après avoir été séquestré pendant trois ans, contraint de partager des restes de nourriture avec des chiens et des chats. Les producteurs, qui devraient commencer le tournage en janvier prochain, désirent mettre l’accent sur “le processus de réintégration dans la vie quotidienne de cet enfant retrouvé à l’état sauvage”, explique Barnaby Lankester-Owen de Firecracker film. Pris en charge par Lalla Latifa, mère de Mohamed VI, Ahmed Yassine serait à l’heure actuelle en rééducation à l’hôpital Necker de Paris. Les producteurs anglais, qui ont pris contact avec les autorités marocaines afin d’obtenir l’autorisation de rencontrer l’enfant, n’ont encore reçu aucune réponse. C’est sans doute tant mieux pour le premier concerné...


Elections. Les hommes, tous des traîtres ?

Le mouvement féministe est très en colère contre les partis politiques. Ses revendications visant à améliorer la représentativité féminine au sein du Parlement n’ont pas été traduites en amendements au niveau de la loi électorale. “Nous avons rencontré des partis qui se disent progressistes. Ils nous ont promis monts et merveilles. Finalement, ils nous ont lâchées”, se plaint une responsable de l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM). Vous avez compris de qui il s’agit. Le projet a entamé sa dernière étape au sein de la Chambre des Conseillers. Mais les femmes s’accrochent encore en demandant que le seuil d’éligibilité à la liste nationale baisse de 6 à 5%. Mesdames, les jeux sont faits. Ne vous a-t-on jamais dit qu’il ne faut jamais faire (totalement) confiance aux hommes !


OCP. Terrab lave plus blanc

L’Office chérifien des phosphates (groupe OCP) devait tenir son Conseil d’administration jeudi 21 décembre. Au menu de ce rendez-vous au sommet, la réorganisation de l’Office et le financement du transfert de sa caisse interne de retraite au RCAR. Mostafa Terrab, qui avait présenté au roi un rapport sur la situation de l’Office en octobre dernier, avait demandé un audit à des experts français. Des sources internes parlent d’une large opération “mains propres” qui aurait été lancée juste après la conclusion du rapport d’audit. De nombreux chefs de service avaient été invités à quitter leur poste dans la discrétion la plus absolue.


Parlement. Haute trahison !

Incroyable mais vrai. La majorité s’est tiré une balle dans le pied au moment du vote du budget du ministère de la Justice à la Chambre des Conseillers. L’istiqlalien Youssef Tazi a voté contre ce budget pour mettre au défi le ministre socialiste Mohamed Bouzoubaâ, accusé d’avoir “blanchi” le parti de l’USFP dans les affaires d’achat de voix, alors que plusieurs istiqlaliens ont été condamnés. “La réunion de la commission a été programmée à 8h30. La majorité n’était pas au complet. Youssef Tazi en a profité pour se rallier à l’opposition et faire tomber le budget”, raconte un ittihadi. Le fameux texte a été “repêché” en séance plénière. N’empêche, l’acte de “rébellion” restera dans les annales.


Funérailles. L’adieu à Omar

Omar, fils de l’académicien Mohamed Chafiq, a été inhumé le 6 décembre dernier au village de Ras Tabouda (région de Fès), trois jours après son décès d’un arrêt cardiaque au Canada. La dépouille du défunt a été rapatriée, en urgence, suite aux instructions personnelles de Mohammed VI à son ministre délégué aux Affaires étrangères. Le 9 décembre, plus de 350 personnes sont venues présenter leurs condoléances à l’ex-président de l’Ircam, chez lui à Rabat. Parmi eux, ses anciens élèves du Collège royal. Hassan Aourid, Fouad Ali El Himma, Yassine Mansouri et Noureddine Bensouda ont notamment fait le déplacement.


Festival de Fès. Skalli claque la porte

Faouzi Skalli n’est plus directeur du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde, comme il n’assurera plus l’organisation des Rencontres de Fès. Après avoir géré le Festival depuis sa naissance, l’anthropologue a claqué la porte après que l’administration de la Fondation Esprit de Fès lui a refusé l’autonomie de gestion du Festival. “Dans mon esprit, la Fondation devait renforcer le mode de fonctionnement professionnel déjà mis en place ainsi que son autonomie, qui ont déjà fait leurs preuves par la réussite exceptionnelle du Festival. Ne disposant pas de ce qui me paraissait être une autonomie minimale, j’ai donc décidé de renoncer à la Direction Générale de celle-ci”. explique Skalli. Malgré la médiation de nombreuses personnalités, les choses n’ont pas été recadrées entre Skalli et les autres intervenants au sein de la Fondation.



Humeur. Sacrée soirée

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

À quoi peut-on reconnaître un poète, un écrivain : à son béret, au verre (de lait) qu’il tient à la main, à la clope qui lui brûle déjà le doigt ? Je me suis longuement posé la question en assistant, en cours de semaine, à une rencontre littéraire organisée… au bistrot du coin. Quelle idée ! La salle du fond, habituellement réservée à une poignée de “fidèles”, a été investie par des femmes du monde, des hommes de lettres. On a “bu” des poèmes ô combien romantiques là où on ne pouvait boire que des liqueurs interdites aux Marocains. Derrière, et partout autour, j’ai pu retrouver les visages familiers de quelques amis musiciens, un ou deux confrères pique-assiettes, des reporters, sans parler des habitués du coin, femmes et hommes, épatés, sidérés que l’on puisse parler du livre dans un endroit aussi invraisemblable. Ce fut une claque. Et pour tout le monde, svp. Un ami m’a demandé : “Mais, euh… de quoi est-ce qu’ils parlent ?”. Un autre a répondu au couple qui lui demandait si le “café littéraire” se tenait bien là : “Oui, oui, ici on peut vous servir le café, le thé, une pizza maison, etc”. Et puis encore un autre, qui n’arrêtait pas de s’interroger : “Mais dites-moi, cette caméra, cette caméra (de 2M), elle est allumée, elle tourne, elle filme, vraiment ?”. Le mélange des genres a fonctionné, les intellectuels et les “fidèles” ont échangé des mots, des regards, des verres. Ce soir-là, c’est sûr, des clients ont écouté, pour la première fois de leur vie, des chants de poésie. Ils en étaient hébétés. Des mondains ont brisé leur image d’intellectuels coincés. Des gens très snobs ont partagé un ou deux trucs avec des gens assez chocs. Moi, pour la première fois, je n’ai pas eu honte d’avouer à la fille qui était à mes côtés : “J’aime la poésie”. Ben oui.



VITES !

Nouvelle affaire de blog érotique sur Internet, cette fois à Taounate. Des lycéennes se sont fait photographier dans des positions très suggestives avant de découvrir leurs photos sur Internet. L’affaire a été révélée par notre confrère Assahifa. Une enquête policière est en cours pour identifier l’identité des jeunes filles et de l’auteur du blog. À suivre.


Le roi a pris l’avion pour les Etats-Unis le 9 décembre dans la discrétion la plus absolue. Le monarque devrait être de retour au pays avant la cérémonie de l’Aïd El Kébir. Les sources qui nous ont confirmé ce voyage avancent qu’une rencontre avec George W. Bush était programmée sur l’agenda du souverain.


Les membres de l’institut royal de la culture amazigh (IRCAM) s’apprêtent à déménager dans des locaux flambant neuf (inspirés de l’art amazigh, croit-on savoir) au très résidentiel Hay Riad à Rabat. La nouvelle était attendue depuis plusieurs semaines déjà. La pendaison de crémaillère doit avoir lieu début janvier en présence du roi.


“Les Sahraouis ne pourront pas se satisfaire d'un statut autre que celui de leur rattachement au Maroc” ! L’auteur de cette sentence n’est autre que l’un des ex-dirigeants du FIS (Front islamique du salut), Anouar Haddam, qui s’est longuement épanché sur l’avenir du Maghreb sur les colonnes du quotidien algérien Al Khabar.


Les tortues marocaines traversent l’Espagne pour être revendues en Belgique. C’est ce que nous apprend le journal belge La Dernière Heure, qui rapporte le cas d’un particulier, à Charleroi, spécialisé dans le “deal” de ces reptiles, achetés 1 à 3 euros pièce au Maroc, avant d’être revendus (en Belgique) entre 75 et 125 euros.


Après une série de sit-in régionaux, l’AMDH appelle à une grande marche nationale le 24 décembre à Rabat pour protester contre la hausse du coût de la vie (“et la dégringolade du pouvoir d’achat des Marocains”, ajoute l’association dans un communiqué). Rappelons que le mouvement de protestation avait démarré dès la rentrée 2006.
 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés