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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le Maroc s’enrichira d’un
nouveau parc d’éoliennes.
(AFP)

Energie. Bon vent, le fuel

Cent soixante-cinq éoliennes dans les environs de Tanger. Ce sera le plus grand parc d’aérogénérateurs en Afrique avec 140 Mégawatts de puissance et une superficie de plus de 410 hectares. Gamesa, l’entreprise espagnole qui a décroché le marché lancé par l’ONE en octobre dernier, vient de signer avec l’Office pour le démarrage des travaux avant la fin du mois. Cette centrale, qui devrait être opérationnelle au cours du premier trimestre 2009, permettrait d’économiser l’équivalent de près de 120 000 tonnes de fuel par an, en plus d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 470 000 tonnes de gaz
polluants. Mieux encore, l’ONE n’apportera que 10 % à l’enveloppe d’investissement de ce projet estimée à 2,8 milliards de dirhams. Outre les Espagnols, ce sont la Banque européenne de l’investissement (BEI) et l’agence allemande de coopération financière (KFW) qui passent à la caisse. Ce nouveau projet sera ainsi le deuxième parc éolien, après celui de Koudia Al Baïda, dans la région de Tétouan, qui dispose de 84 turbines. Cette centrale a commencé la production réelle d’électricité en septembre 2000 avec une puissance de 50,4 MW. À noter que le Nord est un lieu idéal pour l’installation d’éoliennes. La région se caractérise par des vents réguliers avec des vitesses qui permettent une meilleure exploitation des aérogénérateurs. Néanmoins, d’autres projets de parc d’éoliennes sont prévus dans d’autres régions du pays, notamment à Essaouira.


Environnement. Nouvelle décharge pour Rabat

Les décharges de Akrach et Oulja ne seront plus qu’un lointain souvenir pour les habitants de la capitale. La concession de la gestion de la nouvelle décharge publique d’Oum Azza pour Rabat et sa région vient d’être accordée à la société Segedema, filiale du groupe français Pizzorno. La nouvelle unité, qui s’étend sur une superficie de 80 hectares, sera entièrement contrôlée. En d’autres termes, le traitement des déchets sera désormais industrialisé. Le coût de la concession s’élève à 1,3 milliard de dirhams, sur une période de 20 ans. Ces dépenses seront prises en charge par les villes de Rabat, Salé, Témara et Skhirat avec un appui financier du ministère de l’Intérieur, tuteur des collectivités locales. Ce projet s’inscrit dans le cadre du gigantesque chantier de l’aménagement de la vallée de Bouregreg dont la première étape, justement, est la dépollution du fleuve.


Télécoms. Maroc Telecom au Gabon

Et voilà que c’est fait ! Maroc Telecom vient de réaliser sa 3ème acquisition en Afrique. Cette fois-ci, elle rachète 51 % de l’opérateur historique du Gabon pour la somme de 61 millions d’euros. L’entreprise dirigée par Abdeslam Ahizoune s’engage également à investir quelque 100 milliards de francs CFA supplémentaires pour le développement de cette nouvelle filiale. À noter que Gabon Telecom a réalisé avec sa filiale mobile, Libertis, un chiffre d’affaires de 137 millions d’euros en 2006. L’entreprise compte un parc d’environ 250 000 clients du mobile (30% de parts de marché) et plus de 30 000 abonnés au fixe. Cette opération ne sera certainement pas la dernière pour Maroc Telecom. Prochaine étape : décrocher la troisième licence de téléphonie au Sénégal.


Banques Attijariwafa s’endette

Le “champion national” de la finance vient de lancer un emprunt obligataire pour lever quelque 2 milliards de dirhams. Un montant qui, selon la banque, sera affecté à financer les projets de développement à l’international à travers notamment le renforcement de sa présence au Maghreb et le développement des activités en Afrique Centrale et Occidentale. Par ailleurs, Attijariwafa prévoit un budget d’investissement de plus d’un milliard de dirhams en 2007. Un budget qui devrait permettre la création d’une centaine d’agences et la modernisation des infrastructures informatiques. Le taux fixé pour cette opération est de 3,85%. Un niveau qui représente une prime de risque entre 40 et 60 points.



Homo Economicus. Des chiffres et des politiques

Karim est haut cadre au très crédible Haut commissariat au plan, une administration coincée au fin fond du quartier administratif de Rabat. Son job : réaliser des études de conjoncture. Le genre de rapport qu’un Marocain normalement constitué jetterait au fond d’un tiroir. Il n’en à que faire, à part caler son armoire avec. Pourtant ces études ont une fonction autre pour Karim : fournir des diapos sur l’embellie économique en 2006, de vraies cartes postales pour bien bluffer son monde. Karim n’est pas démuni du sens de l’analyse pour autant. Il juge ses propres chiffres avec beaucoup de recul. Ses statistiques les plus récentes particulièrement. Il a bien entendu une confiance aveugle dans sa méthode scientifique. Elle est aux normes internationales, comme aime à le répéter son patron Ahmed Lahlimi. Mais en voyant ce taux de chômage inférieur à 10%, une performance comparable à celle de l’économie française en 2005, Karim n’en revient pas. “Ah ! c’est limite… limite. Si Ahmed ne va jamais gober cela !” Surtout qu’en révisant ses calculs, Karim est scandalisé. “300 000 emplois créés en 2006 et je n’ai même pas été foutu de trouver un meilleur job”, se lamente-t-il. Karim se réconforte en se disant que la présentation de ces chiffres devant son boss lui vaudra au moins d’être viré de ce travail pourri. Seulement, surprise ! Il pourra même être félicité. Car le boss, juste à côté, a mis la barre encore plus haut. Le taux de croissance du PIB passe miraculeusement de 7,3 à 8,1%. Cela se passe ainsi durant les années électorales… les mathématiques deviennent magiques.



OFF.

L’ONCF envisage sérieusement de mettre en place des lignes de TGV. Le fonds de soutien et d’études pour le secteur privé, résultat d’un partenariat entre le royaume et la France, se penche sur l’étude de faisabilité de la première ligne qui devrait relier Settat à Marrakech. Le projet s’il voit effectivement le jour, permettra de réduire la durée de ce trajet à 45 minutes seulement.

 
 
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