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N° 260
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Mustapha Bakkoury, DG de la
CDG (g), et Ali Ghannam,
président de MedZ (d).
(DR)

Offshoring. CasaShore casse la baraque


Logica CMG, Akka Technologies, HPS et Masnaoui Mazars… les sociétés marocaines et étrangères se bousculent pour décrocher des contrats de bail dans CasaShore, le parc dédié aux activités BPO (Business Process Offshoring) et ITO (Information Technology Outsourcing). L’engouement est tel que la société MedZ, filiale de CDG Développement et gestionnaire du projet, envisage l’extension de ce chantier dont les premiers fondements viennent à peine de sortir de terre. Ainsi, un nouveau projet de tour d’une quarantaine d’étages est
aujourd’hui à l’étude. Le business-plan prévoit un impact significatif sur l’économie nationale : CasaShore devrait contribuer à hauteur de 5 milliards de dirhams au PIB à l’horizon 2015, pour un investissement de 3,7 milliards de dirhams. L’arrivée en masse des entreprises s’explique essentiellement par les dispositions fiscales et les aides gouvernementales avantageuses. L’installation dans ce parc donne droit à un taux d’Impôt sur le Revenu à 20%, une participation aux coûts de la formation des recrues marocaines sur les trois premières années d’embauche à hauteur de 75 000 dirhams… Et surtout, un Impôt sur les Sociétés à 0% pendant les 5 premières années de fonctionnement et un abattement de 50% par la suite. Les droits de douane ne sont pas en reste : ils avoisinent les 2,5%. Enfin, côté infrastructures télécoms, c’est le nouvel opérateur téléphonique, Wana, qui a été retenu pour la fourniture de ce service.


Tourisme. Barrière investit Marrakech

A en croire les promoteurs du projet, il a fallu cinq ans de négociations pour convaincre le groupe français Lucien Barrière de s’implanter à Marrakech. Désormais, c’est chose faite, puisque la cérémonie de pose de la première pierre vient d’avoir lieu vendredi. Il s’agit du premier investissement hôtelier du groupe français à l’étranger. L’ambition est de construire un hôtel de prestige au cœur de la ville ocre. Pour ce projet, Lucien Barrière (actionnaire principal avec 35% du capital) s’est appuyé sur d’autres investisseurs marocains et étrangers : CFG Groupe, CMKD, AXA Assurance Maroc et RMA Watanya. Ce nouveau complexe haut de gamme qui devrait voir le jour courant 2008, s’étale sur 22 000 m2. Il comprendra un Hôtel Barrière de 86 suites, un spa de 1000 m2, un kid’s club, mais aussi 30 riads haut standing. Bizarrement, il n’y aura pas de casino, alors que le groupe français réalise près de 80 % de son chiffre d’affaires à travers les 37 établissements de jeux qu’il gère dans l’Hexagone.


Energie. Taqa sur Jorf Lasfar

ABB et CMS ont fini par trouver repreneur à la centrale de Jorf Lasfar. Depuis plusieurs mois déjà, le consortium était donné partant. Il exploitait la concession de Jorf Lasfar Energy Compagny (JLEC) pour la production d’énergie depuis 1995. Son contrat, payé à l’époque 283 millions de dollars, est d’une durée de 30 ans. Cette concession sera ainsi cédée au profit du groupe Emirati Taqa. La puissante filiale du groupe public émirati ADWEA devrait racheter les intérêts de l’Américain ABB et du Suédois CMS dans toute la région. En plus du Maroc, Taqa devrait prendre pied au Ghana et en Arabie Saoudite. Pour toutes ces opérations, les Emiratis devraient débourser la somme de 1,4 milliard de dollars.


Aérien. La RAM vole très haut

La compagnie aérienne envisage d’accélérer sa phase d’investissement. En tout cas, c’est ce que laisse entendre Driss Benhima, qui n’exclut pas que la RAM pourrait accélérer ses achats d'avions. Le plan d’investissement initial tablait sur l’acquisition de 24 avions moyen courrier sur dix ans, pour un investissement de 1,5 milliard de dollars, et cinq avions long courrier pour 650 millions de dollars. Une telle mesure serait dictée par les besoins en sièges pour rester dans la course devant la politique de “ciel ouvert”. Les projets de la RAM ne s’arrêtent pas là. La compagnie remet sur le tapis son projet d’implantation au Gabon. Le DG de la RAM a signifié qu’il existe des possibilités de partenariat avec les responsables de la nouvelle compagnie Gabon Airlines… surtout que le fondateur et unique dirigeant de cette compagnie n’est autre que Christian Bongo, fils du président de la République gabonaise.



Homo Economicus. Wana Bayn

Ali est le pitre du quartier. Ses blagues peuvent provoquer soit le fou rire soit la folie furieuse. Il ignore que rigoler de tout risque de le conduire “nichane” devant le juge. Ali continue alors de sévir. Il faut dire qu’il n’a pas toute sa tête. Sa dernière blague, il l’a dédié à Wana, le 3ème opérateur de téléphonie créé par l’ONA : “Quand ‘le boss’ a vu que Maroc Telecom réalisait 17 milliards de dirhams de chiffre d’affaires et que Méditel vendait pour 11 milliards, il a fini par lancer à ses hommes : ‘Wana ?’”. Sa vanne, qui expliquerait comment le holding royal a été alléché par l’eldorado des télécoms, accroche à merveille. Par son biais, Ali arrive à se glisser parmi les 100 000 premiers clients qui bénéficient d’un téléphone à 150 dirhams. La vendeuse lui explique que tout est Bayn : Ali peut communiquer avec n’importe quel numéro du même opérateur gratuitement pendant 6 mois. Il peut même transporter son téléphone fixe dans un rayon de 35 kilomètres. Devant ces explications, Ali n’a pu s’empêcher de commenter : “Et le Jawal alors ? Il est relégué au 36 de Berrechid ?”. Mais cette fois, la blague tombe à plat. Elle lui vaut même d’être jeté dehors par le policier, appelé en catastrophe pour contenir la marée humaine devant le magasin. Son pack en main, Ali se dirige illico à Derb Ghallef pour essayer de revendre son nouveau ‘tilifoune’. Mais en arrivant au marché aux puces, il découvre que l’appareil n’en contient pas, de puce. Il utilise une technologie différente, qui ne vaut que dalle sur le marché de l’occasion. “Wana Bayn… Ma Bayn Walou”, se dit Ali, qui ne rigole plus du tout.



OFF.

Même les responsables de Wana ne s’attendaient pas au rush des clients lors de la première journée de commercialisation de son offre grand public. La journée a connu la vente de quelque 24 000 lignes, alors que les prévisions de la filiale de l’ONA tablaient sur 10 000 lignes uniquement. Un volume qui n’a pas manqué de provoquer un encombrement sur le réseau de Wana. La société a décidé, par ailleurs, de prolonger son offre de lancement jusqu’au 28 février.

 
 
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