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Par Driss Bennani
Politique. La recette des "petits" partis
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Mohamed Moujahid.
(AIC PRESS)
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PSU, Al Badil Al Hadari, ADL-FC et Parti travailliste. Cinq partis qui ne pèseront pas lourd dans les prochaines élections, mais qui fourmillent d'idées et de propositions. Passage en revue.
Ces cinq partis politiques ne risquent pas de changer la donne dans les calculs électoraux de 2007. Pour certains, c'est même le tout premier rendez-vous électoral. Mais tous ont un point commun : l'envie de faire de la politique autrement. Hormis le PSU, qui table sur une représentation moyenne au Parlement, les autres formations ne se font pas beaucoup d'illusions quant à leurs scores aux prochaines |
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| législatives. Mais déjà, ils apportent une certaine consistance dans le discours politique, des idées claires et cohérentes, qui risquent de bousculer les majors politiques. ADL se positionne contre la peine de mort, Al Badil Al Hadari défend la liberté de culte, le PSU met les réformes politiques et institutionnelles en tête de ses priorités alors que le Parti travailliste organise des débats participatifs, donnant la parole aux citoyens. Qui dit mieux ? Islamistes, gauchistes, libéraux
ces partis sont tous différents mais s'accordent à prôner le changement et à mépriser le discours de la continuité. Evidemment, toutes ces idées restent à concrétiser. Ce sera certainement le plus dur, et ces partis en sont conscients. En 2007, ils acceptent cependant de jouer aux lièvres, de tirer le débat vers le haut, obligeant les ténors à se positionner. En attendant 2012. |
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ADL - FC. Les libéraux sont arrivés
Cest la première alliance pré-électorale de 2007. Objectif, selon Ali Belhaj, président d'Alliance des libertés : créer un front libéral aux idées fortes et assumées. De cette alliance naîtra un programme de campagne commun, mais déjà, les cadres des deux partis suggèrent des pistes de réflexion. Nous suggérons de réfléchir au recul des libertés publiques dans notre pays, de prendre position par rapport à cette loi sur les sondages que prépare le gouvernement. Nous souhaitons que notre alliance se positionne également sur des débats comme la peine de mort. Cette attitude poussera les autres partis à dévoiler le fond de leur pensée, affirme Abderrahmane Lahlou, membre de Forces citoyennes. L'alliance libérale appelle également à une révolution fiscale pour assurer la compétitivité du Maroc. Il faut abandonner cette fiscalité comptable, soucieuse d'abord de préserver les recettes immédiates de l'Etat, et passer à des réformes profondes et courageuses, affirme Belhaj. L'alliance libérale ne se fait pas d'illusions quant à son poids électoral, mais affirme vouloir être un catalyseur d'idées. Le gouvernement actuel a déçu les plus à gauche, sans aller au bout des idées libérales. Pire, il a installé une sorte d'inertie qui préserve ses acquis, sous prétexte de préserver la continuité et la stabilité. Nous pensons qu'il faut, au contraire, oser le changement et l'expérimentation, argumente Belhaj. Pour le patron d'ADL, le plus dur est déjà passé. Il y a eu une sorte de désillusion après les élections de 2002. Mais nous n'avons pas disparu et nous avons réalisé des scores honorables lors des élections communales. Cela nous a permis de nous positionner sur l'échiquier politique, conclut-il. |
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Parti Travailliste. Sexy politik
Abdelkrim Benatiq s'est lancé un drôle de défi : vendre la politique aux Marocains. Depuis la création du Parti travailliste en 2005, l'homme passe pour un pro du marketing politique. Après ses nombreuses opérations coup de poing (la manif des pieds nus, le meeting des jeunes au complexe My Abdallah, etc..), le voici annonçant la création des états généraux du Parti travailliste. Une série de débats participatifs traitant de trois thèmes essentiels : l'économie, la citoyenneté et l'enseignement. L'idée est de rassembler, à chaque fois, 200 à 300 personnes entre patrons, acteurs associatifs ou représentants d'associations professionnelles autour d'un thème. Notre rôle est de les écouter et de les aider à transformer leurs réflexions en propositions. Nous expliquerons également à ces citoyens les limites de notre pays, pour qu'aucun autre parti ne puisse les duper avec des promesses irréalistes, explique Benatiq. Pour mener sa campagne en 2007, chaque candidat du Parti travailliste sera épaulé par 400 jeunes, formés pour vulgariser les idées du parti auprès des jeunes électeurs. Objectif : être présent dans les institutions, en attendant l'échéance 2012. En 2007, si la gauche a la majorité, elle devra gouverner. Il faut arrêter avec ces majorités faites de bric et de broc et ces histoires de transition menacée. Au parti travailliste, notre ambition est d'assurer une présence active au sein des institutions, mais pas au gouvernement. Même si la gauche passe, nous n'estimons pas être encore prêts pour participer à un gouvernement, affirme Benatiq. |
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PSU. A gauche, toute !
Le Parti socialiste unifié a depuis longtemps tranché concernant son positionnement politique : à la gauche de la gauche gouvernementale et en confrontation directe avec les forces islamistes : L'opposition islamiste est une opposition passéiste, populiste et incapable de relever les défis du 21ème siècle, affirme Mohamed Sassi, dirigeant du PSU. Pour le rendez-vous électoral, le parti avance un programme réellement socialiste, qui ne dissocie pas les réformes économiques et sociales des réformes politiques et institutionnelles. Sans réforme constitutionnelle, aucun gouvernement n'aura les moyens d'appliquer son programme, explique un cadre du parti. Aujourd'hui, l'objectif du PSU, sous la houlette de Mohamed Moujahid, est de réhabiliter le programme socialiste sur lequel s'était engagée l'USFP en 1997, sans jamais l'appliquer. Le gouvernement actuel a abandonné son programme au nom de la soi-disant continuité de l'Etat. Nous reprenons le programme initial de la gauche, nous le mettons à jour et militons pour avoir les pouvoirs constitutionnels de l'appliquer et d'en être comptable devant les électeurs. Nous voulons passer des petites réformes conjoncturelles à une réforme structurelle, qui libère les potentialités de la société, explique Mohamed Sassi. En insistant sur le caractère socialiste de notre programme, nous dévoilons également les tendances libérales du gouvernement actuel. Pour se racheter, ce dernier joue aux progressistes contre les rétrogrades, en menant la guerre au PJD, rappelle un membre du bureau politique du PSU. Le parti ne cache désormais plus son ambition de peser dans le jeu politique. Nous souhaitons avoir suffisamment de sièges pour agir en tant que force politique moyenne qui prépare l'arrivée, à moyen terme, d'une grande et réelle force socialiste, conclut Mohamed Sassi. |
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Al Badil Al Hadari. Les autres islamistes
Voici une formation politique qui en étonnera plus d'un. Le deuxième parti islamiste du pays (après le PJD) existe depuis quelques années, mais passe quasiment inaperçu. Les prochaines élections seront une bonne occasion pour nous faire connaître du grand nombre et exposer nos idées au grand jour, explique Mohamed Moâtassim, le secrétaire général du parti. Premier constat d'Al Badil Al Hadari : la difficulté de la transition démocratique qui s'est transformée en un effrayant discours, prônant la continuité des hommes et des institutions. Un discours qui frôle le despotisme. Lors des élections de 2007, le parti mettra au devant de la scène des islamistes différents, presque séduisants. Nous sommes autant attachés au référentiel religieux qu'à la sagesse humaine universelle. Nous considérons que la démocratie est un tout indivisible. Nous sommes farouchement attachés aux libertés individuelles et pensons que chaque Marocain a le droit de choisir sa religion, d'être agnostique ou de croire à n'importe quelle idée ou principe, explique Moâtassim. Un parti islamiste qui défend la liberté de culte ? Et ce n'est pas fini. Al Badil Al Hadari refuse de parler au nom de la religion. Nous-nous interdisons de cataloguer les Marocains en bons et mauvais musulmans. Nous sommes d'abord des citoyens et nous respectons des lois que nous avons tous ensemble approuvées, affirme Moâtassim. Finalement, que reste-t-il d'islamiste au parti ? Son secrétaire général répond, sourire en coin : Nous prônons une certaine vertu dans les relations entre les hommes. Nous considérons que politique et religieux peuvent être complémentaires pour régir la vie des hommes. Mais nous rejoignons les laïcs sur un point essentiel : la religion n'est le monopole de personne. |
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