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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Hassan Hamdani

“Ma cote est à la hausse”

Antécédents
Driss Roukh
Comédien
(TNIOUNI / NICHANE)

1968. Naissance à Casablanca.
1994. Diplômé de l’Institut Supérieur d’art dramatique (ISADAC).
1995. Intègre le Conservatoire d’art dramatique de Paris.
1998. Premier tournage international.
2005. Prix de la mise en scène au Festival national du théâtre de Meknès.
Février 2006. Sortie sur les écrans de Babel, où il partage l’affiche avec Brad Pitt .
Juillet 2006. Se marie.

Smyet bak ?

Slimane Benbouzekri.

Smyet mok ?
Zhor Bent Ahmed.

Nimirou d’la carte ?
D 389 012. Elle est facile cette question, tous les Marocains le connaissent par cœur à force de se faire contrôler.

Avez-vous abandonné votre côté bon vivant depuis votre récent mariage ?
J’ai toujours ce côté bon vivant, mais désormais, je le vis avec ma femme, hôtesse de l’air. Nous nous sommes croisés sur un plateau de tournage, elle était là par curiosité. Quand je l’ai vue, j’ai immédiatement eu le coup de foudre. Trois mois plus tard, nous étions mariés alors que l’idée même du mariage m’avait toujours semblé impossible.

ça rapporte de participer à des tournages étrangers ?
Professionnellement parlant, beaucoup. À titre d’exemple, le Times vient de me consacrer un article pour mon rôle dans The Situation. Cela me rend fou de joie. Grâce à Babel, qui a reçu un excellent accueil critique et public, je reçois désormais des offres de l’étranger, où l’on me propose la tête d’affiche.

Et côté flouss ?
Un film comme Babel m’a rapporté 200 000 dirhams pour 10 jours de tournage. Pour toucher la même somme, il aurait fallu que je tourne 5 films ou 10 téléfilms marocains. Et encore, pour Babel, je n’ai pas eu un cachet énorme en comparaison des tarifs habituels des productions internationales. Pour mon prochain tournage étranger, je toucherai le double pour le même nombre de jours de travail. Ma cote est à la hausse.

Et malgré tout ce tintamarre, aucun réalisateur marocain pour bâtir son film autour de vous…
ça commence. L’un d’entre eux écrit à l’heure actuelle un rôle spécialement pour moi.

Babel a été nominé 7 fois aux Oscars. Vous avez été invité à la cérémonie ?
Oui, mais je ne pourrai pas y aller, car je serais en tournage. D’ailleurs, chaque fois que je vois les spots télé de présentation des Oscars, je regrette de ne pas pouvoir y être. J’aurais aimé vivre au milieu de cette multitude de stars l’ambiance de la cérémonie, ne serait-ce qu’une minute. Si j’avais pu m’y rendre, j’aurais à coup sûr pris un break de quelques mois juste après. J’imagine qu’il doit être difficile de retravailler dans les conditions artistiques du Maroc après un tel moment.

Comme aller jouer des pièces de théâtre à Khmiss Zmamra ?
Je l’ai déjà fait et je le referai parce que j’aime le théâtre. J’écris d’ailleurs une pièce en ce moment et il est tout à fait possible que je me retrouve à la jouer dans des maisons de jeunesse, dans des conditions plus que déplorables. Quoi qu’il en soit, changer n’est pas bon si vous désirez aussi mener une carrière au Maroc. Les réalisateurs de chez nous risquent de ne plus faire appel à vous.

Il est comment, Brad Pitt, au réveil ?
Simple et gentil. Il parlait à tout le monde sur le tournage de Babel de manière détendue. Il est généreux, aussi. Il a donné 50 millions de centimes aux habitants d’un douar près de Agdz, où nous filmions.

Et sa femme, Angelina Jolie, au réveil ?
Je ne l’ai pas vue, elle se cachait. Angelina Jolie n’est pas venue nous rendre visite sur le tournage. Elle s’est isolée avec son mari en amoureux, quelque part dans les environs d’Ouarzazate.

Que pensez-vous de la polémique autour du film d’Ahmed Boulane, Les Anges de Satan, où vous tenez le rôle principal ?
Elle s’est focalisée sur les costumes que nous portons et qui ont été jugés exagérés. Ces derniers s’inspirent en partie des tenues que portaient les 14 musiciens accusés de satanisme. Mais pas uniquement. Au cours de mes recherches pour interpréter mon rôle, j’ai rencontré d’autres amateurs de musique metal et je peux vous assurer qu’ils s’habillent aussi comme ça. Tout film inspiré de faits réels est, de toute manière, d’abord un film de fiction.

 
 
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