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N° 257
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Coordonnée par Abdeslam Kadiri

La semaine.

Dan Halutz.
(AFP)

Israël. Crise chez les gradés

Tempête chez les militaires israéliens. Cinq mois après la fin de la guerre du Liban, le chef d’Etat-major de l’armée, le général Dan Halutz, a présenté sa démission. Le général Halutz est le plus haut gradé à quitter son poste après les ratés de l’offensive israélienne de l’été dernier contre le Hezbollah libanais. Les Israéliens y avaient perdu 162 hommes, les Libanais 1200, dont une majorité de civils.

Haloutz n’a pas attendu les conclusions de la commission Winograd, chargée par le gouvernement d’enquêter sur la semi-défaite de Tsahal
face au Hezbollah. Pourtant, l’homme, qui avait pris ses fonctions en juin 2005, claironnait encore il y a quelques jours qu’il ne quitterait pas son poste avant le rapport de la commission. Mais il faut croire que la pression était devenue trop forte. Les critiques portaient sur l’impréparation de Tsahal, la confusion, les contre-ordres fréquents du commandement, l’incapacité à empêcher les tirs de roquettes du Hezbollah dans le nord de l’Etat hébreu… On a surtout critiqué la stratégie du général, qui a privilégié pendant les deux tiers du conflit un raid aérien avant de lancer une offensive terrestre. Offensive qui a révélé toutes les carences de Tsahal et sa mauvaise organisation. L’armée n’était pas parvenue à détruire l’appareil militaire du Hezbollah ni à obtenir la libération de deux militaires israéliens, dont l’enlèvement début juillet avait mis le feu aux poudres. Furieux, des dizaines de milliers de civils et des réservistes ont exigé des comptes dès la fin de cette guerre de 34 jours.

Deux autres généraux ont déjà démissionné : Udi Adam et Gal Hirsch. Cette crise chez les gradés s’est amplifiée sur fond de multiplications des affaires de corruption. Pour l’opinion publique, Haloutz n’est pas le seul responsable des revers de Tsahal. Une majorité d’Israéliens souhaite qu’Ehud Olmert et Amir Peretz eux-mêmes abandonnent leurs fauteuils. La situation du Premier ministre est d’autant plus fragilisée qu’il est impliqué dans un scandale financier et que le procureur de l’Etat a ordonné mardi l’ouverture d’une enquête criminelle à son encontre.


Libye. Kadhafi s’offre des Rafale

La Libye s’arme chez les Français. Le Journal du dimanche, citant une source libyenne haut placée, rapporte que Tripoli va commander 13 à 18 avions de chasse Rafale, construits par Dassault, pour moderniser son armée. À la signature du contrat (évalué à quelque 2,5 milliards d’euros), la Libye pourrait devenir le premier client étranger acheteur de cet avion, qui connaît de réelles difficultés à l’export.
Affaiblie par un embargo militaire qui a duré de 1986 à 2004, la Libye souhaite moderniser son armée de l’air, déjà équipée depuis trente ans de 38 Mirages F1. Des tests en France et en Libye auraient convaincu les Libyens des qualités du Rafale. Il était hors de question pour Kadhafi d’acheter des avions américains ou britanniques, des F-16 ou des Eurofighters. Bush et Blair sont perçus en Libye comme les fossoyeurs de l’Irak. Selon le JDD, Kadhafi souhaite faire lui-même l’annonce du contrat, lors du voyage d’adieu à Jacques Chirac qu’il projette d’effectuer en France au printemps prochain.


Somalie. Cheikh Aden Destitué

Les parlementaires somaliens ont destitué le président de l’Assemblée somalienne, Sharif Hassan Cheikh Aden, alors qu’il se trouvait à Bruxelles. Son crime ? Avoir tenté des ouvertures vers les islamistes, sans l’aval du président Abdullahi Yussuf et du Premier ministre Ali Mohamed Gedi. Aden a essayé, à plusieurs reprises et contre la volonté du gouvernement, d’entamer des négociations avec les dirigeants des Tribunaux islamiques, avant la débâcle militaire de ces derniers face aux forces gouvernementales soutenues par l’armée éthiopienne.
La motion de défiance a été adoptée par 183 voix pour et 9 contre à Baïdoa. D’après les termes de la charte de transition somalienne, une majorité simple des présents lors du débat sur la défiance suffit pour destituer le président de l’Assemblée.


Corée du Nord. Ça chauffe pour Pyongyang

Le verdict de John Bolton est sévère. L’ancien ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU a jugé, mercredi à Tokyo, que les pourparlers à six sur le nucléaire nord-coréen avaient échoué. Cette session, qui visait à convaincre Pyongyang de renoncer à son programme nucléaire, s’était tenue le 22 décembre dernier. Le faucon néo-conservateur appelle la communauté internationale à “renforcer la pression sur la Corée du Nord”, notamment par le biais de sanctions économiques. Bolton, réputé pour son franc-parler, a lâché une bombe : la seule solution possible, selon lui, est désormais “l’effondrement du régime communiste et de la Corée du Nord”. Il a également appelé le Japon et les Etats-Unis à renforcer leur coopération pour mettre un terme au programme nucléaire iranien.


États-Unis. Obama, candidat ?

Le charismatique sénateur Barack Obama, étoile montante du Parti démocrate, a fait un pas vers la campagne pour la présidentielle américaine de 2008. Obama a annoncé la formation d’un comité exploratoire, en vue d’une candidature sur laquelle il se prononcera le 10 février. Malgré sa courte expérience politique, il est considéré comme le premier responsable noir à avoir des chances sérieuses de briguer la Maison Blanche. Obama est le sixième démocrate à présenter sa (pré)candidature. À 45 ans, ce sénateur afro-américain “correspond à l’image que l’Amérique a d’elle-même : jeune, charismatique, optimiste, métissée”, souligne le politologue Larry Sabato.


Suisse. Le procès de Swissair

Cinq ans après la faillite de Swissair, qui a traumatisé la Suisse, le procès de la célèbre compagnie aérienne s’est ouvert mardi près de Zurich. Au total, 19 anciens responsables de Swissair sont inculpés de gestion déloyale dans ce procès-fleuve qui devrait durer jusqu’à début mars. Il s’agit des anciens membres du CA de SairGroup, qui ont soutenu la stratégie “du chasseur” de Swissair, consistant à acheter à prix d’or de petites compagnies européennes, comme Sabena, Air Littoral, Air Liberté ou AOM.
Ces acquisitions de compagnies mal gérées et peu rentables ont conduit Swissair, surnommée la “banque volante”, à la faillite lors de la crise du secteur aérien post 11-Septembre. Les actionnaires ont tout perdu, des milliers d’emplois ont été supprimés et des milliards ont été injectés. En vain. Cinq ans après les faits, Swissair n’existe plus. Elle a été remplacée par Swiss, une compagnie de petite envergure, reprise depuis par Lufthansa.



Lu pour vous.
Condi, les mains vides

Al Ahram Hebdo, du 11 au 18 janvier

Condoleezza Rice est allée au Proche-Orient à la recherche d’un soutien arabe à la nouvelle stratégie irakienne de Bush. Les observateurs mettent en doute la capacité de Washington à mener deux objectifs de front : sortir du bourbier irakien et relancer le dossier israélo-palestinien. Sur ce dernier volet, Condi est arrivée les mains vides. Sans proposition. Elle dit qu’elle est là pour écouter ses interlocuteurs ! “Je ne viens pas avec un plan”, a-t-elle reconnu. Et l’on voit que la diplomatie américaine n’arrive pas à sortir de ses ornières. Interrogée sur les moyens d’accélérer la Feuille de route, Condi est restée vague. Elle s’est accrochée au discours US qui rappelle la nécessité pour les Palestiniens de reconnaître Israël, sans réciprocité. C’est-à-dire que l’on ne connaît guère les modalités d’une reconnaissance israélienne de l’Etat palestinien, ni la délimitation de ses frontières et sa capitale. Certaines parties, dont Israël en premier, cherchent à pousser les Palestiniens à une guerre civile et à empêcher la formation d’un véritable gouvernement d’union nationale. Dans ce contexte, les Palestiniens doivent arrêter leurs affrontements. L’Etat hébreu voudrait évidemment profiter de la situation inconfortable où se trouvent les Etats-Unis en Irak pour faire durer le statu quo en Palestine. La diplomatie américaine devrait se libérer de la tutelle israélienne si elle veut faire progresser les choses.



VITE !

L’Egypte va lancer prochainement son premier satellite d’observation de la terre, qui sera mis sur orbite depuis une base au Kazakhstan. Il s’appelle Misr Sat 1 et pèse 100 kg. Pas rassurée, la presse israélienne le présente comme un “satellite espion”.

 
 
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