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N° 262
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Mahmoud Ahmadinejad
continue à défier la
communauté internationale.
(AFP)

Iran. L’impasse totale

Rarement la situation n’aura semblé aussi critique dans le bras de fer nucléaire engagé entre les Etats-Unis et l’Iran. Le président Mahmoud Ahmadinejad a maintenu mercredi son attitude de défi, en affirmant que l’énergie nucléaire était vitale pour l’avenir de l’Iran, alors que le délai accordé par l’ONU à Téhéran pour suspendre ses activités nucléaires arrive à expiration. La veille, des discussions entre le principal négociateur iranien, Ali Larijani, et le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed Elbaradei, ont échoué. Les deux hommes devaient évoquer la pause proposée par
l’AIEA et l’offre “donnant-donnant” des Occidentaux : suspension de l’enrichissement d’uranium contre suspension des sanctions contre l’Iran. En fait, la résolution de l’ONU du 23 décembre avait adopté des sanctions contre l’Iran. Mais l’organisation avait accordé un délai de 60 jours à l’AIEA, pour voir si l’Iran allait réviser sa politique. Aujourd’hui, le délai est expiré et c’est l’impasse. Le rapport que doit remettre Mohamed Elbaradei à l’ONU rapporte que l’Iran accélère l’enrichissement de son uranium. Téhéran s’expose ainsi à des sanctions plus importantes. M. Elbaradei a souligné, mardi, dans un entretien au Financial Times, que “l’Iran aura, d’ici six mois à un an, acquis le savoir-faire pour enrichir de l’uranium à une échelle industrielle, avec 3000 centrifugeuses fonctionnant en cascade”. Mais selon lui, Téhéran est encore “très loin d’avoir la capacité de fabriquer une bombe”. Washington a réaffirmé la fermeté de la communauté internationale, assurant toutefois vouloir régler la question par la diplomatie. Washington a pourtant envoyé dès lundi un deuxième porte-avions américain, le USS Stenis, en mer d’Oman, pour impressionner et isoler un peu plus Ahmadinejad. Mercredi, la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a, elle, surpris en tendant la main à Téhéran, promettant de s’engager dans un dialogue direct avec l’Iran si le pays faisait marche arrière. Le Pentagone a qualifié de “ridicules” des informations de la BBC selon lesquelles l’armée posséderait des plans détaillés de frappes aériennes contre des sites nucléaires iraniens.


Grande-Bretagne. Retrait de troupes d’Irak

Le premier ministre britannique Tony Blair a annoncé, mercredi dernier, le début du retrait graduel de ses troupes d’Irak, qui s’échelonnerait jusqu’à fin 2008. Le contingent passera de 7100 à 5500 soldats dans les prochaines semaines. Selon Blair, ce retrait est rendu possible par le transfert de responsabilités sécuritaires aux Irakiens. La nouvelle a été accueillie avec prudence par l’entourage du premier ministre irakien, Nouri Al Maliki. “Le retrait est salué, mais il ne doit pas créer un vide sécuritaire”, explique un député chiite. D’après certains officiers, l’armée britannique prévoit de fermer trois des quatre bases dont elle dispose dans la région, pour concentrer ses troupes dans sa base de l’aéroport de Bassorah, siège de l’Etat-major. Ironie du sort, ce retrait est programmé alors que le prince Harry s’apprête à servir en Irak (pour gommer son image de mauvais garçon). Par ailleurs, le Danemark a annoncé mercredi qu’il va retirer en août ses 460 soldats déployés en Irak.


Italie. Prodi jette l’éponge

L’Italie traverse une grave crise politique. Le chef du gouvernement, Romano Prodi, a présenté sa démission mercredi soir, quelques heures après que son gouvernement de centre-gauche a perdu au Sénat un vote crucial sur les orientations de sa politique étrangère. La majorité requise pour faire adopter la motion était de 160 voix mais le gouvernement n’en a obtenu que 158, 136 sénateurs ayant voté contre. Prodi a été trahi par des sénateurs de la gauche radicale (des communistes) qui ne se sont pas ralliés à ses opinions. Deux sujets étaient devenus les pommes de discorde : l’engagement de 2000 soldats en Afghanistan et le feu vert de l’élargissement de la base américaine à Vicenza. Sauf refus du président Giorgio Napolitano, Prodi devrait être remplacé par le chef de la diplomatie, Massimo D’Alema.


Kosovo. Un pays, deux identités

Les positions des Serbes et des Kosovars sur l’avenir du Kosovo restaient diamétralement opposées mercredi à Vienne. Le médiateur de l’ONU, Marti Ahtisaari, n’est pas parvenu à faire accepter son projet de souveraineté sous tutelle internationale. Les chefs des délégations de Belgrade et de Pristina sont restés arc-boutés sur leurs positions, les premiers refusant de lâcher cette région, considérée comme le berceau de la culture serbe, les seconds n’envisageant d’appliquer le plan Ahtisaari que dans un “Kosovo indépendant”. Mais le mot “indépendance” ne figure pas dans le projet. Le plan, qui veut doter le Kosovo d’une constitution, d’un drapeau et d’un hymne, a été rejeté catégoriquement par le Parlement de Belgrade qui refuse de voir son territoire amputé de 15%.


Belgique. La frite flambe

Le prix de la pomme de terre flambe en Belgique, pays d’élection des frites, en raison de la mauvaise récolte de l’année dernière. À la Bourse belge de la patate, le cours de la pomme de terre a été multiplié par deux en un an. La tonne du célèbre tubercule atteint 300 euros, contre 150 en février 2006, d’après Romain Cools, secrétaire général des négociants, éplucheurs et transformateurs de pommes de terre. Résultat : les quelque 4500 établissements du royaume n’ont pas tardé à augmenter leurs tarifs de 10%, même si le prix des pommes de terre ne représente que 30 à 40% du coût total des frites. Toute l’Europe a d’ailleurs été frappée par le phénomène.


France. Le lycée musulman de Lyon ouvrira

Sauf coup de théâtre, le lycée musulman Al-Kindi de Décines, dans la banlieue de Lyon, ouvrira très bientôt. Le tribunal administratif de Lyon a donné le feu vert le 15 février à Al-Kindi, deuxième établissement privé musulman de France par la taille. Le tribunal a rejeté les arguments du recteur de l’Académie, Alain Morvan, qui était farouchement opposé à ce lycée et qui avait saisi le Conseil académique de l’Education nationale. Alain Morvan avait invoqué des raisons de sécurité et la volte-face du directeur Zoubir Meddour, qui avait démissionné de ses fonctions. Cette semaine, La Tribune de Lyon et Europe 1 ont révélé que le cabinet de Nicolas Sarkozy a fait pression sur le recteur, lors d’une réunion le 18 août, pour qu’il change d’avis. “J’ai eu le sentiment très clair que l’on tentait de m’impressionner, de me circonvenir”, a déclaré à Europe 1, Alain Morvan. Pour le lycée Al-Kindi, c’est une victoire.



Lu pour vous.
L’Amérique militaire

Pascal Boniface, Réalités (Tunisie), 21 février

623 milliards de dollars. C’est le chiffre astronomique des dépenses militaires américaines pour 2008. Il comprend le budget ordinaire du Pentagone et le surcoût de la guerre d’Irak. Il est en augmentation de 62 % par rapport à 2001. À eux seuls, les Etats-Unis sont responsables de 80 % de la hausse des dépenses militaires mondiales. La guerre d’Irak a d’ores et déjà coûté aussi cher que la guerre du Vietnam, soit 660 milliards de dollars (…)
À quoi peut bien servir cette gabegie ? L’augmentation exponentielle des dépenses militaires US est un défi à toute rationalité. George W. Bush peut-il dire que c’est par ce biais qu’il peut améliorer la sécurité de ses compatriotes ? Concrètement, les Etats-Unis sont-ils plus en sécurité qu’il y a six ans ? C’est loin d’être certain. Faut-il rappeler que la menace terroriste est par définition asymétrique, et que les attentats du 11 septembre n’ont coûté “que” 100 000 dollars à leurs auteurs. L’irrationalité semble aux commandes. Plus Washington augmente ses dépenses militaires, plus il est tenté d’utiliser la force et plus il développe l’hostilité à son égard, et donc son insécurité. Comment ne pas voir que l’approche du tout militaire, qui semble guider la réflexion des Etats-Unis, est une impasse non seulement pour eux-mêmes, mais pour le monde entier. Les 660 milliards dépensés en Irak n’auraient-ils pas été mieux utilisés à des fins de développement, d’éducation ou de santé publique ?



VITE !

Maurice Papon a finalement été inhumé mercredi avec sa légion d’honneur, qui lui avait pourtant été retirée après sa condamnation. L’ex-haut fonctionnaire français avait collaboré avec les nazis. Il a laissé un manuscrit de mémoires où il “ne renie rien”.

 
 
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