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Par Jean Berry
Spectacle. Debout pour Naïda !
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Quand des musiciens du Souss
(Amarg Fusion, Inouraz)
rencontrent des danseurs
bruxellois.
(JB / TELQUEL)
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60 jeunes de divers pays réunis pendant 10 jours pour créer un tableau unique, mêlant danse, musique, mode et plus encore. Cela donne Naïda, un spectacle pluridisciplinaire et métissé.
Quelques notes de jazz dissonant, un chant italien a capella, du gospel dansé et joué, des pas de danse contemporaine et des figures accroportées
Un tourbillon (ré)créateur est venu troubler cette semaine la quiétude hivernale du complexe sportif Moulay Rachid, à Salé. Dans ces vieux pavillons, entre la salle de gymnastique et l'amphithéâtre, on pouvait flâner du côté de l'atelier costumes, avec |
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ses ciseaux, machine à coudre et matériaux aux coloris bigarrés, ou croiser un raggaman d'Oran, un batteur de métal tunisien, des danseurs de Hay Mohammadi et d'Alger, des acrobates de Salé, des musiciens du Souss et une importante délégation d'artistes bruxellois
Ils sont au total une soixantaine, âgés de moins de trente ans, qui débutent dans le métier, à divers degrés. Le Bureau international de la jeunesse (BIJ) les a réunis pour dix jours de répétitions intensives, ponctués d'une représentation, le 11 février à Casablanca, donnée à l'occasion du Salon du livre (dont la Wallonie est l'invitée). Une rencontre passionnée et passionnante, pour un spectacle spontané et éphémère.
Une expérience humaine
Des corps, des voix et des âmes. C'est bien ça l'art, non ? L'intérêt humain est le plus important, c'est la rencontre et l'échange entre personnes de cultures, de nationalités et de disciplines artistiques différentes, explique Jean-Michel Frère, metteur en scène belge qui sert de capitaine à cette étrange arche de Noé. C'est la quatrième fois qu'il encadre un projet de ce type, depuis 2000. Habitué ? C'est parce que je suis le seul assez fou pour dire oui, se défend-il. Du côté des artistes, l'initiative est perçue comme une belle expérience. Ici, c'est sortir de l'ordinaire, explique Simo, qui représente le groupe Fez City Clan avec DJ Toto. Je vais rapper, mais pas avec mon style habituel. On prépare une petite fusion, poursuit Simo. Fez Bladi, leur tube, inspiré des chants des confréries aïssawa, s'est métamorphosé, à grands renforts de saxophone, violon, accordéon, basse et batterie, en un son 100% traditionnel, qui fait bouger. Et qui pourrait bien être le clou du spectacle. Idem pour la toute jeune Jihane Ricouch, professeur de chant à Kénitra et membre du Chur national et de l'Orchestre royal : Ici, je chante du traditionnel, du gospel et même du R'n B.
Pour autant, les choses ne sont pas toujours simples. Les débuts ne sont pas forcément évidents. Pour un artiste, se fondre dans un groupe comme celui-ci, c'est un peu laisser de côté son identité, témoigne Fatima Laânan, du BIJ. Mais aujourd'hui, l'humeur est visiblement au beau fixe et l'enthousiasme va crescendo au fur et à mesure que le jour du spectacle approche.
À la régie, on croise Fawzy Chayab, dont la boutique de disques (qui fait aussi office de studio) est l'un des repères des rappeurs meknassis, ainsi que les inévitables Momo et Hicham, du Boulevard, coordinateurs de l'événement. Parmi les artistes marocains présents, on retrouvera sur scène le chanteur Mahmoud Bassou et des membres de Ganga Vibes, Bouhsine Foulane, le violoniste et joueur de r'bab d'Amarg Fusion, Khalid El Berkaoui, le percussionniste d'Inouraz, ou encore le styliste Mahmoud Benslimane, les danseurs de City HM (pour Hay Mohammadi) ou Saïda, Salima et Fatiha, trois jeunes acrobates du cirque Chemsy. Dimanche, pour eux, comme pour le public, ce sera Naïda !
Au Théâtre Mohammed VI (Salle des Roches Noires), dimanche 11 février à 20h30. Sur invitation.
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