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N° 255
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le siège casablancais
de Sofac Crédit.
(RT)

Etude. Le crédit à la consommation sous la loupe

C’est une initiative louable qu’a prise Bank Al-Maghrib. En collaboration avec les sociétés de financement, l’institut d’émission vient de réaliser la première étude sur le crédit à la consommation au Maroc. L’échantillon est largement représentatif, puisqu’il porte sur 1,2 million de dossiers de crédit, totalisant un encours de 16,5 milliards de dirhams, soit 75% de l’encours global des sociétés de crédit au Maroc en 2004. Il en ressort que les prêts au logement, distribués par les banques, représentent les trois quarts de l’endettement des ménages. Chose qui explique que l’encours des crédits, dont la durée se situe
entre 10 et 20 ans, pèse à lui seul 58% du total de l’encours. L’étude démontre aussi que les fonctionnaires et salariés sont les premiers bénéficiaires de crédits à la consommation, avec 93% des dossiers traités. Quant à la répartition géographique, Casablanca vient évidemment en tête, en abritant 34 % des clients. Concernant le critère de l’âge, la palme revient à la catégorie des plus de 40 ans, qui représentent plus de 60 % des clients. Néanmoins, la grande révélation de l’étude est certainement le surendettement des salariés aux revenus les plus modestes. En effet, ce sont les salariés qui touchent moins de 4000 DH par mois qui recourent le plus au crédit à la consommation, avec 62% du nombre total des dossiers. Mieux encore, l’insolvabilité est observée pour un taux de 12% chez les salaires inférieurs à 3000 DH. Un signe clair d’un taux élevé de surendettement. Merci le crédit...


Télécoms. Nouvelle acquisition pour Maroc Telecom

Et de trois pour Maroc Telecom ! Après l’acquisition de la majorité dans Mauritel et le lancement d’un opérateur en Europe, à destination des utilisateurs maghrébins, la filiale de Vivendi vient de remporter l’adjudication pour la privatisation de l’opérateur burkinabé Onatel. Pour près de 2,5 milliards de dirhams, l’opérateur historique met la main sur le leader de la téléphonie au Burkina Faso. La société a réalisé un chiffre d’affaires de 103 millions d’euros en 2005 et compte quelque 500 000 clients. Et le meilleur reste à venir : le potentiel de la téléphonie est plus que prometteur au pays des hommes intègres. Le taux de pénétration est estimé à 8% et 0,8 %, respectivement pour le mobile et le fixe. Ainsi, avec ce nouveau rachat, l’entreprise dirigée par Abdeslam Ahizoune confirme son statut d’opérateur régional.


Rating. BMCE décroche “l’investment grade”

c’est une véritable consécration pour la banque de Benjelloun. BMCE Bank vient de récolter une note de A3/P-3, délivrée par l’agence internationale Moody’s. Une notation qui traduit une bonne qualité de crédit à long terme et reflète la forte assise commerciale de la banque, la qualité saine de ses actifs ainsi qu’une meilleure couverture par les provisions. Mais ce niveau de notation lui vaut surtout de passer à la catégorie “Investment grade”. Une position dont aucune institution bancaire marocaine ne peut se vanter jusqu’à présent. Bref, un rating qui confirme le rayonnement international de BMCE Bank, qui a déjà décroché, pour la 3ème fois consécutive, le prix de”Bank of the year” délivré par le magazine “The Banker” dans son édition 2006.


Banques. L’horaire continu en vigueur

Après les administrations publiques l’année dernière, c’est au tour des banques de passer dès ce début d’année à l’horaire continu : les guichets bancaires seront désormais ouverts de 8h à 15h45. La décision a été prise après d’interminables tractations entre le GPBM et le syndicat interbancaire. Pour faire passer la pilule, les patrons des banques ont consenti une prime de panier (pour le déjeuner) de 15 dirhams. Les négociations ont été aussi l’occasion de décrocher de nouveaux avantages pour le personnel des banques. Ainsi les salariés dits de classe 6, dont le revenu mensuel varie entre 7000 et 8000 dirhams, devraient voir leur salaire augmenter de 600 dirhams d’ici la fin de l’année. Les heures supplémentaires, les prêts immobiliers et la retraite complémentaire sont d’autres points qui ont été renégociés pour l’occasion.


Phosphates. L’OCP, toujours en tête

Bon cru 2006 pour l’Office chérifien des phosphates (OCP). La société publique enregistre une augmentation de 4,3 % de ses exportations, suite essentiellement à l'accroissement de 4,6 % des exportations du minerai de phosphate. Les ventes à l’international des produits dérivés, de leur côté, ont connu une progression de 4 %. La performance s’explique par l’embellie du marché mondial des phosphates, qui dure depuis 2005, avec une demande d'acide phosphorique toujours soutenue, favorisant une hausse des prix. Avec ces chiffres, l’OCP consolide davantage sa place de premier exportateur mondial de phosphate sous toutes ses formes. Sa part de marché progresse ainsi de 2 points, pour s’établir à 33,3%.



Billet. Wil huile

On avait presque oublié l’existence de ce fameux Conseil de la Concurrence. Mise en place en 2002, cette autorité de régulation, qui se veut la pierre angulaire de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence, a passé quatre années à chômer. Il a fallu que les Saoudiens viennent mettre de l’huile sur le feu pour que les 12 limiers du Conseil trouvent du soja à moudre. Leur verdict est sans appel : Savola, le concurrent de Lesieur, pratique la vente à perte et écope pour cette raison d’un avertissement. Pourtant, s’il y a bien quelqu’un qui mérite d’être averti, ce sont les membres de ce Conseil. Ils doivent savoir qu’il y a d’autres secteurs dans lesquels ils peuvent fouiner. Eux-mêmes des consommateurs, ils devraient se poser au moins trois questions : pourquoi les trois cimenteries aux comptes financiers solides comme du béton affichent les mêmes prix et investissent chacun dans sa zone géographique respective ? Pourquoi le SMS chez Méditel est au même prix que chez Maroc Telecom ? Pourquoi Rédal n’a opéré une augmentation tarifaire que le jour où Lydec s’est décidée à le faire ? En creusant un peu ce genre de dossiers, il est possible que le Conseil de la concurrence découvre qu’il s’agit là de mécanisme d’entente sur les prix. Une pratique qui fait beaucoup plus de mal aux consommateurs que le dumping qui a, au moins, des retombées plutôt bénéfiques sur leur portefeuille. Mais il ne faut pas se leurrer : les entreprises concurrentes ne crient au scandale que lorsque l’une d’entre elles enfreint la sacro-sainte règle du “win win”. Mais pour le consommateur, c’est du “wil wil”.



OFF.

Ciments du Maroc projette d’investir près de 3 milliards de dirhams pour la construction d’une nouvelle unité à Agadir. La mise en service de cette cimenterie, d’une capacité de 2,2 millions de tonnes par an, est prévue pour mars 2009. Cet investissement anticipe la croissance de la consommation de ciment qui devrait passer de 350 kg par habitant à plus de 500 kg, sous l’impulsion des différents programmes de logements sociaux.

 
 
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