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N° 260
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Le procès de la Khalifa-Bank ne
jugera-t-il que les seconds
couteaux ?
(AFP)

Algérie. Khalifa contre-attaque

Dernière ligne droite du procès Khalifa-Bank, la banque-fantôme algérienne au “trou” hallucinant de 320 millions d’euros. “Désormais, après la fin des interrogatoires des accusés pour crimes, les choses vont s’accélérer. Quatre à cinq accusés pour délits seront entendus par jour”, a déclaré Fatiha Ibrahimi, la présidente du tribunal criminel de Blida. 60 accusés seront appelés à la barre. Au total, le procès concerne 104 accusés qui encourent 10 ans de prison et de fortes amendes. Le verdict pourrait être prononcé fin février. Pourtant, depuis le début, ce procès “mains propres” s’apparente plutôt à une mise en
scène. Car depuis le 8 janvier, le tribunal a entendu une trentaine de personnes accusées “d’association de malfaiteurs, vol qualifié, faux et usage de faux”. Mais aucun gros bonnet. Les sept principaux accusés sont tous en cavale à l’étranger, à commencer par le PDG, Rafik Khalifa, exilé à Londres. Son extradition a été évoquée, dimanche à Alger, dans un entretien entre l’ambassadeur britannique, Andrew Tesoriere, et le ministre de la Justice algérien, Tayeb Belaziz.

Le golden boy a contre-attaqué sur Al Jazeera et dans un entretien mercredi au Figaro. Dans ces deux sorties fracassantes, Rafik Khalifa “mouille” Bouteflika. Il accuse le président d’avoir liquidé sa banque et les autres filiales du groupe par vengeance personnelle. “En 1958, soutient-il, mon père a arrêté Bouteflika et a failli l’exécuter pour désertion”. Le père, Laaroussi Khalifa, était l’un des fondateurs des services secrets algériens qui terrorisaient les combattants indépendantistes. Dans son entretien au Figaro, l’ex-Pdg va plus loin : “Bouteflika voulait ma peau et a demandé à Chirac de l’aider. J’ai compris en septembre 2002 que le vent avait tourné avec la distribution à la presse d’un rapport à la DGSE consacré à mon groupe”, a-t-il déclaré, faisant allusion à des informations parues en France sur les difficultés du groupe. “Dans le même temps, mes difficultés ont commencé en Algérie”. La charge de Rafik Khalifa intervient au moment où le procès s’enlise dans des détails accablant les seconds couteaux. Seront-ils sacrifiés pour sauver les principaux accusés ?


France. Sarko soutient Charlie

Coup de théâtre au procès de Charlie-Hebdo qui s’est ouvert mercredi. L’hebdo satirique est poursuivi par le Conseil français du culte musulman (CFCM) dans l’affaire des caricatures. L’un des avocats de Charlie-Hebdo a lu un message de soutien… du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. “Je tiens à apporter un soutien à votre journal qui s’inscrit dans une vieille tradition française, celle de la satire”, affirme Sarkozy. Le ministre a souligné avoir été “souvent une cible privilégiée de Charlie-Hebdo” et l’accepte “au nom de rire de tout”. Surpris, le CFCM a immédiatement convoqué une réunion “exceptionnelle” de son bureau exécutif, envisageant une “démission en bloc”. C’est Dalil Boubakeur qui est à l’origine du procès contre Charlie-Hebdo, avec l’UOIF, reprochant à l’hebdo d’avoir reproduit les caricatures danoises du prophète, qui avaient provoqué la colère du monde musulman. Pour Boubakeur, ces dessins créaient un amalgame entre musulmans et terroristes.


Palestine. Abbas et Mechaal réconciliés ?

Le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef du Hamas, Khaled Mechaal, se disaient déterminés à parvenir à la paix lors de leur réunion à la Mecque mercredi dernier. Le cessez-le-feu, annoncé vendredi, semblait respecté dans la bande de Gaza par le Fatah et le Hamas. Abbas et Mechaal tenteront à la Mecque de surmonter leurs divergences, qui ont empêché jusque-là la formation d’un gouvernement d’union nationale. “Ce qui se passe en terre de Palestine ne sert que les ennemis de la Palestine”, a déclaré le roi Abdallah. Les discussions entre le Fatah et le Hamas butent sur les questions-clés des relations avec Israël et de la répartition des portefeuilles dans un gouvernement d’union. Le Quartette avait coupé les aides financières laissant la Palestine au bord de l’asphyxie.


Climat. Le cri d’alarme des experts

À la fin du siècle, la température du globe aura grimpé au mieux de 2°, au pire de 4°. La banquise continuera à fondre, le niveau des océans augmentera de 28 à 50 cm, les cyclones et les tempêtes se multiplieront… Notre planète aura changé. Les responsables ? L’augmentation des gaz à effet de serre, essentiellement du fait de l’homme. Cet énième cri d’alarme a été poussé par les experts du Giec (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat) . Les conclusions des scientifiques sont implacables : il faut réduire d’un tiers les rejets de gaz carboniques pour freiner ce changement de climat, irréversible par ailleurs. Ce serait, d’après eux, l’une des solutions pour permettre un changement du climat mesuré et une adaptation de l’humanité.


Afrique. Le Pentagone nous surveille

Le Pentagone va se doter d’un commandement régional spécifique pour l’Afrique. Officiellement, les Etats-Unis sont inquiets que certains pays africains servent de sanctuaires à des organisations terroristes (Somalie). Jusqu’à présent, l’Afrique était quadrillée par le Pentagone à travers trois autres commandements (Moyen-Orient, Pacifique, Europe). En ligne de mire de l’Oncle Sam, le GSPC algérien, soupçonné de vouloir créer un “Al Qaïda du Maghreb et du Sahel”. Les détracteurs de Bush jugent que Washington exagère l’influence d’Al Qaïda sur les islamistes somaliens, dans le but de poursuivre ses objectifs géostratégiques dans la corne de l’Afrique.


État-Unis. Nasa et mœurs

Lisa Nowak faisait partie de la fine fleur de la Nasa : 1500 heures de vol, membre de la mission Discovery en 1996… Cette astronaute brillante a pourtant été inculpée mardi pour tentative d’assassinat. Elle a tenté de kidnapper en Floride, par jalousie, une femme trop liée à un astronaute qu’elle aimait. La jalousie avait conduit Lisa Nowak, mariée et mère de trois enfants, à faire 1500 km en voiture du Texas à la Floride, où devait atterrir lundi sa “rivale”, Colleen Shipman, qu’elle soupçonnait d’avoir une liaison avec William Oefenlein. Lisa Nowak avait tout prévu… même des couches-culottes pour ne pas avoir à s’arrêter sur la route. Déguisée, elle a aspergé Colleen Shipman dans sa voiture à l’aide d’une bombe aérosol avant d’être arrêtée. Loin de l’héroïne triomphante, la télé a montré une femme chétive et prostrée. Elle a été relâchée contre une caution de 25 500 dollars et suspendue de ses fonctions à la Nasa.



Lu pour vous.
Le silence des intellectuels arabes

Courrier International, du 1er au 8 février

À l’exception de quelques rares auteurs irakiens, aucun écrivain arabe n’a abordé le conflit irakien. Les commentateurs ont analysé cette tragédie, mais les écrivains n’ont pas réussi à produire d’œuvre et, plus généralement, n’ont même pas essayé de s’y intéresser.
Les raisons sont nombreuses : complexité du chaos, manque de recul, perte de sens moral… Mais le fait est là : la guerre est absente de la littérature arabe. Pourquoi cette indifférence et quand cessera-t-elle ? Comment se fait-il que la guerre libanaise de 33 jours ait suscité une avalanche de livres, alors que la guerre qui ravage l’Irak depuis trois ans ne semble avoir aucun impact sur les auteurs arabes ? Les écrivains, les artistes et les intellectuels ont toujours joué un rôle majeur en temps de guerre, que ce soit pour glorifier les chefs, créer des figures de héros, des légendes ou pour exprimer la souffrance et trouver un sens aux événements. Les exemples vont d’Homère à la poésie des anciens arabes ; de Léon Tolstoï aux poètes Paul Eluard, Louis Aragon, Yannis Ritsos et Pablo Neruda.
Pour le romancier irakien Shaker Al-Anbari, (…) le problème fondamental est que “les intellectuels arabes ne comprennent pas ce qui se passe en Irak, en raison du mode de pensée superficiel qui prévaut dans leur pays. Ils ont une vision naïve des choses et réduisent la problématique à une opposition binaire entre “l’occupation” et le “peuple”.”



VITE !

Berlusconi est coutumier des blagues douteuses et des gaffes. Après celle sur ses "talents de playboy", il a récidivé mardi avec une allusion aux “gays qui sont tous de l’autre côté”, comprenez à gauche. Humour qu’ont très peu apprécié les homosexuels italiens.

 
 
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