Menace terroriste. Faut-il avoir peur ?
Partis. Le PSU en ordre de bataille
État civil. Prénoms non grata
Société. Profession : fossoyeur
Identité. L'hymne et la bannière
Tendance. La Cigale, sans la fourmi
Histoire. Qui se souvient d'Aghbalou ?
France. Le testament de Chirac
Distribution. Hanouty, les "pisris" new look
Phénomène. Radio Romance
Khalid Zekri. "L'écriture de soi"
Parution. Des oiseaux en pages
N° 262
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Souad Bouhati
(AFP)

Cinéma. La révolution jeune

Du jamais vu. Le fonds d’aide, dans sa session de février, n’a accordé d’avances sur recettes qu’à des premiers films. “Quoi de plus normal pour un pays jeune, au cinéma encore jeune”, nous lâche ce cadre du CCM. La surprise est, dans tous les cas, belle. Sur les cinq cinéastes subventionnés, on note la présence de deux femmes, toutes les deux MRE : Souad Bouhati (avec Française) et la revenante Myriam Bakir (avec Leila). à noter que cette dernière a été révélée, dès 1995, avec une série de courts-métrages et que de toute la génération d’alors (les Lakhmari, Legzouli, Ferroukhi), elle était la seule à ne pas avoir
basculé au long métrage. Aujourd’hui, c’est chose faite. Les trois autres projets sont signés Mohamed Ahed Bensouda (Histoire d’un lutteur mchaouchi), dont les courts étaient prometteurs, Nassim Abassi (Majid) et Mohamed Mernich (Tamazight oufella). Rayon courts, les avances ont été accordées à deux projets : Rêve-éveil, du plutôt chevronné Ali Tahiri, et Rires en larmes de Mohamed Lebdaoui. Le long métrage, Le jeu de l’amour, de Driss Chouika, a également obtenu une avance “après-production” puisque le film a déjà été monté. La cagnotte de cette session de février a été, au total, de 13 700 000 DH. La plus forte avance a été accordée à Française de Souad Bouhati avec 3 500 000 DH. Le deuxième plus gros score après le record de 4 000 000 DH accordé à Faouzi Bensaïdi pour son What a wonderful world.


Sortie. La Môme piaffe

C’est qu’elle fait tourner la tête, la petite Marion Cotillard dans la peau d’Edith Piaf. À quelques coups de blush près, elle est juste, - que dis-je ?- époustouflante. Elle est La Môme, jusqu’au bout des ongles, dans ses grandeurs, ses excès, ses faiblesses et ses amours. Une véritable performance dirigée oar Olivier Dahan qui, en réalisant ce film, relevait le pari impossible. Faire un film par définition populaire – au passage son genre de prédilection - sur une légende idolâtrée, tout en évitant de sombrer dans le misérabilisme auquel peut d’ailleurs facilement prêter le tragique destin d’Edith Piaf. Petite fille, abandonnée par ses parents, qui a grandi dans un bordel et qui à 40 ans, en faisait 60. Star adulée par tous et pourtant seule. à en croire les puristes du cinéma français, Olivier Dahan a raté le coche. Et le mérite, tout le mérite revient à Cotillard et à sa performance. Il y a probablement du vrai dans tout cela, toujours est-il que la môme Edith est ressuscitée le temps d’une séance ciné. Et puis, il y a Paris. Le Paris d’une époque révolue.

La môme, au Mégarama.



One man show. Gad revient

La dernière fois qu’il l’a joué sur une scène marocaine, croyant bien faire, Gad El Maleh improvisait une marocanisation in extremis de L’autre, c’est moi. Il a réintroduit une certaine madame Tazi dans le show, joué vite fait le sketch du ski - jugé trop franco-français - et saupoudré le reste de quelques références marocaines. C’était à sa première représentation au Mégarama de Casa. Résultat, la perfection de son jeu était -disons- entamée. Mais il suffisait de le lui demander pour que le Gad remonte son Bryan sur scène… et en tournée.

Le 12 et 13 mars au Mégarama, 14 et 15 au Mégarama de Marrakech une dernière représentation,
le 17 au théâtre Mohammed V de Rabat.



Festival. L’Afrique au féminin

Une exposition d’art africain au Théâtre royal, un village dédié aux secrets de beauté de la femme africaine sur la place Jamaâ el Fna, des concerts à la Menara et une conviction pour emballer le tout : les femmes sont le cœur de l’Afrique. C’est en somme le message du Women of Africa festival, nouvel arrivant dans le paysage festivalier de Marrakech, promis pour avril 2007. Une première édition on ne peut plus militante avec, entre autres, les divas sud-africaines Lorraine Klaasen et Miriam Makeba, pionnière world, militante anti-apartheid et épouse du black panther Stokely Carmichael. Egalement au programme, la Capverdienne Maria de Barros, la Camerounaise Kaissa et, ambassadrices de la féminité marocaine, Oum et Najat Aatabou (…). “Nous voulons encourager la coopération sud-sud, mais aussi mettre en avant des sujets sensibles qui touchent la femme, comme l’excision ou les violences au sein de la famille, au travers de tables rondes”, explique Jamila Diani, instigatrice de l’événement. La lutte continue.


Patrimoine. À la gloire de l’Hay

Le conseil de Casablanca a vraisemblablement décidé de prendre en main le destin de Hay Mohammadi. Double preuve à l’appui. La première s’appelle Cinéma Saâda. Bientôt, de toutes ses congénères casablancaises, la légendaire salle de l’hay sera la plus belle ! Enfin pas dans l’immédiat. C’est toute juste une idée, suggérée par l’association voisine “Mountada Saâda”, financée par le conseil de la ville – qui propose de racheter le bâtiment auprès des héritiers – et soutenue par les ministères de la Communication et de la Culture, et le Centre cinématographique marocain. L’autre preuve est un bâtiment inachevé et abandonné, propriété de la ville que le conseil entend recycler en Dar El Ghiwane. Un musée consacré aux arts populaires. La Fondation ONA serait partante pour financer les travaux. Si ça se trouve, on finira peut-être par sortir l’autre dossier des tiroirs. Vous savez, ces vieux abattoirs !


Coup de coeur. Irrévérence en prose

Vingt-cinq ans de révolte contre tous les dogmes et les interdits, toutes les morales et les certitudes, concentrés dans un recueil à mi chemmin entre la poésie et la prose. C’est hardi. Irrévérencieux, d’autant que ces proses se révèlent, au fil des pages, de plus en plus impudiques, libertines, scandaleusement choquantes pour les oreilles chatouilleuses. Soit, mais on aime et on sourit, au moins une fois, à chaque texte. Habib El Amrani n’aurait pas pu trouver meilleur titre à son ouvrage. “En toute irrévérence”, refusé par les éditeurs marocains et français, mais qui a fini par trouver preneur auprès de Biliki, une maison d’édition belge spécialiste de la vente online. Le poète qu’on disait anticonformiste, anarchiste, antisioniste, anti-islamiste, hédoniste et “athégriste”, il y a quelques mois, a ajouté un dernier adjectif à la liste : jusqu’auboutiste.

En vente sur biliki.com



Mghrib Music Awards. Un mois plus tard

Initialement prévue pour le 24 février courant, Mghrib Music Awards, la cérémonie de récompense lancée par le webzine Nextline.ma, en décembre dernier, est reportée à fin mars, pour “éviter toute confusion” avec sa concurrente, Motorola Music Awards, fixée au 22 du même mois. Les internautes devront donc patienter jusqu’au 24 mars – ou le 31 – pour le verdict final du vote. “On attend la confirmation du théâtre quand à la disponibilité de la salle, même si on préfère le 31. ça nous permettrait de maintenir la programmation. Le 24 nous priverait de quelques groupes qui partent en tournée”, résume Meryem Saâdi, l’une des têtes pensantes de l’événement. Joignant l’utile à l’agréable, le comité d’organisation a décidé de reporter du même coup la date de clôture des votes (30 000 aujourd’hui). Des retardataires ?


Télé. Strip-tease marocain

Meknès, dans le magasin de disques de Faouzi, repaire des musicos de la rue de Paris, les H-kayne pestifèrent contre le piratage. Entre deux coups de colère et un sarcasme, Azeddine lâche : “J’ai retrouvé nos deux albums en vente à 2 DH chacun”. Quelques séquences plus loin, le même Azeddine est dans sa salle de bain. Il entame la journée par une pique lancée à Hatim, au passage aussi son coloc. Azeddine, c’est le sang chaud du groupe. C’est la caméra d’AJi Tchouf qui vous le dit. L’adaptation marocaine de l’émission belge Striptease a évité le piège du voyeurisme, reproché parfois à la version mère, pour proposer une immersion hebdomadaire de 26 minutes dans des parcours singuliers. Des portraits très indiscrets !

Les dimanches, à 13h30 sur la TVM.



Première. Dakhla présente

C’est Dakhla qui ouvrira dorénavant le bal des festivals de plein air. Des fois, c’est dernier arrivé, premier servi ! Première édition du 9 au 12 mars 2007 avec -évidemment - Darga, Hoba Hoba Spirit, H-Kayne et Amarg Fusion pour la nouvelle scène. Nass El Ghiwane inaugureront leur album comeback, sur scène. Un brin de nostalgie avec les Gipsy Kings. Du grand jazz avec l’octogénaire aux cinquante disques – et franchement amoureux du Maroc - Randy Weston, et la mauritanienne Dimi. Notez aussi dans le tas, compét de sports de glisse, spectacles de rue et un mini-festival de courts-métrages et documentaires, autour de la mer. Quand une ville n’a jamais eu de festival, on le sait, le premier est un peu fourre-tout. Mais on s’en fout. Go south !


Le livre.

Dans une cité HLM de la banlieue française des années 60, un adolescent, à l’imagination débordante, raconte, sa “déperdition”, dans une journée à mi chemin entre la réalité de son monde et les délires de son imagination. Il se perd entre l’insouciance des 60’s et ses questions existentielles, entre ses pulsions sexuelles et ses amourettes platoniques d’avant la puberté, entre la dissection d’une sauterelle récalcitrante, à l’anatomie compliquée et le fantasme d’un ami, à l’instinct destructeur qui projette de plagier le meurtre de Kennedy. Le tout écrit du bout d’une plume épurée et délicieusement précise. Un beau jeudi pour tuer Kennedy est le genre de roman qu’on regarde. Le genre à finir sur grand écran.

Un beau jeudi pour tuer Kennedy ; Daniel Picouly, Éditions Grasset.




Humeur.
Hannibal le cannibale

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Un élu de l’USFP a mordu à la joue le vice-président RNI du conseil communal de Fès. Ce n’est pas une blague, mais une vraie information qui risque de décrédibiliser encore davantage la classe politique. En effet, un électeur potentiel risque d’y réfléchir à deux fois avant d’aller jeter son bulletin dans l’urne. Un représentant de la nation qui se prend pour Mike Tyson, c’est limite, tout de même. D’autant plus que Tyson avait au moins de bonnes raisons de jouer à Rex le chien. Il combattait pour un championnat du monde des poids lourds. Au risque de choquer les pacifistes, c’est un excellent mot d’excuses pour les fans de sport. Le canidé de l’USFP n’avait quant à lui aucun motif valable. Il a confondu son homologue du RNI avec un os à moelle pour une histoire de gestion de parking. Si ça continue ainsi, les salles de conseils communaux vont devoir accrocher des pancartes : “attention chien méchant”. Mais que l’on se rassure, on sait se tenir dans les hautes sphères de l’USFP. Même s’il a une tête de bouledogue, Mohamed Elyazghi, chef de la formation de gauche, aboie plus qu’il ne mord. Son programme politique ressemble d’ailleurs à une vieille femme édentée qui voudrait bouffer tout cru un steak. Aucun combat d’idées. Même pas de combat tout court. On en vient presque à regretter l’époque où tous ces hommes de gauche étaient de véritables chiens enragés. Désormais, ils ne croquent plus les fesses de l’establishment. Ils les lèchent comme de gentils toutous…



Court et animé
Le Ficam récidive avec une deuxième édition du grand prix Aïcha de l’animation. Pour rappel, l’année dernière, c’est Famila de Nazih Bahraoui qui le remporttait. Son court sera d’ailleurs à la prochaine édition du FICAM. Le dépôt de candidatures est ouvert jusqu’au 20 avril. Plus d’info au : www.ambafrance-ma.org/ficam


Neuromotor sound
Après les Underground Impact I et II, nouvelle teuf chez les adeptes de l’électro. “Deep Sounds” qu’elle s’appelle, et elle s’offre comme tête d’affiche le pionnier de la scène Psy-trance française Neuromotor, et 3 Djs locaux. Samedi 24 au Sunset Club à 22h.


Le Doc à Marrakech
Doc Gynéco et Gérard Jugnot ont atterri en début de semaine à Marrakech, pour le tournage de “Ali Baba et les 40 voleurs”. Téléfilm en deux parties de Pierre Aknine (Jean Moulin avec Francis Huster) produit par TF1. Jugnot sera Ali Baba. Doc, lui, sera le génie. Enfin, c’est que de la télé. Dans la vraie vie, il vote plutôt Sarkozy.

 
 
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