Justice. Le procès posthume de Mandari
Politique. La recette des "petits" partis
Aziz Binebine. "Plutôt Hassan II qu'Oufkir !"
Société. La révolte des blouses bleues
Reportage. Oujda, carrefour des exilés
France. Le cadeau empoisonné aux chibanis
Proche orient. Le Liban face a ses démons
Achoura. Des jouets a tous prix
Production audiovisuelle. Le nouvel eldorado ?
Arts plastiques. 60 ans de pinceaux
DJ Key. Pour l'amour des platines
N° 258
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Les mines abandonnées
par les deux armées
continuent à tuer au Sahara.
(AFP)

Sahara. Territoire explosif

Les mines anti-personnel continuent de faire des victimes au Sahara. Depuis septembre dernier, huit personnes (au moins) ont péri suite à l’explosion de mines disséminées sur tout le territoire saharien. Parmi elles, un parlementaire et élu communal, membre du Corcas. Depuis 1991, date de l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu signé entre le Maroc et le Front Polisario, plus de 600 personnes sont mortes sur les champs de mines abandonnées par les deux armées. “Le pire, c’est que nous ne disposons pas de plans pour certains champs de mines du Polisario et que beaucoup de nomades profitent de l’herbe qui
pousse dans certaines régions reculées pour faire paître leurs troupeaux. C’est extrêmement risqué”, explique un habitant de la région. Après le décès du parlementaire sahraoui, l’armée marocaine a interdit certaines zones à la circulation et démarré timidement quelques opérations de “repérage”. En même temps, la MAP nous a gratifié cette semaine d’un reportage “en pleine brousse casamançaise, avec les braves démineurs marocains”. Cela se passe au Sénégal. Sur place, les associations de victimes se mobilisent pour rappeler leurs obligations à toutes les parties du conflit saharien : le Maroc, qui ne démine pas un terrain sous son contrôle, le Front Polisario, qui se refuse toujours à livrer les plans de ses champs de mines, et enfin les Nations-Unies, qui avaient promis, en 1991, de soutenir et de financer les opérations de déminage du territoire. à suivre.


Partis. La playlist de l’Intérieur

Des bruits courent qu’un sondage interne aurait été récemment effectué dans les couloirs du ministère de l’Intérieur. L’opération, effectuée auprès de centaines d’agents d’autorité locaux du royaume, aurait eu pour objectif d’établir la “playlist” des partis politiques qui auraient les faveurs de la population. D’après notre source, ce sondage inédit se serait soldé par le classement suivant : 1-Mouvement populaire, 2-PJD, 3-Istiqlal, 4-RNI, 5-USFP. Voilà qui devrait déplaire aux amis de Mohamed Elyazghi, voire à ceux de Saâdeddine El Othmani, qui se voient déjà premiers de la classe en 2007.


Marocains de Guantanamo. Torturés mais acquittés

Extraordinaire. Les cinq Marocains, rapatriés de la base américaine de Guantanamo en 2004 et jugés pour terrorisme, ont été acquittés par la Cour d'appel de Rabat. Les cinq étaient poursuivis pour “appartenance à une bande criminelle, non-dénonciation de crime, atteinte à la sûreté de l'Etat, assistance à une bande criminelle, financement d'une organisation criminelle et faux”. Leur acquittement fait dire, aujourd’hui, à leurs familles : “Si aucune charge ni preuve n’a été retenue contre l’intégralité des ex-détenus rapatriés au Maroc, pourquoi alors leur avoir fait subir toutes les tortures possibles et imaginables ?”. En effet.


Khénifra. Zoulikha, en attendant le roi

La conseillère ès-affaires sociales de Mohammed VI a effectué, en milieu de semaine, une visite surprise dans la région de Khénifra. Zoulikha Nasri a notamment visité des maisons de jeunes, s’est entretenue avec des responsables locaux puis est repartie aussi vite qu’elle est arrivée. Selon des sources locales, l’affaire des victimes du froid à Anfgou n’a (mystérieusement) pas été évoquée, alors qu’un nouveau décès vient d’être déclaré, portant le nombre de victimes à 30. Zoulikha Nasri est-elle venue préparer une éventuelle visite royale ? Mohammed VI, en visite à Ifrane, répondra-t-il à l’appel des populations d’Anfgou, d’Anemzi et de Tounfit ?


Surveillance. Gardiens, à vos armes !

Les gardiens des sociétés de surveillance privée seront autorisés à porter les armes, selon un texte de loi qui vient d’être adopté à la chambre des Représentants. Mais tous les “gardiens” ne sont pas concernés. “Il (le gardien) doit répondre à des conditions de moralité et s’engager à n’utiliser son arme que dans des cas précis”, explique Mohamed Moubdii, président de la commission de l’Intérieur. Lesquels ? Des textes réglementaires détailleront toutes les subtilités de cette loi hautement sensible qui obligera aussi les gardiens privés à porter un seul uniforme bien distingué des forces publiques. Pas de vert, de bleu ou de gris. Que diriez-vous du rouge ou du jaune, messieurs ?


MRE. Des questions à sonder

Des ONG marocaines en Europe ont lancé, depuis décembre, un “sondage” (cinq questions) auprès d’un échantillon de MRE. A la question de savoir s’ils étaient d'accord pour qu'un non-MRE préside le Conseil supérieur de la communauté marocaine à l'étranger, 95 % des sondés ont répondu non. On retient par ailleurs que les “sondés” ne voient pas d’un très bon œil le rôle (de consultation auprès des MRE) joué actuellement par le CCDH dans la gestion du dossier MRE. “Nos résultats ont été compilés à partir de 500 réponses parvenuse de divers pays européens, et même de l’intérieur du Maroc”, nous a déclaré le président de l’une des ONG.


Parlement. Revenez au printemps prochain

Blanchiment d'argent, transport de fonds et échanges électroniques des données juridiques : les parlementaires ont travaillé dur pour liquider, lundi dernier, les dossiers en souffrance avant la clôture de la session d'automne. En réaction, le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, est intervenu pour évoquer la mise en place, au sein de son département, d'une unité dédiée au traitement et au contrôle de toutes les informations en rapport avec le blanchiment d'argent (et le financement du terrorisme). Reste à créer un texte de loi pour cette super-unité de la Justice. Rendez-vous à la prochaine session du printemps ?


Verdict. 10 ans pour Laâfora

Finalement, la Cour suprême de Rabat a condamné Abdelaziz Laâfora à dix ans de prison ferme. L’ex-lieutenant de Driss Basri était poursuivi pour “abus de pouvoir et participation à la dilapidation de fonds publics”. “L’homme, qui a comparu seul devant la Chambre criminelle, dont les audiences se sont déroulées à huis clos, a payé pour les sorties tonitruantes de son patron d’alors”, a précisé un connaisseur du dossier, faisant référence aux dernières déclarations de Basri dans la presse algérienne. Avec cette peine, la Cour aura au moins “égalisé” avec la Cour d’appel de Casablanca, qui avait condamné en avril dernier Abdelmoughit Slimani, un autre membre du clan Basri, à la même peine de prison ferme.


Peine de mort. Les contre et les (presque) pour

Comme prévu, le congrès mondial pour l’abolition de la peine de mort (1-3 février à Paris) a été devancé, cette semaine, par une conférence de presse à Rabat, au siège du CCDH. Le président Driss Benzekri a été de la partie. Un bon signe pour les abolitionnistes marocains qui peuvent compter, d’ores et déjà, sur l’appui ferme de trois partis : USFP, PPS et FFD. L’Istiqlal se tâte encore “La question fait l’objet d’un débat interne parmi les dirigeants de l’Istiqlal”, nous a expliqué un participant marocain au congrès. Et le PJD ? “Othmani nous a dit, à titre personnel, qu’il était pour l’abolition et que, de toutes les façons, si le projet existe un jour, son parti ne s’y opposerait pas”.


Casablanca. Ah, les stades !

Deux matches de football n’ont pas eu lieu le week-end dernier. Programmés tous les deux à Casablanca, Raja-FAR, sommet de la 17ème journée du GNF1, et RAC-Bérrechid, pour le compte du GNF2, ont donc été reportés. Le premier, parce que le Raja n’a trouvé aucun stade disponible, à Casablanca et hors Casablanca (le Complexe Mohammed V, fermé depuis quelques mois pour une énième réfection de sa pelouse, ne serait prêt que fin mars), pour recevoir les militaires. Quant au match du GNF2, prévu au minuscule stade du Père Jégo, il a été reporté…parce qu’il n’y avait pas d’ambulance dans le stade. Terrible, non ?


Seuil électoral. Une injustice est levée

Le Conseil constitutionnel a rejeté le seuil de 3% exigé des petits partis et ceux nouvellement créés pour leur participation aux élections. Il a estimé que cette condition porte atteinte au pluralisme politique, principe consacré par la Constitution, et remet en question l’égalité entre les partis. Selon un député de la majorité, ce rejet a une connotation politique. “Le Conseil avait l’habitude de rejeter certains détails techniques. Avec l’invalidation du seuil électoral, il pousse le gouvernement à revoir sa copie”. L’équipe Benmoussa est devant un dilemme : abandonner cette clause une fois pour toutes, ou revenir au Parlement avec un amendement plus soft. Dans le milieu politique, il y en a qui vont trinquer…



3 questions à
Mohamed Marouani
[secrétaire général du parti de la Oumma]


Neuf mois avant les élections, vous décidez de créer votre parti. Pourquoi ?
Nous voulons réhabiliter l’action politique. Seulement 20% des Marocains s’intéressent à la vie des partis. C’est inquiétant. J’ajoute aussi que les circonstances de la naissance du Parti de la Oumma n’ont rien à voir avec la probable percée du PJD. Cela fait un an que nous voulons passer à l’acte.

Pourquoi n’avez-vous pas plutôt intégré les formations islamistes existantes ?
Nous y avons pensé. Nous voulions constituer un seul bloc avec Al Badil Al Hadari, avant qu’il ne décide de créer son propre parti. Quant au PJD, nous ne nous retrouvons pas là-dedans. Il a des relations assez tendues avec les autres partis. Il faut créer des dynamiques positives et garder un bon contact avec tout le monde. En plus, pour le PJD, la réforme constitutionnelle n’est pas prioritaire. Pour nous, elle l’est.

Quel genre de réformes demandez-vous? Quelle est votre ligne ?
Disons que nous sommes plus proches de l’opposition et des forces demandant des réformes politiques et constitutionnelles. Je cite, entre autres, la gauche. Nous nous accordons avec elle dans la revendication d’un gouvernement fort qui puisse réaliser son propre programme électoral et non d’autres programmes. Le problème ne réside pas dans ce que propose le roi, mais dans l’incapacité des partis à réaliser leurs propres engagements.


Immobilier. Invitons, invitons…

L’Instance nationale de défense des biens publics compte organiser, le 17 février à Rabat, un débat public sur l’immobilier au Maroc. “Il s’agit de pointer les dépassements enregistrés, principalement dans les cessions des terrains publics, communaux, domaniaux, etc.”, nous a expliqué Mohamed Tarik, dirigeant de l’Instance. Pour le rendez-vous de février, qui sera le premier du genre, l’ONG compte lancer des invitations aux ministères de l’Intérieur et des Finances, et surtout au tandem Miloud Chaâbi – Anas Sefrioui, qui animent régulièrement l’actualité des milieux financiers au Maroc. Question : combien parmi les invités répondront présent, le 17 février prochain ?


Procès. Victoire pour Kettani et Abou Hafs

“C’est une véritable révolution”. L’avocat Mohamed Ziane n’a pas de mots pour qualifier la décision de la Cour de cassation d’accepter la réouverture du dossier des “chouyoukh” Hassan Kettani et Abdelwahab Rafiki (alias Abou Hafs), qui purgent actuellement des peines de 20 et 30 ans de prison ferme respectivement. Cette décision, qui a pris tout le monde de court, faisait suite à la procédure introduite le 27 décembre devant la Cour Suprême, visant à casser le jugement de la Chambre criminelle. De son côté, le Français Haj Pierre Richard Antoine Robert a préféré s’abstenir de pourvoi en cassation. Ce derier, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison, a préféré opter pour une demande de transfert dans son pays d’origine. Cette requête sera-t-elle, à son tour, exaucée ?


Achoura. La grande parade

Pour son 2ème anniversaire, Baba Aïchour s’offre un costume stylisé et s’en va se pavaner à Casablanca. Le personnage, ressuscité l’année dernière par l’association Contes’act, à l’occasion de Achoura, a subi un petit relooking par les stylistes du collège Lassalle. Il défilera le 3 février sur la place Rachidi, au devant d’une longue parade. 1200 enfants, une dizaine de troupes d’arts populaires (deqqa marrakchya, gheyyata …), une quinzaine de guerraba et une cinquantaine de Boujloud venus de Tiznit – une des rares villes où la tradition persiste encore. Et pour finir, tout ce petit monde et son public seront invités à danser autour du plus grand kanoun (brasero) du monde.


Insolite. Bigg chez la Chabiba

Le théâtre Mohammed V à Rabat a affiché complet mardi dernier, à l’ouverture du 7ème congrès de la Chabiba ittihadiya. Et pour cause. Une semaine plus tôt, pour s’assurer la présence d’un maximum de jeunes à l’évènement, des membres de la Chabiba faisaient le tour des lycées et collèges à Rabat et distribuaient des flyers annonçant un concert de Bigg à l’ouverture de la manifestation. Le rappeur casablancais, qui ne tenait surtout pas à ce qu’on lui colle une quelconque étiquette sympathisante, s’est empressé d’annoncer à son public, en introduction de l’incendiaire Merra Merra, “2006, 2007, ou 2040 c’est pareil pour moi. Je ne vous dis pas pour qui voter. Je vous demande juste de voter pour ce pays”.


Jettou. Les leçons d’un brief

Le Premier ministre a convié les patrons de presse, en début de semaine, à un dîner privé dans sa résidence à Rabat. D’après l’un des présents, le chef de l’Exécutif a précisé qu’aucune date n’a été fixée, pour le moment, pour les élections législatives attendues courant 2007. “On sera fixé après une réunion avec les partis de la majorité dans les prochaines semaines”, a-t-il notamment révélé. Sur le Sahara, Jettou a indiqué que le Maroc se prépare à présenter à la communauté internationale un projet d’autonomie en bonne et due forme. Le Premier ministre a, par ailleurs, expliqué que la réforme de la Constitution est envisageable… mais sans rien changer aux prérogatives du Premier ministre, “qui sont déjà assez larges”, d’après le message subliminal délivré, ce soir-là, par le maître de céans.


Presse. Le Chankou libéré

Le canard libéré. C’est le nom d’un nouvel hebdomadaire signé Abdallah Chankou, ex Maroc Hebdo et Aujourd’hui le Maroc, qui devrait être dans les kiosques dès ce week-end au prix de 8 dirhams. Avec 12 pages en format tabloïd, Le canard libéré, d’après Chankou qui s’en dit l’unique actionnaire, se veut “un journal satirique et humoristique où la caricature occupera une place de choix”. Une chose est sûre : ce sera loin, très loin de l’esprit du Canard enchaîné, plutôt le contraire, comme l’indique le jeu sur le titre (enchaîné-libéré), mais aussi la philosophie de son fondateur qui nous a expliqué que “la ligne (éditoriale) sera avant tout basée sur le respect de la religion, de la patrie et des symboles du pays”. Question : que restera-t-il à caricaturer ?


Foot. Tous pour Kaboul !

La Fédération marocaine de football n’a toujours pas renoncé à convaincre Younes Kaboul d’accepter une sélection en équipe nationale, si l’on en croit l’une des dernières livraisons du bi-hebdomadaire spécialisé France-Football. Kaboul, qui joue à Auxerre en France, est déjà international espoirs français. Il hésite, croit savoir notre confrère, à accepter l’offre marocaine. Dernier détail : si jamais le brillant défenseur central opte pour le Maroc, il pourrait devenir le joueur le plus cher de l’histoire du football national puisque sa valeur sur le marché (Kaboul est convoité par des clubs en Angleterre notamment) est estimée dans la fourchette de 7 à 10 millions d’euros.


PND. Touchez pas au roi !

Le PND a tenu un congrès extraordinaire le 21 janvier où il a demandé une réforme constitutionnelle. En gros, il appelle au renforcement des institutions du Premier ministre et du Parlement. Et le roi ? à ne pas toucher, SVP, car “c’est le chef de l’Etat et le garant de sa stabilité”, rappelle le secrétaire général du parti, Abdellah Kadiri. “La réforme ne se fera pas sans son aval. S’il veut appeler à un référendum (pour la réforme constitutionnelle) avant les élections, il le fera. Sinon, il le laissera pour après”. Même si le discours de Si Abdellah manque d’originalité, il a le mérite d’être clair. C’est le roi qui décide !


Associatif. Financement en question

Le réseau d’ONG marocaines en cours de constitution pour superviser les prochaines élections est loin d’avoir aplani toutes les difficultés. Notamment celle relative au financement. “On admet le principe d’un financement extérieur, notamment celui de l’Union Européenne, mais pas celui de pays comme la Grande-Bretagne ou, surtout, les Etats-Unis via le NDI (NDLR : National democratic institute)”, nous a notamment expliqué un dirigeant de l’AMDH, membre du réseau. Même si le débat n’est pas clos, l’AMDH, qui reproche au tandem Etats-Unis - Grande-Bretagne la nature de sa politique étrangère, pourrait donc quitter ce réseau si le NDI, notamment, participait à son financement.


Maroc-Sénégal. Casamance en jeu

Rapportée par la presse sénégalaise de cette semaine, la déclaration de César Atoute Badiate, l’un des chefs du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui revendique l’indépendance de ce territoire du Sénégal depuis le début des années 1980, est pour le moins étonnante. Badiate tient pour responsables Abdoulay Wade… et Mohamed VI des conséquences d’une nouvelle guerre. Le MFDC aurait été victime, depuis le 18 janvier dernier, d’attaques de la part de l’armée sénégalaise, aidée, d’après Badiate, par son homologue marocaine. Pour le rappel, une centaine de militaires des FAR sont actuellement en “stationnement” en Casamance.


PSU. Un second congrès (déjà)

C’est officiel, le Parti socialiste unifié (PSU) tiendra son 2ème congrès du 16 au 18 février prochain à Bouznika. Une sorte d’exploit dans le sens où le premier congrès du parti remonte à 16 mois à peine (septembre 2005). Le rendez-vous de février prochain sera donc placé sous le signe de la citoyenneté. Sauf surprise, ce congrès devrait aboutir à la réduction des effectifs du conseil national et du bureau politique, respectivement 172 et 27 personnes. “La fusion entre l’ancienne GSU et Fidélité est à présent consommée, il n’y a plus de raison de garder des effectifs pléthoriques dans nos instances dirigeantes” , nous a expliqué cette source au PSU. Quant à savoir si Mohamed Moujahid, l’actuel numéro un du parti, sera reconduit dans ses fonctions, il faudra attendre l’après-congrès, le BP devant élire les membres du secrétariat général dans un deuxième temps.


Assainissement. La justice lâche du lest

C’est souriant et apparemment en forme que le lieutenant colonel Lahlimi Alami Youssef, adjoint au commandant de la région de la gendarmerie royale de Kénitra, a quitté, sous caution, la prison de Oukacha en début de semaine. Il devra comparaître en liberté provisoire après que le juge d’instruction a répondu favorablement à la défense de Lahlimi. Les autres suspects, comme Abdelaziz Izzou, devront attendre et prendre leur mal en patience dans leur cellule. Cités par Mohamed Kharraz, alias Chrif Bin Louidane, Lahlimi et une dizaine de responsables sécuritaires avaient été écroués sur ordre du juge Jamal Serhane. L’instruction suit son cours pour déterminer si oui ou non ces responsables étaient impliqués, de près ou de loin, dans un réseau de trafic de stupéfiants.


Elections. Le rapport qui tue

Transparency Maroc et l’ONG allemande Democracy Reporting International ont publié un rapport de qualité sur l’organisation des élections au Maroc. Tout le circuit a été passé au peigne fin dans le but de dégager les foyers de discrimination ou de corruption. Les rédacteurs ont épinglé les listes électorales “corrompues et qui reprennent une proportion non quantifiable d’électeurs en réalité inéligibles”, l’absence d’observateurs indépendants au moment du vote, la discrimination à l’égard des femmes et des forces de l’ordre dans les urnes sans oublier les magouilles du financement électoral…Le document établit 21 recommandations que le Maroc a intérêt à appliquer pour réaliser vraiment le slogan “des élections libres et transparentes”. Amen.



Humeur. Homme du riff

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

J’étais en train de siroter mon verre de lait habituel quand une amie m’a suggéré, tout bas : “Une ligne ?”. J’ai bafouillé une réponse très old school, quelque chose qui fera plaisir à mon libraire mais pas à la moitié des personnes tellement formidables que je côtoie tous les jours : “Non, pas de ligne, je ne suis pas écrivain”. Mon amie, étonnée de cette réponse d’un autre âge, a ajouté, dépitée et toujours aussi bas : “Tu as pourtant une tête de sniffeur !”. Mon Dieu. Je me suis cru dans un numéro de Gad El Maleh. Le non-sniffeur que je suis a eu besoin de se justifier. D’expliquer que les seules lignes (non rouges) qu’il lui arrive de racler, généralement très tard la nuit, sont des bouts de phrases couchées noir sur blanc, sur un écran d’ordinateur bien mal en point. Un parfait has-been. à 14 ans, je portais des jeans troués et je testais mes capacités auditives avec des cocktails explosifs de Deep Purple et Nass El Ghiwane. à 20 ans, je me suis cru poète. Un peu plus tard, je me suis découvert une passion surprenante pour les verres de lait, seul ou en agréable compagnie (un vrai bonheur). J’ai joué au foot, goûté à deux, trois choses. Mais j’ai oublié de sniffer ! Pour résumer, mon équation pourrait bien être : un homme du riff, des lignes de basse. Trop jeune, trop enrhumé pour essayer d’autres lignes. Pour les naïfs de mon espèce, il n’y a rien d’autre à fumer que du tabac, rien à boire que le lait. Quand on me dit “coke”, je pense au soda qui a fait la gloire de l’Amérique d’une manière aussi sûre que les films de John Wayne, ceux avec les cow-boys, les vaches et les indiens. C’est vrai. La pire chose qui me soit arrivée, c’est d’avoir collé, un jour, des posters de sniffeurs dans ma chambre d’ado. Ma mère ne savait pas, c’était pour séduire mes invitées du samedi soir. C’est grave, docteur ?



VITES !

L’équipe nationale de handball est revenue du Mondial auquel elle a pris part en Allemagne sans l’un de ses joueurs… qui a préféré le “hrig”. “Il avait bien préparé son coup puisque, à peine arrivé en Allemagne, une femme est passée le récupérer à l’hôtel… pour l’accompagner en Belgique”, nous révèle l’un de ses proches.


Non, ce n’est pas un gag. L’Association du Sahara marocain (ASM) projette de nouveau de partir en “pèlerinage” à Tifariti, cette fois le 18 février. En attendant (un nouveau refus des Américains ?), l’ASM tient la semaine prochaine deux sit-in à Rabat, respectivement devant le parlement et la représentation des Nations-Unies !


L’actualité marocaine reviendra, indirectement, en Espagne, puisque le procès des attentats islamistes du 11 mars 2004 à Madrid s’ouvrira le 15 février prochain. Les 29 accusés, dont plusieurs Marocains, encourent un record absolu de 270 600 ans de prison, apprend-on de source judiciaire espagnole. Cela en fait du temps à tuer !

“Le Grand Oral de Sciences Po”, organisé par l’Association des anciens lauréats en partenariat avec TelQuel et Al Ahdath Al Maghribiya, reprend lundi prochain avec Mohamed Moujahid, secrétaire général du PSU. Après Ismaïl Alaoui et Mohand Laenser, Moujahid est le troisième leader à se prêter au jeu des questions – réponses publiques.


Les Marocains n’ont jamais eu autant de plaisir à accueillir le mauvais temps. Les pluies, qui ont commencé lundi, devraient se poursuivre jusqu’au week-end selon la météo. Des précipitations accompagnées de chutes de neige sont également attendues sur les hauteurs du Moyen-Atlas et du Rif. Welcome !


27 fonctionnaires de la police, affectés au port de Tanger, viennent d’être
mutés vers différentes villes du Maroc. Un record. Cela va du commissaire aux simples agents en passant par des officiers des RG. La plupart ont dû remettre les clés de leur bureau et partir vers d’autres cieux sans demander leur reste.


"On entend couramment parler de la prostitution comme le plus vieux métier du monde, ce qui semble être erroné et néfaste à la fois”. Cette superbe affirmation est tirée de “l’attaque” (c’est le cas de le dire), un article paru dans le dernier Police Magazine. Achetez le numéro et lisez-le jusqu’au bout : vous ne serez pas déçus !
 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés