Affaire Nichane. Le ministère public requiert le pire
Al Adl Wal Ihsane. La succession de tous les dangers
Parlement. Sale temps pour les femmes
Société. Le jackpot de la capote
Interview. Le voyage de Tifariti n'aura pas lieu
Irak. Le plan de la dernière chance
Liban. Le spectre de la guerre civile
Législation. L'argent ou la geôle
Narjiss Nejjar. "Je ne fais pas de propagande"
Mémoire. James Brown le Casablancais
N° 256
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Coordonnée par Abdeslam Kadiri

La semaine.

Le procès du plus grand
scandale financier
en Algérie vient de s’ouvrir.
(AFP)

Algérie. Khalifa Bank en procès

Lundi s’est ouvert, devant le tribunal criminel de Blida (50 km à l’ouest d’Alger), le procès du plus grand scandale financier de l’Algérie : celui du groupe Khalifa (Khalifa Bank, Khalifa Airways, K-TV), qui a débouché sur une série de scandales bancaires portant sur un milliard d’euros. La présidente Fetiha Ibrahimi a entamé l’appel des 104 inculpés, dont le golden boy algérien Rafik Khalifa, patron du groupe, bien connu en France pour avoir sponsorisé l’OM et pour les largesses dont il a fait bénéficier certaines personnalités, comme Catherine Deneuve et Gérard Depardieu. En exil à Londres depuis 2003, Rafik
Khalifa sera jugé par contumace. Les accusés devront répondre d’une trentaine de chefs d’accusation : faillite frauduleuse, abus de confiance, association de malfaiteurs, vol qualifié… La palette est large. Ils risquent jusqu’à dix ans de prison et de lourdes amendes.

Pas moins de 300 témoins seront entendus lors de ce procès-fleuve. Dans sa première partie, le procès porte sur un “trou” de caisse de 320 millions d’euros. Les autorités algériennes, qui ont redoublé de vigilance, ont renforcé les contrôles sur les banques privées et publiques. Elles ont découvert une cascade de scandales financiers dont celui de la Banque commerciale et industrielle d’Alger (BCIA), deuxième banque privée du pays après Khalifa. Toutes deux avaient été créées dans la précipitation, suite à l’ouverture de l’économie algérienne en 1994.

Rafik Khalifa, 40 ans, pharmacien, fils d’un ancien ministre, avait édifié en quelques années un empire employant près de 20 000 personnes et connu une ascension sociale fulgurante. Khalifa Bank employait 7 000 personnes, gérait des dépôts privés et institutionnels. C’était l’épine dorsale de l’empire. Le groupe générait un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars, sa compagnie aérienne, Khalifa Airways, exploitait une trentaine d’avions en leasing et sa télévision employait 400 personnes en France. L’ex-tycoon algérien, timide et flambeur, dépensait sans compter pour pénétrer le milieu du showbiz européen. Son groupe, mis en faillite en juin 2003, laisse sur le carreau des milliers de petits épargnants en Algérie et en France.


Amérique du Sud. Petites réunions entre amis

Ce sera une tournée chez ses amis. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, se rend ce samedi en Amérique du Sud, en quête de soutiens internationaux à son programme nucléaire, critiqué par les puissances occidentales. Ahmadinejad se rend au Venezuela, au Nicaragua et en Equateur, trois pays dont les dirigeants partagent l’anti-américanisme farouche de l’Iran. Ahmadinejad va rencontrer ses homologues en plus du dirigeant bolivien, Evo Morales. Le soutien de ces ténors du Mouvement des non-alignés lui est déjà acquis. Le premier allié de Téhéran dans la région est le bouillonnant Hugo Chavez, qui a promis d’instaurer au Venezuela un système socialiste et est devenu l’un des plus fervents partisans de l’Iran en politique étrangère. Ahmadinejad rencontrera ensuite le président du Nicaragua, Daniel Ortega, ex-guérillero marxiste, puis le chef de l’Etat équatorien, Rafael Correa, qui s’est engagé à s’opposer à un accord de libre-échange avec les Etats-Unis.


Belgique. Le prince Laurent en justice

Déjà malmenée, la monarchie belge est aujourd’hui frappée au cœur par un scandale financier, mettant en cause le prince Laurent, fils cadet du roi Albert II. Mal-aimé de la dynastie pour ses frasques, il est aussi, selon son ancien conseiller Noël Vassen, un homme «obsédé par l’argent». Obsession qui l’aurait conduit à toucher 175 000 euros pour réaliser des travaux dans sa villa et financer une fondation pour les animaux… sur quelque 2,2 millions détournés de la Marine dans les années 90. Jamais interrogé en six ans d’enquête, le prince Laurent a finalement témoigné lundi devant le tribunal où comparaissaient les onze autres accusés du procès. L’affaire prend un tour politique, puisque les indépendantistes flamands se sont empressés de l’enfourcher pour dénoncer l’inutilité et le coût de cette monarchie francophone.


Russie-UE. De l’eau dans le gaz

Méfiante vis-à-vis de son grand fournisseur russe, la Commission européenne a insisté mercredi pour que les 27 diversifient tous azimuts leurs sources d’approvisionnement en gaz et en pétrole. L’étincelle qui a mis le feu aux poudres, c’est l’interruption des livraisons de pétrole russe à cinq pays membres, via la Biélorussie, en raison d’une dispute entre Moscou et Minsk. L’UE “considère inacceptable” de ne pas avoir été informée de cette interruption. Déjà, en décembre 2005, après une dispute russo-ukrainienne qui avait fait craindre une interruption des livraisons de gaz, Barroso, le président de la Commission européenne, avait estimé que la crédibilité russe en avait pris un coup. “Si nous ne changeons rien, la dépendance européenne des importations énergétiques bondira de 50 % à 65 % en 2030”, a-t-il déclaré.


Israël. Olmert dans la tourmente

Déjà impliqué dans plusieurs affaires de corruption, Ehud Olmert fait l’objet d’une enquête criminelle dans un dossier de “délit d’initié”, concernant la privatisation de la banque Leumi. Le Premier ministre israélien est soupçonné d’être intervenu, alors qu’il était ministre des Finances par intérim en 2005, en faveur d’un homme d’affaires, Frank Lowy, candidat à la reprise d’une partie du capital de la banque. Cette annonce intervient alors qu’Olmert effectue une visite officielle en Chine. L’affaire de la banque Leumi ressurgit alors que le service des impôts est secoué par un énorme scandale dans lequel est soupçonnée la chef du cabinet d’Olmert, Shula Zaken.


Canada. La petite mosquée dans la prairie

L’humour peut-il combattre les préjugés ? D’après la chaîne publique canadienne CBC, oui. La chaîne a diffusé mardi une série télé originale : “La petite mosquée dans la prairie”. Avec un franc succès à la clé. La série, clin d’œil au fameux feuilleton La petite maison dans la prairie, évoque la vie d’une communauté musulmane dans la localité fictive de Mercy. Elle raconte avec humour les efforts de cette petite communauté pour construire une mosquée dans un centre protestant et ses rapports avec des voisins souvent méfiants. “C’est une comédie, pas une satire politique”, insiste la scénariste Zarqa Nawaz, qui espère néanmoins que la série contribuera à dissiper des préjugés sur l’islam et les musulmans. Pour cette Canadienne convertie à l’Islam, le public a aimé cette série télé car c’est la première “traitant de l’expérience nord-américaine d’une communauté musulmane sur le mode de la comédie”.



Lu pour vous.
Voir la France invisible…

Denis Sieffert, Politis, du 5 au 11 janvier

Ainsi de nos jours, va la politique. Une association crée un événement médiatique. Les télévisions accourent. L’opinion découvre ce qu’elle savait déjà. Elle s’indigne. Les ministres cafouillent. Le président de la République parle et reconnaît le “droit au logement opposable”. Il a fallu l’initiative de citoyens réunis sous le flambeau de Don Quichotte pour contraindre les politiques. Et il a fallu un contexte pré-électoral favorable pour qu’aboutisse aujourd’hui ce que d’autres (Emmaüs, le Dal) demandaient depuis si longtemps. Mais la caractéristique de ce “droit opposable”, c’est qu’il ouvre une boîte de Pandore. Car voilà un droit dont on ignore qui devra l’appliquer (L’Etat ? Les collectivités locales ? La Commune ?) et en donner les moyens économiques et politiques.
Le problème des “SDF” n’est plus marginal depuis longtemps. Il résulte d’une accumulation de mesures libérales. Il y a belle lurette que ces humains de chair et de sang sont devenus une abréviation. Il y a bien trente ans déjà qu’on ne dit plus “clochard” mais “SDF” (…) Voir la France invisible, ce n’est pas seulement voir les pauvres, mais le système qui les fabrique. C’est voir la misère dans les hôpitaux psychiatriques et dans les prisons ; c’est voir la précarisation, les salaires sacrifiés par un système qui se gave de CAC 40 et de gains financiers. C’est voir la spéculation immobilière… Tout un monde à repenser !



VITE !

Le débat sur les images religieuses refait surface. Le dernier numéro de la revue française Historia Thématique a été interdit en Tunisie pour avoir publié une image du Prophète et de ses compagnons. La Turquie et l’Egypte ont également refusé la diffusion du magazine.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés