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N° 256
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le siège casablancais
de la Comanav.
(AIC PRESS)

Privatisation. Dernières manœuvres pour la Comanav

L’appel d’offres international pour la privatisation de la compagnie maritime nationale ne devrait pas tarder. Selon les initiateurs du projet, il devrait être lancé avant le 22 janvier. Le processus d’évaluation a déjà été bouclé il y a quelques semaines, pour aboutir à valorisation de la Comanav estimée à 2,2 milliards de dirhams. Le consortium des banques d’affaires chargé de cette opération (composé de la prestigieuse banque Lazard et de la banque marocaine AFG) a transmis le dossier de privatisation aux plus grands opérateurs maritimes à l’international. Un prétendant se dégage néanmoins du lot.
Il s’agit du groupe CMA-CGM, qui a eu tout le temps de connaître la compagnie puisqu’il est déjà son associé pour la concession du deuxième quai à conteneurs de Tanger Med. Quoi qu’il en soit, la privatisation devrait porter sur au moins 76 % du capital de la Comanav (52 % détenus par l’Etat et 24 % par la CDG). Le groupe Finance.com, qui détient également un quart du capital, peut aussi décider de prendre part à cette opération. De sources internes, la privatisation de la Comanav ne serait pas très bien accueillie par certains de ses dirigeants. Et pour cause, ces derniers ont fourni un effort gigantesque pour redresser la compagnie, qui frôlait la faillite il y a à peine cinq ans. D’autre part, la société dispose aujourd’hui d’une stratégie claire, qui devrait lui permettre un développement au niveau régional. Une stratégie qui risque d’être abandonnée, au cas où elle ne cadrerait pas avec la vision du futur repreneur.


Goodyear. “Take me home”

Après le groupe Continental, qui avait mis fin à son activité au Maroc en mettant General Tire en faillite, voilà qu’un nouveau poids lourd du pneumatique décide à son tour de se retirer du royaume. Il s’agit de l’américain Goodyear, qui a annoncé cette semaine la fermeture de son unité de fabrication casablancaise avant la fin de l’année 2007. Cette fermeture devrait engendrer des charges pour la firme américaine se montant à 28 millions de dollars. Néanmoins, Goodyear estime que ce retrait du Maroc lui permettrait des économies annuelles d'environ 10 millions de dollars. Ce sont ainsi 350 salariés de la société qui se retrouveront sans emploi avant la fin de l’année. La société a beau annoncer que les indemnités de licenciements seront supérieures au barème fixé par le Code du travail, les syndicats montent déjà au créneau pour s’insurger contre le niveau jugé dérisoire des dédommagements.


Aluminium. Les Espagnols investissent gros

L’entreprise espagnole Exlabesa, spécialisée dans la fabrication des pièces d'aluminium, vient de démarrer son activité à Tanger. L’unité industrielle, qui a nécessité un investissement de 8 millions d'euros, a une capacité de production avoisinant les 6000 tonnes d'aluminium profilé par an. Une capacité appelé à doubler au cours des mois à venir. L’essentiel de la production est destiné à l’export, mais une partie devrait être écoulée sur le marché local. Le choix de Tanger est essentiellement dicté par une contrainte logistique : faciliter l’approvisionnement en matière première mais aussi profiter de la proximité du port pour l’export. Mais c’est aussi le dynamisme des entreprises immobilières Espagnoles au Nord du Maroc, pour ne citer que Fadesa, qui a joué dans le choix du site.


Transport. M’Dina Bus vise le monopole

M’Dina Bus, l’un des concessionnaires de la gestion des transports urbains de Casablanca, devrait décrocher le monopole de ce service dès 2009. Le contrat initial, signé en 2004, accordait à la compagnie une concession pour une période de 15 ans, extensible à 22 ans, mais laissait la possibilité aux autres compagnies de poursuivre leur activité jusqu’à la fin de leur contrat. L’échéance est pour 2009, date à laquelle la compagnie détenue par un groupement du transporteur marocain Bahja-Haddou Bus, de l’opérateur financier Finance.com et du gestionnaire de transport urbain parisien RATP Développement, devrait décrocher l’exploitation exclusive. En contrepartie, M’Dina Bus s’engage à étendre son parc à 1000 autobus d’ici 2010. S’agira-t-il encore de véhicules déjà réformés de la RATP ?


Immobilier. La CDG mise à fond

Le boom de l’immobilier ne laisse personne indifférent. La CDG, bien que fortement implantée dans le secteur à travers ses différentes filiales, vient de lancer un nouveau fonds pour investir dans la pierre. Doté de quelque six millions de dirhams, ce fonds regroupe d’autres investisseurs institutionnels, dont RMA-Watanya et CFG Group. Mais la grande surprise de ce fonds réside surtout dans la liste de ses dirigeants. Parmi eux, on retrouve un revenant en la personne de Ghali Sebti, qui sera conseiller auprès de la direction. À titre de rappel, l’homme d’affaires avait défrayé la chronique dans le tristement célèbre procès des minotiers, d’ailleurs toujours en cours. Une reconversion pour le moins inattendue…


Concurrence. Nouveau colis pour le Conseil

Après avoir bouclé l’affaire des huiles, le Conseil de la Concurrence devrait se pencher sur une nouvelle affaire. Cette fois-ci, il a été saisi par l’ASCEM, l’association professionnelle regroupant les grandes enseignes de la messagerie express (DHL, UPS, Fedex, TNT, etc). L’association reproche à Barid Al Maghrib, présent dans le secteur à travers sa filiale Chronopost, sa position dominante avec ses 200 agences. Les opérateurs se penchent aussi sur la redevance fixe (23,4 dirhams) pour tout colis, à l’arrivée comme au départ, qui revient à l’entité publique sans pour autant fournir un quelconque service pour les autres opérateurs. Affaire à suivre...



Billet. Casino Royale

L’année 2007 démarre sous les meilleurs auspices pour Rachid. En misant au PMU sur le bon cheval (le vaillant n° 7, descendant direct du mythique Cartier Saâda), il se retrouve avec une cagnotte respectable : sept mois de salaire. Il est l’heure pour lui de dessiner les grands projets des trente prochaines années. Objectif : se payer à sa retraite une superbe villa sur le bord du Bouregreg, avec vue sur la marina d’Amwaj et de l’île artificielle reliant Rabat à Salé. Il songe d’abord à créer sa propre entreprise et apporter sa petite contribution à la baisse du taux de chômage. Rachid est un joueur-né, il investira jusqu’à son dernier dirham. Il est même suffisamment doué pour aller puiser dans les caisses de Moukawalati et de la fondation créée par Vivendi et Maroc Telecom pour la création d’entreprise. En même temps, Rachid se méfie du monde des affaires. Le royaume serait parmi les pays les plus corrompus au monde selon Transparency International. Le bakchich commence déjà quand il faut enregistrer le premier papier dans la Mouqataâ du coin. L’enveloppe est d’usage avec le petit comptable d’une entité (surtout publique) avec laquelle sa boîte aura le malheur de travailler. Faute de quoi, il pourra toujours repasser pour le paiement de ses factures. Tout compte fait, Rachid préfèrera éviter tout contact avec l’économie réelle, productrice de richesse. Il préférera plutôt tout miser en Bourse… Avec ses 70 % de gain annuel, c’est digne d’un casino royal. «007», c’est pas le matricule
de James Bond ?



OFF.

L’Office du Tourisme devrait présenter au courant de la semaine sa stratégie concernant le tourisme intérieur. Un chantier sur lequel l’ONMT et le ministère travaillent depuis plusieurs mois. Une station dédiée à ce type de tourisme a été identifiée dans la région d’El Jadida. D’autres projets devraient être annoncés, dans le but de créer une nouvelle dynamique du tourisme intérieur, notamment en améliorant le taux d’occupation des destinations moyennes.


Une importante délégation d’hommes d’affaires marocains, conduite par le Premier ministre, est attendue à Dakar le 25 janvier prochain. Objectif : assister à un forum d’échanges et d’investissement qui réunit les délégations de l’Union économique et monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Une région sur laquelle les grandes entreprises marocaines ont d’ambitieuses visées.

 
 
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