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Propos recueillis par
Samir Achehbar
Interview. Le voyage de Tifariti naura pas lieu
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Réda Taoujni,
président de lASM.
(RT)
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L'Association du Sahara marocain (ASM) n'ira finalement pas à Tifariti, ville située - théoriquement - sur le territoire marocain, à mi-chemin entre le Mur de sécurité et les frontières avec la Mauritanie. Son président, Réda Taoujni, nous en explique les raisons.
Pourquoi le voyage de Tifariti, prévu le 14 janvier, n'aura pas
lieu ?
L'ambassade américaine nous a exhortés, en début de semaine, d'annuler le voyage pour préserver la stabilité et la paix dans la |
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région, selon les termes employés dans l'écrit qu'elle nous a fait parvenir. Les Américains nous ont expliqué que notre voyage risquait de mal se passer. On leur a fait part de notre accord de principe, mais à condition de reporter le voyage, sans l'annuler pour autant. Notre voyage humanitaire est donc pour le moment suspendu. Mais si demain le Polisario organise une exhibition militaire à Tifariti, comme il en a pris l'habitude depuis quelque temps, nous irons bien à Tifariti. Mais cette fois pour défendre des revendications politiques !
Que vient faire, à votre avis, l'Amérique dans une histoire du ressort du Maroc, de ses voisins, et de l'ONU ?
Il faut croire que les Américains, en tant que premier gendarme du monde, veillent à la stabilité de la région. En ce qui nous concerne, nous avons avisé les autorités marocaines, par l'intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, de la demande qui nous a été adressée par l'ambassade américaine.
Et les Nations-Unies, dans tout cela ?
Nous lavions déjà informée, dès le 4 décembre, de notre intention de nous rendre à Tifariti. Le représentant de la Minurso à Laâyoune nous a assuré qu'il remplirait sa mission première : celle d'un observateur (du respect du cessez-le-feu en vigueur au Sahara depuis 1991). La Minurso nous a également demandé de procéder, avant le départ pour Tifariti, à une fouille corporelle de l'ensemble de notre délégation, dans le but de s'assurer de l'absence d'armes. En l'occurrence, la représentation de l'ONU était dans son rôle, et nous avons naturellement accepté sa demande.
Est-ce que l'association que vous présidez est dans son rôle, quand elle négocie un voyage aux relents politiques évidents ?
Nous sommes dans notre rôle d'acteurs de la société civile, qui défendent la marocanité du Sahara. Je rappelle que Tifariti a beau être contrôlée aujourd'hui par l'Algérie et le Polisario, elle est bien sur le territoire marocain. Et les autorités marocaines nous ont déjà donné leur aval, via le ministère de l'Intérieur. L'armée marocaine devait sécuriser notre passage par le Mur, mais pas au-delà.
L'armée marocaine devait vous escorter jusqu'à Tifariti ?
Non, le rôle de l'armée s'arrêtait au passage du Mur. Si, par malheur, quelque chose devait nous arriver sur le chemin de Tifariti, cela aurait été l'occasion pour faire le point sur la situation du territoire (marocain) entre le Mur et les frontières mauritaniennes, pour que chacun assume ses responsabilités.
Certains colportent, comme d'habitude, que votre initiative aurait été dictée, soufflée, par les autorités marocaines
Au contraire. Nous craignions, au début, un refus des autorités marocaines. Et puis, laissez-moi vous dire ceci : quand bien même soufflé ou suggéré, un voyage jusqu'à Tifariti reste à très haut risque. Pour y aller, il faut du courage et une vraie conviction. Ce n'est pas à la portée du premier venu.
Vous comptiez mobiliser combien de personnes, et avec quels moyens ?
453 personnes très exactement, y compris une délégation de journalistes. L'opération devait coûter, en tout, 300 000 DH, provenant de fonds privés.
Votre association a déjà été empêchée à deux reprises, au moins, de se rendre à Tindouf. Vous y croyiez, sérieusement, à ce voyage hypothétique vers Tifariti ?
On y croyait et on était fin prêts pour l'événement. Tifariti n'est pas Tindouf, puisqu'elle est située, on ne le répétera jamais assez, sur le territoire marocain. Ou alors, si ce n'est pas le cas, il est temps de tirer tout cela au clair. |
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