Affaire Nichane. Le ministère public requiert le pire
Al Adl Wal Ihsane. La succession de tous les dangers
Parlement. Sale temps pour les femmes
Société. Le jackpot de la capote
Interview. Le voyage de Tifariti n'aura pas lieu
Irak. Le plan de la dernière chance
Liban. Le spectre de la guerre civile
Législation. L'argent ou la geôle
Narjiss Nejjar. "Je ne fais pas de propagande"
Mémoire. James Brown le Casablancais
N° 256
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Le réseau national pour
l'observation des élections
sera-t-il de la partie en 2007 ?
(AFP)

Elections. Observera, observera pas ?

Et de deux pour le réseau national pour l’observation des élections. Rappelez-vous en 2002, une vingtaine d’associations avaient, pour la première fois, constitué un collectif pour suivre le déroulement de l’opération électorale. Samedi dernier, le même collectif s’est une nouvelle fois réuni pour lancer les préparatifs relatifs aux élections de 2007. Nouveauté cette année : le réseau a pu obtenir un financement conséquent de la part de l’Union Européenne mais déjà, des voix s’élèvent pour en critiquer l’utilité politique. “En 2002, explique un membre du réseau, nous avions émis une série de recommandations
relatives au découpage électoral, à la gestion des élections, etc. Ni les partis ni l’Etat ne les ont prises en considération. Pire, le réseau a été utilisé, surtout à l’international, pour légitimer une opération électorale pas aussi nette qu’on a voulu le faire croire”. Normalement, une journée d’étude réunira le 20 janvier prochain l’ensemble des associations constituant le réseau pour plancher sur cette question. Les débats s’annoncent houleux. Le centre marocain pour l’observation des élections sort déjà les grands mots : “Si c’est pour faire de la figuration comme l’année dernière, nous refuserons de prendre une deuxième fois part à cette opération. La journée d’études devra répondre à une question essentielle : comment faire accepter une réelle observation des élections par le Makhzen ?”. 2007 commence décidément sur les chapeaux de roue.


Le Matin du Sahara. Laroussi se retire

Mohamed Laroussi ne sévira plus au Matin du Sahara. Le fils de pub a décidé d’arrêter sa collaboration avec le quotidien, suite au refus du journal de publier l’une de ses chroniques. Une première alerte signalait le divorce à venir. Une semaine plus tôt, Le Matin avait publié une mise au point de la RAM, faisant suite à une chronique où Mohamed Laroussi se moquait de Driss Benhima, PDG de la compagnie aérienne. “Je n’en avait pas été avisé”, signale Laroussi, qui ajoute qu’un autre de ses billets avait attiré le courroux de la conseillère royale Zoulikha Nasri. Décidément, les lignes rouges du quotidien sont rouge foncé...


Parution. Ainsi parlait Yassine !

Le sociologue des religions, Mohcine Al Ahmadi, vient de sortir un livre sur le mouvement Yassiniste, où il dissèque le discours du cheikh de la Jamaâ sur le monde, la modernité, la république islamique et sa vision de la société. Préfacé par Mohamed Tozy, ce livre de 230 pages propose une analyse scientifique du dispositif idéologique de Yassine, basée sur les travaux d’islamologues internationaux. En voici un avant goût : “L’utopie révolutionnaire de Yassine, même si elle se veut salvatrice et porteuse de la promesse d’un avenir meilleur, risquerait de se transformer, une fois arrivé au pouvoir, en un enfer social pour les Marocains qui contribuent actuellement à sa diffusion”. À méditer.


Jihad. Tétouan sous haute surveillance

Dans un communiqué rendu public en fin de semaine dernière, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) avance que les 26 présumés candidats jihadistes pour l’Irak, arrêtés à Tétouan, font toujours l’objet d’interrogatoires dans les locaux de la brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca, et que toutes les interpellations et les perquisitions effectuées l'ont été dans le cadre de la loi contre le terrorisme et sous contrôle du parquet. Selon une source policière, le groupe, qui aurait fait allégeance au GICM (Groupe islamique combattant marocain, né au cours des années 1990), recrutait et entraînait des volontaires marocains pour servir de kamikazes en Irak. La ville de Tétouan aurait servi de base de recrutement de ces kamikazes. On cite le quartier pauvre de Jamae Mezouak, d’où viennent notamment les cinq Marocains soupçonnés d'avoir participé aux attentats du 11 mars 2004 à Madrid, et qui se sont suicidés trois semaines plus tard dans leur appartement à Leganes.


Athlétisme. Ahizoune en président

Abdeslam Ahizoune a tenu son premier rendez-vous de presse, mercredi, au siège de la Fédération d’athlétisme dont il est le président, depuis décembre 2006. “S’il vous plaît, s’il y a quoi que ce soit, appelez-moi et laissez les athlètes se préparer en paix”, a notamment demandé le nouveau président, visiblement à l’aise dans cette nouvelle fonction. Ahizoune, qui a invité les sponsors et autres bailleurs de fonds à s’investir davantage dans l’athlétisme, était accompagné des deux champions olympiques Nawal El Moutawakil, désormais numéro deux de la Fédération, et Hicham El Guerrouj, un moment candidat à la présidence, aujourd’hui “ambassadeur” de l’athlétisme marocain.


Censure. Messari se souvient

Question : qu’est-ce qui pouvait provoquer, dans le Maroc des années 1960, l’interdiction d’un journal marocain ? Cette réponse a été fournie par l’ancien ministre de la Communication, Mohamed Larbi Messari, dans une interview accordée au quotidien Al Massae du 9 janvier : “Oui, raconte Messari. Une fois, ils avaient interdit l’Opinion (ndlr : organe de presse de l’Istiqlal) parce que l’information relatant l’inauguration par le prince héritier d’un nouveau lot d’habitations à Kénitra a été publiée en page deux, et non pas à la une !”. Quand on vous dit que l’on revient -malgré tout- de loin.


2M. Reporters tous risques

L’équipe de l’émission “Rihanate Moujtama’e”, sur 2M, a connu une drôle de mésaventure, la semaine dernière, en allant filmer Mekki Torbi, le guérisseur de Skhirat aux dons «surnaturels». “Les membres de l’équipe ont été roués de coups, séquestrés dans une sorte de garage pendant trois heures, devant l’indifférence d’un gendarme présent sur place, avant d’être libérés par un caïd”, rapporte Mohamed El Ouafi, du syndicat du personnel de 2M. Ce dernier annonce par la même occasion qu’un sit-in sera organisé le 13 janvier devant le siège de l’UMT “pour montrer notre solidarité avec l’ensemble des équipes de notre chaîne, qui se font de plus en plus malmener lorsqu’elles sont sur le terrain”.



Nichane.
J’aime la littérature

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

Ceci est une déclaration d’amour. À la littérature, mon pays bien-aimé. C’est le refuge de la subjectivité, l’antre de la liberté. Je m’y suis toujours senti chez moi. Etranger et pourtant chez moi. Ces jours-ci, en particulier, la littérature me sauve. Deux livres, deux inspirations salvatrices.
J’ai d’abord élu domicile chez Alaa Al Assouani, le très fin auteur de l’Immeuble Yacoubian. Dans son nouveau roman, il tisse à partir du général Safouat Chaker, un tortionnaire pas comme les autres, l’histoire secrète d’une Egypte cruelle. Le général, protagoniste de l’histoire, avait le don de faire avouer les détenus politiques, sans leur donner un seul coup de fouet, mais en dénudant leurs épouses, en plein interrogatoire. Une fois leur intimité violée, ils deviennent volubiles. Plus ils parlent, plus le général escalade l’échelle sociale et politique. Plus les femmes se mettent à nu, plus les gradés s’en mettent plein les poches, plus les militants se font petits. Ainsi, donc, se résume en une formule, dont seule la littérature a le secret, l’équation égyptienne. De Belgique, Françoise Lalande, elle, sonde les sentiments inavouables d’une famille ordinaire, la tribu Keil. Les remords d’une mère, engloutie par le sens du devoir, qui n’a pas su se rebeller contre un mari indifférent et colérique. La méchanceté d’un fils, beau et filou à la fois. Les querelles des deux sœurs, l’une séductrice, l’autre frigide. Le sort de l’ensemble, attaché à la vie mais conscient qu’elle n’est pas si généreuse que ça. Le temps d’un livre, on découvre comment l’amour dans une famille se perd, écrasé par un silence complice et une haine non assumée.
Ces deux romans parlent des deux entités qui peuvent écraser, dominer, déformer ou corrompre l’individu : l’Etat et la famille. Ne serait-ce que pour la beauté du malaise qu’elle provoque, j’aime la littérature.



Grève de la faim. La fatwa des salafistes

La grève de la faim serait-elle haram ? C’est un peu ce que pensent les salafistes incarcérés à Salé, qui ont décidé, malgré tout, de se solidariser avec les enseignants chercheurs grévistes de la faim en leur consacrant des prières. Ecoutons les explications fournies par l’un des islamistes en question : “Comme nous n’avons trouvé aucune référence à la grève de la faim dans les quatre rites (ndlr : les salafistes marocains se réfèrent essentiellement au rite malékite), nous avons décidé de suivre les conseils de Cheikhs, comme Mohamed Fizazi, qui considèrent la grève de la faim comme un suicide, lequel est interdit en islam. Pour protester, il vaut mieux jeûner (dans la journée) et prier”. Désormais, ils protesteront en jeûnant, en priant et en appelant le courroux de Dieu sur les responsables qui les ont “njustement” condamnés !


Bin Louidane. Des témoins haut de gamme

Le juge Jamal Serhane a chargé la BNPJ d’auditionner de nouveaux témoins pour déterminer la nature des relations qu’entretenaient les sécuritaires (et d’autres responsables marocains) avec Chrif Bin Louidane. L’enquête porte notamment sur les personnalités qui avaient assisté, en 2002, au mariage fastueux de Abdelaziz Kharraz, le frère du baron de la drogue, également incarcéré à Oukacha. Organisé dans le club de tir de Tanger et animé par des vedettes et des artistes nationaux de renom, ce mariage avait été marqué par la présence de grosses personnalités politiques et sécuritaires. Selon une source proche de l'enquête, un grand nombre de personnalités politiques et d'autres responsables pourraient se retrouver à la barre. Des ex-gouverneurs, présidents de chambre de commerce et élus sont également sur la sellette.


Le Journal Hebdo. Triste, triste…

Le Journal Hebdomadaire a reçu une nouvelle visite, la deuxième, des huissiers venus réclamer les 3 millions de dirhams auxquels la publication a été condamnée, dans un procès en diffamation contre le Belge Claude Moniquet. Par ailleurs, on a appris auprès de la direction du journal que Aboubakr Jamaï envisage sérieusement de quitter son poste de directeur de publication (“pour éviter que les huissiers ne se retournent contre Le Journal”), voire de quitter le royaume… Des personnalités marocaines auraient proposé d’aider financièrement le titre, pour régler les 3 millions de dirhams. “Chose que nous ne pouvons accepter”, nous a précisé une source à la direction du Journal Hebdomadaire. à noter que la descente aux enfers de notre confrère - que TelQuel assure à nouveau de toute sa solidarité - est quasiment passée sous silence par la presse...


PJD. Ça sera bien du 100 %

ça y est, c’est officiel : le PJD se présentera, comme prévu, dans toutes les circonscriptions du pays. La décision a été officiellement entérinée lors de la réunion de la commission nationale le 7 janvier. Dans la foulée, on apprend aussi que le programme électoral du PJD sera rendu public en juin 2007. Concernant les rapports avec le Pouvoir, le président de la commission, Slimane El Amrani, a fait état de pressions et de tracasseries de la part des autorités, tant au niveau des conseillers communaux du PJD qu’à celui des manifestations organisées par le parti islamiste. L’année 2007 s’annonce plutôt animée pour les amis d’El Othmani !


Réfugiés. Le Maroc coupable ?

Le Maroc a été épinglé par le HCR, Amnesty international, et bientôt la Commission européenne, pour “non respect des droits des réfugiés et demandeurs d’asile”. Tout ceci fait suite à l’expulsion, fin décembre, de centaines de Subsahariens, dont plusieurs titulaires de cartes de réfugiés, et des demandeurs d’asile. “Selon nos décomptes, parmi les expulsés figurent au moins 60 demandeurs d’asile et 10 autres avec le statut de réfugiés”, a déclaré à l’AFP Johannes Van der Klaauw, responsable du HCR dans le royaume. Ce que Mohamed Benaïssa, ministre des Affaires étrangères, a formellement démenti devant le Parlement marocain. Qui croire alors ?


Hrig. Des Marocains en Algérie

C’est la deuxième fois que des citoyens résidant dans la région de Figuig décident de se rendre en Algérie pour fuir “la misère, le chômage et l’exclusion”, selon les termes d’un jeune diplômé chômeur qui faisait partie de l’expédition. Près d’une quarantaine de citoyens du douar Aïn Chaïr, province de Figuig, avaient ainsi pris la route vers l’Algérie le vendredi dernier. Les hommes, dont un bon nombre de jeunes, désiraient visiblement protester, comme on nous l’a expliqué, contre «l’absence de perspectives d’emploi et l’incurie de certains responsables et élus de la région, après les inondations de l’été dernier». Et de manière originale !


Nationalité. La réforme, enfin !

Bonne nouvelle pour les marocaines mariées à des étrangers! Le Secrétariat général du gouvernement a enfin “libéré” le Code de la nationalité. Mercredi 10 janvier, ce texte a été examiné en Conseil de gouvernement, mais son adoption a été reportée d’une semaine. Des problèmes ? “Pas vraiment. Quelques ministres ont juste demandé d’introduire des petites retouches techniques, pour présenter un texte parfait au roi”, explique un ministre. Si tout se passe bien, la femme marocaine pourra transmettre sa nationalité à ses enfants nés d’un père non marocain. Fait nouveau : les enfants pourront choisir entre leurs deux nationalités s’ils résident dans des pays n’acceptant pas la double nationalité. En attendant, le texte devra encore passer en Conseil de ministres et puis au Parlement.


Hystérie. Le groupie de Saddam

Un célèbre night-club de la corniche casablancaise a connu, le week-end dernier, une fin de soirée inattendue. Alors que le groupe qui se produisait “live” rangeait son matériel, un client s’est emparé du micro pour crier en direction de l’assistance : “Vive Saddam ! Vive Kennedy !”. Panique générale, le client s’apprêtait à célébrer d’autres figures politiques défuntes, quand les vigiles se sont emparés de lui. “Je vous mets au défi de me toucher, je ne crains personne. Et si vous voulez, faites-moi subir ce que vous avez fait subir à Saddam Hussein”, a encore trouvé le moyen de hurler le client, devant les fêtards hébétés.



3 questions à
Amina Bouayach
[Présidente de l’organisation marocaine des droits de l’homme]


Vous venez d’envoyer une lettre au Premier ministre lui demandant de ratifier la convention de la Cour pénale internationale. Pourquoi ?
Le ministre des Affaires étrangères vient d’annoncer au Parlement qu’il y a un conflit entre le règlement de la Cour pénale internationale et la Constitution marocaine. Ce qui est totalement injustifié. Tout ceci nous a beaucoup étonnés puisque, par le passé le Maroc, a montré une réelle volonté politique d’aller de l’avant. En 2000, il a signé cette convention. Et tout récemment, le rapport final de l’Instance équité et réconciliation recommandait sa ratification. Nous découvrons aujourd’hui que rien n’a été fait dans ce sens.

Pourquoi le Maroc devrait-il ratifier cette convention ?
Tout d’abord parce que le Maroc s’est inscrit au niveau international dans un processus de respect des droits de l’homme. Et vu l’énorme travail qui a été fait ces dernières années en la matière, nous ne voulons pas qu’il y ait un retour en arrière.

Qu’envisagez-vous aujourd’hui pour faire pression sur l’Etat ?
Il y a eu tout d’abord cette lettre ouverte au premier ministre traçant les principes généraux favorables à une ratification. Nous devrions ensuite préparer un mémorandum avec d’autres partenaires qui irait dans le même sens. Nous allons enfin nous engager dans un cycle de plaidoyers avec les partis politiques et le gouvernement, pour les amener à ratifier cette convention.


Amazigh. Happy Yennayer !

Les associations amazighes du Maroc fêteront le 13 janvier le passage à l’année… 2957. Yennayer (le Nouvel An amazigh) correspond à la victoire du roi berbère Chichoungh sur le Pharaon d’Egypte. Cette date est considérée, depuis, comme “une fête de libération par tous les Amazighs des Canaries à la Libye”, explique Ahmed Barchill, de la Confédération des associations amazighes du sud marocain, organisatrice des festivités de Yennayer à Agadir. La Saint-Sylvestre amazigh ne donne pas encore lieu à de grands rassemblements populaires, les associations célébrant l’évènement exclusivement dans des salles en comité restreint. Mais plusieurs d’entre elles réclament l’instauration de Yennayer comme fête nationale chômée au même titre que la fin du protectorat français. Mohamed V et Chichoungh, deux rois libérateurs, ça risque d’en faire un de trop...


Foot. Zaïri, le revenant

Jawad Zaïri, l’un des héros de l’épopée africaine de la CAN 2004, pourrait bientôt refaire parler de lui. Le virevoltant ailier, qui s’est eclispsé depuis un moment des rangs de la sélection nationale, est en effet sur le point de quitter la formation portugaise de Boavista, pour des cieux plus cléments. D’après son agent, Zaïri serait actuellement en contact avec des clubs de la Ligue 1 française, mais aussi avec des clubs espagnols et italiens. Après la traversée du désert, cela lui permettra-t-il de revenir sur les petits papiers de Fakhir ? Signalons par ailleurs que Houssine Kharja est également en train de changer de maillot. En conflit avec son club transalpin Ternana, l’international marocain (auparavant prêté à l’AS Rome), vient d’obtenir, par voie de justice, la résiliation de son contrat avec le club de Seria C (Troisième division italienne).


Affaire Redeker. Un Marocain suspecté

Selon le quotidien français Le Parisien, un Marocain a été placé en détention à la prison de Salé dans le cadre de l’enquête sur les menaces de mort à l’encontre de Robert Redeker, auteur d’une tribune libre incendiaire sur l’islam publiée dans Le Figaro du 19 septembre dernier. Il y qualifiait le prophète Mohammed de “chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs…”. D’après les autorités marocaines, Adil Al Hyanne, âgé de 20 ans, aurait reconnu être l’auteur des messages de mort qui étaient accompagnés de la photo de Redeker, de son adresse personnelle et de son téléphone, et mis en ligne sur le site Al-Hesbah, présenté comme proche d’Al Qaïda. L’auteur présumé des menaces a été arrêté mi-décembre, de retour de Libye d’où il aurait essayé de rejoindre les jihadistes en Irak.


Blogging. Causons sexe

Nouhad, une jeune casablancaise de 19 ans, est la créatrice du premier blog marocain dédié à la sexualité de notre cher royaume. Lancé en novembre, sexpopuli.blogspot.com, n’est pas un “blog affichant des photos de jeunes Marocaines comme c’est à la mode sur skyblog”, explique Nouhad, “il traite plutôt de la frustration sexuelle des Marocains, cause de beaucoup de leurs problèmes”. Encore peu fourni en articles, le blog a cependant connu un boom de fréquentation suite à un article publié dans Al Massae. Et preuve par l’absurde de la théorie de Nouhad, la jeune fille se fait déjà traiter de p… sur certains forums de discussions marocains.


Hommage. Adieu, mère courage

“Une montagne s’est écroulée”. C’est ainsi que les militantes féministes qualifient le décès de Habiba Zahi, membre de l’Association marocaine pour les droits de la femme et du bureau exécutif de la CDT. Cette figure de proue de l’action syndicale et associative est décédée, à l’âge de 47 ans, dans une clinique de Casablanca. Mercredi 10 janvier, elle a été inhumée au cimetière Chouhada. “Elle donnait l’air d’être dure à cause de sa carrure physique. Mais dès qu’elle parle, quel amour ! Elle m’appelait tout le temps Azzine (beauté)”, témoigne sa collègue Najia Boudali, la gorge nouée par l’émotion. Cette “mère courage” a à son actif plusieurs réalisations, dont la création du centre Fama en 1998. En tant que syndicaliste, elle a beaucoup apporté à la réhabilitation des droits des femmes dans le secteur des télécoms (elle était cadre à Maroc Telecom). Repose en paix, Habiba !



Humeur. Nostalgia

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

“L’homme qui a défié son roi” ! J’en connais qui tourneraient la page vite, vite, pour moins que ça. Cette phrase, si belle, a donné des sueurs froides au malheureux comité de censure du Centre cinématographique marocain quand, en 1995, il devait viser Braveheart, un film d’époque signé Mel Gibson. C’était il y a un siècle, sous l’ancien règne, et les brillants censeurs, comme nous l’explique un témoin de l’époque, ont choisi de conditionner la sortie du film au Maroc à la suppression de l’accroche publicitaire mettant un roi (britannique) au défi d’un simple mortel. Notre témoin poursuit : “Nous nous tournions les pouces, à la fois paumés et glacés par la peur, quand un distributeur eut une idée de génie, celle de masquer l’accroche par une phrase en arabe, la traduction du titre Braveheart”. C’est ainsi que “Al-Qalbou Ach-choujaâ” vit le jour au Maroc. La première semaine, le film, malgré son fort potentiel commercial, a été un échec public. L’explication est simple comme bonjour : l’accroche en arabe a attiré un public de télévision, féru de Guadaluppe et des feuilletons mexicains doublés en arabe, qui faisaient alors fureur à la TVM. La confusion des cibles a fait que le vrai public de Braveheart est resté chez lui, alors que celui qui allait au cinéma en ressortait furieux “contre ce mauvais film mexicain”. La carrière du blockbuster de l’année a failli s’arrêter à une semaine sans l’idée, encore une, de cet exploitant : remplacer “Al-kalbou Ach-Choujaâ” par “le film aux cinq oscars”. Tout est alors rentré dans l’ordre. Braveheart trouva son public, exploitants et distributeurs enregistrèrent des recettes records. Quant aux esprits qui veillent sur la censure audiovisuelle, ils poussèrent un ouf de soulagement. Ce n’est pas au Maroc que l’on pouvait lire, ou croire, qu’un seul homme peut défier le roi, fût-il d’Angleterre ! C’était il y a un siècle.



VITES !

Une liste d’une vingtaine de responsables, dont quelques préfets, attend sur le bureau de Charki Draïss, patron de la Sûreté nationale, la valisation du ministère de l’Intérieur. Mutations, promotions et nouvelles affectations sont ainsi attendues avec beaucoup d’appréhension par les grosses huiles de la DGSN.


Abdelaziz Laâfora a craqué. L’ex-gouverneur de Aïn Sebaâ n’a pas pu répondre aux questions du juge, lundi dernier, en raison de son état de santé. La 1ère Chambre criminelle de la Cour suprême de Rabat a reporté donc, au 15 janvier, le procès de l’ancien homme fort de Casablanca.


The Independent est tombé sous le charme de la ville ocre. Pour preuve cet extrait du supplément voyages du journal britannique : “De l’atmosphère romantique de Marrakech, pleine de mythe et de mystère, au paysage splendide des montagnes de l’Atlas, le Maroc mène ses visiteurs dans un voyage des sens”. Waou !

C’est le 26 janvier que démarrera le procès des 50 prévenus islamistes, dont les deux femmes de pilotes de la RAM, du groupe Ansar El Mehdi, devant la Cour d’appel de Salé. Selon une source proche de la défense, la justice risque encore une fois d’avoir la main lourde dans cet énième procès de présumés terroristes.


Le PND d’Abdellah El Kadiri compte s’allier au RNI d’Ahmed Osmane et à l’UC de Mohamed Labied pour constituer “le grand pôle libéral”. Selon une source de ce parti, l’alliance s’élargira ensuite à d’autres partis partageant les mêmes idéaux (sic!). La recomposition politique a commencé. Bon courage, les libéraux !


La Chabiba de l’USFP tient son congrès du 23 au 25 janvier à Bouznika. 1200 congressistes devront élire, entre autres, un nouveau S.G. en remplacement de Hassan Tarik, qui a démissionné de son poste en décembre dernier pour “incompatibilité idéologique” avec les caciques du parti… mais surtout parce qu’il a dépassé l’âge de 30 ans.


Le frère d’un détenu marocain à Guantanamo a mystérieusement disparu vendredi 5 janvier, alors qu’il faisait sa prière dans une mosquée à Bouskoura. L’association Annassir évoque la possibilité d’un “enlèvement” par la police, lié “à la probable livraison des détenus marocains aux autorités marocaines”, mais l’information n’a pas été confirmée officiellement.
 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés