Affaire Nichane. Compréhension et solidarité
Phénomène. Voir un guérisseur et mourir
Société. Génération "e-mariage"
Reportage. Ouezzane, ville endormie
Petchou. Le dandy du ballon rond
Irak. La pendaison manquée du raïs
Ban Ki-Moon. L'homme du consensus
Télécoms. Wana est arrivé
Cinéma. Bollywood, mon amour
Abd Al Malik. Le Slam soufi
N° 255
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Imad Qotbi

Radio. Qotbi show off

Imad Qotbi et ses acolytes ont finalement réussi leur pari. Ils ont tenu l’antenne 50 heures non stop. Démarré vendredi 29 décembre à 20h15, Ze Qotbi Show, sur Casa-FM, dépassait dans les grandes largeurs sa tranche horaire habituelle et jouait les prolongations jusqu'au dimanche 31 décembre à 22h15. Raison des heures sup’ : effacer l’animateur Arthur et ses 33 heures d’antenne des tablettes du Guiness Book des records. Ce devait visiblement être très important pour l’image du Maroc, puisque le ministre de la Communication Nabil Benabdellah, himself, a fait le déplacement pour lancer le chrono, tandis que les studios
“soviétiques” de Aïn Chock avaient, pour l’occasion, étaient décorés de drapeaux marocains et relookés par le traiteur Rahal. Samedi 00h30, les remerciements des animateurs pour les tapis et les petits fours du mécène du catering pleuvaient presque autant que les téléphones portables du sponsor. Et il n’y avait pas besoin d’être finaliste de “Questions pour un champion” pour gagner. Vers 1h30, une auditrice a même remporté un portable dernier cri pour avoir mieux imité le mouton que sa copine. On a vite perdu le compte des cadeaux publicitaires. Mais pour la postérité, l’émission la plus longue du monde risque fort d’avoir un air de quinzaine commerciale, entrecoupée de sketchs, canulars et blagues en tout genre. Entre-temps, plus de 60 invités, appelés à intervenir sur tout et n’importe quoi, se relayaient au micro de la radio. Les taxis rouges, eux, grands fidèles de Ze Qotbi Show, étaient aux anges, branchés pour beaucoup sur l’émission, tenant le décompte des heures comme les nombreux auditeurs fans de l’animateur de Casa-FM.


Sortie. Une comédie du dimanche

Le problème avec Gad El Maleh, c’est que c’est un vrai fils de la scène, un pur produit des planches. C’est quand il est debout devant des centaines d’affamés de rire, suant de trac et d’excitation qu’il est à son meilleur niveau. Alors, on reste toujours un peu sur sa faim, un petit peu déçu quand sa performance est filtrée par une caméra. C’est arrivé avec Chouchou, Olé et maintenant avec le Hors de Prix de Pierre Salvadori. Ça sent trop la facilité. Du coup, la surprise, cette fois-ci, c’est Audrey Tautou qui la crée, parfaite dans son rôle d’aventurière intéressée et manipulatrice, qui finit quand même dans les bras du prince charmant, serveur de son état, complètement fauché, mais tenace et irrésistiblement touchant. Et pour parfaire le conte de fée, une happy end sur la côte d’Azur. Autrement dit et pour résumer, Hors de prix est une jolie comédie romantique à consommer de préférence le dimanche soir, question de rêver un coup avant le réveil douloureux du lundi matin.

Au Mégarama.



Tournage. Cherche GI à Ouarzazate

Tommy Lee Jones atterrit à Ouarzazate le 15 janvier pour le tournage du nouveau Paul Haggis, Oscar du Meilleur film et du Meilleur scénario original pour Crash et scénariste entre autres de Casino Royale et de Million Dollar Baby. Basé sur une enquête parue dans Playboy, In the valley of Elah - titre provisoire - raconte donc l’histoire d’un vétéran de l’armée américaine qui part à la recherche de son GI de fils, déclaré déserteur en Irak après avoir été assassiné par des éléments de son bataillon, un soir de beuverie. Tommy Lee Jones partagera l’affiche du film avec Charlize Theron et Susan Sarandon, par ailleurs absents du voyage.


Festival de Marrakech. English connexion

Le Festival du cinéma de Marrakech perdra t-il bientôt sa french touch ? Durant la dernière édition, des agences anglaises d’évènementiel spécialisées “es stars” étaient en repérage pour un audit informel – et intéressé – de l’aspect paillettes du festival. Les Britishs auraient un argument de poids dans la poche : un carnet d’adresses bien fourni en grands noms du cinéma et en people. Ils ne seraient d’ailleurs pas les seuls à vouloir enseigner l’anglais au FIFM, puisque le propriétaire de Virgin, le milliardaire anglais Richard Branson, grand marrakchi devant l’éternel, aurait lui aussi manifesté son intérêt. De son côté, la Fondation du festival a décidé de nouer des liens plus étroits avec Dune Films et Zak Productions à Marrakech, ces dernières collaborant régulièrement avec les super productions américaines en tournage au Maroc. But : profiter de l’attrait des studios de Ouarzazate pour vendre le festival aux têtes d’affiche de ces films. Good ideas...


Danse. Lève-toi et marche !

À peine à sa deuxième édition, la manifestation de danse contemporaine “…On marche…” court déjà. Le public ayant répondu au rendez-vous, la compagnie Anania a décidé de passer au stade supérieur. Le 22, des danseurs investiront un rond-point de Marrakech (Gueliz) pour une improvisation autour de la marche. “Ce happening chorégraphique, selon Taoufiq Izeddiou, chorégraphe et cofondateur d’Anania, n’est qu’une des nouveautés de cette année”. Fidèle à son désir de former la relève, la compagnie a invité des chorégraphes à animer des ateliers de formation en danse contemporaine. Et, last but not least, en Hip Hop, “style où l’on ne manque pas de pratiquants, mais où il n’y a pas encore de véritable création”, ajoute Izeddiou. Pas de lieux pour danser au Maroc ? Pas de problème, Anania a contourné le problème grâce à Danse F’lappart. Une série de vidéos de danseurs filmant leur performance dans leur pritchs respectifs qui sera diffusée dans un riad.

Du 22 au 27 janvier à Marrakech.



Musique. Le ragga de Mustapha

Son nom est Mustapha, mais vous pouvez l’appeler Steph à la française. Ou Steph Ragga Man, à l’américaine, son nom de scène. L’ex-rappeur de Mafia-C enregistre un album, tout seul comme un grand, et tant qu’à faire change de casquette musicale. Il a décidé d’être ragga-fusionneur (même s’il dit ne pas aimer les étiquettes). Toujours est-il qu’il est bien parti pour réussir sa reconversion artistique. Ses deux premiers singles, Ce domaine hachak et Mouvement HH, noient les ondes de Hit Radio et lui valent déjà le titre flatteur de Sean Paul marocain. Le timbre de sa voix y est sans doute pour beaucoup. Son look de minet encanaillé un peu moins. L’album, promis pour fin février, sera précédé par une mise en bouche. Celle-ci prendra la forme d’un single, Bayda Nayda, avec en featuring Ahmed Soultan, et qui sera soutenu par clip signé Funky Noise.


Cinéma. Indi’gêne en Italie

Après avoir croulé sous les éloges lors de ses premières française et marocaine, Rachid Bouchareb est pointé du doigt par le public italien. En effet, au lendemain de la sortie en salle de son film Indigènes, le réalisateur s’est vu accuser de partialité pour avoir fait l’impasse sur les viols et exactions qu’auraient commis ces goumiers durant leur service au sein de l’armée française. Ces victimes, pas tout à fait innocentes à en croire leurs détracteurs, seraient responsables de quelque 30 000 viols en Italie. Une estimation fondée, entre autres, sur le rapport de l’Anglais Tommaso Baris, French Expeditionary Corps in Italy : Violence of the “Liberators” in the Summer of 1944 et le roman de Alberto Moravia La Ciociara, paru en 1957 et porté à l’écran en 60 par Vittorio De Sica. Affaire à suivre.


Album. Bigg, le retour

Bigg, alias l’khasser, récidive. Après le patriotique “Mgharba tal’ mout”, le rappeur planche sur une nouvelle offensive sonique. Non moins patriotique, ceci dit, puisque l’opus comptera parmi ses tracks “Sirou Sawtou”. Un appel franc à la citoyenneté que Bigg révélait au public en juillet dernier, à la clôture du Festival de Casablanca “pour inciter les jeunes à aller voter. Pour qu’une vraie majorité votante décide de l’avenir du pays, et non plus une majorité de la minorité votante”, commente-t-il. L’album signé, Clic Records, est promis courant 2007. En attendant, deux singles seront à découvrir à partir de février dans la compil’ “Touche pas à ma musique”, actuellement en préparation dans les studios du même producteur. Patience.


Net Label. Le poulpe est à Marrakech

Fresh Poulp Records, le netlabel français, s’installe à Marrakech. Spécialiste es dub, hardtek, drum n’bass et autres dérivés des sons électroniques et éclectiques, le label fait le pari de miser sur la dub 100 % marocaine. Et joignant le geste à la parole, il balance, pour son entrée en scène, les samples d’un dubman national sous le nom “Horizontal Plane Polar Dub”. Quatre titres ethnodub à découvrir absolument si vous êtes fans du genre (téléchargeables gratuitement sur www.freshpoulp.net), signés Dubosmium, Moulay Abdellah de son vrai nom. Une compilation 100% africaine est également à l’ordre du jour et promise pour le printemps 2007. Passionnés de musique libre, le poulpe est votre homme !


Le livre.

L’ouvrage de poche prend une forme originale, à mi-chemin entre l’abécédaire et le lexique. De “Assabiya” à “Wahabbisme” en passant par “Ibn Taymiyya” et “Emeutes de la faim”, Hamit Bozarslan, anthropologue enseignant à l’École des hautes études en sciences sociales, dresse une liste de repères pour aider à penser la violence dans les sociétés musulmanes. Petit par le volume, mais grand par l’ambition, le livre fourmille d’exemples et de faits tirés du contexte propre à ces sociétés. Ce faisant, il permet un éclairage par les concepts classiques de la sociologie, de la religion et de l’histoire récente du bruit et de la fureur dans le Moyen-Orient contemporain.

La violence dans le monde musulman.
Hamit Bozarslan, Ed Maisonneuve & Larose




Humeur.
Fidel cash trop

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Les experts ès-Cuba s’interrogent : que restera-t-il du castrisme après la mort de Fidel ? Ces spécialistes y verraient plus clair s’ils avaient accès à ses relevés bancaires suisses. Cela leur éviterait de compter doctement les poils de la barbe de Castro, y cherchant encore une vague trace d’ADN communiste. Le Lider maximo essaye de donner le change avec ses treillis mal coupés, tout droit sortis d’un surplus de l’armée. Mais il ne faut pas s’y tromper, ce n’est qu’une tenue de camouflage pour se donner l’air pauvre. Il n’en a définitivement pas la chanson, si l’on en croit le classement du magazine Forbes des 10 chefs d’Etat les plus riches du monde. L’ex-guérillero désargenté, libérateur des masses laborieuses cubaines, serait aujourd’hui à la tête d’une fortune estimée à 900 millions de dollars. Il l’a amassée lors de ses 47 ans de règne sans partage, à la façon de ces dictateurs d’opérette africains qui finissaient leurs jours paisiblement sur la Côte d’Azur et la Riviera. C’est dans ces lieux de villégiature pour milliardaires que Raul, le frère de Castro, risque également de prendre sa retraite dorée. Légataire testamentaire de Fidel, ce dernier se serait bien acheté une île tropicale pour ses vieux jours. Mais elle aurait été superflue, son frère en possédant déjà une : Cuba. Castro y passera bientôt l’arme à gauche. Et ce ne sera même pas par inclinaison politique...



Rock au Royal
Rock Side, l’association r’batie, prendra d’assaut le cinéma Royal à Rabat le 20 janvier à 15 h pour un rassemblement rock 100 % made in la capitale et réunit sur scène cinq formations rock dont les Anarcky, vainqueurs du Boulevard 2006. Plus d’infos sur www.rock-side.com


Horreur dans le Nord
Daniel Myrick, le réalisateur du Projet Blair Witch, se paie un petit mois (fin janvier) dans le nord du Maroc pour le tournage de The objective. Un film d’horreur mettant en scène une unité d’élite qui se retrouve prise dans un vortex alors qu’elle est en mission en Afghanistan. ça, c’est de la fiction, de la vraie !


Pasolini arrive
Indéfiniment reporté depuis le 18 novembre dernier faute de financement, le tournage de En attendant Pasolini de Daoud Oulad Sayed sort enfin de l’expectative. Aux dernières nouvelles, le premier clap se fera fin janvier. Suffisamment tôt pour espérer une sortie en 2007 ? On croise les doigts.

 
 
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