Sahara. Des mines et des hommes
Code électoral. Le "putsch" du Conseil constitutionnel
Hajjama. Les derniers saigneurs
Mohamed Moujahid. "Nos résultats aux prochaines élections vont surprendre"
1984. La révolte des "awbach"
Irak. Analyse d'un cauchemar
Banques. Les produits "halal" arrivent
Galerie. Une villa nommée culture
1900 - 1960. Mémoire à quatre mains
Portrait. Mademoiselle chante le melhoun
N° 259
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

La carrefour enchanté
de Guéliz, à Marrakech.
(ADIL RABIH)

Musique. Histoires d’Awards


D’abord, il y a eu Shaht man, le rappeur de Mafia-C – et membre de l’association Union de la jeunesse- qui organisait en décembre dernier les Nominations 2006. Des prix récompensant de manière transversale les acteurs de la scène rap hip hop, groupes, organisateurs ou encore le meilleur site hip hop. L’évènement plutôt intimiste, est passé sous silence, les jurés et les candidats étaient tous de la famille de la nouvelle scène. Presque au même moment, le webzine nextline.com, à sensibilité plutôt rock, annonçait l’organisation des Mghrib Music Awards
(MMAwards). À la différence du premier concept, Nextline troque le jury contre le vote des internautes, élargit les catégories musicales récompensées au rock metal et à la fusion, et prend pour partenaire une radio locale. A cette date, MM Awards a enregistré quelque 22 000 votants et le verdict final est attendu pour le 24 février. Nextline – élément dans la toile BJM- a mis les moyens qu’il fallait pour donner à l’évènement plus de visibilité que les Nominations 2006. Et puis, ça restait dans “la famille”. Sauf qu’aux dernières nouvelles, une boîte de com est venue se greffer sur ce petit monde pour organiser les Motorola Rap Fusion Music Awards, poussant la surenchère jusqu’à fixer la date de la remise de ses prix pour le 22 février, soit deux jours avant les Mghrib Awards. Sa recette en bref, un sponsor, une radio partenaire, un jury réuni à la va-vite un mois avant l’évènement et une liste de nominés obsolète et incomplète - qui sera certainement rattrapée par le jury. Le mimétisme culturel prend, cette fois-ci, des allures d’opportunisme mercantile pur et simple. Et la zique dans tout ça ?


Sortie. Les diamants de la guerre

En combinant morale, cupidité, amour et violence, le réalisateur Edward Zwick réussit dans Blood Diamond un de ces films qui entretiennent la légende de Hollywood. L’intrigue se déroule presque entièrement en Sierra Leone, pays ravagé par une sanglante guerre civile. L’une des sources de richesse de ce pays est l’extraction de diamants, que tout le monde convoite : le gentil noir Solomon Vandy (l’acteur béninois Djimon Hounsou) et le méchant blanc Danny Archer (Leonardo DiCaprio) mêlent leurs différences et leurs sueurs dans des objectifs opposés : le premier cherche un diamant que le deuxième, à la poursuite de son fils endoctriné par les rebelles, a caché. Le film se veut une dénonciation de la négation des autochtones face à l’avidité des blancs, sur fond d’une violence bien gérée par la grâce de la technologie numérique et du talent du réalisateur. L’émotion, le suspense et l’action sont savamment dosés, imprimant des variations de vitesse qui tiennent le spectateur en haleine tout au long des 2h18 que dure le film.

Blood Diamond, Au Mégarama.



Littérature. Home sweet home

Si son premier roman, De l’espoir et autres quêtes dangereuses, est encore introuvable dans nos rayons malgré une sortie française le 3 janvier chez Anne Carrière, Laila Lalami, elle, est bien parmi nous… ou presque ! Barricadée dans son chez elle casablancais, l’auteur et blogueuse adoubée par l’intelligentsia US finit son second roman, A place to call home. Rien d’autobiographique : l’histoire d’un jeune homme dont l’existence est bouleversée par une découverte… “Je voulais capturer la ville à un moment de son histoire contemporaine”, laisse planer Laila Lalami.

Retrouvez-la le 15 février à Dar America et le 16 à la Foire du livre de Casa.



Tournée. Le blogotrip

“D’un côté, on est jeunes, fous et décontractés. De l'autre, on innove et on pète les statistiques avec nos initiatives. C'est une manière de dire qu'on est juste des blogueurs, mais des blogueurs qui ont leur mot à dire et qui affichent pas mal de résultats sur Google !”, commente, fièrement, l’un des six blog-trotter sur le site officiel de la tournée Blogotour 2007. Depuis le 27 janvier et jusqu’au 3 février 2007, ces six bloggeurs gadiris sillonnent les principales villes du bled (Marrakech, puis Rabat, Casablanca, El Jadida, et Agadir), enchaînant les conférences pour expliquer la blogattitude et rallier un maximum de jeunes à la blogosphère marocaine. Les retardataires peuvent toujours prendre le train en marche. Une dernière conférence se tiendra le 3 février au Ice Valley à Agadir. Sinon, vous pouvez toujours vous rabattre sur le site de la tournée www.blogotour.com, pour le reporting complet du blogotrip.


Festival. Danse avec des pros

Des ateliers gratuits ouverts aux danseurs, même débutants… Et ce même si, avec des pointures telles que Ludovic Party et Antonio Calvetti, les cours gratuits du Festival international de danse de Casablanca auront plutôt des allures de masterclass. Un programme concocté par Kaïss Zinoun, ancien du Ballet Béjart, décoré du prix de Lausanne, retourné au pays pour apporter renfort à son père, le chorégraphe Lahcen Zinoun. Côté spectacles, avec quatre soirées au Centre culturel Moulay Rachid, cette huitième édition retournera la danse moderne dans tous les sens, qu’elle soit néo-classique (la compagnie portugaise Vortice pour Solo avec les anges) ou plus contemporaine (la compagnie italienne Corte Sconta pour Kol), ouvrant également une fenêtre sur le hip-hop, représenté par Saïd Ouadraissi. Installé en Belgique, ce dernier présente un show en deux temps, en duo avec un beat-boxer d’abord, puis en trio sur le thème du métissage. Rendez-vous est pris, du 14 au 18 février.


Fusion. Darga’ Resisdance

ça ne chôme pas chez les cactus fusionneurs. Le bigband entre bientôt en studio pour son second opus. Côté nom ce n’est pas encore décidé, n’empêche que le combo a un faible penchant pour “Resisdance”, un jeu de mot qui reflète assez bien l’esprit de leur son. L’album sera composé de dix titres, dont quatre ont déjà été révélés lors de leur concerts : Stop baraka, Nari Hala, Abdelkrim El Khattabi et leur fameux hymne du chômeur “T’choumira”.
En attendant la sortie du second bébé cactus fin mars, le groupe prendra d’assaut la scène nationale et internationale via une série de dates et de tournées. Cela commence le 22 février au Mégarama en clôture du Motorola Music Awards, et le 24 à Rabat au Maghrib Music Awards. À part le bled et ses Awards, le groupe planifie une dizaine de dates en France, en Espagne et en Italie.


Electro. L’autre son

Au Maroc, la musique électro se limite souvent à de la house commerciale diffusée en boîte pour des clubbeurs d’une classe sociale assez favorisée qui vont dans ces boîtes pour s’afficher. Les autres produits (drum’n bass, trance, psy, tek…) restent prisonniers des circuits fermés de quelques passionnés. C’est ce cliché – réalité ? - constant que souhaitent changer les deux jeunes Djs Mood et Daox, en lançant une série d’événements pour, je cite, “démocratiser et promouvoir le côté underground de l’électro”. Le premier rendez-vous est donné le 3 février pour l’Underground Impact 001. Une soirée 200% alternative au Sunset Club à Casa avec, au menu, hardtek, trance, minimal et prog. Mis à part l’interdiction de porter des talons – signe jugé distinctif des clubbeurs - il n y a pas de code vestimentaire à respecter, ni de gorille à la porte pour apprécier les faciès. Musique libre !


Culture urbaine. Give me 5...00 000 !

Quatre ans après son lancement,
5 Styles, mensuel gratuit de street life, a tapé dans l’œil d’un investisseur de 36 ans, au point de voir son tirage décupler jusqu’à… 500 000 exemplaires. Distribué dans les Fnac et Made in Sport, 5 Styles s’offrira, dès mars, les kiosques de Courir, Quick et SNCF. “Le contenu sera plus généraliste, prévoit son fondateur franco-marocain Rachid Santaki. Avec plus de sport, de social, de vie de quartier, et moins de musique. On ne veut ni s’éloigner de l’esprit banlieue, ni se ghettoïser. Parmi les nouveaux lecteurs, tout le monde ne kiffe pas le rap !”. Santaki, lui, kiffe l’idée que son projet d’action sociale à Marrakech, via les recettes d’un hors-série Maroc, devrait voir le jour plus tôt que prévu. Bessahha !


Album. Ziad guérisseur

Deux ans et demi après Chabiba, dédié à la jeunesse maghrébine, le globe-drummer Karim Ziad publiera en avril son troisième album, qui l’a notamment mené en Arménie à la rencontre du percussionniste et chanteur Arto Tunçboyaciyan et de son Armenian navy band (programmé à Essaouira cette année). Autres invités prestigieux, le fameux big band allemand WDR, les guitaristes Nguyen Lee et Louis Winsberg, sans oublier ses compagnons habituels d’Ifrikya, un morceau avec Aziz Sahmaoui et un duo rassemblant les maâlems Hamid El Kasri et Abdelkébir Merchane. Du très beau monde, pour ce disque à qui l’on prête déjà des vertus thérapeutiques : publié par le label de Joe Zawinul (Bird Jam), il s’intitulera Dawi, qui signifie guérir.


Le livre.

“Tunis-Goulette-Marsa, la litanie des stations s’égraine d’elle-même comme une comptine d’enfance”… Sur les traces de Nello, l’oncle très controversé tout juste décédé, le narrateur vient aussi retrouver son enfance, tâtonnant à travers la géographie perturbée d’une ville, Tunis, qui a tant changé. Les souvenirs reviennent, au gré des rencontres mais surtout des lieux, avec plus ou moins de netteté et de facilité, toujours incomplets toujours imparfaits, dans une nostalgie douce-amère qui n’explique pas tout, qui suggère. Comme lui, le lecteur emprunte le petit train capricieux de la mémoire, presque angoissant, se met en quête, lui aussi, de l’insaisissable oncle Nello, jusqu’à la révélation finale qui dissipe les doutes et apaise.

Henri-Michel Boccara ; Tunis-Goulette-Marsa, Méditerranées - Al Manar.




Humeur.
Le gros orteil de l’Amérique

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Après Saddam Hussein, surpris en slip dans sa cellule par un paparazzi, c’est au tour de Paul Wolfowitz, ex-numéro 2 du Pentagone et idéologue de la guerre en Irak, d’être piégé pour une sombre affaire de linge de corps. Sauf que le pourfendeur de Saddam s’en est moins bien tiré que le dictateur, qui prenait un soin maniaque et tout militaire de ses petites culottes. Obligé de se déchausser lors de la visite d’une mosquée en Turquie, Paul Wolfowitz a dévoilé à la face du monde… ses chaussettes trouées. Un tel laisser-aller vestimentaire n’a évidemment pas fait l’ouverture des actus de CNN. En matière d’infos orientées, une culotte irakienne, même immaculée, vaudra toujours plus que deux socquettes américaines gores. Mais les blogs et sites anti-Pax Americana n’ont pas tardé à inonder Internet avec la photo des chaussettes miteuses du puissant président de la Banque Mondiale. A la vue des doigts de pied de Paul Wolfowitz, certains internautes se sont même lancés dans des conjectures sur l’état de son caleçon et de ses couleurs douteuses. Au moment de sa nomination en 2005 à la tête de l’institution financière, les experts s’interrogeaient sur la capacité de Wolfowitz, le va-t-en-guerre, à se muer en stratège de la lutte contre la pauvreté. Grâce à un photographe turc, les sceptiques ont désormais un premier indice rassurant. Paul Wolfowitz est au moins solidaire de la mode vestimentaire du Tiers-Monde. Il se chausse aussi de guenilles…



Devil wears Praha
Non contents de secouer la scène rock alternatif UK, Lazywall, alchimique trio créé en 2003 par deux frères tangérois et un jeune du Berkshire, sort tout juste d’un tour express en République Tchèque, de Prague à Pardubice via Jihlava et Havlickuv Brod. Suivez-les de près, ces gars-là iront loin !


Manu et les autres
Le saxophoniste Manu Dibango, auteur du hit mondial Soul Makossa en 1972, sera en haut de l’affiche de Tanjazz, du 16 au 21 mai, où l’on retrouvera également la chanteuse américaine Robin McKelle, le quartet d’Al Colpley ou le sextet français Heavy Fingers… www.tanjazz.org


Déferlante à L.A
Alerte à Malibu ! La Vague blanche roule sur la Cité des anges pour le 15ème Festival panafricain de Los Angeles du 8 au 19 février. Ce premier long de Ali El Mejboud, poulain de la Film Industry, sera aux côtés de Indigènes et Zaïna, cavalière de l’Atlas sur les écrans de Magic Johnson Theatres.

 
 
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