Législature. Le solde de tout compte
Reportage. La vie après le hasch
Politique. Le PJD, déjà en campagne ?
RNI. Le bal des prétendants
Abdelkrim Motiî. Le dernier des exilés
Loisirs. La marche des femmes
MRE. Une Maure en Bretagne
France. Le blues du remplaçant
Andalousie. La tentation de l'autonomie
Télévision. TNT : bientôt l'explosion ?
Cinéma. Films à développer
Sortie. La hayha est de retour !
Film. Les anges de Boulane
N° 264
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri
(avec agences)

Espagne.
Andalousie. La tentation de l'autonomie


José Luis Zapatero, premier
ministre espagnol, en compagnie
de Manuel Chaves, président
du Conseil d’Andalousie.
(AFP)

Après la Catalans, c'est au tour des Andalous d'approuver le statut d'autonomie de leur région. Le Pays basque pourrait suivre. Face à Zapatero, les conservateurs craignent un morcellement du pays.


Depuis l'arrivée de José-Luis Zapatero à la tête du gouvernement, en avril 2004, le pays dépoussière les statuts d'autonomie des régions. Une évolution que les conservateurs du Parti populaire ne voient pas d'un bon œil. Dernier épisode en date : l'Andalousie. Le 18 février, près de 90% des électeurs ont adopté par référendum un nouveau
statut d'autonomie. Pourtant, l'abstention a été très forte. Sur les 6 millions d'électeurs, seuls 36 % sont allés voter.

Plus qu'un toilettage des statuts des régions, c'est une révolution silencieuse qui se dessine. Après la Catalogne en juin 2006, l'Andalousie devient la seconde région espagnole à approuver l'autonomie élargie. Mais contrairement au statut catalan, le cas de l'Andalousie a fait la quasi-unanimité parmi les forces politiques. Le nouveau texte détaille les attributs de l'identité andalouse. Désormais, les Andalous auront leur hymne, leur drapeau, leurs fêtes et leur capitale, Séville. Comme le statut catalan, le texte garantit les compétences de la région et étend ses pouvoirs en créant l'Agence fiscale andalouse, qui recueillera les impôts locaux. Le texte prévoit aussi un conseil audiovisuel et un centre de météorologie propres.

La bataille de la Catalogne
En fait, les 17 régions d'Espagne sont devenues des “communautés autonomes” après la mort de Franco en 1975, dans une volonté de couper le cordon avec le centralisme imposé par la dictature. Trente ans plus tard, Zapatero veut aller plus loin. Il veut approfondir les statuts d'autonomie, donner davantage d'identité et d'autogestion aux régions. C'est le cas de la Catalogne qui a mis le feu aux poudres en 2006.

Comme le Pays Basque et la Galice, ce territoire possède sa propre langue et une culture singulière. La région s'était déjà constituée, dès 1932, en “région autonome au sein de l'Etat espagnol”. Plus tard, elle a retrouvé son autonomie en 1979. 17 communautés autonomes étaient créées la même année.

En vertu d'un statut reconnu par la Constitution, le gouvernement catalan -Generalitat- s'était doté d'une police autonome et s'était vu conférer des compétences dans divers secteurs : santé, éducation, aménagement du territoire, politique linguistique et culturelle… Le chef du gouvernement a bataillé dur pour imposer sa volonté de voir le statut adopté. Résultat : dans le nouveau statut, la Catalogne est désignée comme une “nation”, avec “une langue propre” et le pouvoir de gérer plus de la moitié de ses impôts.

La droite (le PP surtout), l'Eglise et les militaires ont lutté contre le projet de Zapatero, l'accusant de “démembrer l'Espagne” et estimant que l'actuelle Constitution est intouchable. Pour les conservateurs, les régions ont déjà beaucoup de prérogatives et l'Espagne est l'un des pays les plus décentralisés du monde.

Depuis son arrivée au pouvoir, Zapatero a pris des décisions qui ont suscité les foudres de l'Espagne conservatrice. Sa décision de retirer les troupes d'Irak avait soulevé l'indignation du Parti populaire, alors que la légalisation du mariage homosexuel avait scandalisé l'Eglise catholique… Le statut de la Catalogne a finalement été adopté aux deux tiers par le Parlement de Barcelone, l'an dernier, puis approuvé par référendum régional. Mais le bras de fer s'annonce long et passionnant. Car cette contagion identitaire pourrait rapidement gagner d'autres régions : le pays de Valence, d'Aragon, de Galice, des Baléares, de Murcie, des Canaries, de Castille-et-Léon et de Castille-la Manche. Encouragé par la Catalogne et l'Andalousie, le parti indépendantiste Batasuna a appelé le gouvernement espagnol, le 3 mars dernier, à accepter son initiative pour une autonomie conjointe du Pays basque et de la Navarre (nord). Mais le Pays basque est lourdement gre vé par la présence d'ETA que Madrid condamne sans réserve. Zapatero aurait-il ouvert une boîte de Pandore ?

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés