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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le siège casablancais
du groupe Addoha.
(AIC PRESS)

Addoha. Enfin le business plan


C’est au siège d’Attijariwafa que les patrons d’Addoha ont choisi de révéler aux analystes leur business plan à l’horizon 2010. Un “service après-vente” que le conseiller a omis d’assurer quand il fallait, en novembre dernier, recommander à son client de sortir un communiqué au sujet de l’annonce de nouveaux projets de la société immobilière. Un faux-pas qui a valu au management d’Addoha de se faire gentiment tirer les oreilles par le CDVM, alors que tous les symptômes du délit d’initiés caractérisaient le comportement du cours à l’époque.

C’est d’ailleurs suite à cet épisode que la société immobilière a annoncé qu’elle devrait présenter un plan d’affaires avec les résultats 2006. L’annonce a finalement été faite à l’avance. Seulement, elle ne tient pas compte de tous les éléments qui rentrent dans la composition des résultats d’Addoha. Dans ses projections financières, la société tient compte uniquement de la réserve foncière achetée pour son propre compte et qui s’élève à 1315 hectares. “Nous avons volontairement écarté les prévisions pour les sociétés mixtes créées avec nos partenaires (Ndlr : Al Qudra, Somed et CMKD) pour démontrer que la progression des cours ne repose pas uniquement sur ces annonces”, confie Anas Sefrioui, PDG du groupe, qui a fait le déplacement en personne, pour rassurer les analystes. Le message est vraisemblablement bien passé. En annonçant une progression du chiffre d’affaires et du résultat à l’horizon 2010 de deux fois plus que ce qui a été annoncé initialement, le cours du titre en Bourse s’est stabilisé aux alentours de 2800 dirhams. Mais cela est loin de dicter une véritable tendance. “Il faut attendre les valorisations des analystes sur la base de ces nouvelles prévisions pour observer un mouvement sur le cours”, explique cet analyste.


Acquisition. La Poste se paie Sofac Crédit

Anas Alami, nouveau patron Poste Maroc, est un homme pressé. Une semaine après la signature avec le gouvernement du projet de banque postale, il se positionne sur le secteur du crédit à la consommation. Comme les agréments dans le secteur ne sont pratiquement plus accordés, Poste Maroc a dû recourir à un rachat. Et c’est la CDG qui lui offre près de la moitié de sa participation dans Sofac Crédit. Les deux organismes ont signé un mémorandum pour l’acquisition par Poste Maroc de 35% du capital de la société de crédit pour un prix de 470 DH par action. La valeur a été suspendue de la cote, en attendant certainement des modalités de l’offre publique qui accompagne ce type de transactions. Sofac Crédit est un challenger du secteur, loin derrière les leaders, Eqdom et Wafasalaf. Mais le réseau de 2000 agences que compte Poste Maroc devrait changer la donne. Un réseau d’ailleurs utilisé actuellement par Wafasalaf, via un contrat de distribution. Il semble évident que la filiale d’Attijariwafa devra changer de facteur.


Télécoms. Le boom continue

Les télécoms continuent d’afficher une santé insolente. À fin 2006, le taux de pénétration du marché de la téléphonie fixe et mobile a dépassé les 57%, en progression de 12 points par rapport à 2005. Grosso modo, un Marocain sur deux a le téléphone. L’ANRT, qui vient de tenir son conseil d’administration, s’attend à une croissance soutenue au-delà de 2010. Les affaires se portent bien. Très bien même. De quoi encourager le nouvel entrant, Wana, qui aspire à une part de gâteau assez conséquente. Le chiffre d’affaires global a atteint 35 milliards de dirhams, soit 6,7% du PIB. Les 11 000 cybercafés et 46 000 téléboutiques ont abouti à la création de 75 000 emplois. Longue vie aux télécoms !


ONA. Marjane de nouveau contrôlé

Le fait que le torchon brûle entre l’ONA et son partenaire dans la distribution, Auchan, est un secret de polichinelle. Aujourd’hui, il est porté sur la place publique, quand l’ONA annonce, par voie de communiqué, avoir décroché un troisième siège au directoire de Marjane et Acima, suite à une procédure arbitrale. Le groupe met néanmoins les formes en affirmant qu’il souhaite “poursuivre sa collaboration avec Auchan, pour autant que notre partenaire respecte nos ambitions”. Le groupe ONA se plaint d’ailleurs des freins à l’effort d’investissement que lui impose le groupe Auchan depuis plus de 8 mois. Ironie du sort : cette sentence arbitrale, que les responsables d’Auchan qualifient de scandaleuse, est intervenue le jour même où Marjane inaugurait son 14ème magasin, au quartier Hay Hassani à Casablanca.


Biscuits. Petit creux pour les industriels

Les industriels de la biscuiterie viennent de remettre au gouvernement une étude aux conclusions inquiétantes sur les perspectives du secteur. Selon ce rapport, la filière souffre d’une concurrence déloyale des produits émiratis. Ces derniers entrent au Maroc en franchise de droits de douane, conformément à l’accord de libre-échange signé avec ce pays. Surtout, les produits émiratis sont nettement plus compétitifs, les industriels aux EAU bénéficiant d’une exonération des droits de douane sur les principales matières premières (farine, sucre, lait, etc). Au Maroc, en revanche, les droits de douane sur les intrants varient entre 30 et 66 %. Face à cette situation qui condamne la filière, le rapport préconise deux dispositions urgentes : imposer un quota aux importations émiraties et exonérer de droits de douane les matières premières. Pour arracher de tels avantages au gouvernement, ça ne sera pas du gâteau.



Billet. Déclaration de patrimoine

Hassan est Franco-Doukkali. Et tout comme Amel Bent, sa “seule philosophie” est de se considérer “métis mais pas martyr”. Alors, il n’a aucun complexe à suivre de près les présidentielles françaises depuis son poste télé à Casa. Il est passionné par le duel que se livrent Ségolène, aussi belle que Blanche -Neige, et Sarkozy, “le nain au bras très long”, comme osent le qualifier quelques journalistes de l’Hexagone. Hassan a particulièrement apprécié la leçon de transparence, royalement donnée par Ségolène la semaine dernière. En déclarant son patrimoine, la candidate PS n’a laissé d’autres choix à ses rivaux que de suivre son exemple. Devant la beauté du geste, notre Hassan international ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec son autre pays, le Maroc. Ici, on parle de cinq projets de loi sur la déclaration du patrimoine. “Awah ! S’il faut tant de textes pour que nos élus et fonctionnaires déclarent leur fortune, c’est qu’ils doivent être pétés de thunes”, conclut-il hâtivement. Et même cet arsenal juridique ne convainct pas Hassan, qui fait partie des six Marocains sur dix qui ont versé des pots-de-vin en 2006. Son scepticisme est amplement justifié. Les nouveaux textes permettent surtout de rendre applicable un autre qui existe depuis 1992, mais ne règlent pas le fond du problème. Les procureurs restent les seuls habilités à engager une enquête ou une action judiciaire à l’encontre d’un élu ou d’un fonctionnaire véreux. “Impossible d’imaginer un procureur aller fourrer son nez dans les sous des puissants du bled”, se résigne Hassan. La justice est bien aveugle. Surtout quand ça l’arrange.



OFF.

Le marché se fait l’écho d’une opération importante sur la valeur Addoha. L’entreprise devrait, en avril prochain, splitter son titre par 10. Autrement dit, la valeur nominale des titres devrait passer de 100 dirhams à 10 dirhams. Une simple écriture comptable qui n’affecte en rien la valeur globale de l’entreprise. L’impact se ressentira néanmoins sur le marché. Avec dix fois plus de titres, la liquidité de l’action sera encore plus importante.

 
 
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