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Al Adl Wal Ihsane. La succession de tous les dangers
Parlement. Sale temps pour les femmes
Société. Le jackpot de la capote
Interview. Le voyage de Tifariti n'aura pas lieu
Irak. Le plan de la dernière chance
Liban. Le spectre de la guerre civile
Législation. L'argent ou la geôle
Narjiss Nejjar. "Je ne fais pas de propagande"
Mémoire. James Brown le Casablancais
N° 256
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Photo de famille des primés
de la SNRT.
(AIC PRESS)

Télé. SNRT Awards

La SNRT a inventé un intrigant concept : la soirée en «moyenne pompe». Pour attribuer, mardi 9 janvier au Mégarama de Casa, des “attestations de mérite” à 55 collaborateurs primés en 2006, la SNRT a dévoilé un subtil mélange de faste et de nonchalance : d’un côté, petits fours, ministre de la Communication et trophée doré ; de l’autre, une salle trop petite et une grande majorité des “méritants” demeurés anonymes. Notons toutefois l’ambiance bon enfant de ces “SNRT Awards” et, surtout, la projection en avant-première de deux productions maison : Percussion Kid, court-métrage original aux allures
de comédie musicale signé Mohamed Achaour. Première ponte donc du percussionniste des feux Abar’raz qui a lui valu le prix du Jury au 12ème Festival de la radio et télévision du Caire où ont concouru 53 productions de la SNRT. Sans oublier Âlach Albahr, de Hakim Belabbès, en hommage aux pêcheurs de fortune de la médina casablancaise ; à l’instar du mari et des deux fils disparus de Lalla Fatna, principal témoin de cette poésie en pellicule, où une touche de romantisme et un soupçon de fantastique se mêlent à un réalisme quasi documentaire. Une œuvre très discrètement diffusée sur la TVM pendant le ramadan, avant d’être primée au Festival de Dubaï en décembre… “Dommage qu’il faille attendre le jugement de l’étranger pour reconnaître la valeur de certaines choses, a regretté Hakim Belabbès, heureux toutefois de la volonté de la SNRT d’appuyer le cinéma marocain. Mais la seule chose que je voulais vraiment, c’était que Lalla Fatna soit présente, que les gens la regardent et la reconnaissent”.


Sortie. Angoisse originelle

Le réalisateur de Requiem for a dream, film devenu culte sur l’addiction et ses ravages, et avant Pi, thriller fantastique, Darren Aronofsky renoue dans Fountain avec les ambiances glauques et fantastiques de ses débuts. L’histoire plonge dans la conquête espagnole de l’Amérique et s’étend dans le futur autour d’une quête aux accents d’éternel. Le lien entre les trois temps du drame se noue dans le personnage de Thomas, pour faire court, à la recherche de la fontaine de jouvence. Dans le récit contemporain qui fait trame, il est un scientifique qui se bat pour sauver sa femme de la maladie. Atmosphère pesante, troublante même, tout autant que la métamorphose de Hugh Jackman dans le rôle principal (on passera sur la ressemblance éphémère avec le jeune David Carradine de Kung Fu) capable de moments d’intense émotion qui sauveront la séance des spectateurs qui auront le courage de s’accrocher jusque-là. Car l’ambition du scénario bute sur les longueurs d’une narration souvent brouillonne. Entre l’écriture boursouflée du début et la fin splendide, on sort fatigué et surtout perplexe.

Au Mégarama.



Video. Danse avec Dilay

Un DVD pédagogique pour faire ses premiers pas de danse, à destination des jeunes mordus de hip-hop… C’est le projet de Dilay, alias Adil Lakhdim, seize ans de danse au compteur et fondateur au début des années 90 des Style Salé Breakers, la plus ancienne compagnie marocaine, qui réunit aujourd’hui trois générations de danseurs. Installé depuis trois ans à Strasbourg, où il enseigne et travaille en tant que chorégraphe, le prodige de 29 ans a tourné récemment à Rabat les scènes du DVD, dont la réalisation a été confiée à l’inévitable DJ Key, alias Khalid Douache, et à sa boîte de prod’ Funky Noise. One, two… Dance !


Ciné-salon. Starring Morocco

Rachid El Ouali, Samia Akariou, Narjiss Nejjar et Faouzi Bensaïdi seront Parisiens le temps d’un week-end (du 12 au 14 janvier), à l’occasion du premier salon du cinéma de Paris où le Maroc est l’invité d’honneur. Membres de la délégation marocaine forte d’une trentaine de professionnels du secteur, ils devraient (peut-être) avoir les honneurs des médias français puisqu’un coin presse a été aménagé pour les éventuelles interviews. Vendredi, c’est Nabil Benabdallah qui montait au feu lors de la soirée d’inauguration dédiée entièrement au Maroc. Plus de 5000 professionnels du cinéma y étaient conviés. Certains ont même pu voir un reportage tourné pour l’occasion et présentant les atouts du Maroc pour les productions étrangères. Faouzi Bensaïdi, quant à lui, n’aura sans doute pas le temps de faire les soldes. Dimanche, le réalisateur devrait débattre de cinéma avec un parterre de visiteurs du salon à l’occasion de la sortie sur les écrans français, la semaine dernière, de WWW-What a wonderful world. On en reparlera.


Internet. Itoub, l’anti-piratage

Vous voulez télécharger le son des artistes locaux légalement et sans passer par e-mule et ses virus ? Vous recherchez le seul enregistrement live d’un groupe disparu de la scène, sans avoir eu le temps de produire d’albums ? Ou vous êtes simplement solidaires d’une alternative au piratage ? www.Itoubmusic.com sera Ze adresse, à partir de fin février. Une bataille à armes égales contre le piratage, qu’il fallait oser. Clic Records l’a fait, en complicité avec l’incontournable Boul’vard. Le jeune label lance la première plateforme de téléchargement de musique gratis et légale au Maroc, où tout le monde trouve son compte grâce à une astuce commerciale. Un système de rémunération basé sur les pubs et l’acquisition des titres via sms, où une partie des bénéfices est versée aux artistes figurant sur le site. Y a-t-il besoin de rappeler que le portail est toujours à la recherche de musiciens partants pour la “itoub alternative” ?


Livre. Globe-trotteuse

Le voyage, un modus vivendi ? Rien n’est plus vrai avec la jeune Leïla Ghandi, qui a su muer son globe trotting nez au vent en perspective professionnelle. Après des expositions photo remarquées entre Paris, Agadir et Beyrouth, voici que sortent chez Le Fennec ses Chroniques de Chine, recueil de e-mails drôles et frais envoyés à ses proches lors d’un stage en 2003. La baroudeuse tient aussi la rubrique “Femmes du monde” pour Femmes du Maroc et a couvert des évènements sportifs comme le Marathon des sables et le raid La Guadarun de Guadeloupe, avant de participer au Népal au documentaire “VTT en pays Sherpa” de Jean-Michel Jorda. A suivre, une expédition écologique dans la Cordillère des Andes… «Catch her if you can !»

Expo Regards de Marocains sur le monde, du 5 au 27 janvier,
et table ronde Désir d’ailleurs le 16 janvier à 19h à la Cathédrale Sacré cœur de Casa.



Festival. Alger “koyoa”

Comme dans un rêve, les Alizés porteront cet été le vent de liberté et d’improvisation qui souffle depuis dix ans sur Essaouira jusqu’à Alger, pour la première édition d’un festival jazz et gnawa, alors que la ville inaugurait hier son statut de capitale de la culture arabe pour 2007… Des musiciens d’Afrique et du Moyen-Orient dont Majid Bekkas, qui fusionnera avec le Libanais Abaji, partageront l’affiche avec des agitateurs algériens world music et jazz installés en Europe comme Djamel Laroussi et Karim Ziad, parrain naturel de ce nouvel événement, qui présentera cet été le nouveau répertoire d’Ifrikya, dont le troisième album est attendu pour avril. Une programmation mitonnée par Adnane Ferdjioui, qui anima dix ans durant l’émission Black and Blue, sur Radio Alger (Chaîne 3). Heureusement, les artistes n’attendent pas l’ouverture des frontières...


Ciné-débuts. Osmoz : les bouchées doubles

Il est très pressé cet Osmoz, à l’image du héros de son premier court. Souvenez-vous, c’était l’été dernier, durant le festival de Casablanca, Sacrifake ou la course contre la montre d’un oueld Hay Mohammadi, découvrant que son voisin était prêt au martyre. Six mois après la sortie de Sacrifake (5 mn), Osmoz, Tarik El Jouhari de son vrai nom, tourne Illusions, à Hay Mohammadi toujours. Verdict fin janvier. L’ancien chroniqueur d’Entr’acte et Bande à part, sur 2M, figure également parmi les réalisateurs de Aji Tchouf, le 26 minutes hebdo inspiré du concept de Striptease, que vient de lancer la deuxième chaîne. Osmoz, qui devrait signer avant la fin de l’année son troisième court, prépare un long-métrage tendance baston, qu’on annonce décoiffant… Pressé on vous dit !


Album. Oum jayakoum

Au compte-goutte, on l’aura, ce premier album de Oum ; single par single et trip par trip. Le premier track, Hamdoullah - une joyeuse ballade disco funk qui donne envie de “marocaniser” les dance floors - s’est déjà fait sa petite place sur les ondes. Le second, Daym allah promet à l’opus une petite note soufi-jazzy. Et aux dernières nouvelles, la jolie Sahraouie s’est enfermée en studio pour l’ultime expérience d’un featuring avec le très khasser Bigg. Trois autres titres dont elle garde scrupuleusement les titres secrets – pour ne pas éventer la surprise – sont en boîte. Le tout dans un album de dix morceaux où elle papillonne entre gospel, new soul, r’n’b et tagnaouite. Rendez-vous début février pour la sortie du prochain single.


Le livre.

Lassé du stress parisien, Olivier Doual succombe un jour à l’appel de l’Afrique et se lance dans un périple qui va le mener de l’Océan Atlantique à l’Océan Indien. Chargé du minimum vital et nanti d’un modeste budget, il parcourt 12 000 km en empruntant, au gré des rencontres, les mêmes moyens de locomotion que la population locale : taxi-brousse surchargé, train antédiluvien, mobylette rafistolée, pinasse de marchandises et autres véhicules improbables… Confiant sans être dupe, il traverse ainsi neuf pays, du Sénégal au Kenya. Evitant les écueils faciles de la complaisance ou de la condescendance, le routard restitue une Afrique tout en nuances, débarrassée de ses clichés, et livre un témoignage plein d’humanité et de lucidité sur le continent oublié.

Impossible n’est pas africain
Olivier Doual, L’Harmattan, (190 DH).




Humeur.
Black magic man

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Parfois, on bénit la TVM d’être gardienne de la mémoire. Dimanche soir, la vieille dame de la rue Brini diffusait un concert en hommage à James Brown. Et pas n’importe quel concert. “Mister Jaaaames Brown !” au festival de jazz de Montreux en 1981, un live mémorable où le parrain de la Soul et l’inventeur du funk met le feu au public. Un exploit en soi, vu la tête des festivaliers présents, davantage amateurs de jazz pour poisson rouge, celui qu’on écoute l’air inspiré, avec la tête, jamais avec le corps. Mais pour une fois, le public quittait sa réserve de Suisse en hypoglycémie et devenait presque black. À voir tous ces blancs gigoter presque en rythme, on avait la preuve que James Brown lave plus noir. D’où la TVM avait-elle bien pu sortir ce bijou ? Sans doute de sa caverne d’Ali Baba, ces kilomètres d’images et ces milliers de souvenirs accumulés depuis sa jeunesse, qui prennent encore la poussière quelque part dans un sous-sol. Mais ce soir-là, écoutant de la soul en solo dans sa chambre, pris d’un orgasme auditif, on ne voulait plus lui reprocher ses séances de torture. Oubliées nos années de plomb de téléspectateur, on s’est réconcilié le temps d’un concert avec ce vieux membre de la famille. On lui a même pardonné ses radotages de grand-mère gâteuse, ses oublis d’incontinente, ses histoires à dormir debout racontées aux infos et ses soirées musicales aussi casse-bonbons qu’une réunion d’anciens. La TVM a eu un éclair de lucidité. Merci mamie...



Mc-JO pour la St valentin
Après Bigg et Steph Raggaman, Jo est le troisième rappeur des ex-Mafia C à signer un album solo. “Côté Abstrait” sortira en deux volets. Le premier jet est prévu pour le 14 Février. Quelques guests sont prévus pour cet album, dont naturellement les trois ex-Mafia C, Bigg, Steph Ragga-man et Caprice.


D-Click n’Rap
Samedi 10 février,
au théâtre royal de Marrakech, l’association D-Click réunit deux calibres de la scène rap locale, Fnaïre et H-Kayne, avec en première partie la formation Brada. Et pour faire les choses selon les règles de la maison hip hop, la soirée se terminera par des battles de breakdance.


Gad qu’il est drôle !
Samedi 6 janvier, Gad El Maleh a été sacré “L’artiste le plus marquant de l’année 2006” par le vote de quelque 6 671 140 téléspectateurs français. C’était sur “L’homme le plus drôle de l’année”, l’émission de TF1 présentée par Jean-Pierre Foucault.

 
 
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