|
Chef de rubrique Abdeslam Kadiri
La semaine.
|
Mahmoud Ahmadinejad
continue à défier la
communauté internationale.
(AFP)
|
Iran. Limpasse totale
Rarement la situation naura semblé aussi critique dans le bras de fer nucléaire engagé entre les Etats-Unis et lIran. Le président Mahmoud Ahmadinejad a maintenu mercredi son attitude de défi, en affirmant que lénergie nucléaire était vitale pour lavenir de lIran, alors que le délai accordé par lONU à Téhéran pour suspendre ses activités nucléaires arrive à expiration. La veille, des discussions entre le principal négociateur iranien, Ali Larijani, et le directeur de lAgence internationale de lénergie atomique (AIEA), Mohamed Elbaradei, ont échoué. Les deux hommes devaient évoquer la pause proposée par |
|
| lAIEA et loffre donnant-donnant des Occidentaux : suspension de lenrichissement duranium contre suspension des sanctions contre lIran. En fait, la résolution de lONU du 23 décembre avait adopté des sanctions contre lIran. Mais lorganisation avait accordé un délai de 60 jours à lAIEA, pour voir si lIran allait réviser sa politique. Aujourdhui, le délai est expiré et cest limpasse. Le rapport que doit remettre Mohamed Elbaradei à lONU rapporte que lIran accélère lenrichissement de son uranium. Téhéran sexpose ainsi à des sanctions plus importantes. M. Elbaradei a souligné, mardi, dans un entretien au Financial Times, que lIran aura, dici six mois à un an, acquis le savoir-faire pour enrichir de luranium à une échelle industrielle, avec 3000 centrifugeuses fonctionnant en cascade. Mais selon lui, Téhéran est encore très loin davoir la capacité de fabriquer une bombe. Washington a réaffirmé la fermeté de la communauté internationale, assurant toutefois vouloir régler la question par la diplomatie. Washington a pourtant envoyé dès lundi un deuxième porte-avions américain, le USS Stenis, en mer dOman, pour impressionner et isoler un peu plus Ahmadinejad. Mercredi, la secrétaire dEtat américaine Condoleezza Rice a, elle, surpris en tendant la main à Téhéran, promettant de sengager dans un dialogue direct avec lIran si le pays faisait marche arrière. Le Pentagone a qualifié de ridicules des informations de la BBC selon lesquelles larmée posséderait des plans détaillés de frappes aériennes contre des sites nucléaires iraniens. |
Grande-Bretagne. Retrait de troupes dIrak
Le premier ministre britannique Tony Blair a annoncé, mercredi dernier, le début du retrait graduel de ses troupes dIrak, qui séchelonnerait jusquà fin 2008. Le contingent passera de 7100 à 5500 soldats dans les prochaines semaines. Selon Blair, ce retrait est rendu possible par le transfert de responsabilités sécuritaires aux Irakiens. La nouvelle a été accueillie avec prudence par lentourage du premier ministre irakien, Nouri Al Maliki. Le retrait est salué, mais il ne doit pas créer un vide sécuritaire, explique un député chiite. Daprès certains officiers, larmée britannique prévoit de fermer trois des quatre bases dont elle dispose dans la région, pour concentrer ses troupes dans sa base de laéroport de Bassorah, siège de lEtat-major. Ironie du sort, ce retrait est programmé alors que le prince Harry sapprête à servir en Irak (pour gommer son image de mauvais garçon). Par ailleurs, le Danemark a annoncé mercredi quil va retirer en août ses 460 soldats déployés en Irak. |
Italie. Prodi jette léponge
LItalie traverse une grave crise politique. Le chef du gouvernement, Romano Prodi, a présenté sa démission mercredi soir, quelques heures après que son gouvernement de centre-gauche a perdu au Sénat un vote crucial sur les orientations de sa politique étrangère. La majorité requise pour faire adopter la motion était de 160 voix mais le gouvernement nen a obtenu que 158, 136 sénateurs ayant voté contre. Prodi a été trahi par des sénateurs de la gauche radicale (des communistes) qui ne se sont pas ralliés à ses opinions. Deux sujets étaient devenus les pommes de discorde : lengagement de 2000 soldats en Afghanistan et le feu vert de lélargissement de la base américaine à Vicenza. Sauf refus du président Giorgio Napolitano, Prodi devrait être remplacé par le chef de la diplomatie, Massimo DAlema. |
Kosovo. Un pays, deux identités
Les positions des Serbes et des Kosovars sur lavenir du Kosovo restaient diamétralement opposées mercredi à Vienne. Le médiateur de lONU, Marti Ahtisaari, nest pas parvenu à faire accepter son projet de souveraineté sous tutelle internationale. Les chefs des délégations de Belgrade et de Pristina sont restés arc-boutés sur leurs positions, les premiers refusant de lâcher cette région, considérée comme le berceau de la culture serbe, les seconds nenvisageant dappliquer le plan Ahtisaari que dans un Kosovo indépendant. Mais le mot indépendance ne figure pas dans le projet. Le plan, qui veut doter le Kosovo dune constitution, dun drapeau et dun hymne, a été rejeté catégoriquement par le Parlement de Belgrade qui refuse de voir son territoire amputé de 15%. |
Belgique. La frite flambe
Le prix de la pomme de terre flambe en Belgique, pays délection des frites, en raison de la mauvaise récolte de lannée dernière. À la Bourse belge de la patate, le cours de la pomme de terre a été multiplié par deux en un an. La tonne du célèbre tubercule atteint 300 euros, contre 150 en février 2006, daprès Romain Cools, secrétaire général des négociants, éplucheurs et transformateurs de pommes de terre. Résultat : les quelque 4500 établissements du royaume nont pas tardé à augmenter leurs tarifs de 10%, même si le prix des pommes de terre ne représente que 30 à 40% du coût total des frites. Toute lEurope a dailleurs été frappée par le phénomène. |
France. Le lycée musulman de Lyon ouvrira
Sauf coup de théâtre, le lycée musulman Al-Kindi de Décines, dans la banlieue de Lyon, ouvrira très bientôt. Le tribunal administratif de Lyon a donné le feu vert le 15 février à Al-Kindi, deuxième établissement privé musulman de France par la taille. Le tribunal a rejeté les arguments du recteur de lAcadémie, Alain Morvan, qui était farouchement opposé à ce lycée et qui avait saisi le Conseil académique de lEducation nationale. Alain Morvan avait invoqué des raisons de sécurité et la volte-face du directeur Zoubir Meddour, qui avait démissionné de ses fonctions. Cette semaine, La Tribune de Lyon et Europe 1 ont révélé que le cabinet de Nicolas Sarkozy a fait pression sur le recteur, lors dune réunion le 18 août, pour quil change davis. Jai eu le sentiment très clair que lon tentait de mimpressionner, de me circonvenir, a déclaré à Europe 1, Alain Morvan. Pour le lycée Al-Kindi, cest une victoire. |
 |
Lu pour vous.
LAmérique militaire
Pascal Boniface, Réalités (Tunisie), 21 février
623 milliards de dollars. Cest le chiffre astronomique des dépenses militaires américaines pour 2008. Il comprend le budget ordinaire du Pentagone et le surcoût de la guerre dIrak. Il est en augmentation de 62 % par rapport à 2001. À eux seuls, les Etats-Unis sont responsables de 80 % de la hausse des dépenses militaires mondiales. La guerre dIrak a dores et déjà coûté aussi cher que la guerre du Vietnam, soit 660 milliards de dollars (
)
À quoi peut bien servir cette gabegie ? Laugmentation exponentielle des dépenses militaires US est un défi à toute rationalité. George W. Bush peut-il dire que cest par ce biais quil peut améliorer la sécurité de ses compatriotes ? Concrètement, les Etats-Unis sont-ils plus en sécurité quil y a six ans ? Cest loin dêtre certain. Faut-il rappeler que la menace terroriste est par définition asymétrique, et que les attentats du 11 septembre nont coûté que 100 000 dollars à leurs auteurs. Lirrationalité semble aux commandes. Plus Washington augmente ses dépenses militaires, plus il est tenté dutiliser la force et plus il développe lhostilité à son égard, et donc son insécurité. Comment ne pas voir que lapproche du tout militaire, qui semble guider la réflexion des Etats-Unis, est une impasse non seulement pour eux-mêmes, mais pour le monde entier. Les 660 milliards dépensés en Irak nauraient-ils pas été mieux utilisés à des fins de développement, déducation ou de santé publique ? |
|
VITE !
Maurice Papon a finalement été inhumé mercredi avec sa légion dhonneur, qui lui avait pourtant été retirée après sa condamnation. Lex-haut fonctionnaire français avait collaboré avec les nazis. Il a laissé un manuscrit de mémoires où il ne renie rien. |
|