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Par Nadia Lamlili
Partis. Le PSU en ordre de bataille
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Mohamed Sassi et Mohamed
Moujahid, respectivement
membre du bureau politique
et secrétaire général du PSU.
(TNIOUNI /NICHANE)
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Les camarades du PSU entameront la bataille électorale avec un objectif majeur : obtenir une meilleure présence au Parlement. Pour cela, ils comptent fédérer tout le bataillon de gauche. Bon courage !
Le Parti socialiste unifié (PSU) peut se targuer d'être la première formation politique à avoir légalisé les courants d'idées en son sein. Lors de leur deuxième congrès national, qui s'est tenu il y a une semaine à Bouznika, les camarades ont examiné pas moins de six plates-formes, représentant autant de groupes différents. Les |
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divergences idéologiques sont-elles si importantes ? Pas du tout. Les six groupes partagent en fait le même référentiel. Mais chacun a ses priorités, précise Mustapha Meftah, fraîchement réélu au Conseil national.
Si la différence se limite à quelques nuances, pourquoi donc ce besoin d'institutionnaliser les courants d'idées ? En fait, cette officialisation recèle un enjeu stratégique. À la base, le PSU a hérité d'une mosaïque assez fragmentée de mouvements politiques (OADP, Action pour la démocratie, Fidélité à la démocratie, les Démocrates indépendants
). Le défi était de rassembler tout ce beau monde autour de valeurs communes, tout en veillant à respecter les positions de chaque composante. Pour éviter le danger des scissions, mal endémique des formations marocaines, les membres du parti ont instauré une règle toute simple : toute différence, aussi minime soit-elle, doit être exprimée en public et ses auteurs identifiés.
Mais le risque d'une telle démarche est d'ouvrir la porte à des contestations chroniques. Pour éviter ces marchandages perpétuels, toute plate-forme doit être soumise au Congrès, haute autorité politique, pour y être débattue puis votée. De cette façon, tout le monde se met d'accord sur les règles du jeu. Pas de coups bas, pas de militants opprimés.
À la fin de ce second congrès, c'est la plate-forme élaborée par la direction actuelle (Moujahid, Sassi, Meftah
) qui a été, sans surprise, élue. Elle a en effet raflé 73% des voix, devenant la plate-forme officielle du parti. Les supporters de cette charte ont obtenu 125 sièges au conseil national sur les 171 qui existent. C'est dire si les contours du futur bureau politique, qui sera constitué dans une semaine, sont déjà tracés. Idem en ce qui concerne l'élection du secrétaire général, qui devrait consacrer une certaine continuité, histoire de ne pas perturber la bataille de 2007 : la reconduction de Mohamed Moujahid est ainsi fort probable.
Revoir les pouvoirs du roi
Concrètement, chaque plate-forme est représentée dans le conseil national en fonction des votes qu'elle a recueillis. À titre d'exemple, la plate-forme initiée par Kamal Lahbib a recueilli 14% des voix, récoltant 23 sièges. Trait distinctif : l'intérêt accordé aux réformes institutionnelles. Nous disons que les grandes urgences du pays sont d'abord d'ordre social : chômage, pauvreté, droits de citoyenneté
Les réformes institutionnelles ne sont pas prioritaires, fait remarquer Kamal Lahbib. Pour ce courant, il est inutile de demander la réforme de la Constitution alors que la population n'arrive pas à vivre dignement.
Ce n'est pas l'avis de la plate-forme Moujahid & co, pour qui la réforme des pouvoirs du roi est la priorité des priorités. Sans réformes institutionnelles, les élections n'auront aucun sens, tonne un membre de ce courant. Nous revendiquons un gouvernement fort qui émane des urnes et qui exécutera son propre programme, non celui du roi. De cette façon, il pourra rendre des comptes à la fin de son mandat.
Même si les deux courants ont choisi de batailler ensemble, la différence entre leurs visions n'est pas négligeable. Elle se posera avec davantage d'acuité si le parti obtient un score conséquent aux prochaines élections. Comment le courant majoritaire de Moujahid se comportera-t-il si on lui propose d'intégrer le gouvernement ? Va-t-il décliner l'offre, vu ses positions arrêtées sur la réforme de la Constitution ? Nous pourrons participer au gouvernement si nous arrivons à obtenir la promesse que ces réformes auront lieu, tempère un membre de la direction. En fait, cette participation reste très improbable pour le parti. Mais le fait de l'évoquer permet de pousser l'équipe de Moujahid au bout de sa logique. Il en ressort que le PSU est de plus en plus ouvert sur les possibilités de tractations (avec le Pouvoir et la future majorité parlementaire). D'ailleurs, les entretiens officieux que les dirigeants du parti ont eus, il y a quelques mois, avec le ministère de l'Intérieur ont suscité beaucoup d'interrogations lors du congrès. Certains participants ont reproché à leur direction de ne pas les avoir associés au contenu des discussions. Le ministère de l'Intérieur nous a simplement exposé la situation électorale. D'ailleurs, et contrairement à d'autres partis (ndlr : allusion très claire au PJD), nous avons aussitôt communiqué sur cet entretien, justifie un dirigeant.
Les amis
et les autres
Pour l'instant, le PSU chercherait plutôt à se renforcer au Parlement, où il ne compte actuellement que 3 députés. L'objectif ultime serait de constituer un groupe parlementaire, et donc d'obtenir une vingtaine de sièges. Et pour cela, il compte s'allier aux autres partis de la gauche radicale, qui veulent participer aux élections. Ainsi, le PSU appelle à la formation de listes communes avec le PADS d'Ahmed Benjelloun et le tout jeune Parti socialiste d'Abdelmajid Bouzoubaâ. Quid du PPS et de l'USFP ? Avec le parti d'Ismaïl Alaoui, les compagnons de Moujahid disent avoir de très bonnes relations. Ce n'est pas le cas pour l'USFP, parti avec lequel un rapprochement serait difficile. Nous n'apprécions pas sa vision hégémonique. En plus, depuis Abderrahmane Youssoufi, ce parti préfère défendre le bilan de la majorité au détriment des idées de gauche, explique-t-on au sein du PSU. Partageant un passé commun, les deux formations préfèrent s'observer de loin et se contentent d'avoir des relations cordiales. Pour qu'il y ait convergence de points de vue, il faut que les amis de Moujahid arrêtent de nous taxer de gauche gouvernementale. Nous avons plus d'expérience qu'eux en matière de gestion. Nous savons qu'une réforme constitutionnelle ne diminuera pas le chômage et la pauvreté. Ce ne sont pas les lois qui font progresser le pays, rétorque Mohamed Lamrani, député de l'USFP. De quoi démoraliser ceux qui croient encore au grand parti de gauche. |
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Alliances. Les camarades musulmans
Si vous voulez provoquer un gauchiste du PSU, demandez-lui si son parti projette une alliance avec le Parti de la justice et du développement. Il vous répondra avec une rage à peine contenue que cette éventualité n'en est même pas une. Pour le PSU, le PJD est d'abord un adversaire. Et il le restera. Pour autant, les camarades ne mettent pas tous les islamistes dans le même sac. Ils disent ainsi entretenir de bonnes relations avec Al Badil Al Hadari et le parti de la Oumma, deux partis qui partagent les mêmes idées concernant la nécessité d'une réforme constitutionnelle. Comme le PSU, nous demandons un gouvernement fort et responsable, explique Mohamed Marouani du Parti de la Oumma, dont plusieurs de ses cadres viennent pourtant de la Chabiba Islamia d'Abdelkrim Moutii. Et la religion ? Dans sa plate-forme actuelle, la direction du PSU a laissé de côté ses orientations laïques, même si une grande partie de la base continue de les défendre. La direction actuelle considère la religion sous un angle positif. Je crois que nous défendons tous les deux un islam progressiste, qui accorde de l'importance à la raison et à la jurisprudence, et non un islam rétrograde, associé à l'immobilisme, poursuit Marouani. Un rapprochement politique est-il envisageable ? La décision reviendra au congrès du Parti de la Oumma, qui devrait avoir lieu fin avril. Les gauchistes et les islamistes vont peut-être enfin enterrer la hache de guerre
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