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Société. Happy New Yennayer !
Législation. La marocanité, désormais plus accessible
Portrait. L'Amine des gauchistes
Jaouad Zaïri. "Je reviendrai en équipe nationale"
Iran. Ahmadinejad drague les latinos
Business. Le Maroc à la conquête de l'Afrique
Radio. Le phénomène Casa FM
Photo. L'oeil du voyageur
N° 257
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Manifestation à Tounfite,
en attendant le convoi de la
commission interministérielle,
composé d’une vingtaine
de rutilants 4x4 (en médaillon).
(AZZEDINE GAIZ)

28 morts plus tard… Ça bouge au sommet

Près de deux mois après la catastrophe d’Anfgou, douar de montagne, dans la province de Khénifra, une commission ministérielle (Intérieur, Santé, Equipement et Eaux et forêts) s’est enfin rendue sur place le lundi 15 janvier. Un convoi impressionnant de plusieurs 4x4 a ainsi sillonné les pistes impraticables du Haut-Atlas pendant plus de deux jours (ils ont même passé la nuit à Anfgou sous les tentes) pour “noter les doléances et les besoins des populations”. Une population excédée qui n’a pas hésité à organiser une grande manifestation à Tounfit pour accueillir “les gens de Rabat”. Deux demandes leur ont été formulées :
ouvrir une enquête sérieuse sur les causes du drame d’Anfgou et la nécessité d’une visite royale dans la région, seul moyen, selon les habitants, pour responsabiliser les autorités locales. Pendant toute la visite, le sujet du nombre de morts à Anfgou a été délicatement évité, même si un nouveau bébé venait de décéder la veille de l’arrivée de la commission ministérielle. Au final, la commission a noirci plusieurs calepins avec les doléances des habitants (hôpital, route, éducation, etc.) qui ne savent toujours pas si cette fois sera la bonne. Parallèlement à cela, la Banque alimentaire a également organisé une expédition humanitaire dans la région pour distribuer des vivres, des couvertures, des vêtements et des médicaments aux habitants en situation précaire. D’autres associations, mais également des particuliers, prévoient des actions similaires dans les jours qui viennent. Tant mieux !


Maroc-Algérie. Belkheir sur le départ ?

Larbi Belkheir quittera t-il son poste d’ambassadeur d’Algérie au Maroc ? L’information, révélée par un journal casablancais, a fait des émules dans le monde politique algérien. Contactée, l’ambassade d’Algérie à Rabat dénonce “cette information fausse et mensongère” et avance que “l’ambassadeur exerce normalement ses fonctions”. Le journal algérien l’Expression, proche du gouvernement de Bouteflika et connu pour ses positions tranchées sur le conflit du Sahara, remet en question “les véritables intentions derrière cette énième rumeur qui ne vise qu’à semer le doute” et “casser le rapprochement entre Rabat et Alger”, où Larbi Belkheir a joué un grand rôle. A suivre.


Drogue. L’autre Chrif

Le procureur du tribunal de première instance de Salé a demandé mardi dernier une peine de 20 ans de prison pour le baron de la drogue, Moulay Ahmed Laâroussi, surnommé “Chrif”. L’accusation a émis le souhait que les policiers et les agents d’autorité impliqués dans ce dossier soient condamnés aussi sévèrement. Dans son argumentation, le procureur a précisé que le réseau Laâroussi a réalisé 140 opérations de trafic de drogue uniquement pour l’année 2004 ! Extrait du réquisitoire : “Dans ce trafic de drogues diverses, le réseau a ainsi utilisé tous les moyens possibles et imaginables tels que voitures volées, bateaux et même un hélicoptère, piloté par une jeune espagnole, qui prenait son envol à partir de la plage de Moulay Bousselham”, a précisé le représentant du parquet


2M. Free-lances sans contrats

Etonnante situation que vivent actuellement une centaine de collaborateurs de 2M. Employés en tant que free-lances, leurs contrats, qui ont expiré fin 2006, n’ont toujours pas été renouvelés. Fin 2006 pourtant, Fayçal Laraïchi, fraîchement désigné à la tête du service public, avait demandé à régulariser la situation de ces “free-lances à plein temps”. Aujourd’hui, ces derniers ignorent tout du sort que leur réserve la direction générale (Mustapha Benali a été à l’origine de cette politique de free-lances). Pire, certains départements, comme la division technique, souffrent, à cause de cette situation, d’un manque en ressources humaines.


Libéralisme. Maroc, mauvais élève

Selon un rapport établi cette semaine par le Wall Street Journal et la fondation Heritage (think tank américain fondé en 1973) classant les pays “les plus libres au monde” en 2007 sur le plan économique, le Maroc traîne à la 96ème place (sur 157), loin derrière Bahreïn (39ème), la Tunisie (69ème), mais quand même devant la Mauritanie (126ème), l’Algérie (134ème) et la Libye (155ème). Pour dresser ce classement, dominé par Hong Kong et Singapour, ses auteurs se sont basés sur dix indicateurs dont l’intervention du gouvernement dans l’économie, la liberté des affaires, du commerce et de l’investissement, l’ampleur des impôts et des taxes...



Le Journal. L’adieu d’Aboubakr


“Si nous nous taisons, d’autres parleront. Si nous mourons, d’autres naîtront”. C’est par ces mots émouvants qu’Aboubakr Jamaï a conclu son dernier éditorial en tant que directeur de la publication du Journal hebdomadaire. Jeudi, lors d’une conférence de presse à Casablanca, il a annoncé qu’il démissionnait, contraint et forcé par l’acharnement judiciaire à son encontre. Après deux visites des huissiers aux locaux du Journal, il était devenu clair que le Belge Claude Moniquet, qui tient à recouvrer les 3 millions de dirhams de dommages et intérêts que lui avait accordés la Cour d’appel à l’issue d’un procès en diffamation, allait se retourner contre la publication en saisissant son matériel et le produit de ses ventes – “comme l’avait fait Mohamed Benaïssa avant lui”, a précisé Jamaï. Sauf qu’en 2002, la Cour d’appel n’avait accordé “que” 500 000 DH de dommages (qui étaient devenus 700 000 avec les intérêts de retard) au ministre des Affaires étrangères. Une somme qui, au final, avait été payée. Là, il s’agit de 3 millions de dirhams. Une réparation exorbitante, pour une “diffamation” qui reste à prouver. Jamaï, qui ne vit que de son métier, n’a évidemment pas cet argent. Le Journal non plus. Saisir le produit des ventes du magazine – l’étape qui devait logiquement suivre, après la seconde visite des huissiers – consisterait à le tuer net. C’est pour éviter cette terrible issue qu’Aboubakr Jamaï a choisi, après consultation avec ses avocats, de couper tout lien juridique entre Le Journal et lui. Et dans la foulée, de quitter le Maroc. C’est à Ali Amar, co-fondateur du Journal avec Jamaï, en 1997, qu’échoit aujourd’hui la direction de la publication. La ligne éditoriale de l’hebdomadaire est donc peu susceptible de changer, au grand dam de “ceux qui agissent dans l’ombre de Moniquet”, a déclaré Jamaï. Et d’enfoncer le clou dans son éditorial d’adieu : “ceux qui croient arriver à leurs fins en (me) forçant à l’exil n’ont rien compris”. En effet. Notre solidarité renouvelée à Aboubakr, et tous nos vœux de succès (et de courage) à Ali. La bataille continue.


Affaires. Bouzoubaâ rassure

Mohamed Bouzoubaâ a rassuré mercredi dernier les députés sur le sort des dossiers du CIH et des autres établissements publics, actuellement entre les mains de la justice. En réponse à une question orale à la Chambre des représentants, le ministre a rappelé que “la justice ne cède à aucune pression, en témoigne la saisie conservatoire des biens immobiliers que détiennent les suspects, ainsi que les mesures conservatoires prises pour la sauvegarde des droits de l'Etat”. Et encore ? “Le dossier du CIH demeure ouvert devant la chambre criminelle de premier degré pour complément de procédure par contumace, alors que ceux de la BNDE et de la CNSS sont toujours au stade de l'instruction”. Quelle célérité !


Salafiya. Le mot de trop

Daoud El Khamli aurait beaucoup gagné à se taire. Convoqué devant la Cour suprême pour la révision de son procès il y a deux semaines, l’émir salafiste avait eu la chance de voir sa peine réduite de 30 à 2 ans de prison ferme. Avant que le juge ne lève la séance, El Khamli a apostrophé la Cour, traitant les juges, la justice et le gouvernement de tous les noms. Ce qui lui valu, séance tenante, d’écoper de cinq ans de prison ferme ! Détenu depuis 2003, El Khamli devait retrouver la liberté à sa sortie du tribunal… Pour rappel, l’homme est connu pour être le chef de file des takfiristes rifains qui ne reconnaissent ni la Commanderie des croyants, ni le gouvernement qualifié d’apostat. El Khamli avait d’ailleurs défrayé la chronique en refusant notamment d’enterrer sa mère dans le cimetière du village, un douar reculé du Rif “repaire de mécréants”, et avait réussi à lui façonner un tombeau dans sa propre maison avant d’être dénoncé par des voisins.


Peine de mort. L’abolition en marche

Le troisième congrès contre la peine de mort aura lieu 1er au 3 février au Maroc. Il y sera fortement question du pays hôte. Le royaume est en effet favori pour devenir “le premier pays arabo-musulman à abolir la peine de mort et le 100ème Etat abolitionniste de l’Histoire”. Youssef Madad, de l’Observatoire des prisons, qui représentera le royaume, a cosigné un appel où il est mentionné, entre autres, que “le roi du Maroc n’a signé aucun ordre d’exécution depuis 1999, date de son intronisation, et ce en dépit des attentats terroristes du 16 mai 2003”. Les abolitionnistes pourront aussi compter, pour ce congrès, sur la contribution du grand mufti d’Egypte, Ali Jumâa. Seront-ils entendus ?


Grève. Le coup de la panne sèche

De retour d’une sortie pédagogique la semaine dernière à Khouribga où ils ont visité les installations de l’Office chérifien des phosphates (OCP), 26 étudiants de l’Ecole nationale supérieure des arts et métiers (ENSAM) ont dû passer toute une nuit sur les abords d’une autoroute à cause d’une panne sèche. “Nous avons contacté le directeur adjoint, qui nous a dit de nous débrouiller avant de raccrocher et de nous abandonner à notre sort”, nous a expliqué un étudiant. Version de la direction de l’école : “C’est l’une des étudiantes, qui ne voulait pas passer ses examens, qui a incité les autres à monter toute cette affaire”. Ce qui est sûr, c’est que les 500 étudiants de cette école d’ingénieurs sont, depuis, entrés en grève, en signe de solidarité avec leurs 26 camarades. Lamentable.


Développement. Et le Sud-est ?

Il existe une agence de développement du Nord. Et une autre pour le Sud. Pourquoi pas une troisième pour le Sud-est ? C’est l’idée que propose l’activiste amazigh Omar Louzi, qui a initié une pétition sur Internet pour rassembler des signatures et pouvoir les transmettre au Premier ministre. Pourquoi le Sud-est précisément ? C’est la région la plus pauvre du pays. Elle a renfermé le plus grand nombre de prisons secrètes, le plus de victimes des années de plomb, elle concentre le plus de réseaux d’immigration clandestine… et la liste est longue. Suivant cette logique, chaque bout du “Maroc inutile” a besoin d’une agence pour se développer. Il nous en faudra combien déjà ?



3 questions à
Mohamed Bellaoûchi
[Responsable à la direction de la Météorologie nationale]


Qu’est ce qui explique le retard des pluies ?
Une zone de haute pression couvre actuellement l’Afrique du Nord et une partie de l’Europe. Elle fait obstacle à la pluie qui vient du nord de l’Atlantique. Parallèlement, un air polaire s’est infiltré chez nous. Cet air a perdu son humidité. Il est devenu sec. Résultat : notre corps ne comprend pas cette alternance entre le soleil et le froid.

Cela veut-il dire que tout est perdu pour l’agriculture ?
Depuis septembre, le Maroc connaît un déficit de pluie qui varie entre 20 et 50%. Seule la région Errachidia-Ouarzazate est excédentaire. D’après nos prévisions, le nord connaîtra des passages nuageux humides en début de semaine. Mais nous ne pouvons pas dire s’il y aura effectivement de la pluie. Une chose est sûre, le Maroc est concerné par le changement climatique. Les périodes de froid ont diminué de 11 jours en 45 ans. En revanche, les vagues de chaleur se prolongent.

Pourquoi le Maroc n’utilise-t-il pas la méthode des pluies artificielles, comme il le fait dans certains pays africains ?
Cette expérience ressemble à une opération d’accouchement par césarienne. Il faut que les nuages soient porteurs de pluies. Cette forme de précipitations exige aussi une humidité suffisante et des noyaux de condensation (poussière, gouttelettes…). Au Maroc, nous n’avons pas en ce moment une humidité suffisante pour pouvoir le faire.


Sécheresse. Et nos amies les bêtes ?

La sécheresse qui s’annonce a poussé le ministère de l’Agriculture à penser à nos amies les bêtes. Ainsi, le Maroc est en quête de 100 000 tonnes d’orge, principale nourriture des précieux herbivores, sur les marchés européens. Le programme gouvernemental d'urgence porte également sur l'exonération de l'orge (impôts et taxes douanières), la baisse de 2,5% des taxes douanières sur les autres aliments de bétail, ainsi que sur la prise en charge des frais de transport de deux millions de quintaux de ces produits, de mobilisation de camions-citernes et d'acquisition de médicaments et vaccins pour la préservation du cheptel.


Sahara. Match ASM - USA

Sur demande de l’ambassade américaine à Rabat, Réda Taoujni, président de l’Association Sahara marocain (ASM), a donc finalement accepté de reporter son “expédition humanitaire” à Tifariti, localité située dans ce que le Polisario appelle les territoires libérés (se trouvant au-delà du Mur de défense). Mais Taoujni a posé une condition : “Pour préserver la paix et la sécurité de la région, nous avons demandé à ce que les Américains interviennent pour empêcher le Polisario d’organiser son traditionnel défilé militaire du 27 février à Tifariti”. Faute de quoi, Taoujni menace de planter des tentes et un drapeau marocain dans la localité saharienne avant le 20 février. Tiendra-t-il parole ? Les Américains interviendront-ils avant ? “Bras de fer” inédit, en tout cas...


Emploi. Marocaines en Espagne

Elles sont 2442 ouvrières marocaines à être embauchées, pendant trois mois en Espagne, pour travailler dans la cueillette de la fraise. Des représentants d’associations professionnelles et de syndicats espagnols ont fait le déplacement pour assister aux présélections, qui se sont déroulées au niveau de plusieurs régions du Maroc. La candidate doit avoir entre 20 et 45 ans, être en bonne santé et avoir une vocation d’agricultrice. Une “préférence” est cependant accordée aux “femmes mariées”. Les femmes recrutées devront commencer à travailler à partir de fin février, et percevront un salaire quotidien de 32 euros.


Mosquées. L’Etat bétonne la loi

Le département d’Ahmed Toufiq a verrouillé la gestion des lieux de culte à travers une loi qui vient d’être adoptée au Parlement. Pour construire une mosquée, les mécènes doivent se mettre en association et disposer d’un compte bancaire. L’objectif (non avoué) est de traquer les financements islamistes ainsi que les mosquées “sauvages”, terroirs de l’intégrisme. C’est le gouverneur qui donne le feu vert à la construction et non la commune. Et il peut toujours demander la démolition des murs s’ils ne correspondent pas aux règles d’urbanisme. A charge pour le mécène de refaire les travaux. “Pourquoi un mécène se casserait-il la tête avec toutes ces contraintes ?”, s’indigne un député du PJD, qui explique que la loi ne correspond pas à la réalité du monde rural. Le Maroc compte 30 000 mosquées. Sur ce total, 14 000 abritent la prière du vendredi et réunissent 13 millions de fidèles, soit près de la moitié de la population du Maroc.


Religion. L’imam lepéniste

“Compatriotes et frères Musulmans ! La France n’est pas dirigée par de vrais Français, mais par les domestiques de l’Internationale sioniste qui contrôlent l’économie”, c’est ainsi que s’est exprimé l’imam de Radio Islam, l’une des stations les plus prisées par nos MRE, dans un prêche diffusé le lundi dernier et dans lequel il souligne que Le Pen n’est pas anti-arabe. L’imam d’origine turque, Kamel Khan, a rappelé, en outre, que Le Pen est “l’unique dirigeant politique français à s’être clairement opposé à la guerre que les Américano-sionistes mènent contre l’Irak”. Pour les présidentielles, en tout cas, Le Pen vient de se dénicher un soutien inespér


Arnaque. Le miroir aux alouettes

L’eldorado canadien continue à faire des victimes parmi la jeunesse marocaine. Mais cette fois-ci, la DGSN s’est donné la peine de prévenir les citoyens désireux d'émigrer au Canada de faire attention à l’arnaque par Internet. Dans un communiqué, rendu public le 16 janvier, la DGSN précise avoir reçu récemment un lot de passeports nationaux et autres documents administratifs, adressés à l'ambassade du Canada en Côte d'Ivoire, par des citoyens marocains victimes d'arnaque via le Net. Ces escroqueries sont l'oeuvre d'une femme qui n’a pas encore été identifiée et qui prétend être la nièce de l'ambassadeur du Canada à Abidjan. Candidates, candidats, vous êtes prévenus.


RNI. Osman l’indéboulonnable

Un putsch contre Ahmed Osman a été avorté lors de la tenue du bureau exécutif du RNI le 13 janvier. Le trio Mustapha Oukacha, Alaoui Hafidi et Mohamed Bentaleb croyait que le président des “bleus” allait refuser la tenue du congrès national du parti, qui doit aboutir à un changement des instances, et projetait dans ce cas de lui demander de se retirer illico presto. Peine perdue, Osman a créé la surprise en acceptant la tenue du congrès les 30 et 31 mars prochain. Le trio n’en revenait pas. Une source interne a affirmé qu’un membre du “commando anti-Osman” avait même écrit la lettre de démission du chef indésirable et voulait obliger ce dernier à la signer si jamais il refusait la tenue du congrès. Une combine digne d’Iznogoud. Sacré Osman. À 76 ans, il s’y connaît quand il s’agit de déjouer les complots!


Hajja Hamdaouia. Une villa bien méritée

“Wa Goulou Laâm Zine (dites que tout va bien)”, chantait Hajja Hamdaouia pendant les années 1970. La diva de la chanson populaire marocaine pourrait certainement faire une reprise de ce tube des années folles, après que le monarque lui a offert une splendide villa située à Hay Riad à Rabat. Mohammed VI, qui apprécie particulièrement la chanteuse populaire, vient en effet de faire don de cette villa à l’artiste, qui vivait jusqu’à présent dans des conditions misérables en compagnie des ses multiples enfants adoptifs. Le geste royal est mille fois mérité pour notre Hajja nationale.


Insolite. Chauffeurs acrobates

Les deux chauffeurs marocains d’un autocar, reliant le Maroc à la Belgique, ont été arrêtés et présentés à la justice le week-end dernier, alors qu’il se trouvaient en France. L’explication tient au fait que les deux chauffeurs en question se relayaient au volant… pendant que le véhicule roulait à toute vitesse. Inutile d’imaginer, alors, la panique à bord… C’est TF1 qui a diffusé l’information en précisant que le véhicule en question appartenait à une compagnie espagnole et que les deux acrobates du volant seront poursuivis pour “mise en danger de la vie d’autrui”. Quelque quarante passagers marocains se trouvaient à bord de ce véhicule de la mort.


Subsahariens. Le “J’accuse” des ONG

Plusieurs associations marocaines, africaines et européennes ont protesté par un écrit, adressé au ministère de l’Intérieur, contre les rafles policières du 23 décembre à Rabat, du 25 à Nador et du 29 à Laâyoune. 400 migrants, dont au moins 73 réfugiés et demandeurs d’asile, ont été refoulés vers la frontière algérienne par les autorités marocaines. Certains ont vu leurs papiers, délivrés par le Haut commissariat aux réfugiés, détruits et des cas de vol et de viol ont aussi été signalés. Cosignée par l’AMDH, Attac Maroc, Cimade, AFVIC, Migreurop, le Conseil des migrants, le Collectif des réfugiés ou encore le PSU, cette lettre rappelle au ministère de l’Intérieur comme à la Commission européenne, au HCR comme au CCDH, que le Maroc viole toujours la Convention de Genève sur le droit des réfugiés et la loi 02-03 sur le séjour des étrangers.

Pour s’y joindre : Fiston massamba@yahoo.fr




Tout le monde dit Je…

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

J’aurais aimé être Woody Allen, ne serait-ce que pour écrire un film qui s’appelle “Everybody says I love you”. Je ne suis pas Woody Allen, et on est au Maroc. Alors pour dire à quelqu’un je t’aime… J’ai surpris, dernièrement, un très bel échange romantique entre un homme et une femme. Cela s’est passé dans le genre de soirées où l’on croit que tout est possible. Et pourtant. Lui : “Je…”. Avant de formuler le verbe magique, une grimace lui a coupé le visage en deux. La fille n’a rien compris à ce qu’il disait, horrifiée par la mine décomposée de son amoureux. Résultat : il n’a rien dit, elle n’a rien compris. La-men-table. Cette anecdote en appelle d’autres, tellement d’autres. Au café, un type s’est ouvert à son meilleur ami : “Je veux… Je veux dire à ma copine que je l’aime”. L’autre, fin diplomate, a répondu : “Pourquoi, tu es homo ?”. Heureusement que l’espoir, la vérité, peuvent sortir de la bouche d’un enfant. à dix ans, il peut crier à sa mère : “Je t’aiiiiime !”. Mais un témoin ou n’importe qui peut très bien calmer la maman : “Il t’aime, oui, mais il pourra très bien changer d’avis demain, ce n’est qu’un enfant !”. Désespérant. Même la représentation de la phrase magique, au théâtre comme au cinéma, ne passe pas. Dans un film (marocain), on peut hurler ou siffler quand les deux amoureux s’embrassent, mais lorsqu’il s’apprête à lui déclarer sa flamme, la salle explose de rire. Ce n’est pas exactement l’effet escompté. En arabe, en français ou en darija, en douceur ou en force, rien n’y fait. Au théâtre, “je t’aime” passe seulement sur deux modes possibles : le comique et le tragique. Déprimant… Un ami m’a dit récemment : “Mais quel est donc ce peuple qui ne sait pas dire je t’aime ?”. Sa réflexion est peut-être excessive. Mais on la comprend parfaitement !



VITES !

Après avoir clos une enquête sur les institutions et les administrations dont le drapeau est déchiré, usé ou mal placé, le ministère de l’Intérieur a adressé des mises en garde aux responsables desdites administrations, pour qu’ils accordent “toute l’attention nécessaire à ce symbole éminent de la nation”. Gare !


Les habitants de Figuig ont passé une nuit blanche le 17 janvier à cause d’un léger tremblement de terre qui a secoué leurs demeures. Une secousse confirmée par le Centre pour la recherche scientifique et technique (CNRST), qui parle d’une secousse de magnitude 4,1 et dont l’épicentre est situé dans la commune de Talsint.


Il est possible que le procès des infirmières bulgares et du médecin palestinien, accusés d’avoir inoculé le sida à des enfants libyens, se tienne finalement… au Maroc. C’est du moins ce que souhaite l’un de leurs avocats, dans le but de soustraire les plaidoiries aux pressions politiques libyennes. Kadhafi donnera-t-il son accord pour cette délocalisation hors normes ?

Le licenciement de dix soldats d’origine marocaine par l’armée espagnole a soulevé un tollé de protestations au niveau de la communauté musulmane de Sebta. Ce licenciement pourrait être lié, selon certains médias espagnols, au récent démantèlement d’une cellule extrémiste dans le préside occupé. Affaire à suivre.


L'épouse du Lieutenant Colonel Mohamed Ababou, frère de M’hamed Ababou (l’un des meneurs du putsch de 1971), est décédée dimanche dernier. Militante associative, cette dame s’est toujours battue pour connaître le sort qui a été réservé à son mari, porté disparu depuis son évasion d’un centre de détention secret en 1975.


Les 35 Marocains qui avaient “hreg” le pays pour rejoindre l’Algérie toute proche, le 5 janvier, n’ont décidément pas de chance. Arrêtés et présentés au parquet de Bechar, ils ont finalement été refoulés au Maroc. Pourvu que leurs conditions de vie s’améliorent pour ne plus penser à retenter le “coup”, encore et toujours.
 
 
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