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N° 261
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

(DR)

Edition. Un Zon’Art sélect

“On en rêve depuis très longtemps”, lance Ahmed Jaride, peintre de son état et au passage, ex-chef de cabinet du ministre de la Culture, non sans fierté. Avec une poignée d’autres intellos de son temps (ton ?), le peintre Hassan Bourkia, le poète Mostafa Nissabouri, le philosophe Mostafa Chebbak et l’écrivain et critique d’art Edmond Amran El Maleh, ils ont donné vie au fantasme Zon’Art. Une revue trimestrielle consacrée aux arts plastiques et au patrimoine visuel. Très sélect est le résultat, à commencer par le papier d’impression – le graphisme y est aussi. La fine équipe répond au manque d’un magazine spécialisé par
une revue classieuse de 110 pages, en arabe et français. “Zonnar” désigne d’ailleurs en arabe classique une ceinture traditionnelle en soie brodée. Pas pour le plaisir de jouer avec les mots, mais parce que l’équipe tient à défendre les arts traditionnels. “Le patrimoine visuel marocain est dans une situation critique”, poursuit Jaride, “les symboles, les signes utilisés par l’architecture traditionnelle, la broderie, la bijouterie ou la céramique…”. Plus orienté initiés que profanes, le premier numéro offre tout de même à lire. Dessin, peinture, gravure, installations, manuscrits, art vidéo… le tour de la chose “plastique” est fait. Sur ce premier numéro aussi, tout juste arrivé au Salon du livre, des pages de réflexion artistique par Moulim El Aroussi, Mohamed Kacimi ou Abdelkébir Rabi, illustrées de leurs œuvres, et des rencontres avec Abdelkébir Khatibi, Saïd Messari ou Aziz Sahaba. Ils cogitent, ils cogitent !


Sortie. Ultra-moyen

A la fin du XXIème siècle, une maladie, provoquant une mutation génétique, engendre une nouvelle race d'humains, plus forts et plus intelligents, que le pouvoir des humains (normaux, ceux-là) redoute et combat. Seule une femme, Violet, infectée par la maladie, est déterminée à protéger les siens, avec pour unique espoir Six, un petit garçon de dix ans. C'est sur ce scénario aussi mince qu'un papier de cigarettes que Kurt Wimmer, réalisateur venu de la pub, se devait de construire un film de science-fiction plus ou moins crédible. C'est dire que l'entreprise était pour le moins périlleuse. Embarquer l'éternelle apprentie-actrice, Milla Jovovich, dans l'aventure n'étant pas une potion magique, Ultraviolet finit par ressembler à une guimauve synthétique, bourrée d'effets visuels clinquants et d'images sur-léchées, pour se réduire à une compilation creuse d'éléments-phares de la pop-culture récente. Reste la belle Milla, qui multiplie les prouesses guerrières dans de belles combis en cuir. Si cela suffit à votre bonheur...

Ultraviolet, au Mégarama.



Festival d’Essaouira. Pour l’amour de Jimi

Louis Bertignac (Téléphone), Cyril Atef (batteur de M), le chanteur Akram Sedkaoui et Saïd Boulhims, jeune maâlem d’Essaouira, réunis autour de l’un des directeurs artistiques du Festival Gnawa D’Essaouira, en l’occurrence Loy Ehrlich, poly-instrumentiste voyageur… C’est l’une des créations, intitulée Band of gnawa, en hommage au Band of gypsys de Jimi Hendrix, qu’on découvrira fin juin pour la dixième du Festival. Deux autres directeurs artistiques, Karim Ziad et Abdeslam Alikane pour ne pas les citer, prépareraient des projets similaires. Rappelons que le percussionniste et chanteur arménien Arto Tunçboyaciyan et son Armenian Navy Band seront aussi de la fête pour cette 10ème édition.


Rétrospective. Le siècle Rossellini

En octobre dernier, le prix Roberto Rossellini consacrait le FIFM meilleur festival du bassin méditerranéen, à l’occasion du centenaire de la naissance du réalisateur. Le mois d’après, c’est tout le cinéma italien qui était à l’honneur à la sixième édition du festival marrakchi. C’est l’amour qui pointe, serait-on tenté de croire. D’autant que le fils du défunt monstre du cinéma italien s’est déplacé himself à Casablanca jeudi dernier pour lancer la rétrospective consacrée à l’œuvre de Roberto Rosselini. En résumé, trois soirées projection, à entrée libre. Au Mégarama et au Colisée de Marrakech le 17 février. Au Rialto et au Mégarama de Casablanca le 18. Et au 7ème art de Rabat le 20. Les cinéphiles sont particulièrement concernés. Enfin, pour parler purement cinéma, Renzo Rossellini profitera de son passage sous nos cieux pour inviter les jeunes cinéastes à “Jeunes promises”, le concours courts métrages du Prix International Roberto Rossellini. C’est le début de quelque chose, on vous disait !


Création. Nouveau déclic

Premier test réussi pour D-Click, l’association culturelle marrakchie. 800 fans de hip-hop étaient réunis, samedi dernier au Théâtre Mohammed V, pour un concert de Fnaire, H-Kayne et Brada, jeune révélation “crunk”, une forme de rap assez dur, lorgnant parfois la drum n’bass… L’occasion aussi de découvrir les jeunes et talentueux breakers de Joker Dance. Objectif avoué, “promouvoir la culture à Marrakech”, explique Geoffrey Marchand, l’un de ses fondateurs, également animateur du netlabel électro Fresh Poulp records, mais aussi “mélanger les genres” avec à la fin mai le spectacle Ecorce de Peines. Un parallèle entre l’esclavage et la situation actuelle des banlieues françaises, tracé par le Slammeur D’ de Kabal, le beatboxer Ezra et le danseur contemporain Didier Firmin. Autres projets pour D-Click, un concert de rap pour la fête de la musique et, à plus longue échéance, la production de courts métrages.


Rap Solidaire. H-Kayne et Tonton à Lyautey

Du rock et du rap pour construire une seconde école dans le massif de Tassemitt, près de Béni Mellal… Amale Samie, “Tonton” pour l’équipe du Boulevard, journaliste, a été l’un des premiers défenseurs des jeunes groupes marocains. Les artistes le lui rendent bien : ils avaient donné leurs morceaux pour bâtir une première école, et continuent à jouer pour l’association qu’il préside. ASIDD récolte des fonds pour un second bâtiment, dans le douar d’Ighordane, d’un coût estimé à près de 300 000 dirhams, après l’ouverture de l’école de Bou Imoura à la rentrée 2005. Des jeunes rockeurs du lycée Lyautey (The Absolute interpreters, Vintage et Magic Jack) ouvrent pour H-Kayne, ce samedi 17, lors d’un concert dédié à cette cause. Courez-y !

Samedi 17 février à 20h, lycée Lyautey, Casablanca. Ticket de soutien : 80 Dh.



Electro. Nom de code UI2

Une soirée psyché, un Sunset club plein à craquer et des happy people qui dansent dans les escaliers, tel était l’impact de la première édition d’Underground Impact, soirée fer de lance d’une série d’événements consacrés au développement des musiques électroniques. Mood&Daox, les deux organisateurs du trip, enchaînent avec l’UI2, en doublant la mise : 4 set de Djs, et du son encore plus varié entre prog, full on, morning et deep trance. Une teuf c’est pas que du son, mais aussi de la déco, chose dont va se charger Navaguisha, l’un des décorateurs du festoch “Rhythms of Peace 2006”.
Des négociations sont en cours avec le Tekeur canadien Dj Tay pour animer l’UI3, une soirée 100% psytrance, tek et drum n’bass, afin de clôturer les trips au Sunset et passer à un squatt plus spacieux.

Rendez-vous le 17 à 22h30 au même endroit.



Avant-première. Le cas Chrigui

Celui-là nous revient de loin. Une apparition furtive tous les sept ans, c’est presque une moyenne chez Tijani Chrigui. Le premier souvenir remonte à 1984. Cette année-là, il cosignait le scénario de Hadda, 6 prix et deux mentions au 2ème festival national du film de Casablanca. 1991, deuxième apparition. Il réalise un long : Ymer ou les Chardons florifères. Une réflexion sur les rapports humains à travers une série de situations, dans un huis clos, à la limite du psyché. 1998, il récidive et tente Parole en camaïeu. Le film ne sortira pas en salle. Chrigui replonge dans le silence. Et le (re) voilà qui surgit, neuf ans plus tard, avec Le cordonnier. Et on le sent déjà “expérimental” celui-là.

Avant-première le 20 février à l’IF de Casa.



Résidence. Naïda attendra

Naïda, ce sera pour plus tard. Le spectacle final de la résidence d’artistes du Bureau international de la jeunesse de Bruxelles a été annulé, dimanche dernier, au Théâtre Mohammed VI à Casablanca, en raison de problèmes d’électricité. Craignant pour la sécurité des artistes, les représentants belges ont demandé au ministère de la Culture marocain une décharge, que ce dernier, producteur du spectacle et mandataire du prestataire de service, a refusé de leur signer… Avant de déplacer les autres soirées prévues au théâtre, cette semaine, dans le cadre du Salon du livre, vers le complexe Moulay Rachid. La bonne nouvelle, c’est que les deux ministères ont promis de produire le spectacle à Bruxelles, en juillet, et sans doute en septembre à Casablanca. À suivre.


Le livre.

Passé le temps de la réflexion (les trilogies des “fourmis” et des “Dieux”), Werber entame celui de la fuite. Dans Le papillon des étoiles, il embarque 144 000 humains à bord d’un astronef pour un voyage de 1000 ans, en quête d’une seconde Terre pour y réimplanter la vie. Comme à son habitude, Werber utilise le prétexte de la science-fiction pour multiplier les réflexions sur l’être humain et la civilisation. Ici, l’interrogation est simple : l’Humanité peut-elle espérer un meilleur avenir ailleurs ? Changer de monde l’affranchira-t-elle de ses instincts autodestructeurs ? Le tout est traité de manière poétique, avec un audacieux parallèle entre passé et futur et une fin magistrale. Des pages qui se lisent d’un trait, et qui donnent à réfléchir une fois le livre fermé.

Le papillon des étoiles ; Bernard Werber, Éditions Albin Michel.




Humeur.
Flatulence

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Salon du livre de Casablanca, mercredi 13 février, 11h30. Les médias ont annoncé que l’antre de la culture littéraire avait été nettoyé de ses déchets wahhabites. L’esprit serait désormais libre de respirer un air pur. Même Christine Angot a fait le déplacement. La papesse de l’autobiographie littéraire scrute sans doute trop son nombril, mais il reste plus joli que celui d’Antoine Sfeir. Que de bonnes raisons d’aller renouveler son stock de beurre littéraire à étaler copieusement dans les dîners en ville. Ne serait-ce qu’une lichette, la 4ème de couv’ par exemple. Dans un stand banal, un ouvrage sur un présentoir. Avec ses couleurs électriques de comics américains, il vous hèle de loin. Vu de près, il fait moins mikhi. Son titre : Le livre des péchés majeurs. L’intitulé vous attrape à la gorge, la respiration se fait plus difficile. Page 49, on y apprend qu’il est interdit d’organiser des concours de pets car c’est manquer à ses devoirs de musulman. Le souffle se fait court. Le paradis nous serait-il fermé pour avoir joué gamin à qui ferait le plus de bruit avec son postérieur ? On sourit, cela doit être un livre de contes. Il est impossible que des penseurs aient poussé le souci scientifique jusqu’à se pencher sur des jeux de cours de récréation. On consulte la préface. L’auteur est mort et enterré depuis des siècles. Ouf, c’est une archive. Soulagement de courte durée. Deux barbus en tenue réglementaire achètent une dizaine d’exemplaires du livre. Est-ce pour offrir à leurs enfants ? Subitement, on suffoque...



Little rappeur
Dix piges à peine et déjà un premier album solo, c’est ce que prépare le petit MC Anou des Fez City Clan. Aussi patriote que tonton Bigg, il titre son album “MC ana maghribi”, et invite les Fnaire, Masta Flow, Fez City Clan, et d’autres membres de la famille rap à poser leurs voix dessus. Dans les bacs début mars.


Hoba Hoback
Après 3 mois d’absence scénique, les diffuseurs de la hayhattitude, Hoba Hoba Spirit, reviennent et jouent en avant-première leur 3ème opus, Trabando, à l’IF de Meknès le 22 février. Juste après, ils enchaîneront avec une date à Rabat et Casa, le temps que l’album soit mis en boîte.


Les voix de la femme
Najat Aâtabou, Aïcha El Waâd, Sofia Marikh, Assia, Sofia Mestari, Sofia Essaïdi et Joudia se réunissent sur scène, pour un concert en hommage à la femme, le 8 mars, au théâtre Mohammed V à Rabat. Les recettes du concert, baptisé “Les voix de la femme”, iront à la Ligue démocratique des droits de la femme.

 
 
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