Insolite. Le monde selon Abbas
Société. Happy New Yennayer !
Législation. La marocanité, désormais plus accessible
Portrait. L'Amine des gauchistes
Jaouad Zaïri. "Je reviendrai en équipe nationale"
Iran. Ahmadinejad drague les latinos
Business. Le Maroc à la conquête de l'Afrique
Radio. Le phénomène Casa FM
Photo. L'oeil du voyageur
N° 257
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Les paysans auront du souci
à se faire cette année.
(AFP)

Agriculture. Une année de vaches maigres ?


La semaine dernière, le ministre de l’Agriculture a tiré la sonnette d’alarme en plein Conseil de gouvernement : la saison agricole est sérieusement compromise. La raison en est toute simple : le déficit de pluviométrie enregistré jusque-là est de 44 %. À cela s’ajoute la vague de froid qui n’épargne aucune région du royaume. Les superficies cultivées se retrouvent ainsi en recul, surtout celles dédiées à la céréaliculture, dont une bonne partie est aujourd’hui irrécupérable. Les pâturages deviennent également de plus en plus rares, engendrant une
rareté des aliments pour le bétail et donc une hausse des prix. Ainsi, le prix de la botte de foin a été multiplié par trois en l’espace de quelques jours. La bonne récolte de l’année dernière (qui a fortement contribué à une croissance phénoménale du PIB, estimée aujourd’hui à 7,3 %) n’est plus donc qu’un lointain souvenir. Aujourd’hui que la sécheresse est de retour, des mesures d’urgence sont à l’étude. À leur tête, bien entendu, le rééchelonnement des dettes des agriculteurs. Le gouvernement se penche aussi sur les moyens de finacer d’autres actions, notamment la prise en charge du transport des aliments de bétail, l’utilisation de camions-citernes pour l’approvisionnement en eau du cheptel et la mise en place d’un large programme de cultures printanières. Des voix s’élèvent aussi pour appeler à une réforme en profondeur, qui consisterait en une reconversion vers des cultures moins gourmandes en eau.


Tourisme. C’est parti pour Taghazout !

Le fameux projet balnéaire de Taghazout devient enfin réalité. Un projet qui, faut-il le rappeler, a connu plusieurs rebondissements. Il s’agit en fait de la première station balnéaire envisagée au Maroc, avant même le lancement du fameux plan Azur. Confié au départ de gré à gré au groupe Dallah Al Baraka, le projet restera de longues années au point mort. Depuis, le ministère du Tourisme a retiré le projet au groupe saoudien pour le confier, en mai dernier, à un nouveau consortium composé du fonds américain Colony Capital et des Canariens Lopezan Satocan. Et comme prévu, les premiers coups de pioche ont démarré au cours de ce mois de janvier. Les nouveaux investisseurs devront injecter quelque 20 milliards de dirhams pour la réalisation de plus de 21 000 lits, deux golfs et divers projets de loisirs, d’animation et de commerce. Le tout devrait permettre la création de quelque 50 000 emplois.


Contrat – Programme. La poste devient une banque

Un contrat-programme vient d’être signé entre Poste Maroc et l’Etat. Il permettra à l’établissement public de devenir une société anonyme, en moins d’un an, et de prétendre au statut de banque. Ainsi, en plus des chèques postaux et des comptes d’épargne, Poste Maroc pourra proposer de nouveaux produits financiers, similaires à ceux proposés par les établissements bancaires, dont le transfert d’argent à l’étranger. Ce contrat programme s’inscrit dans un processus de modernisation de l’établissement, en vue d’une privatisation éventuelle qui interviendrait au-delà de 2008. Anas Alami, un des fondateurs de la banque d’affaires Upline Securities, nommé il y a moins d’un an à la tête de Poste Maroc, est sans doute la personne idoine pour mener ce plan de modernisation.


Addoha. Le suspense continue

La valeur la plus prisée à la cote de Casablanca vient de faire son entrée dans le prestigieux indice de Morgan Stanley des marchés émergents. Un baromètre qui rassemble les valeurs phares des bourses émergentes et qui sert de benchmark pour une gestion indicielle aux plus grands fonds de placements internationaux. Mais à Casablanca, la valeur continue son yo-yo autour des 2800 dirhams, sur des volumes parfois conséquents. La communauté boursière est dans l’attente de la présentation du business plan d’Addoha (prévu pour le début de semaine), qui permettrait d’y voir plus clair quant à la valorisation de la société, qui a multiplié son cours par 5 depuis son introduction en Bourse. Parallèlement, les rumeurs se poursuivent. On parle de l’attribution d’un projet d’envergure à Fès dans lequel s’engagerait le groupe de Sefrioui.


Banques. La guerre des logos

Crédit du Maroc et le Crédit Agricole se livrent une guerre sans merci. Objet du litige : la nouvelle identité visuelle du Crédit du Maroc, fortement inspirée de celle de sa maison-mère (Crédit Agricole français) et dévoilée il y a quelques semaines. Le Crédit Agricole marocain, de son côté, trouve ce logo trop proche du sien. Il a donc introduit une opposition auprès de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) pour son retrait. La loi accorde un délai de six mois à l’Office pour donner sa réponse. Au cas où sa décision ne satisferait pas l’une des deux parties, celle-ci peut toujours aller en justice devant le tribunal de commerce. Affaire à suivre !



Billet. Spy Game

Aziz est l’exemple du quadra qui a réussi. Héritier de quelques entreprises familiales, il a su en faire un véritable groupe, sur lequel il trône aujourd’hui. Il brasse suffisamment d’argent pour se payer son domaine à la Palmeraie, sa marina à Smir, son siège en First Class et son compte en Suisse. Et la journée de travail, Aziz la commence en douceur : il fume une pipe soigneusement préparée par sa secrétaire canon. Ce matin-là, il frôle la crise cardiaque en ouvrant un carton d’invitation : la DGED le convie à une mission économique en Libye. “Oui, ce sont nos vaillants espions qui conduisent une cinquantaine de businessmen chez Kadhafi. La Direction générale des études et de documentation a soudainement retrouvé dans ses statuts l’obligation de s’occuper de la veille économique”, mâchouille sa secrétaire en guise de confirmation. Tout de suite, Aziz décide de faire partie du voyage. Il a trouvé au moins deux bonnes raisons pour se porter volontaire. Primo, il a toujours fantasmé sur les gardes du corps féminins du guide de la “Jamahirya”. Secundo, il aura l’occasion de comparer le livre vert de Maâmar avec le livre blanc de la CGEM au sujet de la réforme fiscale. Et puis, ça sera sympa avec tous les copains de la haute qui prendront part au périple : gros bonnets de la CDG, grands banquiers, promoteurs immobiliers, etc. En prime, il y aurait même du business à faire. Seif Al Islam, fils et probable successeur du Colonel Kadhafi, voudrait que les entreprises marocaines participent à la construction d’au moins une ville nouvelle en Libye. Addoha à Tripoli, ça peut être du béton.



OFF.

Après le Burkina Faso et la Mauritanie, Maroc Telecom devrait bientôt concrétiser un nouveau rachat en Afrique. Cette fois-ci, la société cible est Gabon Telecom, l’opérateur historique du pays. La filiale de Vivendi a en effet été pré-qualifiée, son offre est actuellement à l’étude et le management de Maroc Telecom croit fortement en ses chances. Cette opération sera la troisième du genre menée en Afrique par la société dirigée par Abdeslam Ahizoune.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés