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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le nouveau contrat-programme
devrait booster le secteur
de l’artisanat.
(TNIOUNI / NICHANE)

Artisanat. Vision 2015 : Le compte à rebours est lancé

Le contrat-programme pour l’artisanat est désormais officiellement lancé. Le gouvernement, la Fédération des chambres d’artisanat et la toute jeune Fédération des Entreprises d’Artisanat (FEA) ont signé cette semaine, en présence du souverain, ce plan stratégique. Une “vision 2015” qui devrait, entre autres, multiplier par 10 le chiffre d’affaires à l’export du secteur. Pour mener à bien les différentes actions de ce contrat-programme, une enveloppe de 2,8 milliards de dirhams est nécessaire. Et ce sont plusieurs intervenants qui devront mettre la main à la poche. Ainsi, le département de l’Artisanat consacrera chaque
année 70 millions de dirhams de son budget d’investissement pour l’artisanat. L’OFPPT apporte de son côté 100 millions de dirhams sur 4 ans, pour la mise à niveau des établissements de formation. Le secrétariat d’Etat chargé de la formation professionnelle passera lui aussi à la caisse. Il participe à hauteur de 100 millions de dirhams au niveau du programme de la formation des artisans par apprentissage. L’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME) apporte 66 millions de dirhams pour le volet expertise et assistance aux 300 sociétés structurées qui devraient composer le secteur à terme (contre une centaine actuellement). Côté dépenses, le gros de l’effort sera consacré à la promotion qui devrait coûter plus de 1,6 milliard de dirhams sur une période de 9 ans. Cette activité sera assurée par la Maison de l’Artisan (MDA), qui a connu récemment une restructuration globale.


Investissements. Nouveau record en 2007 ?

L’année 2007 démarre sur les chapeaux de roue en matière d’investissement. La semaine dernière, la commission d’investissement présidée par Driss Jettou (pour sa première réunion de l’année) a examiné sept projets pour une enveloppe d’investissement d’environ 10 milliards de dirhams et 3000 emplois à la clé. La particularité du cru 2007 réside essentiellement dans l’afflux de l’investissement national. Outre le projet CasaShore, lancé par la CDG, d’autres entreprises marocaines mobilisent des montants importants. C’est le cas de Maghreb Steel qui devrait lancer un complexe de laminage pour un montant de 1,5 milliard de dirhams. Autre investissement remarqué : celui de la société Sopar, appartenant à la famille Kettani (les ex-propriétaires de Wafabank), qui marque son retour sur la scène.


Sodea/Sogeta. La deuxième tranche en mars

Le gouvernement vient de finaliser cette semaine les préparatifs pour le lancement de la deuxième tranche de la cession des terres de Sodea-Sogeta. L’appel d’offres, prévu pour le mois de mars, est destiné à mettre en location 40 356 hectares de terres agricoles. Une circulaire a déjà été réalisée le mois dernier. Son plus important apport est la création d’une commission interministérielle de suivi des réalisations de projets. Ainsi, en cas de non respect des engagements du locataire, cette commission peut rompre le contrat de location ou accorder un délai supplémentaire. À rappeler que la première tranche avait concerné 44 902 hectares, pour un investissement de 4,7 milliards de dirhams. 173 projets ont été attribués et 17 000 devraient être créés. Il n’empêche que le processus de cette première tranche n’a pas été épargné par les critiques surtout de la part de certains investisseurs étrangers.


Bourse. Les introductions devraient se poursuivre

La première introduction en Bourse de l’année, Matel PC Market, a été couronnée de succès. La période de souscription a été même clôturée par anticipation et le marché se fait l’écho d’un nouveau record de sursouscription qui avoisinerait les 100 fois. Un signe encourageant pour les introductions à venir, surtout auprès des PME. D’ailleurs la société de Bourse Finergy, qui avait accompagné les deux dernières années l’introduction de trois entreprises de taille moyenne (Médiaco, Cartier Saâda, SRM), promet pour l’année en cours l’arrivée d’au moins trois autres de taille comparable. D’autres opérations plus importantes seraient également en cours de préparation. L’on parle d’ailleurs de la mise sur le marché de la banque d’affaires CFG, qui serait évaluée à quelque 500 millions de dirhams.



Homo Economicus.
Hjira blanche

Fatima a failli avaler sa langue à force de la faire tournoyer entre ses dents, aussi rouillées que sa paire de ciseaux. Mais les “you you…. Yiiii” de la couturière sont amplement justifiés. Le jour est à marquer d’une Hjira blanche. Le ministre de l’Habitat himself est venu lui rendre visite dans son trois pièces moins quart du quartier Oued Fès. Un taudis des temps modernes qui a été financé par le Fonds de garantie pour les revenus irréguliers et modestes (FOGARIM). Et youpi : Fatima est l’heureuse titulaire du 15001ème dossier approuvé par ce mécanisme… L’un des rares instruments intelligents instaurés par l’Etat pour encourager l’acquisition d’un logement par les travailleurs de l’informel. Bref, selon l’annonce officielle, Fatima doit empocher 60 000 DH. De quoi attiser quelques jalousies dans le quartier. “Wili, elle n’est ni la 1ère ni la 15 000ème qui est allée chez le Fogarim”, lance la voisine (propriétaire du dossier FOGARIM n° 10 000). Une voisine qui, faute de pouvoir s’en prendre à l’Etat, s’est rabattue sur le linge de notre Fatima. Cette dernière n’est pas au bout de ses peines. Elle qui pensait encaisser 60 000 dirhams sonnants et trébuchants ou au moins une réduction sur le coût de l’acquisition de sa piaule (le cadeau représente près de 5 ans de traites qui vont durer 20 ans), se retrouve avec un bon d’achat, offert par Attijariwafa, pour des articles de mobilier. Pour ce revenu irrégulier et modeste, le salon à six plaques chez Kinetic n’est pas une obsession. Ses deux canapés “seddaris” et sa table à support en ciseaux (Tefor) font très bien l’affaire. Après tout, Fatima ne recevra pas tous les jours un ministre… sauf s’ils sont tous piqués par la mouche électorale.



OFF.

Altadis doit le maintien de son niveau de rentabilité à sa filiale marocaine. Le fabricant de cigarettes franco-espagnol a réalisé à fin 2006 des performances financières quasi équivalentes à celles de l’année d’avant. Et c’est la Régie des Tabacs marocaine (dont Altadis est désormais l’unique actionnaire) qui enregistre les meilleurs taux de croissance. Par exemple, la distribution de cigarettes au Maroc a progressé de 3,7% alors qu’elle a reculé en Espagne de près de 2%.

 
 
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