Jai lu, avec beaucoup damertume, votre éditorial du n° 261 (Qui se sent morveux ). En effet, lorsque le Conseil de gouvernement propose aux élus un projet de loi sur la déclaration de patrimoine, une loi destinée à dissuader et prévenir contre la corruption et le trafic dinfluence, que font-ils ? Ils refusent tout simplement de lexaminer. Tout est alors dit. Une telle attitude ne laisse aucun espoir à notre jeunesse et ne donne aux citoyens aucune raison daller aux urnes. Pourquoi faire, finalement ? Si les élus refusent même détudier une proposition de loi pour moraliser la vie publique, cest quils nont tout simplement aucune envie de la moraliser.
Idir ouguindi, Casablanca.
Berkane et ses héros anonymes
Effectuant des recherches universitaires sur des fidaayine des Beni Snassen et Ras Foughal, aux alentours de Berkane, jai été interpellé par l'article intitulé Qui se souvient d'Aghbalou ? (TelQuel n° 262). Sans entrer dans un débat historique, il est utile de rappeler que Berkane était considérée par les services français comme un bastion du nationalisme maghrébin. L'Algérie vivait alors la tourmente de sa lutte contre loccupant français. Des milliers de réfugiés essaimèrent vers l'Oriental et Berkane en a reçu la part prépondérante. Les habitants de la région sont même allés jusquà porter secours au voisin meurtri par les sévices de l'armée d'occupation. Cette solidarité, d'une rare beauté, s'est soldée par l'implantation d'une caserne militaire dans la banlieue sud de la ville, où un certain Houari Boumediene trouva refuge. Les opérations punitives opérées par l'armée française n'avaient pas manqué d'endeuiller de nombreuses familles et de jeter plusieurs résistants dans les bagnes dEl Aader ou dAghbalou. Comment le pouvoir algérien est-il arrivé à oublier ces faits historiques ? Il est temps de se rendre à l'évidence et de rendre la parole à l'Histoire. Pour que le rêve de lUMA sapproche un peu plus de la réalité.