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Par Driss Bennani
Jai été kidnappé pour jouer devant Hassan II
| Antécédents |
Mohamed Miftah
Acteur
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| 1950. |
Naissance à Casablanca. |
| 1953. |
Sa mère est tuée lors de la révolution du roi et du peuple. |
| 1972. |
Fondateur du groupe Tagada, Tourne dans plusieurs films étrangers. |
| 1996. |
Mektoub, de Nabil Ayouch. |
| 1999. |
Tourne dans plusieurs productions syriennes. |
| 2004. |
Et après, de Mohamed Ismaïl. |
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Smyet bak ?
Lahcen Belarbi.
Smyet mok ?
Jamaâ bent Allal.
Nimirou dla carte ?
B 115 193.
Vous avez apparemment beaucoup de chance avec les flics. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi ?
Parce que le flic est aussi un téléspectateur qui peut aimer ce que je fais. Ils sont très aimables et je suis rarement obligé de présenter mes papiers mais sinon je paye mes impôts, mon loyer, mes crédits, etc. Par contre, je me demande pourquoi à chaque fois que certains me reconnaissent dans la rue, ils me demandent de largent. Cest impressionnant.
Ils doivent savoir que vous êtes lacteur le mieux payé du pays
Un acteur qui va chercher de largent ailleurs pour le dépenser dans ce pays plutôt. Je me bats pour ramener de grosses productions étrangères débourser quelques millions de dirhams ici alors que dautres Marocains se barrent avec ces mêmes millions de dirhams. Cest fou ce qui se passe dans ce pays.
Pourquoi un natif du Hay Mohammadi est nécessairement artiste ou ancien détenu politique ?
Ce nest pas vrai. Il y a aussi les footballeurs, les grands salopards et les criminels. Dailleurs, je planche actuellement sur un scénario qui raconte lhistoire dun certain Miloud Laâraj. Cétait la terreur du quartier dans les années 60. Il a fini par être éloigné de Casablanca.
Cest vrai que vous faites des films maintenant. Je ne savais pas que vous teniez à ce point à avoir la carte de réalisateur !
Je nai jamais demandé cette carte. Je fais ce que jaime faire. Les quelques rôles qui me sont proposés me touchent rarement, jai donc pensé à faire mon propre cinéma, comme jaime le faire. Jai dailleurs déposé plusieurs projets de films au Centre cinématographique marocain.
Et vous nous raconterez un jour comment vous avez été kidnappé du Hay Mohammadi pour jouer devant Hassan II ?
Cétait en 1967, je jouais dans la troupe de Tayeb Seddiki. Cétait la première fois quune jeep de la gendarmerie entrait au Kariane central. Ils se sont arrêtés devant notre berraka, embarqué mon cousin et sont tous venus me chercher au café Essaâda. Je croyais quils memmenaient à Derb Moualy Cherif, cétait la mode à lépoque. Mais ils ont pris la route de Rabat en refusant de me dire quoi que ce soit. Je voyais quon se dirigeait au palais royal, je ne comprenais plus rien. On ma fait entrer dans une salle, puis une autre, plus luxueuse. Je nai respiré que quand jai retrouvé Tayeb Seddiki, Naïma Lamcharki et les autres. Après la représentation, Hassan II ma demandé : et comment va lkariane ? Jai répondu que tout allait bien. Bien après, jai su que, ce soir-là, Hassan II avait simplement émis le souhait de voir cette pièce dont tout le monde parlait depuis un moment. Le zèle de ses collaborateurs a fait le reste.
Et vous préférez les méthodes de Mohammed VI, au moins ?
Bien sûr. Maintenant, cest fait avec professionnalisme. On vous avise à lavance, on vous remet un carton dinvitation. Les invitations se font avec beaucoup de classe aujourdhui. Le Makhzen a changé de mentalité.
Ça ne vous embête pas dêtre encore célibataire à votre âge ?
Jattends que TelQuel me trouve une épouse.
Vous la voulez comment ?
Quelle soit consciente des contraintes de mon métier. Quelle ne me prenne pas la tête quand je me prends en photo avec une fan ou quand je fais un compliment à une collègue. Mais entre nous, je ne me plains pas. Quand on na pas de femme, on a limpression que toutes les autres nous appartiennent.
Passons. La sitcom Ich Nhar Tasmaâ Khbar, cest une erreur de parcours ?
Oui, je le reconnais. Cétait ma première collaboration avec la deuxième chaîne. Je ne voyais pas du tout les choses de la manière dont cela a été fait. Jétais quand même tenu par un contrat dacteur que jai honoré. Jespère avoir fait assez de belles choses depuis pour faire oublier le bug. Dailleurs, je refuse désormais de jouer des rôles pareils.
Vous ne snoberiez pas un peu les cinéastes marocains depuis quon vous déroule le tapis rouge à Damas et à Amman ?
Non, mais je suis passé à autre chose. Noubliez pas que jai commencé au Maroc et cest ici que jai tout appris. |
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