Menace terroriste. Faut-il avoir peur ?
Partis. Le PSU en ordre de bataille
État civil. Prénoms non grata
Société. Profession : fossoyeur
Identité. L'hymne et la bannière
Tendance. La Cigale, sans la fourmi
Histoire. Qui se souvient d'Aghbalou ?
France. Le testament de Chirac
Distribution. Hanouty, les "pisris" new look
Phénomène. Radio Romance
Khalid Zekri. "L'écriture de soi"
Parution. Des oiseaux en pages
N° 262
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Lee Murray, dont le Maroc
négociait l’extradition.
(AFP)

Maroc - Royaume Uni. Le Sahara… et le reste

Et de trois pour la Dream team en charge de la promotion, à l’international, du plan marocain d’autonomie du Sahara. Mardi 22 février, Yassine Mansouri, Fouad Ali El Himma, Chakib Benmoussa et Taïb Fassi Fihri étaient en Grande-Bretagne, pour la troisième étape d’une tournée qui devrait encore les mener en Russie, en Chine et aux Etats-Unis. À Londres, la délégation marocaine a été reçue par un groupe de parlementaires, essentiellement issus du cercle d’amitié maroco-britannique. C’est donc sans surprise que le plan marocain a été considéré comme “hautement constructif” et que Chakib
Benmoussa s’est félicité, à son retour à Rabat, du “grand intérêt qu’accordent les autorités britanniques au plan proposé par le Maroc”. Finalement, il n’y a donc pas eu de rencontre avec Tony Blair, mais la délégation marocaine a quand même pu toucher le ministre britannique des affaires étrangères et son chargé des affaires du Moyen-Orient. À noter également cet aparté entre Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, et son homologue britannique. Au centre des négociations : l’extradition de Grande-Bretagne de Mohamed El Guerbouzi, accusé de terrorisme par l’Etat marocain, en échange du transfert de Lee Murray, arrêté récemment dans un centre commercial de Rabat. Accusé d’être derrière d’un braquage de 100 millions de dollars en Grande-Bretagne, Lee Murray a été jugé pour constitution de bande de malfaiteurs au Maroc. Il a finalement écopé d’une peine de huit mois et devrait normalement recouvrer la liberté dans quelques jours.


Congrès. Et les sifflets vont à…

Le congrès du PSU, tenu le week-end dernier à Bouznika, n’a pas fait le bonheur des nombreux invités de marque. Ainsi, et au moment des présentations, des sifflets accompagnaient les noms de Abbas El Fassi, numéro un de l’Istiqlal, et de Driss Lachgar, dirigeant de l’USFP. “Cela ne traduit pas la position réelle des congressistes”, rectifie ce membre du PSU, qui met les huées sur le compte des diplômés-chômeurs présents, durant la soirée inaugurale, dans la salle du congrès. À signaler par ailleurs que, comme prévu, le PSU a refusé d’inviter le PJD, “parce que ce parti n’a (toujours) pas le visage d’un parti démocratique”, nous explique ce membre du comité organisateur.


Quota. Les femmes insistent !

Le “Mouvement pour le tiers des sièges au Parlement”, composé de militantes féministes, ne baisse pas les bras. Malgré l’échec de ses tentatives pour amender la loi électorale, il continue de faire du lobbying en programmant des tournés de sensibilisation à travers tout le pays. Ces tournées, organisées en partenariat avec l’Union Européenne, se termineront en avril. “Nous irons dans plusieurs villes pour initier un débat sociétal sur la participation des femmes à la politique”, explique Khadija Errabah, membre de l’Association démocratique des femmes du Maroc. Prochain défi : les communales de 2009, considérées par ces dames comme la “vraie pépinière de la démocratie”.


Haschich. Tahona silencieuse

Arrêté le 3 février dernier, Mustapha Echeeri, connu aussi sous le sobriquet Tahona, a comparu devant le juge d’instruction près la Cour d’appel de Tétouan. Sur instruction du juge Jamal Serhane, le baron de la drogue, qui a fait un passage obligé par Témara, avant d’être confronté la semaine dernière avec un confrère, Chrif Bin Louidane, n’aurait pour l’instant dénoncé que du menu fretin. Ses révélations ont en effet essentiellement concerné des seconds couteaux de nationalité espagnole. L’arrestation récente à Tanger d’un certain Bourayhane, ancien trafiquant de drogue reconverti en intermédiaire entre magistrats, policiers et trafiquants de drogue, devrait relancer la suspicion autour de l’implication de responsables sécuritaires dans le trafic de drogue.


Cinéma. MFD 2007, ça tourne !

On connaîtra bientôt les heureux élus de Meda Films Development 2007, lancé par Nabil Ayouch pour accompagner dix tandems de producteurs-scénaristes méditerranéens sur un projet de fiction. Financé à 20% par la Fondation FIFM et à 80% par l’UE, MFD 2007 fait partie du programme Euromed Audiovisuel II, lancé en 2006 pour trois ans, avec un budget de 15 millions d’euros. “Deux nouveaux partenaires, le Centre national cinématographique français et le European Audiovisual Entrepreneurs sont entrés dans le projet pour 2007”, annonce le cinéaste. Sur les 44 dossiers remis, soit 15 de plus que l’an dernier, le Maroc est bien représenté avec 6 candidatures. “Le fait que MEDA soit porté par Nabil Ayouch n’implique pas de quota pour les dossiers marocains”, précise toutefois Safaa Kaddioui, chargée des activités culturelles de l’UE au Maroc. Verdict début mars.


Cocasse. Nabil et l’hurluberlu

Vendredi 16 février, théâtre Mohammed V, Rabat, ouverture du congrès du Parti socialiste unifié (PSU), . Le premier rang est naturellement réservé au gratin politique du royaume. Mais dès le début, un inconnu s’installe résolument à côté de Nabil Benabdellah, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Les organisateurs du congrès lui envoient un, puis deux, puis trois émissaires pour l’inviter à changer de place. Rien à faire, l’homme refuse de bouger, agite les bras et émet des borborygmes inintelligibles, de plus en plus forts… Au point que le quatrième émissaire ne lui demande plus qu’une chose : se taire. Peine perdue. Au bout d’une heure trente de beuglements de son voisin, c’est le pauvre Benabdellah qui, à bout de nerfs, finit par décamper. L’hurluberlu, lui, restera jusqu’à la fin, une heure plus tard.


Merzouga. Catastrophe pas naturelle

Une dizaine d’auberges, quelques maisons de particuliers et une partie de l’ancienne médina de Merzouga ont été emportés par des inondations l’été dernier. Les propriétaires ont longtemps attendu pour être indemnisés. En vain, car aucune compagnie d’assurances ne rembourse les dégâts causés par des catastrophes naturelles. “Soit, répond cette propriétaire d’auberge, mais il y a de fortes chances que les inondations soient causées par des défaillances techniques du barrage de rétention avoisinant. Si cette thèse se vérifie, l’argument de la catastrophe naturelle ne tient plus et la responsabilité de l’Etat sera clairement engagée”. Il est vrai qu’un barrage qui fuit, ça fait désordre.


Justice. Assassin sous influence

Tout le monde se rappelle du crime odieux perpétré à Rabat contre un diplomate italien et son épouse, le 19 septembre dernier. Karim Zimach, auteur de ce double assassinat, vient d’être condamné, mardi dernier à Salé, à la peine de mort et au paiement d'un dirham symbolique de dommages et intérêts à la partie civile. Le criminel, âgé de 25 ans, arrêté au lendemain des faits à Rabat (alors qu’il déambulait tranquillement au volant de la voiture de la victime), a confié aux magistrats de la Chambre criminelle de la Cour d'appel de Rabat, qu’il a commis ces meurtres sous l'effet de la drogue.


Hommage. Adieu Basri

Non, ce n’est pas celui à qui vous pensez. Ahmed Mohamed Basri était un grand comédien, “et enfant de Meknès”, comme le spécifie l’un de ses fans pour marquer la différence avec son célèbre homonyme de Settat… Basri, donc, s’est éteint cette semaine à Rabat à l’âge de 69 ans. Il laisse derrière lui une collection de pièces de théâtre et de feuilletons radiophoniques, un genre pratiquement en voie de disparition. C’est lui, notamment, qui avait écrit la fameuse “Chraâ aâtana arbaâ (la charia nous a donné droit à quatre femmes)”, une pièce de théâtre culte. Le défunt avait également joué dans plusieurs films, accompagné et aidé à l’éclosion de plusieurs talents. Exemple du cinéaste Ahmed Boulane, qui dit aujourd’hui de lui : “Sans Si Mohamed (Basri), je serai peut-être resté un chanteur de chorale ou un mécano (…)”.


Politique. Tanger ne réussit pas à l’USFP

AAprès Fathallah Oualalou, ministre des Finances, qui a été récemment accueilli à son arrivée à la chambre de commerce de Tanger par une foule mécontente d’ouvriers licenciés, c’était cette semaine au tour de Habib El Malki, autre usfpéiste et ministre de l’Education nationale, d’essuyer la colère des étudiants tangérois. Ces derniers ont bloqué le passage du convoi ministériel et obligé le ministre ittihadi à quitter son carosse pour écouter leurs doléances. Après quelques promesses et de larges sourires, le ministre a pu repartir en paix. Mais le lendemain, certaines voix (et même des plumes sur les colonnes de la presse du parti) se sont élevées pour accuser le wali Mohamed Hassad d’être derrière ces manifestations contre les ministres ittihadis. Ça craint.


Terrorisme. Mansouri à Paris

Yassine Mansouri, patron de la DGED, devrait se rendre à Paris pour assister à une réunion au sommet des patrons des services de renseignement de huit pays (le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie). La rencontre débouchera sur un plan de travail censé démanteler les cellules jihadistes en Europe et les couper de leurs bases arrières au Maghreb. En plus clair, les services occidentaux craignent d’être la cible de prochains attentats, censés être dirigés essentiellement contre des objectifs français et américains au cours des prochaines semaines.


Sport. On a décroché le Mondial !

A défaut d’un Mondial de football, le Maroc vient de décrocher pour 2010 l’organisation du championnat du monde… de ski pour journalistes. “Au départ c’était la Belgique qui partait favorite, mais il y a eu un revirement de dernière minute”, explique le journaliste Najib Salmi, qui revient de Font-Romeu où il a représenté le Maroc à l’assemblée générale de l’association internationale de la presse sportive, initiatrice de l’évènement en question. Cette compétition, qui existe depuis 1953, connaît chaque année la participation de plus de 200 adeptes de la glisse, dont de nombreux patrons de groupes de presse. “C’est une excellente occasion de lier des contacts avec des confrères venus d’un peu partout”, ajoute Najib Salmi. Avis aux amateurs !


Drogue. Coke en stock à El Jadida

On croit revivre un remake : après les 7 tonnes de cocaïne qui avaient envahi quelques plages marocaines en 1997, nos côtes viennent encore de recevoir une nouvelle cargaison de poudre blanche rejetée par la mer. Des pêcheurs ont en effet découvert, tôt dans la matinée du dimanche 18 février, près d’une vingtaine de kilos de cocaïne sur la plage d’El Jadida. La”marchandise”, qui était emballée dans des sacs en plastique, a été saisie par une patrouille de police alertée par les pêcheurs. Reste à savoir d’où provenait la cargaison…



3 questions à
Nabil Benabdellah
[Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement]


Le gouvernement a officialisé la tenue des élections législatives pour le 7 septembre. Pourquoi cette date ?
Nous n’avons fait que respecter les échéances électorales. Le 7 septembre correspond tout simplement à la clôture des cinq années d’exercice du gouvernement. Sans oublier que cette date se rapproche de celle choisie pour les élections précédentes de 2002. Nous aurions pu, malgré tout, décaler la date, mais cela aurait coïncidé avec le mois de ramadan.

Des élections en septembre impliquent que la campagne électorale aura lieu en plein mois d’août. Ne craignez-vous pas une désaffection de la majorité des électeurs ?
Il faut souligner qu’il n’y a qu’une partie de la campagne qui aura lieu à la fin du mois d’août. L’essentiel aura lieu début septembre, ce qui coïncide avec la rentrée pour tout le monde et devrait nous valoir une mobilisation plus importante des électeurs potentiels.

Ce choix ne risque-t-il pas de favoriser certains partis au détriment d’autres ?
Pas du tout. Je ne pense pas que cela aura une incidence majeure sur le processus électoral. Il fallait choisir une date, le gouvernement a donc pris ses responsabilités et a tranché, en évaluant les avantages et les inconvénients qui découlent de ce choix. Le tout, bien sûr, en accord avec les formations politiques du pays.


Télévision. La darija en question

C’est un débat passionnant que nous promet Jamaâ Goulahcen, présentateur de l’émission “Moubacharatan Maâkoum” sur 2M. Pour (quasiment) la première fois, la télévision marocaine soulève le débat autour de l’usage de la darija dans les médias et dans la production culturelle et artistique. Pendant une heure trente, des intervenants triés sur le volet défendront leurs points de vue, forcément opposés, sur la question. “C’est un débat inévitable avec l’apparition de nouvelles formes de création artistique”, affirme Goulahcen. Moubacharatan Maâkoum, c’est le mercredi 28 février à partir de 21 h 15, et c’est sur 2M. Allez, on fait même la bande-annonce !


Coopération. Généreux, l’Oncle Sam

Dans un document détaillant les prévisions budgétaires pour l'année fiscale 2008, le Département d'Etat américain a demandé d'allouer au Maroc une assistance de 29,05 millions de dollars, pour soutenir “le partenariat avec le Maroc, un pays qui se démocratise et se libéralise, un acteur important dans la guerre globale contre le terrorisme et qui est vital pour les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient”. Le rapport s’appuie notamment sur les réformes opérées dernièrement (Code la famille, loi sur les partis…). À titre de comparaison, le département d'Etat n’a demandé que 4,76 millions de dollars pour la Tunisie et 2,88 millions pour l'Algérie.


Khénifra. La neige, encore !

Les régions d’Anfgou, d’Anemzi et de Tounfit (province de Khénifra) sont à nouveau sous la neige. Des chutes en grandes quantités, “les plus importantes depuis la catastrophe de décembre dernier”, selon des sources locales. Plusieurs axes routiers et quelques pistes de montagne ont, à nouveau, été coupés. Mais cette fois-ci, les associations locales ont été promptes à se mobiliser. “Des médicaments et des traitements d’urgence ont été acheminés aux habitants en prévision des chutes de neige, c’est déjà bon signe”, affirme une source associative à Tounfit, qui poursuit : “Il faut rester vigilant et aller régulièrement aux nouvelles des populations bloquées par la neige, pour éviter une nouvelle catastrophe”. Cette fois, Messieurs les responsables, vous êtes prévenus.



Humeur. Repères

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Il suffit de pas grand-chose pour faire le bonheur d’un honnête homme. Un verre de lait sur la table et un exemplaire de France-Football entre les mains. Pour commencer bien sûr… Sérieusement, le France-Football nouvelle formule, que j’ai lu comme une lettre d’amour (vite, vite, et en relisant jusqu’à l’écoeurement les passages les plus forts), me laisse perplexe, désemparé, partagé. Mais heureux. Mon bi-hebdomadaire favori en est à peine à sa 4ème maquette en 60 ans. Quelle leçon de sérénité. Quel réconfort pour tous les lézards du monde, qui ne changent de veste ou d’opinion que tous les 15 ans. Le plus beau, c’est cette phrase que la référence mondiale du journalisme sportif (et du journalisme tout court), le journal qui a créé le concept du Ballon d’or, glisse dans l’édito qui explique le changement : “France-Football propose une nouvelle formule pour mieux trouver le chemin de ses lecteurs”. Difficile de faire plus humble, simple et extrêmement percutant. Et comment résister à l’envie de vous faire goûter à cette formule si belle, à laquelle je ne suis pas sûr d’avoir tout compris : “Avant d’emballer le poisson, les meilleurs papiers doivent toujours emballer le lecteur !”. Je peux citer d’autres phrases merveilleuses, m’extasier devant les portraits qui font mouche, les interviews toujours impeccables, etc. Ce journal est une drogue sans effets secondaires, une raison suffisante pour aimer tous les mardi et vendredi de l’année. Mais il y a problème. Comme lorsque ma copine a changé de look pour virer “garçonnet”, je suis perplexe. C’est à la fois nouveau, joli, frais, mais inquiétant, angoissant. Ils sont où mes repères, elle est où ma copine au chignon un peu ridicule, il est où mon “France-Foot” au papier froissé et aux caractères qui tachent ?



VITES !

Mohamed Aouad, ancien conseiller royal, est décédé cette semaine à l’âge de 85 ans. Le défunt, qui présidait aussi l’association Bouregreg, a occupé de nombreuses fonctions officielles du temps du roi Hassan II dont celle, au milieu des années 1960, de “ministre chargé de l’éducation des princes et des princesses”. ça ne s’invente pas.


Consommateurs de “Chicha”, ceci vous concerne : une session de narguilé correspond à 40 cigarettes. L’équation est tirée d’un article publié par le quotidien belge Le Soir, qui rappelle, en citant l’OMS, que le “public” de la chicha se chiffre à 100 millions de consommateurs dans le monde !


Les pays arabes, dont le Maroc, aiment le plastique et le caoutchouc israéliens. Ils en ont ainsi importé, d’après la presse israélienne, pour 48 millions de dollars en 2006 (10% de plus qu’en 2005). Les pays qui s’arrachent ces produits israéliens sont, outre le Maroc, l’Egypte, la Tunisie, l’Algérie et même l’Arabie Saoudite.


Le responsable de la prison civile de Safi a été assassiné alors qu’il regagnait son domicile. L’auteur du crime, arrêté jeudi, est un repris de justice (libéré de la prison de Safi en 2003), “connu pour sa tenue afghane”, ajoutent des sources locales. L’arme du crime serait un pistolet, mais le mobile était encore inconnu au moment où ces lignes sont écrites.
 
 
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