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Par Driss Bennani
"Je ne sais pas beaucoup de choses"
| Antécédents |
Mohamed Tozy
Sociologue, anthropologue
(DR)
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| 1956. |
Naissance à Casablanca. |
| 1978. |
Responsable du ciné-club Al Âazaïm. |
| 1982. |
Premier grand travail de terrain avec Paul Pascon, à Tazaroualt. |
| 1984. |
Thèse de Doctorat à Aix en Provence sur Lislam politique au Maroc. |
| 1986. |
Naissance de sa première fille. |
| 2005. |
Crée le Centre marocain de recherches en sciences sociales. |
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Smyet bak ?
Abdelkader ben Mohamed ben Sallam.
Smyet mok ?
Daouia bent Lmiloudi.
Nimirou dla carte ?
B 61 415.
Vous passez pour le meilleur connaisseur des mouvements religieux marocains. Vous vous y retrouvez toujours avec ces jamaât qui poussent tous les jours ?
Je naime pas quon me colle cette étiquette de spécialiste des mouvements religieux. Je suis sociologue et anthropologue. Cette catégorisation abusive est liée à lactualité. Il se trouve que jai travaillé assez tôt sur la thématique religieuse et quaujourdhui, cest lun des fromages les plus convoités. Mais je mintéresse à tous les acteurs du changement social. Quant aux jamaât dont vous parlez, elles nont rien de nouveau puisquelles obéissent toutes à la même logique de création de groupuscules dans toutes les religions.
En 1997, vous éditez Monarchie et islam politique. Réunir les deux constantes du système politique marocain dans un même ouvrage nétait pas, pour vous, une manière de vous positionner sur la scène publique ?
Du tout. Ce travail est laboutissement de recherches qui ont duré une bonne quinzaine dannées. Le titre ne dit pas tout, puisque jai étudié dautres acteurs comme les partis politiques que javais appelés les sous-traitants de la chose religieuse. Dans la mesure où, à lépoque en tout cas, ils ne faisaient que se positionner par rapport à un discours religieux produit exclusivement par la monarchie ou une mouvance religieuse déterminée.
Cela vous énerve quon vous présente comme un spécialiste ès tout ?
Oui, et au plus haut point. On peut avoir un avis sur beaucoup de choses, mais je ne peux pas parler de mysticisme par exemple. Le fait est que je satisfais souvent les demandes damis qui me consultent sur différents sujets. Je dois être trop gentil.
Mais ça vous arrive par exemple de répondre : Je ne sais pas. Ce nest pas mon rayon ?
Je ne sais pas beaucoup de choses. Il faut se méfier du savoir encyclopédique. Ça veut dire quon nest pas professionnel.
Vous avez grandi à Derb Soltane et usé vos premières godasses sur Tirane Chili. Vous auriez aimé jouer pour le Raja ?
Jy ai échappé parce que je nétais pas assez bon. Ma famille tenait beaucoup à ma scolarisation et mes parents restaient vigilants sur mes fréquentations. Noubliez pas que mon quartier a également donné des Hassan Rachik et Youssef Fadel. Nous avons été au même lycée. Le savoir était mis en compétition, il était valorisé.
Vous aviez peur de faire de la politique ?
Jen ai fait autrement, à travers le ciné-club par exemple. Jétais réticent à cette idée de la pensée bloquée dans une structure. Jai été sollicité à plusieurs reprises, mais je trouvais que cétait incompatible avec mon métier.
Au milieu des années 80, pourtant, vous acceptez linvitation de Driss Basri pour contribuer à la rédaction dun ouvrage de propagande sur lédification de lEtat moderne. Vous ne vous êtes pas trahi, sur ce coup ?
Je lai senti comme une violence. Des amis mont fait savoir que je ne pouvais pas refuser. Jai écrit sous la pression et je lai très mal vécu. Javais 29 ans à lépoque. Et puis cest bien connu, les chercheurs ne sont pas très courageux politiquement. Je ne suis pas un Zorro. Jessaie juste de faire mon métier correctement.
Vous êtes plus détendu quand vous travaillez sur des rapports commandés par Mohammed VI ?
Les conditions ont beaucoup changé. Il y a une valorisation de la recherche, considérée désormais comme une source dinspiration pour les politiques publiques.
Vous avez récemment piloté une étude sur le sens des valeurs chez les Marocains. Quavez-vous appris de nouveau ?
Peut-être cet a priori de méfiance quont les Marocains. La confiance ne sacquiert pas facilement chez nous. Cela a un coût élevé dans la fabrication des liens sociaux et contraint à rester tout le temps sur ses gardes. Cest fatigant à la longue.
Qui serait le Marocain du cinquantenaire selon vous ?
Jhésite entre Nawal El Moutawakil et Saïd Aouita. Mais ce sera Aouita.
Et où est-ce que vous mettez quelquun comme Abdallah Ibrahim, par exemple ?
Parmi les justes, cest mon grand maître. Aouita, lui, a sorti le Maroc de son provincialisme. Et je crois quon na pas assez mesuré son apport. |
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