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N° 255
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Coordonnée par Youssef Aït Akdim

La semaine.

Des soldats ethiopiens paradant
dans les rues dévastées
de Mogadiscio.
(AFP)

Somalie. La déroute des islamistes

La traque de l’Union des tribunaux islamiques se poursuit dans l’extrême sud de la Somalie. La déroute rapide des islamistes s’est faite en un temps record et sans qu’on en comprenne les véritables causes. Les miliciens islamistes qui s’étaient emparés de la capitale Mogadiscio en juillet 2006 ont été balayés par le pouvoir tout aussi rapidement. Toutefois, d’après La Libre Belgique, “la victoire du gouvernement somalien de transition et de son allié éthiopien risque de ressembler à celle des troupes américaines en Irak et d’ouvrir la voie à une nouvelle guerre civile à laquelle les islamistes avaient momentanément mis fin”.

Le gouvernement a affirmé mardi avoir repris le contrôle de toutes les régions tenues par les chefs islamistes, notamment le centre et le sud du pays. Après avoir conquis Mogadiscio, les forces gouvernementales, aidées par l’Ethiopie, ont lancé l’assaut sur la ville portuaire de Kismayo, désertée par les islamistes sans combattre. Le 20 décembre dernier pourtant, les islamistes, sûrs d’eux, avaient lancé l’offensive sur Baïdoa, dans le sud de la ville, dans l’espoir de déloger le gouvernement provisoire. C’est alors que les forces loyalistes, aidées des soldats ethiopiens, ont infligé une défaite cinglante aux islamistes. Ces derniers, en fuite, se trouveraient actuellement dans l’extrême sud du pays, dans une forêt très dense à la frontière du Kenya, près de Ras Kambioni, sur l’Océan Indien. Signe de regain de tension à la frontière, Naïrobi – qui accueille 160 000 Somaliens dans des camps au nord du pays - a refoulé 600 réfugiés somaliens qui cherchaient asile pour fuir les combats.

L’issue de cette situation reste incertaine. L’Union des tribunaux islamiques, qui a fui sans combattre Mogadiscio et Kismayo, pourrait très bien contre-attaquer par des opérations de guérilla. De plus, le gouvernement de transition est impopulaire. Beaucoup de Somaliens y voient la main de l’étranger et commencent à critiquer la présence de l’armée éthiopienne à ses côtés. Pour désamorcer la crise, le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a affirmé que l’armée éthiopienne “pourrait se retirer dans deux semaines”.


Brésil. Lula, président des (plus) pauvres

Discrètement et sous une pluie battante, le président Lula a été investi lundi pour un second mandat à la tête du Brésil. L’ancien ouvrier-tourneur et syndicaliste de 61 ans aborde sa seconde présidence avec une cote de popularité élevée : 52 % des Brésiliens lui font confiance, en dépit des scandales de corruption qui ont entaché son Parti des travailleurs (PT). Lula s’est engagé à “gouverner pour tous mais surtout pour les plus pauvres”. Il a promis de stimuler la croissance et d’accélérer la redistribution, deux défis majeurs dans un pays où la misère frappe encore 22,7 % de la population et où la croissance ne dépasse pas 2,7 %.
Après avoir mis en place la bourse pour les familles, Lula vient de décider l’augmentation de 8,6 % du salaire minimum à 140 euros. Il a aussi évoqué les réformes “jugées nécessaires” pour doper l’économie : celle de la sécurité sociale et des lois du travail. Celles aussi, plus difficiles, du système politique et électoral.


États-Unis. La gaffe de Giuliani

Mais où Rudolph Giuliani avait-il la tête ? L’ancien maire de New York et prétendant à la course à la Maison Blanche a oublié son plan de bataille pour la présidentielle de 2008 dans une chambre d’hôtel peu avant les élections parlementaires de novembre. Le document de 140 pages est tombé entre les mains d’un de ses rivaux, qui s’est empressé de le transmettre à la presse. Le Daily News a ainsi publié des extraits du texte, qui décrit comment le républicain entend organiser sa campagne et comment il compte se constituer un trésor de guerre de 100 millions de dollars. “Perdre son plan de bataille est un impair potentiellement désastreux pour Giuliani”, relève le quotidien. L’une des pages du document liste même les facteurs pouvant menacer sa candidature, liés notamment à ses affaires, à ses anciens collaborateurs et à son ex-épouse.


Algérie. Référendum en vue

Aura-t-il lieu ou pas ? D’après le secrétaire général du Front de libération national (FLN), Abdelaziz Belkhadem, le référendum sur la révision de la Constitution sera finalement organisé en 2007. “Il y a eu un report et non pas une annulation de la date du référendum”, a-t-il déclaré. En juillet 2005, le président Abdelaziz Bouteflika avait souhaité que ce plébiscite soit organisé avant la fin de 2006. Pourtant, début novembre, le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, avait affirmé qu’il serait “difficile de tenir un référendum en raison d’un calendrier électoral chargé en 2007”. La révision de l’actuelle Constitution datant de 1996, devrait renforcer les pouvoirs du chef de l’Etat et supprimer la limitation à deux mandats présidentiels actuellement en vigueur.


Danemark. Retrait d’Irak au printemps ?

Le Danemark va peut-être, à son tour, se retirer sur la pointe des pieds de l’Irak au printemps prochain. C’est ce qu’a souhaité le ministre danois de la Défense, Soeren Gade, après le transfert de deux provinces à l’armée irakienne prévu au printemps 2007. “J’espère voir réduire nos forces en Irak dès que la responsabilité de la sécurité des dernières provinces du sud est transférée aux Irakiens”, a-t-il déclaré à l’AFP. Mais rien n’a encore été décidé sur le plan politique sur cet éventuel retrait partiel du contingent danois, dont le mandat expire fin juin 2007. Le Danemark a quelque 470 soldats en Irak dont 415 stationnés à Bassora, sous commandement britannique.


Europe. La Roumanie et la Bulgarie dans l’UE

Et de 27 ! La Bulgarie et la Roumanie ont rejoint dans la nuit de lundi l’Union européenne, dix-sept ans après la chute du communisme. La présidence allemande a averti que des réformes difficiles étaient encore nécessaires aux deux pays pour rattraper le retard les séparant des 25 autres membres. Ces deux états, de loin les plus pauvres de l’UE élargie, apportent ensemble plus de 30 millions de nouveaux citoyens à l’UE mais ne représentent qu’à peine 1 % du PIB de l’Union. Dotées depuis lundi d’un commissaire européen, la Roumanie et la Bulgarie doivent renforcer leur lutte contre la criminalité et la corruption et resteront sous stricte surveillance (justice, sécurité alimentaire et aérienne, gestion des fonds européens, etc.) de la Commission pendant trois ans. Désormais, l’UE veut mettre un frein à son élargissement, en attendant de réformer ses institutions et de regagner le soutien de ses citoyens.



Lu pour vous. [Espagne]
Immigrés en règle

El Pais, le 29 décembre 2006

L’année qui vient de s’achever a été la plus difficile en Espagne en matière d’immigration. Les Îles Canaries ont vu arriver ces douze derniers mois plus de 31 000 clandestins, soit autant d’immigrés que ces quatre dernières années. Le pays craint même que 6000 autres soient morts alors qu’ils traversaient l’Atlantique en provenance d’Afrique subsaharienne. Le problème dépasse le cadre espagnol.
À la demande du gouvernement Zapatero, l’UE, débordée par l’afflux massif des cayucos, a abordé le sujet avec plus de sérieux que d’ordinaire. Elle paraît encline à faire les pas nécessaires vers une politique de migration commune qui renforce le pouvoir de l’agence de frontières européennes tout en menant des actions solidaires avec les pays africains.
Le gouvernement espagnol, qui s’est fait tirer les oreilles par ses partenaires européens, veut combiner le rapatriement des sans-papiers à travers des accords avec les pays de départ et la remise en ordre de la situation des étrangers autorisés à entrer en Espagne. En 2007, au moins 180 000 étrangers non-communautaires viendront dans le pays (…) Le marché du travail en Espagne continue d’avoir besoin de main d’œuvre étrangère, en proportion plus importante que les pays voisins. On voit souvent l’immigration comme source de conflits mais on oublie allègrement que l’arrivée d’étrangers a dynamisé l’économie espagnole en assurant la moitié de la croissance du PIB depuis 2001.



VITE !

Olivier Besancenot pleure à son tour la mort du parrain de la soul, James Brown. Dans son blog, le candidat de la LCR écrit qu’il “reste un fan des albums de James Brown, qui remuent quand même vachement plus que le programme du Parti socialiste”. Certainement.

 
 
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