ZB fait un peu la gueule, mais bon. Que peut-on répondre à quelquun qui sexcuse ?
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque
La scène se passe à laéroport Mohammed V, vers 22 heures. Zakaria Boualem, qui doit aller à Ouarzazate pour des raisons professionnelles, se trouve devant le guichet denregistrement de Royal Air Maroc. Bien entendu, cette noble compagnie lui a proposé le choix entre plusieurs avions pour se rendre dans le sud marocain, un catalogue complet dhoraires possibles pour aller dans une des villes les plus touristiques de notre touristique pays. Il a pourtant choisi lavion de 23 heures, histoire de pouvoir arriver à 1 h 00 du matin à son hôtel et pouvoir commencer sa journée de travail le lendemain en pleine forme. Un léger désagrément lattend au comptoir. Un homme, visiblement représentant de la compagnie, lui explique poliment que son avion va faire un détour par Agadir, et quil aura par conséquent environ une heure de retard à larrivée à Ouarzazate. Lemployé présente ses excuses au nom de la compagnie et lui offre un bon pour un dîner en guise de dédommagement. Zakaria Boualem fait un peu la gueule, mais bon. Que peut-on répondre à quelquun qui sexcuse ? Rien dautre que Allah ya ouddi, cest pas grave. De toute façon, je trouvais que ce vol me faisait arriver trop tôt à Ouarzazate
Deux heures du matin, cest beaucoup mieux
Pas de problème. Et Zakaria Boualem sen va tranquillement prendre son petit en-cas, pas plus contrarié que cela.
Bon, maintenant quon a bien rigolé, je vais vous raconter la vraie version. La vérité, cest que la RAM, parfaitement en phase avec notre |
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plan daction touristique 2010, na quun vol par jour pour Ouarzazate, et que ce vol a été placé à 23 heures, ce qui ne veut à peu près rien dire. Pour le retour, cest encore mieux puisquil ny a quun départ, prévu, lui, à 6 heures du matin. La CTM, sans doute par solidarité, a décidé de programmer son unique départ Ouarzazate-Casa à huit heures du matin. Ce qui veut dire quun pauvre voyageur qui veut quitter Ouarzazate, à partir de neuf heures du matin, na dautre choix que celui de se rabattre sur un grand taxi ou un car du style le tigre de lAtlas, sans quon puisse réellement déterminer quelle est la meilleure solution. Revenons au Guercifi. Arrivé à laéroport de Casablanca, on lui explique que son avion va passer par Agadir, sans la moindre forme dexplication. Et quand il sénerve, lemployé lui explique quil ne sagit pas là dun détour, ce qui témoigne dune connaissance très approximative de la géographie marocaine. Quand il sénerve encore plus, lemployé lui déclare quil nest quun employé, et finit par lui proposer, sil nest pas content, un mur pour se taper la tête contre.
Inutile de vous dire que Zakaria Boualem nest pas content du tout. Il attend avec impatience le jour où la concurrence va les obliger à descendre leurs ballons. En ce jour bénit, les prix vont fondre, les sourires vont ressortir du placard, les horaires vont redevenir logiques et les employés sarrêteront de se prendre pour des caïds en zone rurale sous Basri. Ça, cest un plaisir absolu, de voir une compagnie en situation de monopole makhzénien baisser soudain ses prix, à lapparition dun concurrent. Rappelez-vous, on nous demandait de payer 250 dirhams par mois une ligne GSM, avant de se rendre compte que, finalement, 125 suffisaient. Pareil pour les vols sur Paris, qui nont jamais aussi bien porté leur nom. À lapparition dEasyJet, la RAM a déclaré, un peu embarrassée : Euh
Comment vous dire. On vous a fait payer 4000 dirhams pendant dix ans, en vous expliquant quen plus, on perdait de largent mais maintenant, euh
si vous avez juste 450 dirhams, vous pouvez partir. Il faut juste sorganiser à lavance, mais vous pouvez partir. Rien que pour ça, Zakaria Boualem est prêt à devenir ultra-libéral. |