Richesses. Fonctionnaires, rien à déclarer ?
Enquête. L'histoire secrète des "Afghans marocains"
Tanger. Sur les traces de Marrakech
Histoire. Les années de plomb version amazighe
Portrait. "Akhi l'fellah"
Congrès. À mort, la peine de mort !
Chine. Hu Jintao l'Africain
Poste Maroc. Le facteur en tenue de banquier
Événement. Des prix et des notes
Mohamed Majd. Le(s) film(s) de sa vie
Spectacle. Debout pour Naïda !
N° 260
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Bernard Werber
(AFP)

Salon. T’iras au Siel

Défilé d’écrivains en vue et contenu mille-feuilles au Salon du livre de Casablanca, inauguré ce week-end, avec notamment François Weyergans, prix Goncourt 2005 pour Trois jours chez ma mère, et le chantre de la science-fiction métaphysique Bernard Werber, pour Le papillon des étoiles, récit d’une odyssée spatiale de dix siècles à bord d’un voilier solaire… La tête dans les étoiles mais les pieds sur terre, avec des questionnements sur le choc des civilisations, servis par Antoine Sfeir, venu armé de son Orient compliqué, ou encore de religion (avec Malek Chebel, pour L’Islam et la raison). À noter aussi la
présence de Gisèle Halimi, avocate française qui fut au centre de la lutte pour l’avortement, et qui défend aujourd’hui le leader palestinien emprisonné Marwan Barghouti, après Sartre, Sagan ou Cartier-Bresson… Son dernier ouvrage historique, La Kahina, part sur les traces de la fameuse reine berbère du VIIème siècle, symbole de la résistance amazighe face aux musulmans. Côté marocain, zoom sur les nouvelles plumes : la poésie de Mohamed Leftah, la littérature d’Abdellah Taïa, et retour sur l’œuvre complète du poète Mohamed El Haloui, décédé fin 2004. Bref, autant de livres et de monde pour vous donner envie de lire. Mention spéciale pour les petits extras de cette édition, curieuse de cinéma. Le directeur du CCM fera le déplacement pour en parler.

À la Foire internationale de Casablanca jusqu’au 18 février. minculture.gov.ma



Sortie. Opération séduction

La quarantaine bedonnante, Luis, grand nez, mais petite vie amoureuse, cherche LE moyen pour échapper au harcèlement matrimonial de son univers matriarcal (une mère, cinq sœurs) qui aimeraient bien exorciser ses tendances Tanguy. Il décide de louer les services d’Emma, la trentaine insolente, grande gueule, mais petits revenus, pour faire semblant de l’épouser avant de le larguer devant l’office… Grâce au duo improbable que concoctent Alain Chabat, plus “nul” que jamais, et Charlotte Gainsbourg, délicieusement grunge (bien qu’un peu trop bien fringuée pour une fauchée), ce troisième film d’Eric Lartigau est l’anti-dépresseur rêvé pour qui n’est pas dans le trip gélules. Avec une répartie balancée comme au squash, cette comédie au dénouement prévisible n’en est pas moins rebondie à souhait, comme le derrière de Chabat dans un mythique ersatz de scène SM, qui prouve combien Prête-moi ta main est plus proche du Molière que du vulgaire. On recommande.

Prête-moi ta main, au Mégarama de Marrakech.



DJing. Le premier Key

Douze ans après la sortie ses premiers mixtapes, Dj Key - pionnier du Djing sous ce ciel, faut-il le rappeler ?- se penche enfin sur son premier opus, produit par son label Funky Noise. Les détails de l’album sont gardés secrets, mais on sait que Ahmed Soultan, Bigg, H-kayne et quelques autres “copains” de la famille de la nouvelle scène seront invités à y poser leur voix. Sortie ? Key avoue encore se tâter. “Avant fin 2007”, c’est tout ce qu’il peut promettre. Entre-temps, il entame une longue tournée d’échauffement en Europe. D’abord une escale à Dijon le 5 Avril avant de prendre d’assaut les discothèques de Paris, Amsterdam et Bruxelles.


Come-back. Ghiwane survivors

Six mois de retard sur la sortie d’un album, c’est une forme d’amateurisme, mais c’est aussi une manière de se faire désirer. Quoiqu’il en soit, il est enfin sur le marché, l’album du come back des Nass El Ghiwane, “Ennehla Chamma”. Lecture : un petit discours pour annoncer la couleur. Dans ce premier track homonyne du titre de l’opus, on titille les ministres pour répondre aux interrogations de Chama l’abeille. Le texte prête à sourire quand on sait que c’est feu Hassan II qui avait insisté auprès de Omar Sayed pour le chanter. Et la musique sent le temps passé à la penser. On est rassuré, on passe aux autres tracks. Les textes se succèdent, mais restent dans la continuité de la culture ghiwane. Côté son, pas de surprise majeure. L’influence percus reggada sur ya chellal - on aime - ou de tagnaouite sur Samt sont dans l’air du temps. Ensuite, les Ghiwane de Boujmii puis de Batma avaient commencé la fusion des genres il y a plus de 30 ans. Maintenant que c’est dit, est-t-il besoin de rappeler que l’intérêt premier de cet album n’est pas dans son contenu, mais dans l’histoire de sa propre genèse ? A suivre.


Première. Docs en stock

C’est une première au Maroc, l’Institut français de Fès organise du 13 au 20 avril la semaine du documentaire, un rendez-vous qui s’inscrira dans la durée, selon les initiateurs. Pour sa première édition, l’IF de Fès rend hommage à Jean-Pierre Thorn, réalisateur “engagé”, ex-soixante-huitard ayant choisi de travailler comme ouvrier pendant 10 ans avant de revenir au cinéma. Sera projeté notamment Allez Yallah, documentaire de Thorn sur une caravane civique de femmes qui a sillonné le Maroc profond et la France pour sensibiliser contre l’islamisme. Grâce à un partenariat avec la biennale des cinémas arabes de l’Institut du monde arabe (IMA), l’IF présentera également A propos des garçons, des filles et du voile (Sibyan wa banât) de Yousry Nasrallah, une réflexion sur la symbolique du hijab en Egypte à travers des témoignages de femmes voilées. Dalila Ennadre, documentariste marocaine, clôturera la semaine avec Je voudrais vous raconter.


Cinéma. L’enfant s’éveille

Après deux ans d’attente et une quarantaine de distinctions internationales, L’Enfant endormi de Yasmine Kassari, qui n’était pas passé sur 2M pendant le ramadan pour préserver sa sortie cinéma, ouvre les yeux dans les salles marocaines. Le 14 février, laissez-vous envoûter par le mythe du ragued au Mégarama de Casa (peut-être au Dawliz Habous), au Colisée de Marrakech, aux Paris de Tanger et Oujda ainsi qu’au Septième art de Rabat. La cinéaste, également distributrice de ce premier long-métrage de fiction, amène aussi dans ses valises bruxelloises son documentaire Quand les hommes pleurent, première partie d’une même réflexion sur l’immigration et la douleur humaine. Si aucune date n’est encore fixée, Yto Barrada serait intéressée pour projeter les deux opus à la Cinémathèque de Tanger. Yasmine Kassari sera également au Salon du livre de Casablanca le 13 février.


Roadtrip. La valise de Rachid Taha

“Jouer là-bas, c’est montrer aux gens qu’ils existent”. De retour de tournée sur sa terre natale, où il a promené sa dégaine de dandy sur les scènes des instituts français, Rachid Taha livre son carnet de voyage au webzine Routard Mag. Le phénomène électro-raï déballe ainsi sa “valise de douleur” : le Sig de sa petite enfance, son décor de western, “où beaucoup jouent aux cow-boys” ; Oran, “mythe qui dure” de la “ville tolérante” ; Alger, cette “Cosette qui se prend pour une reine”, qu’on “empêche autant de dormir que de se réveiller” ; ou encore Annaba, “mélange de Barcelone et de Lyon” où “ça vit comme dans toutes les frontières”… “Les gens sont à la recherche de moments de bonheur”, lance-t-il, sincère et sobre. Au fait, à Alger, goûtez le poisson de Chez Sauveur. C’est Rachid qui recommande.


People. Pin up du Liban

Vous voulez passer 12 mois très hot avec Haifa Wehbe ? Alors précipitez-vous sur son calendrier à paraître en juillet 2007 au Maroc. Les collectionneurs des clichés de la star libanaise vont être aux anges puisque Haifa Wehbe promet des photos inédites. Elles ne seront pas aussi sexe que celles du calendrier de Madonna, mais Haifa sait que même en burka, elle affolerait une armée de talibans. ça tombe bien, c’est le but du jeu : mettre ses formes au service du fond. Ainsi, les bénéfices des ventes du calendrier seront reversés à une association de lutte contre le sida en Afrique. Le lancement devrait avoir lieu au Maroc, avec une signature publique et une soirée people au Platinium de Rabat. Un ouvrage qui peut (aussi) se lire à deux mains…


Danse. What’s the Matter ?

Cinq danseuses chorégraphes, deux ans de travail, quatre pays, quatre solos et des costumes qui se dissolvent dans l’eau : tels sont les ingrédients de Matter, la création au long cours de la Française Julie Nioche autour de la construction de l’identité féminine. Après Mia Habib et Rani Nair, avant Filiz Sizanli, la fondatrice de l’association Fin Novembre, rencontre dans la ville ocre Bouchra Ouizgen, étoile contemporaine de la compagnie marrakchie Anania, pour la troisième étape de travail. “Bouchra’s matter”, déclinaison de la mise à nu identitaire, sera aussi sur les planches de Made in Maroc à Dijon le 19 mai, avant la création globale Matter du printemps 2008.

16 et 17 février à 19h à l’IF Marrakech. Entrée libre.



Le livre.

Pour quelles (vraies) raisons les Américains ont-ils décidé d’aller en Irak ? Livré aux analyses contradictoires des médias et à la complexité de la situation sur le terrain, l’observateur lambda a du mal à se faire une opinion. Fort de son expertise, le rédacteur en chef des Cahiers de l’Orient, Antoine Sfeir propose des réponses dans un essai clair, concis, éminemment pédagogique. Après une genèse indispensable des enjeux de cette région cruciale et une description exhaustive des différents protagonistes, l’auteur élimine peu à peu les arguments qui ne tiennent pas la route, livre sa propre analyse mais aussi les conditions qui lui semblent indispensables pour “prétendre construire des démocraties, dans cet Orient compliqué”.

Vers l’Orient compliqué
Antoine Sfeir ; Grasset ; 90 DH




Humeur.
Amnesia

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Elle est responsable communication dans une grande banque de la place. Un dossier idéal pour un spécial Femmes et Entreprises. C’est elle, la demoiselle qui rêve de concilier carrière et foyer heureux bercé par Chopin. C’est ce qu’elle pourrait déclarer à un journaliste économique. Dans un CV, le piano fait toujours plus raffiné que le bendir. À peine relookée, elle pourrait même être une super-nana de magazine féminin. Elle est photogénique, possède des avis, a des choses à dire, de la modernité à revendre. Elle a même des mines de dégoût à l’évocation des années de plomb. Mais le jeudi soir, bas les masques, c’est sa pause cabaret. Niché dans un quartier huppé, l’endroit qu’elle fréquente est bien sous tous rapports, les habitués sont des gens de bonne compagnie. C’est du chaâbi chic, personne pour vous montrer du doigt, ni fan de Stati pour vous pointer du zizi. Coincée entre deux tables bondées, elle efface Chopin de ses hobbies à coup de bassin. Dans un cabaret, le bendir fait toujours plus de bien qu’un piano. Quand le chanteur entonne l’hymne à la Marche verte, elle se lève comme tout le monde. Et agite sa serviette blanche au-dessus de sa tête à l’instar d’un drapeau. Elle se lâche, oublie tous les discours de circonstances, ceux que l’on tient parce que l’on se doit d’avoir une conscience politique. Elle a 25 ans, Hassan II est un souvenir d’adolescente. C’est presque de l’Histoire, plus du tout un sujet d’actualité. Et déjà du folklore…



Le choix d’Essafi
C’est confirmé, Ali Essafi prend les rênes de la direction artistique de la SNRT. Auteur de documentaires remarqués, le cinéaste apportera son savoir-faire à la RTM, la 4ème, Al Maghribia et Assadissa, “tout en conservant mon indépendance”, insiste l’artiste. Bon courage !


Un Virgin à Casa
2500 m2 et 50 millions de dirhams de CD, voilà ce qui attend les mélomanes de Casa en 2008. Décodage : une franchise de l’enseigne de loisir culturel Virgin Megastore contractée par un Marocain, Zouhaïr Bennani pour ne pas le citer, patron de la chaîne Label Vie. C’est toujours de la distribution !


Imghrane à Bab el Med
Après la Chine l’an dernier, Imghrane, quintet familial ambassadeur du blues amazigh made in Tiznit, met le cap, fin mars, sur Marseille et le festival Bab el Med, découvreur et défricheur de nouveaux talents méditerranéens, où il côtoiera entre autres Desert Rebel et le groupe turc Baba Zula.

 
 
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